APPLICATIONS
407. D'après ce que nous venons de voir, chaque fois que les corps changeront d'état, ils produiront un changement de lem-
(a) La vapeur d'eau bouillante condent donc 75 -\- 100 -+• 550, ou 725 calories de plus que la glace àO", et pourtant sa température n'est que de dOO. Nous avions donc raison d'annoncer précédemment que les tempéra— tures n'indiquent nullement les quantités absolues de colorique contenues dans les corps, quantités qu'il est impossible d'évaluer.
(i) Il faut bien se rappeler que nous entendons par calorie la quantité de calorique nécessaire pour élever de 1° un poids d'eau égal au poids du corps dont on s'occupe. Cette unité est ordinairement rapportée au poids de 1 kilogramme.
përature. Quand ils passeront de Pétat solide à l'état liquide ou de l'état liquide à l'état gazeux , ils absorberont du calorique latent et causeront par conséquent un refroidissement dans les corps environnants; lorsque les corps repasseront de Télat de vapeur à celui de liquide, ou de l'état liquide à l'état solide, ils abandonneront le calorique latent qu'ils contenaient, ce qui produira nécessairement une élévation de température.
1" En plaçant un sel soluble dans l'eau, ce sel produit, en se dissolvant, un abaissement de température, parce qu'il absorbe, comme calorique latent , une partie du calorique de l'eau. En faisant un mélange de neige et de certains sels , ces deux corps passent à l'état liquide; ils absorbent pour cela une quantité plus ou moins grande de calorique latent, et produisent par suite un abaissement de température considérable. Ces mélanges portent le nom de réfrigérents ou frigorifiques. Les alcalis et les acides étendus produisent le même effet que les sels.
Tableau de quehjues mélanges réfrigérents.
Neige 1 I parties produisent un
sel marin 1 j abaissement de . . 0° à — 17°, 77°
Neige 2 1 muriate de [ de 0° à — 27°^ 77°
chaux 3
Neige 3
potasse 4
de 0° à — 28°, 53°
.,N^'f, 1 de-6°,66à-51°
acide suliur. ^ |
^^'^^. l \ . . . . de — I7°,77à — 20°,55°
sel marm * i
Neige 1 I
muriate de [ . . . . de — 17°, 77 à — 54°, 5°
chaux 2 ]
Neige 1 \
muriate de > . . . . ^S?Hië*i^ 40° à 38°, 83°
chaux 3
C'est à cause de la grande quantité de calorique dont la glace a besoin pour se convertir en eau , que la fonte des neiges el des glaces est si lente.
2° Comme l'eau , en se solidifiant, abandonne son calorique latent de fluidité, elle produit nécessairement une élévation de température dans les corps environnants j c'est ce qui est cause de la non-congélation des masses d'eau considérables. Il j aura également dégagement considérable de calorique, chaque fois que l'eau passera de Tétat liquide au solide; c'est ainsi que se produit le dégagement de calorique qui se manifeste quand on verse de Teaa sur la chaux vive, qui absorbe ce liquide de manière à former avec lui un composé pulvérulent, connu sous le nom d'hydrate de chaux.
Lorsque par la calcination Ton prive de son eau un sel dont ce liquide est partie composante, et qu'on place ce sel calciné dans Teau, il y a dégagement de calorique. Celle élévation de température est due au calorique que laisse dégager Teau en se combinant avec le sel , avant que celui-ci ait commencé à se dissoudre.
5° Les liquides , absorbant beaucoup de calorique latent, doivent, pour se convertir en vapeur, produire du froid dans les corps environnants. C'est ce qui fait abaisser la boule d'un thermomètre qu'on enveloppe d'un linge imbibé d'un liquide très-volatil comme lélher.-Si la boule du thermomètre est entourée d'une éponge imbibée d'acide sulfureux liquide , la température baisse à — 57*^ dans l'air et à — 68° dans le vide. On peut ainsi congeler le mercure. C'est à la même cause qu'est dû le froid intense qu'on ressent en posant sur la main quelques gouttes d'éther, et celui moins prononcé qu'éprouve le corps humain quand il est couvert d'humidité, en sortant du bain.
En Espagne on se sert, pour rafraîchir l'ean , de vases appelés alcarazas. Ces vases sont formés d'une terre poreuse, à travers laquelle l'eau peut suinter, et venir ainsi former continuellement à la surface extérieure de la paroi une légère couche d'humidité ; celle-ci s'évaporant constamment, entrelient la fraîcheur du liquide qui se trouve dans le vase. Pour conserver l'eau fraîche dans un vase on le couvre d'un linge imbibé et on l'expose aux rayons du soleil ; il faut avoir soin que le linge soit toujours mouillé.
4° Nous avons vu que le calorique abandonné par la vapeur
d'eau qui se condense est considérable. Par Texpérience citée au paragraphe 405, il nous a été démontré qu'en faisant passer u ri certain poids de vapeur dans cinq fois et demi son poids d'eau a 0°, on obtient 6 '/i parties d'eau à 100°. On fait dans les arts une grande application de ce phénomène, ce qui permet d'obtenir de Teau bouillante dans des vases de toute nature , d'employer des foyers de chaleur moins grands et par suite moins dispendieux , et d'amener en tout lieu une source de chaleur prompte et efficace.
C'est à l'abandon du calorique latent de la vapeur d'eau qu'est due l'élévation de température qui se fait ordinairement sentir avapt la pluie. La formation de la neige est habituellement précédée d'un phénomène semblable.
Les plantes sont ordinairement à une température plus basse que celle de l'air, parce que leurs tissus font l'office d'alcarazas. C'est cette évaporation continuelle qui les entretient fraîches , malgré les ardeurs du soleil. On doit aussi regarder comme une très-grande cause de refroidissement la transpiration abondante qui se produit à la surface du corps vivant. C'est ce qui fait que le sang a une température fixe de 37° chez les hommes , quel que soit le climat qu'ils habitent et dans quelque saison que ce soit de l'année. On doit regarder la sueur et la transpiration insensible comme des moyens pour faire évacuer une partie du calorique du corps.