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tous les livres sacrés, et quelque idée dV leur contenu; la morale évangélique; une théorie de l'Église , de sa constitution et de son culte; un peu d'apologétique, pour que la foi puisse se défendre; un peu d'histoire ecclésiastique, pour quelle sache où 1 humanité en est de sa destinée terrestre ; quelques notions de controverse, pour qu'elle comprenne comment il se fait que la chrétienté ne forme pas une seule Eglise; enfin . quelque idée de la conservation des monumens qui servent de hase à la foi, et ces tableaux de l'avenir terrestre et céleste de notre race , que le christianisme seul donne moyen de tracer. Tout cela est beaucoup, sans doute ; mais , à moins de tout cela , un catéchisme sera incomplet; il n'embrassera point tout le christianisme; l'Évangile n'y sera présenté que par fragmens; il restera des vides dans la piété , des lacunes dans la foi ; le soleil de justice aura perdu quelquesuns de ses rayons , et l'ombre çà et là remportera sur la lumière. Avant la première communion , pendant la ferveur de l'instruction religieuse, et lorsque le pasteur est
VTIt AVIS
toujours là pour répondre aux doutes qui dans le monde surgissent devant une foi naissante, le danger d'un cours incomplet se montre peu; mais plus tard dans la vie, lorsque le chemin de la maison du pasteur est oublié, lorsque peu à peu se relâche le lien tendre et saint qui s'était formé entre un minisire de l'Évangile et les jeunes gens qu'il s'efforce d'amener à Christ, si toute la religion n'a pas été versée à pleins flots dans le cœur, si la piété a été laissée dans l'ignorance ou dans l'incertitude sur des vérités ou des objections essentielles, il est facile de prévoir ce qui arrive; mais il ne l'est pas de le réparer.
Une autre pensée, qui est entrée pour beaucoup dans la résolution de publier ce petit livre, vient à l'appui de ces pensées,c'est qu'un catéchisme aujourd'hui ne peut pas être ce qu'était un catéchisme autrefois. Les hommes sont changés; il faut que le mode d'instruction change avec eux. La fureur du raisonnement s'est emparée de notre génération, et il faut raisonner avec ce siècle raisonneur. Le temps est passé, du moins en
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France, où l'instituteur de la religion n'avait à parler qu'au cœur, où les larmes de la première sainte Cène ne se séchaient point au souffle de l'incrédulité. Il serait plus doux de ne parler à la jeunesse que der bienfaits du christianisme, et de les lui donner en preuve de sa vérité; cette preuve, de nos jours, ne suffit plus, et il est triste ' mais il est nécessaire que, dans le présent siècle, un pasteur, dans ses instructions religieuses, défende le christianisme en même temps qu'il l'expose. Sans doute il y a en ceci un milieu à garder, et ce serait manquer le but , au lieu de l'atteindre , que d'embarrasser l'esprit des catéchumènes de mille objections absurdes dont le christianisme est poursuivi aujourd'hui, que l'on croit neuves, et qui ne séduisent un moment que par un rajeunissement d'absurdité; mais se taire complètement sur les objections , est , dans le présent siècle , impossible. 11 est indispensable que la foi soit revêtue de toutes ses armes, aujourd'hui que l'incrédulité, pour ainsi dire, court les rues et même les campagnes, aujourd'hui que