‹ Cours de physiqueChapitre 42 sur 158 · BÉLIER HYDRAULIQUE · texte numérisé non relu

BÉLIER HYDRAULIQUE

193. L'appareil qui constitue le bélier hydraulique est fondé sur ce qu'une colonne d'eau ou d'un autre liquide quelconque parcourant un canal et venant à rencontrer un obstacle , la tête de la colonne presse l'obstacle par suite de la vitesse acquise, et les parties postérieures se portant en avant, viennent se serrer les unes contre les autres.

Il y a ainsi un moment ou les parois du canal supportent une pression beaucoup plus considérable que celle qu^elles supportent habituellement.

Le bélier hydraulique est construit comme l'indique la figure 202 qui en représente la coupe transversale; ce' est un tuyau par lequel arrive l'eau d'un réservoir quelconque avec une vitesse qui dépend de la hauteur de la chute ; ce tuyau porte le nom de corps du bélier. Par lête du bélier , Ton entend tout le reste de l'appareil.

La lettre h représente une boule qui pèse deux fois autant que le même volume d'eau (a) j cette boule est retenue par des brides que l'on appelle muselières : a est une cloche métallique contenant de l'air, et portant un tuyau latéral //' : cette cloche présente dans sa partie inférieure une ouverture o sur laquelle s'adapte un boulet n de même densité que le boulet b , plus petit que lui , et retenu également par des brides. Le jeu de cet instrument est facile à concevoir. L'eau arrivant du réservoir r avec une certaine vitesse, vient heurter la boule i , et la pousse contre l'ouverture z : le passage du liquide étant ainsi intercepté , il se fait sentir par effet de la vitesse acquise, une augmentation de pression sur tous les points des parois. du conduit ce', en sorte que le boulet « est soulevé à son tour, et qu'il s'élance du liquide dans la cloche a. On appelle ce mouvement un coup de bélier. La vitesse acquise du liquide ayant été détruite par le mouvement que nous venons d'indiquer, les deux boulets ^ et n retombent par leur propre poids, de manière que l'ouverture o soit bouchée de nouveau, et que l'ouverture z au contraire soit débouchée; il se fera alors un second coup de bélier, et ainsi de suite.

Chaque fois que par l'effet d'un coup de bélier il pénètre de l'eau dans la cloche a, cette eau pénètre aussi dans le tuyau latéral W , en sorte qu'elle s'y élève à une certaine hauteur , ce qui est précisément le but que l'on se propose dans la construction du bélier hydraulique. Comme le jeu du bélier n'a lieu que par saccades brusques , ainsi que nous venons de le voir , il s'ensuit que l'eau ne jaillirait ainsi que par intervalles par le tube U^ , si l'air qui remplit la cloche a et qui est fortement comprimé, ne forçait par sa force élastique le liquide à s'échapper par ce tuyau d'une manière continue et égale.

Les deux boulets b e\n , faisant l'office de soupapes , portent les noms, celui b de soupape d'arrêt et celui o, de soupape d'ascension. Le tube latéral tt' s'appelle tuyau d'ascension j et la cloche a se nomme le réservoir d'air ; souvent au lieu du boulet unique h , l'on se sert d'un assemblage de boulets plus petits et semblablement disposés. Le boulet n est ordinairement remplacé par deux boulets

(a) Il faut que la densité des boulets soit plus grande que celle de l'eau, afin qu'ils ne surnagent pas.

semblables ; k est une petite cloche contenant de l'air , correspondant avec le conduit ce' , et dont la présence a été reconnue nécessaire pour faciliter le mouvement des soupapes.

La hauteur à laquelle on peut élever de l'eau au moyen du bélier hydraulique dépend du diamètre du tube cc^ , et de la vitesse que le liquide acquiert en parcourant ce lube.

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