‹ Cours de politique constitutionnelleChapitre 109 sur 128 · MOTIFS QVl OM' niCTR · texte numérisé non relu

MOTIFS QVl OM' niCTR

Eh bien î ce que la nation veut, ce que veulent les hommes qu'on accuse d'ambition et d'inquiétude, se trouve sous la monarchie, telle que la Charte et la loi des élections nous l'ont faite. Je dis la Cliarte et la loi des élections, parce que la loi des élections a vivifié la Charte. Ce n'est que depuis celte loi des élections que nous jouissons de la Charte. C'est par cette loi que nous en jouissons. Nous la possédions, tout était tranquille. On la menace, tout est agité. Tout redeviendrait tranquille, si on revenaità la respecter.

Il dépend donc du gouvernement de jeter en France des racines plus profondes qu'aucun gouvernement n'en eut jamais chez aucune nation; et, pour y parvenir, il n'a pas besoin, comme d'autres gouvernements, de se résigner à des concessions nouvelles, ou de s'imposer des limites non encore tracées. Ce qu'il a donné, ce dont on jouit, ce qui existe, est suffisant.

Mais si le gouvernement se laisse cerner par les ennemis de ce qui existe ; si, dominé par eux, il menace perpétuellement son propre ouvrage et ses propres bases, de quels rêves pourra se bercer encore l'esprit le plus disposé à l'espérance? Toutes les habitudes de stabilité, habitudes précieuses et si difficiles à créer, violemment détruites; un sentiment d'incertitude se glissant partout; une inégalité créée à plaisir, comme pour blesser la nation la plus avide de légalité: des citoyens dépossédés de leurs droits; deux armées, d'étendards et d'intérêts différents, rangées en bataille par la législation même ; l'une n'exerçant sa prérogative que pour la voir sans cesse annulée ; l'autre ne songeant -qu'aux moyens de s'assurer la victoire par le privilège, au dépens de la justice : quels éléments d'ordre social ! Et au milieu des discordes nationales, des hommes sur qui pèsent des souvenirs déplorables, saisissant le pouvoir qu'ils rendent à la fois précaire et odieux !

Car on ne saurait contester la coexistence des faits, quelle que puisse en être la cause. Il y a six mois, le parti de 1815 était éloigné; l'on n'entendait parler ni de cris séditieux, ni de conspirations, ni de complots ourdis dans les ténèbres. Ce parti se rapproche, et de tontes parts éclatent soudain mille symptômes d'une société désorganisée. Je ne prétends pénétrer aucun mystère, et je n'accuse personne : mais il est bizarre que ces symptômes forment toujours le cortège de cette faction, et se dissipent en son absence pour reparaître dès qu'elle paraît.

LE NOUVEAU PROJET DE l.nl SCIl LES ÉLECTIONS. 535

Le projet actuel est l'ouvraiic de cette laetion. H n'est dans aucun intérêt, si ce n'est dans le sien. 11 enlève à la natiun son droit, et à la couronne sa prérogative. Il réveille toutes les craintes, il ébranle toutes les stabilités. II reporte sur l'autorité royale des souvenirs et des impressions lâcheuses que l'instinct du jxiuple Irançais aime à en séparer C'est une dernière tentative de la faction du petit nond)re, pour appelei' sur le trône, dont elle veut se faire un rempart, des périls qui résultent des fautes qu'elle a commises et des détîances qu'elle a méritées.

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