‹ Cours de religion chrétienneChapitre 13 sur 40 · lf · texte numérisé non relu

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10- — L'homme est un être libre , c'est-à-dire qu'il est toujours maître de choisir sa conduite, de pratiquer ou non ce qu'il considère comme Lien , et d'éviter ou non ce qu'il considère comme mal. En effet, agir, pour lui, c'est toujours choisir, et, quand nous rentrons en nous mêmes, nous sentons très-bien que nous sommes libres dans notre conduite. Nous hésitons souvent entre le bien et le mal : comment pourrions-nous hésiter, si nous n'étions pas libres? Il est juste même de dire que nier la liberté, c'est nier tout vice et toute vertu. On ne peut être méchant ou bon malgré soi.

Jai mis devant toi, disait Moïse à Israël, la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction; choisis donc la vie ! (ùeut. 3o. 19.)

11- — L'homme est un être successif, c'està-dire placé entre une génération qui part et une génération qui arrive, héritant de ses devanciers pour transmettre à ses descendans.

Une génération passe et l 'autre génération vient; mais la terre demeure toujours ferme. (Ecc. 1 . 4.)

12. — - L'homme est donc un être mixte, raiaonnabie, moral, libre et successif; il est cela, rien de plus, rien de moins; oublier ou ajouter ici un seul trait, c'est se représenter un être imaginaire, ou du moins un être qui n'est pas l'homme.

Je te célébrerai , 6 Eternel ! de ce que f ai été fait d'une si étonnante et admirable manière! (Ps. i3g.

\5. — De ces caractères dont 1 homme est revêtu , résultent trois désirs dont il est animé:

i° Le désir d'exister, qu'il ne faut pas confondre avec le désir de vivre. Quelque général que soit l'attachement à la vie, quelque portés que nous soyons, comme lePsalmiste, à dire au Seigneur \ Fais moi ce bien que je vive (Ps. ng. Ij) , et à tout donner pour sauver notre vie (Job. 2. 4 )) on ne désire pas toujours de vivre, mais on désire toujours d'exister. — Nous tenons à l'existence; le néant ne nous fait pas peur, mais il nous déplaît, il nous répugne, et )es tristesses de la mort viennent en grande partie de ce qu'elle ressemble à un anéantissement : Au sépulcre ou tu vas, il rty a ni œuvre, ni discours, ni science, ni sagesse. (Ecc. 9. 10.) — Ce désir d'exister n'est ni borné ni étouffé par la mort; nous souhaitons d'exister encore audelà du tombeau : c'est une existence sans fin que nous désirons.

Maître, disait le docteur de la loi au Christ, que fer ai- je pour avoir la vie éternelle ? (Luc 10. 25./

14. — 2° Le désir de jouir, c'est-à-dire detrê heureux. Il est contradictoire qu'un être quelconque veuille son mal. Personne n'a jamais haï sa propre chair. (Eph. 5. 29.) Quoique l'homme se trompe bien souvent sur le bonheur, il en

veut, il en cherche, il en espère toujours.

Lue existence qui se réduirait à un état d'insensibilité sans soulfrance, mais aussi sans félicité, serait contraire à notre nature; nous n'y resterions que malgré nous. —Et ce que nous désirons, ce n'est pas un bonheur imparfait, incertain, mélangé, acheté par des épreuves préalables; c'est un bonheur auquel rien ne manque, nous ne serions pas contens à moins ; il nous resterait quelque chose à souhaiter : nous voulons être heureux tout de suite.

Le sépulcre et le gouffre ne sont jamais rassasiés; ainsi les désirs de l'homme sont insatiables. (Prov. 27. 20.)

15- — 3° Le désir de savoir. La raison de l'homme est insatiable dans son ardeur de connaître; il n'est rien qu'elle ne veuille approfondir. — Plus les choses lui échappent, plus elle en est curieuse. — Il est vrai que la difficulté d'apprendre refroidit souvent ce désir, et tout le monde ne veut pas étudier ; mais, en revanche , tout le monde voudrait savoir. — La raison de l'homme est d'ailleurs organisée de manière qu'elle apprend toujours et même malgré lui. Lœil nest jamais rassasié de voir, ni t oreille

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assouvie d'entendre (Ecc. 1.8), et nous nous sommes tournés de tout notre cœur de tous cotés pour savoir, pour examiner, pour chercher la sagesse et la raison de tout. (Ecc. 7. 25.) ,

16. — Ces trois désirs, inhérens à notre nature, sont inséparables, universels et constans ; tous, nous les éprouvons tous les trois et toujours 11 ne dépend pas de nous de ne les point éprouver, et, à vrai dire, ils se fondent en un seul, le désir d'être heureux.

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