‹ Cours de physique purement expérimentaleChapitre 87 sur 199 · CHANGEMENTS D’ÉTAT · texte numérisé non relu

CHANGEMENTS D’ÉTAT

péralure à laquelle s’opère la fusion. Pour certaines substances, cette température est très-basse, tandis que pour d’autres elle est très-élevée, comme le montre le tableau suivant.

Températures de fusion.

Le mercure

Le bismuth. .

La glace

Le plomb. . .

Le suif.

L’antimoine. .

La cire blanche. . .

Le zinc. . . .

Le soufre

L’argent. . . .

L’étain.

OO

L’or

Tous les corps ne se fondent point. par l’action de la chaleur; beaucoup sont décomposés : tels sont le papier, le bois, la laine, les os, le marbre, etc. Les corps simples, qui ne peuvent être décomposés, puisqu’ils ne contiennent qu’une seule substance, sont tous fondus par la chaleur, un seul excepté, qui a résisté jusqu’ici aux températures les plus élevées, c’est le carbone.

210. Calorique latent absorbé pendant la fusion. — Les COrpS qui.se fondent présentent tous ce phénomène remarquable que du moment qu’ils ont atteint leur température de fusion, ils ne s’échauffent pas davantage jusqu’à ce que la fusion soit complète. Par exemple, la glace fondant à zéro, un morceau de cette substance, exposé aux rayons solaires ou devant un foyer, ne pourra être chauffé au delà de cette température. S’il est soumis à un foyer plus intense, la fusion s’accélérera, mais sa température sera toujours zéro jusqu’à ce que tout le morceau de glace soit fondu. On conclut de là que tout le calorique qui s’ajoute à celui que possède un corps qui se fond est employé en entier à le liquéfier, mais n’a aucune action pour élever sa température. Pour exprimer que la chaleur ainsi absorbée pendant la fusion est pour ainsi dire cachée dans le liquide, puisqu’elle n’agit ni sur le thermomètre, ni sur nos organes, on lui a donné le nom de chaleur latente , d’un mot latin qui signifie caché.

L’expérience suivante met en évidence l’existence du calorique

CALORIQUE

latent: on prend 1 kilog. de glace pilée, à la température zéro, et on verse dessus 1 kilog. d’eau chauffée à 79”. Or, la glace se fondant très-rapidement, on a un mélange de 2 kilog. d’eau, mais qui au lieu d’être à une température moyenne entre celles de la glace et de l’eau chaude, est tout entier à zéro. Le kilogramme de glace à zéro s’est donc transformé en un kilogramme d’eau aussi à zéro; mais comme l’eau chaude elle-même s’est abaissée à cette température, que sont devenus les 79 degrés de chaleur qu’elle possédait? Ils existent encore tout entiers dans l’eau à zéro, mais sans l’échauffer, ni la dilater, n’ayant d’autre effet que de lui communiquer la fluidité. Cette expérience nous montre donc qu’un kilogramme de glace, pour se fondre, absorbe, à l’état latent, la quantité de chaleur nécessaire pour élever 1 kilog. d’eau de zéro à 79° ; d’où l’on dit que le çp torique de fusion de la glace , ou, ce qui est la même chose, le calorique latent de l’eau, est 79. Tous les corps qui se fondent absorbent ainsi, à l’état latent, une quantité de chaleur plus ou moins considérable, mais variable d’une substance à une autre.

L’énorme quantité de chaleur absorbée par la glace qui se fond nous explique comment on voit souvent des masses de glace un peu considérables se conserver longtemps après le dégel. Réciproquement, c’est la chaleur latente contenue dans l’eau qui fait que celle-ci quoique refroidie à zéro, demande, sous un volume un peu grand, un temps assez long pour se congeler en entier; en effet, la congélation ne peut s’opérer qu’autant que les 79 degrés de chaleur contenus dans l’eau passent de l’état latent à l’état sensible, et deviennent ainsi une cause d'échauffement qui retarde la formation de la glace.

211 . Congélation. — Les mêmes substances qui se liquéfient par la chaleur reviennent à l’état solide par le refroidissement, et c’est ce retour à leur premier état qu’on désigne sous le nom de congélation ou de solidification. Pour chaque substance la température à laquelle commence la solidification est précisément celle à laquelle s’opère la fusion. Par exemple, le soufre commençant à fondre à 1 1 1 degrés, réciproquement du soufre fondu qui se refroidit, commence à se solidifier à 111 degrés. De plus, jusqu’à ce que la congélation soit complète, la température du soufre reste con-

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