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DE LA PLUIE

dessus de l’eau, l'air se trouve à une température plus élevée qu’audessus du sol. Par suite, les deux masses d’air venant à se mélanger, il y a refroidissement et précipitation de vapeurs.

238. De 1a pluie. — La pluie est la chute des petites gouttelettes dont les nuages sont formés (237), lorsque ces gouttelettes en se réunissant entre elles acquièrent un poids trop considérable pour rester en suspension dans l'atmosphère. Du reste, la pluie se produit le plus souvent au moment même où les vapeurs se condensent dans les hautes régions de l’air, en sorte que ce ne sont pas en général les nuages qu’on voit flotter dans l’atmosphère qui donnent de la pluie. Le plus souvent, en s’abaissant par leur propre poids , ils traversent des couches d’air de plus en plus chaudes et s’y dissipent en vapeurs. C’est ainsi que dans l’été et l'automne, au milieu du jour, la sérénité succède aux brouillards et aux nuages de la matinée par suite du réchauffement général de l’atmosphère.

La quantité de pluie qui tombe dans une contrée dépend beaucoup du voisinage ou de l’éloignement des mers; on observe, en effet, que les pluies sont bien, plus fréquentes sur les côtes que dans l’intérieur des continents. La quantité de pluie varie encore avec les saisons, et on remarque qu’en général elle augmente avec la température, ce qui provient évidemment d’une vaporisation plus active. Par exemple, à Paris, c’est l’hiver que la pluie est moins abondante, et l’été qu'elle l’est davantage; en effet, si l’on représente par 100 la quantité d’eau qui tombe à Paris pendant l’hiver, on trouve que celle qui tombe pendant l’été est égale à 150.

La quantité de pluie annuelle, dans une contrée, augmente à mesure qu’on se rapproche de l'équateur, comme on le voit dans le tableau suivant.

Hauteurs J eau en mètres qui tombent annuellement.

Copenhague ü",468

Paris 0",564

Bordeaux 0“,650

Madère 0",767

La Havane 2“,320

Saint-Domingue. . . . 2“,730

CALORIQUE

D’où l’on voit qu’à Saint-Domingue il tombe à peu près cinq fois plus d’eau qu’à Paris. Toutefois, ce tableau présente des exceptions nombreuses qui tiennent à des causes locales. Ainsi, à Nantes, qui est moins dans le sud que Bordeaux, il tombe 1“,292 d’eau par an, presque le triple qu’à Paris. En Égypte, au contraire, il ne pleut presque jamais.

239. Rosée, serein. — On sait qu’on désigne sous le nom de rosée les gouttelettes d’eau qui se déposent sur le sol et sur les plantes pendant les nuits calmes et sereines. C'est au printemps et à l’automne qu'on observe la rosée, principalement en rase campagne et sur les lieux élevés; dans les villes, près des maisons, sous les arbres, il y a peu ou point de rosée.

On a longtemps admis que la rosée était due à une pluie fine résultant du refroidissement de l’air. Quelques physiciens ont même prétendu qu’elle sortait de terre. Le docteur Wells, Écossais, mort en 4817, a reconnu, le premier, la fausseté de ces théories, en observant que la rosée ne se dépose pas également sur tous les corps, mais toujours sur ceux placés dans les conditions qui leur permettent de se refroidir davantage; et de là il a conclu la théorie suivante, la seule admise aujourd’hui.

La nuit, les corps qui sont à la surface du sol ne recevant plus de rayons solaires, se refroidissent de plus en plus en émettant vers les espaces célestes la chaleur qu’ils ont reçue pendant le jour. La température de ces corps s’abaissant ainsi de plusieurs degrés au-dessous de celle de l’atmosphère; il arrive que les couches d’air qui les entourent se refroidissent elles -mêmes assez pour se trouver saturées, et c’est alors que les vapeurs qu’elles tiennent en suspension se précipitent sous forme de gouttelettes.

D’après cette explication si simple de la rosée, on prévoit que celle-ci doit se déposer d’autant plus sur un corps qu’il se refroidit davantage par le rayonnement, c’est-à-dire qu’il a un plus grand pouvoir émissif (194). En effet, le dépôt de rosée est généralement nul sur les métaux, dont on sait que le pouvoir émissif est trèsfaible; tandis que ce dépôt est abondant sur la terre, le sable, le verre et les plantes, dont le pouvoir émissif est beaucoup plus grand. Sur certaines plantes potagères et sur les feuilles de chou surtout, la rosée est si abondante, qu’il en résulte non-seulement

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