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Congélation de l’eau et du mercure dans le vide

D’après l’énorme quantité de chaleur qui disparait à l’état latent lorsqu’un liquide se vaporise, on prévoit qu’en accélérant l’évaporation, on a là une cause de refroidissement très-intense. Or, on a vu (216) que les liquides se vaporisent d’autant plus rapidement que la pression est plus faible. Par conséquent, si on place un vase d’eau dans le vide, il devra se refroidir très-rapidement. En effet, Leslie est parvenu à congeler ainsi de l’eau en quelques minutes. Pour faire cette expérience, on place sous le récipient de la machine pneumatique une capsule de métal, mince, très-peu profonde et à grand diamètre; puis à côté ou au-dessous, un vase rempli d’acide sulfurique très-concentré, liquide qui a une grande affinité pour l’eau, et qui est <1681100 à absorber les vapeurs. Cela posé, aussitôt qu’on fait le vide sous le récipient, l’eau entre en ébullition, et comme les vapeurs sont absorbées à mesure qu’elles se forment, l’espace ne pouvant se saturer, la vaporisation continue, ce qui amène un abaissement de température tel que bientôt on voit des cristaux de glace se former dans la capsule métalliqùe.

En opérant avec des liquides plus volatils que l’eau, particulièrement avec celui qu’on connaît en chimie sous le nom d'acide sulfureux , lequel bout à 10° au-dessous de zéro, et que pour cette raison on n’obtient que difficilement à l’état liquide, on produit un froid assez intense pour congeler le mercure. Pour cela, on remplit de ce dernier une boule de verre semblable à celle d’un thermomètre, on l’enveloppe de coton qu’on arrose d’acide sulfureux, puis on place le tout sous le récipient de la machine pneumatique, et on fait le vide. En peu d’instants, refroidi par la vaporisation rapide de l’acide sulfureux, le mercure se congèle, et si l’on casse la boule de verre,, on en retire une masse de mercure solide, ayant l’aspect du plomb, pouvant se forger et recevoir des empreintes; mais elle ne tarde pas à repasser à l’état liquide.

CALORIQUE

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