DE LA NEIGE
des gouttelettes, mais de petites flaques d'eau qui remplissent la concavité des feuilles. L’influence du pouvoir émissif sur la formation de la rosée est facile à constater en exposant à l’air, pendant la nuit, une lame de verre et une feuille de métal : le dépôt sera abondant sur la première, nul sur la seconde. Le même effet aurait lieu pour une étoffe blanche et une étoffe noire.
L’état de l’atmosphère peut aussi favoriser la formation de la rosée ou s’v opposer. C’est quand le ciel est pur et l’air calme qu’il y a le plus de rosée ; mais s’il y a des nuages, ceux-ci rayonnant vers la terre, le sol se refroidit moins et il n’v a pas de rosée. Un grand vent s’oppose aussi à sa formation, les couches d’air étant trop agitées pour avoir le temps de se refroidir par leur contact avec les corps; au contraire, un vent léger, surtout s’il est humide, favorise la formation de la rosée en renouvelant lentement l’air.
Le serein consiste en une petite pluie fine qui tombe pendant l’été, au coucher du soleil, sans qu’il y ait aucun nuage dans l’atmosphère. Il diffère donc de la rosée, puisqu’il résulte de la condensation des vapeurs dans l’atmosphère mémo et non à la surface du sol.
La gelée blanche, qui se forme à l’entrée du printemps et à la fin de l’automne, est due à la même cause que la rosée, c’est-àdire au refroidissement des corps par le rayonnement. Mais pour qu’elle se produise, il faut que les corps se refroidissent au-dessous de zéro.
240. Neige, grésil. — La neige est le résultat de la congélation de la vapeur d’eau dans les hautes régions de l’atmosphère, congélation qui s’opère en petits cristaux étoilés à trois ou six branches diversement ramifiées, mais toujours très -remarquables par leur régularité.
Lorsque la neige tombe, la température de l'air est voisine de zéro. Si l’atmosphère est à une température plus basse, la neige est moins abondante, parce que la quantité de vapeur contenue dans l’air est d’autant moindre que le froid est plus intense.
Il neige d’autant plus dans un lieu qu’il est plus voisin des pôles ou plus élevé au-dessus du niveau des mers. Vers les pôles, la terre est toute l’année couverte de neige; il en est de même sur les
CALORIQUE
hautes montagnes, où régnent des neiges perpétuelles, même sous la zone torride; seulement, la région des neiges perpétuelles est d’autant plus élevée qu’on avance davantage vers l’équateur. Dans la portion de la chaîne des Andes, située sous ce cercle, les neiges perpétuelles commencent à 4800 mètres au-dessus du niveau des mers; dans les Alpes, à 2670- mètres; et vers l’extrémité septentrionale de la Norvège, seulement à 1060 mètres.
Le grésil est un composé de petites aiguilles de glace serrées les unes contre les autres et enveloppées quelquefois d’une couche do glace transparente; il paraît être un état intermédiaire entre la neige et la grêle. Comme on admet en général que cette dernière a une origine électrique, nous n’en parlerons qu’en traitant de l’électricité.