DU DROIT DE FAIRE GRACE
Je dois observer que M. de Chateaubriand a adopté mou principe el jusqu'aux développements qui l'appuient, et qu'il en a fait, dans le douzième chapitre de la Monarchie selon la Charte, une très-éloquente paraphrase. Je l'en remercie; mes idées ne peulent que gagner en étant reproduites par un interprète d'un talenl si rare. Seulement il les exagère un peu; il prétend tellement réduire le monarque à la qualité de spectateur, qu'il dit en propres termes : Que le roi ne forçant point son ministre, si celui-ci h' obtempère pas à l'avis du roi, le roi n'insiste plus. Le ministre agit, fait mie [mite, tombe, et le roi élimine son ministère. (Dr la monarchie selon la Charte, chap. 5.) Ce n'est certes pas ainsi que je l'enfends. Quand le roi voit un ministre prêt à taire une faute, il ne reste pas impassible» 11 ne laisse pas commettre une faute dont la nation porterait la peine. 11 ne force pas son ministre, mais il le renvoie avant que la faute ne soit commise.