ACTIONS ÉLECTRIQUES
459. Les corps électrisés attirent les corps légers, même quand ils en sont séparés par l'interposition d'un troisième corps. C'est ainsi qu'un corps électrisé attire une petite balle de sureau suspendue par un Cl de soie et placée sous une cloche de verre.
Les attractions et répulsions dépendent de l'intensité du fluide développé. Ces actions sont en outre en raison inverse des carrés des distances. Il est facile de prouver ce dernier principe par le moyen de la balance de Coulomb.
Cet instrument est fondé sur les mêmes principes que la balance magnétique du même physicien (452).
460. La balance de Coulomb consiste (f. 515) en une cage de verre cylindrique, au milieu du plateau supérieur de laquelle s'élève un tube en verre , dont la partie supérieure porte un cercle horizontal en cuivre, divisé en 560 degrés. Dans le milieu de ce cercle se trouve un cylindre en cuivre , muni d'un micromètre , et qui peut tourner sur lui-même. Ce cylindre porte à sa partie inférieure un fil d'argent tendu verticalement par le poids p , plongé dans la cage, et à l'extrémité duquel est attaché un petit levier de résine portant en a un disque de cuivre mince. Par une autre ouverture m du plateau supérieur on introduit une boule
de mêlai électrisée 9 , et on la place contre le disque de cuivre ; celui-ci , s'élcctrisant alors comme la boule , en sera aussilôl repoussée, s'éloignera de la boule et ne s'arrêtera que lorsque la force répulsive sera tenue en équilibre par la force de torsion que supporte le fil d'argent. Celle force répulsive peut donc être déterminée par Tangle de torsion décrit par le levier de résine, angle qu'il sera facile d'observer d'ailleurs au moyen d'une bande de papier circulaire, collée autour de la cage de verre et divisée en 360 parties.
461. Il est facile de déterminer par cet instrument le rapport des actions électriques selon les dislances. En effet , que l'angle de torsion soit 56°, la force répulsive sera représentée par 56. Nous voulons savoir maintenant quelle serait celle force à une distance moitié moindre. Pour y parvenir, il nous suffira de tordre le fil d'argent , en tournant le cylindre de cuivre s jusqu'à ce que le levier de résine soit ramené à un angle de 18° seulement. Pour produire cet effet, il faut tourner le cylindre de manière qu'il parcoure 126° du cercle supérieur; en ajoutant à cet angle de torsion du fil d'argent , celui de 18° dont le levier a déjà tourné , on a un angle de 144°, qui exprime la force de torsion actuelle de ce fil d'argent. Celte force est évidemment égale à celle de répulsion qu'exerce sur le disque la boule éleclrisée 9 , à la dislance d'un angle de 18°. Nous avons donc, pour les distances 18° et 36° ou 1 et 2, des forces répulsives représentées par 144° et 36° ou 4 et 1 , c'est-à-dire que, pour une dislance double, la force est quatre fois plus petite que pour une distance simple. Il est donc démontré que les actions d'une force électrique sont eu raison inverse des carrés des dislances.
462. La balance de Coulomb sert aussi à déterminer lïntensilé des fluides développés dans les corps éleclrisés : en effet, il suffit pour cela de les toucher avec un petit disque de cuivre très-mince, attaché à une tige de résine ; et à placer ce petit appareil , appelé plan d'' épreuve y dans la balance de Coulomb, en remplacement de la boule ^ , et à ramener toujours le levier de résine à la même distance du plan d'épreuve. Les intensités électriques seront évidemment entre elles comme les angles de torsion (a).
(a) En prenant les racines carres de ces intçnsite's électriques on a le rapport des épaisseurs de la couche de fluide (v. plus loin).