FIS DB LA TABLE
1. — La religion est le lien qui existe entre Dieu et l'homme.
11 n'y a donc qu'une vraie religion , celle qui donne une idée juste de Dieu, de l'homme, et des rapports qui existent entre eux.
2. — Avoir une religion, suivre une religion, professer une religion, c'est croire en Dieu et entrer en relation avec Dieu. Ainsi, une prière est une relation qui s'établit entre Dieu et nous; mais, pour le prier, il faut avant tout croire en lui.
11 est donc d'une importance extrême que notre foi soit ferme. Une foi oublieuse, distraite, chancelante, rendra notre religion très-imparfaite. Notre croyance ou notre "foi est le fondement de notre religion.
Il faut que celui qui vient a Dieu, croie que Dieu est} et qu'il est le rémunérateur de ceuj: oui le craignent. ( Héb. 1 1 . 6.)
% — Notre foi aura une base solide, si toutes les vérités de notre religion reposent sur une vente simple, claire, facile, à la portée de ton* et indubitable.
4. — Cette vérité, îa première qui se présente à nous dans cette étude, est celie-ci: T existe.
5. — Cette vérité a deux caractères qui la dis tinguent de toutes les autres sans exception :
i ° Il est complètement inutile d'en donner la moindre preuve : vous qui lisez ces lignes, est- il nécessaire de vous prouver que vous existez ?
i° Il est absolument impossible d'y opposer la moindre objection : vous qui lisez ces lignes, que peut-on vous dire pour vous faire douter de votre existence?
Cette vérité, certaine pourcbacun, est unique en son espèce, puisqu'il est inutile delà prouver et impossible de la contredire; elle sera la base de toute la religion , et nous arriverons à savoir que Dieu est, avec autant de certitude que nous savons que nous sommes.
Qui est-ce qui connaît ce qui est dans V 'homme , si ce n'est l'esprit de l'homme qui est en lui ? ( i Cor. '2. ii.)
6. — L'étude de la religion, si notre foi s'appuie sur la conviction que nous avons de notre propre existence, doit donc commencer par l'étude de l'homme; aussi bien est-il naturel de se connaître soi-même avant de chercher à acquérir d'autres connaissances.
7. — L'homme est un être mixte, c'est - à dire, formé d'un corps et d'une ame, ou d'esprit et de matière.
L'homme a été fait en ame vivante. ( G en. 2.7.)
ISTRODLCTIOS. 3
Ne craignez point , a dit Jésus-Christ, ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l'ameJMatt. 10.28.}
Les preuves les plus faciles de cette vérité sont les suivantes :
i° Les sourds ou les aveugles, qui le sont devenus par accident ou par vieillesse, ont une idée très- distincte de ce qui se voit ou de ce qui s'entend. Cette idée ne peut être dans leurs yeux qui ne voient plus, ou leur oreille qui n'entend plus ; elle est dans leur âme.
a* Quand l'homme éprouve deux désirs, il serait attiré, s'il n'était que matière, précisément comme le fer entre deux aimans : mais non ; il choisit, il se détermine , il a une volonté, et sa volonté prouve qu'il a une âme.
3° Nous avons cinq sens distincts et bien séparés : L'oreille ne juge-telle pas des discours ', comme le palais savoure les alimens ?( Job , 12. 1 1). L'un des cinq sens ne nous apprend rien des sensations produites par les quatre autres; la vue ne nous apprend rien de la douceur du son de la flûte; l'ouïe ne nous apprend rien de ladouceur du parfum de la rose; l'odorat ne nous apprend rien de la douceur, sous nos doigts, du velouté de ses feuilles. Cependant nous comparons andedans de nous- les sensations produites par l'ouïe, l'odorat et le toucher, et nous disons que ce son est doux , que cette odeur est douce , que ces feuilles sont douces sous noire main : ce qui
i INTRODUCTION.
compare en nous, ce n'est donc ni l'œil, ni Vo-
reiîle, ni la main ; c'est noire ame.
4" Il n'y a que cinq espèces de sensations qui nous viennent de nos cinq sens. Nous avons en nous des idées qui n'en viennent pas, telles que celles d'éternité ( 33 ), d'immensité (34 ), et aussi celles de justice, de bonté, de perfection ; elles nous viennent de notre ame.
5° Enfin , l'homme pense; sa pensée est simple, c'est-à-dire qu'on ne peut la mesurer, la peser, la voir, la toucher, la diviser en plusieurs parties. Qu'est-ce qu'une moitié de pensée, un tiers, un quart de pensée, etc. ? Ce qui pense en lui n'est donc pas son corps, qui , au contraire , peut être mesuré, pesé, vu, touché, divisé; ce qui pense, c'est son ame.
8. — L'homme est un être raisonnable, c'està-dire qu'il a le moyen de s'étudier et de se connaître lui-même. Il se dit avec certitude : J'existe (4 et 5), et il peut examiner sa propre nature, sa propre existence, et se comparer à tout ce qui existe hors de lui.
L'esprit de l'homme est une lumière divine ; il sonde jusqu'aux choses les plus profondes. Prov. 20. ay;) 9. — L'homme est un être moral ou consciencieux, c'est-à-dire qu'il est forcé de faire une différence entre ses actions, et d'attacher aux unes l'idée de bien, aux autres celle de mai ; c'est là ce qu'on appelle avoir une comrience.J! est vrai
que l'homme, dans sa position actuelle, peut se tromper et prendre le bien pour le mal et le mal pour le bien ; mais ce qu'il ne peut pas faire, c'est de se persuader qu'il n'y a m bien ni mal , et que tout e^t indiffèrent
Aotrc conscience nous rend témoignage, et nos pensées nous accusent et nous défendent. ( Rom.