‹ Cours de physiqueChapitre 78 sur 158 · C. L. DE FLUIDITE · texte numérisé non relu

C. L. DE FLUIDITE

403. Si l'on expose à la chaleur d'un foyer, quelqu'ardent qu'il puisse être, un vase contenant de la glace, la température de l'eau qui se forme ne dépasse jamais 0° tant qu'il reste de la glace à fondrej cela prouve bien évidemment que tout le calorique dégagé par le foyer et absorbé par le vase, est employé seulement à convertir la glace eu eau , sans en élever la température. On appelle, ainsi que nous venons de le dire, calorique latent , celle quantité de calorique absorbée par le corps solide pour devenir liquide, sans que sa température en soit affectée.

404. Il est facile de déterminer le calorique latent de fluidité de l'eau : pour cela il suffit d'avoir recours à l'expérience suivante. On verse dans une cuvette creuse de glace à 0", ou dans le calorimètre de Lavoisier , 1 kiiog. d'eau à 75° , et on recueille soigneusement au bout de quelques instants toute l'eau qui se trouve, soit dans la cuvette, soit dans le calorimètre. La quantité d'eau ainsi obtenue est de 2 kilog. et la température est de 0°. Le kilogramme d'eau qui était précédemment à 73° a donc perdu toute la quantité de calorique qui l'avait élevé à cette température; tout ce calorique abandonné parle kilog. d'eau chaude a été employé seulement à transformer en eau à 0° 1 kilog. de glace. Cette expérience prouve qu'une certaine quantité de glace à 0°, absorbe pour passer à l'état d'eau à 0°, une quantité de calorique telle qu'elle pourrait élever le même poids d'eau de la température de 0° à celle de 75°, ce qui indique que le calorique latent de l'eau est de 75 calories.

On pourrait évaluer ainsi en calories le calorique latent de fluidité d'autres corps. En effet, supposons par exemple qu'on prenne du plomb au moment où il achève de fondre, et qu'on le mette dans

de la glace ou dans de l'eau; par l'un ou l'autre de ces moyens on connaîtra le nombre de calories qu'il abandonnera. Cette quantité de chaleur sera formée de celle qui constituait son calorique latent de fluidité , plus de celle abandonnée par le plomb redevenu solide pour se rabaisser à la température de l'eau où il plonge- Or, cette dernière quantité peut se calculer d'après la capacité calorifique connue du plomb ; on trouve donc aisément la première.

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