‹ Cours de physique purement expérimentaleChapitre 93 sur 199 · CHALEURS SPÉCIFIQUES · texte numérisé non relu

CHALEURS SPÉCIFIQUES

232. Chaleurs spécifiques des solides et des liquides. — Après avoir fait connaître l’action de la chaleur sur les corps pour les dilater, les liquéfier et les vaporiser, il reste à les comparer entre eux relativement aux quantités de chaleur qu’ils absorbent pour s'échauffer d’un même nombre de degrés. En effet, l’expérience a appris qu’il faut aux diverses substances des quantités de chaleur très-différentes pour élever leur température d’un nombre de degrés égal. Par exemple, sous le même poids et pour une même élévation de température,. l’eau absorbe dix fois plus de chaleur que le fer et trente-trois fois plus que le mercure.

Cela posé, ne pouvant déterminer la quantité absolue de chaleur

CAL OIU ÿ U K.

quo prennent les corps pour s’échauffer, on appelle chalAtr spécifique ou capacité calorifique d’une substance, la quantité de chaleur qu’elle absorbe pour s’échauffer de ü à 1°, comparativement à celle qu’absorberait, dans le même cas, un poids égal d’eau; ce qui revient à dire que prenant pour unité la chaleur nécessaire pour échauffer d’un degré un certain poids d’eau, un kilogramme , par exemple, on a cherché si le même poids des autres substances exigeait deux, trois fois plus ou moins de chaleur que l’eau pour s’échauffer aussi d’un degré.

Plusieurs méthodes ont été employées pour trouver les chaleurs spécifiques des solides et des liquides; les deux principales sont celle de la fusion de la glace et celle des mélanges.

La méthode de la fusion de la glace consiste à porter le corps dont on cherche le calorique spécifique à une température connue, à 1 00 degrés, par exemple, puis à le projeter rapidement dans de la glace. Une certaine portion de celle-ci étant fondue, par un calcul simple on déduit la chaleur spécifique cherchée du poids de la glace fondue, de celui du corps et de sa température au moment où il a été projeté dans la glace. Pour faciliter cette méthode, Lavoisier et Laplace, à la fin du siècle dernier, inventèrent un appareil connu sous le nom de calorimètre de glace.

Dans la méthode des mélanges, on chauffe encore à une température connue la substance dont on veut avoir le calorique spécifique, puis on la projette dans de l'eau froide. Celle-ci s’échauffe en prenant de la chaleur à la substance, tandis que cette dernière se refroidit, et cela, jusqu’à ce qu’elles aient atteint toutes les deux la même température. C’est alors que de cette température commune, des poids respectifs de l’eau et de la substance, et enfin de leurs températures au moment où on les a mélangées, on déduit par le calcul la chaleur spécifique demandée.

Chaleurs sjjécifiques de diverses substances, celle de l eau étant prise

pour

Eau

Verre

Fer

Zinc

unité.

Cuivre

Argent.*

Mercure

Platine

HVGHOMKTHIK.

D’après ces nombres, on voit que de tous les corps c’est l’eau qui a la plus grande chaleur spécifique et qui, par suite, demande le plus de chaleur pour s’échauffer d’une quantité déterminée. Par exemple, si l’on plaçait dans un four à 100 degrés, un kilogramme d’eau et un kilogramme de fer, tous les deux à 1 5 degrés, les deux substances finiraient bien par atteindre la température du four, mais le fer exigeant environ onze fois moins de chaleur que l’eau, l’atteindrait plus tôt. Toutefois, le pouvoir absorbant des deux substances aurait aussi une grande influence sur le temps nécessaire à leur échauffement.

Nous ne parlerons point des chaleurs spécifiques des gaz; bornons-nous à dire qu’elles ont été déterminées par rapport à celle de l’air prise pour unité.

Page 1