‹ Cours de physiqueChapitre 132 sur 158 · LOIS DE REFLEXION · texte numérisé non relu

LOIS DE REFLEXION

395. Lorsqu'un rayon de lumière tombe sur une surface polie, il est réfléchi. La partie du rayon qui tombe sur la surface s'appelle rayon incident, et la partie qui se relève de dessus cette surface se nomme rayon réfléchi. On appelle plan d'incidence et plan de réflexion les plans qui passent, l'un par le rayon incident, l'autre par le rayon réfléchi, et tous deux par une ligne perpendiculaire à la surface plane, ligne menée an point d'incidence et qu'on appelle normale au plan. On appelle angle d'incidence et angle de réflexion les angles que font le rayon incident et le rayon réfléchi avec la normale (f. 393).

Il y a dans la réflexion de la lumière deux lois générales, savoir :

1" Que les plans d'incidence et de réflexion coïncident toujours.

2° Que les angles de réflexion et d'incidence sont égaux.

Ces principes peuvent être démontrés , comme il a été fait pour la réflexion des rayons sonores ou calorifiques. Mais il faut observer que la réflexion n'est pas due tant à la résistance du second milieu, qu'à ce que la lumière possède dans celui-ci une vitesse

différenle de celle qu'elle a dans le premier. Eu effet, la lumière se réfléchit sur l'air, sur Teau , chaque fois enfin qu'il y a juxlaposilion de deux milieux où la lumière n'ait pas la même vitesse. L'intensité de la lumière réfléchie augmente d'ailleurs avec l'obliquité du rayon incident. Pour l'incidence normale, les métaux blancs et polis réjéchissent un peu plus de '/a de la lumière incidente, tandis que Teau et le verre n'en réfléchissent que '/so- Il y a donc toujours de la lumière absorbée et réfléchie irrégulièrement.

On peut s'assurer de la vérité des deux principes que nous venons d'exposer, au moyen d'un cercle divisé, au centre duquel se trouve un petit miroir, sur lequel on fait tomber (f. 394) un rayon lumineux qu'on observe avec une lunette. MIROIRS PLAIVS.

596. Tous les rayons lumineux partis d'un point a, placé devant un miroir (f. 395), étant réfléchis mathématiquement, les prolongations de ces rayons réfléchis de l'autre côté du miroir viendront toutes se couper en un point m , qui se trouvera nécessairement derrière le miroir à une distance égale à relie qui sépare le point a de la surface de ce miroir. En effet, les angles d'incidence et de réflexion étant égaux , il y a égalité entre les angles abc et ebd. Or, l'angle ebd égale l'angle cbm , comme opposé au sommet: donc abc = cbm. Les deux triangles a et m sont égaux , car ils ont le côté bc commun , les angles abc et cbm égaux , ainsi que les angles droits acb et bcm. Donc on a ac = cm , et ab = bm ; il^en sera de même pour tout autre rayon , an , etc. Or , quand un pinceau lumineux vient frapper par réflexion notre organe visuel, notre esprit redresse le pinceau brisé, et au lieu de ne voir que la base de la partie du pinceau , nous voyons celle même du pinceau entier : et cette base nous apparaît nécessaîrerement , d'après ce que nous venons de dire , aussi loin derrière le miroir, que l'objet lumineux en est éloigné devant (f. 396). Cet effet si étonnant s'explique ainsi : l'œil ne pouvant avoir la perception des objets que par suite du choc des rayons sur la rétine , quand les rayons sont détournés de leur roule primitive, et qu'ils arrivent néanmoins à l'œil , celui-ci doit sentir les objets comme s'ils lui venaient directement. De plus, comme il ne peut juger de la position des ojpjets que par la direction du choc, au

moment où les rayons le frappent , il s'ensuit qu'il jugera le corps lumineux sur le prolongement du rayon réfléchi , et par conséquent derrière le miroir. Donc un objet placé devant un miroir plan, est vu derrière ce miroir , à une distance égale et d'une manière symétrique.

597. RÉFLEXION SUR DEUX MIROIRS. PLANS PARAL- LELES. Un objet placé entre deux miroirs parallèles et opposés est TU un grand nombre de fois : en effet, l'image que cet objet peint dans chacune des glaces sert à son tour d'objet à la glace opposée, et cet effet se répétant ainsi, il en résulte une infinité d'images qui paraissent de plus en plus éloignées. Soient, par exemple (f. 597), g et g' deux glaces parallèles et opposées, entre lesquelles se trouve un objet o; celui-ci se peindra d'abord en a et en a' ; puis a se peindra en b et en L' ; puis 6' se peindra en d et l en d' , et ainsi de suite.

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