DENSITÉ D£S GAZ
201. Les poids spécifiques des gaz sont rapportés à celui de Tair pris pour unité. Ils se déterminent de la manière suivante. On prend un ballon de verre muni d'un robinet , et on le pèse après y avoir fait le vide : puis on y introduit de l'air, et on le pèse de nouveau j enfin, après y avoir fait le vide derechef, on y introduit le gaz dont on cliercbe la densité , et on fait une nouvelle pesée. La différence des poids du ballon vide et du ballon plein d'air donne le poids du volume d'air; tandis que la différence des poids du ballon vide et du ballon plein de gaz donne le poids du volume égal de celui-ci. Appelant 1 la densité de l'air, /? le poids de celui-ci , p' le poids du volume égal du gaz donné , et ce sa densité , l'on a la proportion p\ p' \\\\ x , d'où Ton tire x =
— . Cette formule indique que, pour connaître la densité d'un gaz,
il faut diviser le poids d'un volume donné de ce gaz par celui d'un égal volume d'air. Pour introduire le gaz dans le ballon , on visse celui-ci, dans lequel on a fait précédemment le vide , au-dessus d'une cloche munie d'un robinet (f. 204) , remplie du gaz donné, et j)longeant par sa partie inférieure dans un bain de liquide : en ouvrant les deux robinets , le gaz s'élèvera dans le ballon et le remplira complètement, si l'on a eu soin d'enfoncer la cloche dans la cuve de manière que le niveau soit le même dans son intérieur et à l'extérieur. Le niveau du liquide étant le même en dedans et en dehors de la cloche , il est évident que le ballon est plein de gaz à la pression atmosphérique actuelle. Les pressions atmosphériques changeant continuellement, les expériences faites sur les volumes de gaz pris ainsi à des pressions différentes, ne seraient pas comparables, car nous savons que les volumes des gaz sont en raison inverse des pressions , et que par conséquent un même volume pris sous des pressions atmosphériques diverses , n'aura pas le même poids. 11 faudra donc ramener par le calcul le volume des gaz employés sous la pression atmosphérique actuelle à celui qu'ils auraient sous la pression constante de 0'",76.
( 164 ) Outre la correction de la pression atmosphérique , que nous venons d'indiquer , il y a encore celle que nécessite la diflférence des températures auxquelles ces expériences sont faites. En effet, les gaz augmentant de volume par les augmentations de température, un même volume de gaz sera plus léger à une haute température, qu'il ne le serait à une température basse : il faut donc ramener par le calcul le volume des gaz sous la température actuelle de l'expérience à ceux qu'ils auraient sous la température constante de 0"^. Nous saurons plus tard par quel calcul l'on peut parvenir à ce résultat.
Des volumes égaux de gaz secs et de gaz humides n'ont pas le même poids j il est donc absolument nécessaire d'évaluer le poids de la vapeur d'eau qui se trouve dans les gaz sur lesquels on opère, afin d'en tenir compte, ou d'absorber celte humidité. On pourrait obtenir ce dernier résultat en faisant passer le gaz au sortir de la cloche, à travers un tube contenant un corps avide d'humidité : le gaz arrivé dans le ballon serait parfaitement sec (a). Il faudrait avoir soin de purger d'abord ce tube complètement d'air. Si le gaz attaquait la monture de métal que [porte le ballon j il faudrait remplacer celui-ci par un flacon ouvert dans lequel on amènerait un courant de gaz suffisant pour le remplir complètement.