CHANGEMENTS 1) ’ ÉT A T
stante, c’est-à-dire invariable à 111°; ce qui provient de ce que ie liquide, à mesure qu’il se congèle, restitue le calorique latent qu’il avait absorbé pour se fondre. Le môme phénomène se remarque toutes les fois qu’un liquide se congèle.
Plusieurs liquides, comme l’alcool, l’éther, ne se solidifient pas par les plus grands froids auxquels on ait pu les soumettre. L’eau pure se solidifie à zéro; l’eau salée des mers à — 2°, 5; les huiles d’olive et de colza à — 6° ; celles de lin et de noix à — 27°.
L’eau présente ce phénomène remarquable qu’en se solidifiant pour former de la glace, son volume s’accroît d'une manière notable. Or, on a déjà vu, en parlant du maximum de densité de l’eau (205), que celle-ci, en se refroidissant, se dilate depuis 4 degrés jusqu’à zéro; c’est donc cette dilatation qui se continue encore au moment de la congélation. L’accroissement de volume qui se manifeste ainsi au moment de la congélation de l’eau donne naissance à une force expansive considérable qui peut faire éclater les vases les plus résistants. C’est pour cette raison que, dans les temps de gelée, on doit éviter avec soin de laisser séjourner l’eau dans les bassins, dans les cuves, dans les tuyaux de conduite, en un mot dans tous les appareils qui pourraient être brisés par la glace.
D’après la dilatation qu’éprouve l'eau en se congelant, il est évident que la glace doit être moins dense que l’eau; c’est en. effet ce qui a lieu, et c’est pourquoi les glaçons qui se forment sur les rivières flottent à leur surface. Dans les mers polaires, où la température est toujours très-basse, on rencontre des amas de glace flottante qu’on a nommes champs de glace; ils s’élèvent de 2 à 3 mètres hors de la mer, où ils plongent de 5 à 6 mètres, et ils s’étendent quelquefois jusqu’à 60 kilomètres. On voit aussi flotter sur ces mers de véritables montagnes de glace, qui n’ont pas la môme étendue, mais qui atteignent des hauteurs considérables.
212. Cristallisation. — Lorsque les corps passent lentement de l’état liquide à l’état solide, leurs molécules, au lieu de se grouper d’une manière confuse, affectent en général une disposition régulière, en vertu de laquelle ces corps prennent des formes géométriques de cubes, de pyramides, de prismes, qui sont parfaitement
calo molli:.
déterminées et qu’on désigné sous le nom de cristaux. Les tlocous de neige, lorsqu’on les observe à la loupe, la glace naissante, le sucre candi, le cristal de roche, l’alun, le sel marin et beaucoup d’autres, nous offrent des exemples bien connus de cristallisation.
On distingue deux procédés principaux pour faire cristalliser les corps : par voie sèche et par voie humide. Dans le premier procédé, on fait foudre les corps par l’action de la chaleur, puis on les laisse refroidir lentement. Le vase dans lequel est le corps fondu se tapisse alors de cristaux, qu’on rend apparents en renversant le vase et en déversant l’excès de liquide avant que tout soit solidifié. On fait ainsi très-bien cristalliser le soufre, le bismuth et beaucoup d’autres métaux. Le second procédé consiste à faire dissoudre dans l’eau le corps qu’on veut faire cristalliser, puis à faire évaporer lentement le liquide. Le corps dissous se dépose sur les parois du vase, en donnant naissance à des cristaux d’autant mieux formés et d’autant plus gros que la cristallisation s’est opérée plus lentement. C’est ainsi qu’on fait cristalliser le sucre et les sels.
213. Mélange* réfrigérant». — L'absorption de calorique qui a lieu dans le passage de l’état solide à l’état liquide (210) est utilisée fréquemment dans les laboratoires et dans l’industrie pour produire des froids artiliciels intenses. On obtient ce résultat en .mélangeant des substances qui ont une grande affinité les unes pour les autres, et dont une au moins est solide. Le mélange le plus généralement employé est celui qui est formé d’une partie desel marin ordinaire et de deux parties de glace piléo ou de neige. Le sel et l’eau ayant une grande affinité l’un pour l’autre, mais la combinaison ne pouvant se faire qu’autant qu’ils sont à l’état liquide, ces deux corps se liquéfient en partie, et de là résulte un abaissement de température qui va de 17 à 19 degrés au-dessous de zéro. C’est ce procède qui est employé par les glaciers pour préparer les glaces.
VAPEURS