E5SEIGHEMENS DE JESUS-CHRIST
1 36. — La doctrine de Jésus-Christ résume tous nos devoirs en l'amour de Dieu et l'amour du prochain : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur , de toute ton cime et de toute ta pensée. C'est là le premier et le plus grand commandement , et voici le second qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandemens dépendent toute la loi et les prophètes. (Matt. 22. 37-40. Luc, 10. 27. Rom. 13.9. Gàl. 5. 1 4. ) L'amour de Dieu doit être sans mesure ; l'amour du prochain en a une , celle de l'amour que nous avons pour nousmêmes : c'est la condamnation formelle de tout égoisme.
137. — Le perfectionnement auquel l'homme est appelé par cet amour n'a point de bornes : Soyez parfaits comme votre Père qui est aux deux est parfait. (Matt. 5. 48. ) Soyez miséricordieux comme votre Pcre est miséricordieux. (Luc, 6. 36.) Comme celui qui vous a appelés est saint , soyez de même saints dans toute votre conduite. (1 Pierre, 1. 15.) Soyez les imitateurs de Dieu. (Eph. 5. 1.)
138. — Jésus-Christ nous a donné le modèle accompli du progrès possible en ce monde. Il a dit : Je vous ai donné un exemple . afin que, comme je vous ai fait, vous fassiez de 7néme(5eau\, 13. 1 5). S. Jean a dit : Celui qui demeure en Christ doit vivre comme le Christ lui-même a vécu, (1 Jean, 2. 6.) et S. Pierre : Christ vous a laissé un exemple, afin que vous suiviez ses traces. (1 Pierre, 2.21 .) Mais 1' homme est si loin de cette sainteté dont les perfections de Dieu même sont la mesure, et dont les vertus de Jésus sont le modèle; le changement par lequel il doit passer pour marcher dans cette voie illimitée de progrès, est si grand, que l'Evangile le désigne sous l'image d^une régénération ou nouvelle naissance.
Quiconque n'est point né de nouveau, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. (Jean, 3. 3. ) Dépouillez le vieil homme, et revêtez l homme nouveau qui se renouvelle par la connaissance, à l'image de celui qui Ta <réé. (Col. 3. 9, 10.)
1 39. — Les premiers fruits de cet amour et de ces progrès seront l'expérience que si nous cherchons premièrement le royaume des deux et sa justice , toutes choses nous seront données par-dessus. (Matt. 6. 33, )
et que toutes choses concourent ensemble au bien de ceux qui aiment Dieu. ( Rom. 8. 28. ) La piété est utile à tout , ayant les promesses de la vie présente et de celle qui est à venir, (1 Tim. 4. 8. )
1 40. — Cet amour pour Dieu, qui forme le premier et le plus grand commandement, ne peut exister sans la fidélité aux préceptes divins et sans la foi aux vérités divines". Celui qui n'est ni fidèle ni croyant ne peut aimer Pieu. Jésus disait à ses disciples : Si vous m'aimez, gardez mes commandemens l Jean, 14. 15. Jean, 5. 3); et à ses adversaires : Je sais que vous n'avez point en vous l'amour de Dieu ; je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas, (Jean, 5, 42, 43. ) S. Paul a dit : Si quelqu'un aime Dieu, Dieu est connu de lui, (1 Cor. 8. 3. et S. Jean : C'est aimer Dieu que de garder ses commandemens. (1 Jean, 5. 3.) La fidélité et la foi sont donc les deux caractères distinctifs du chrétien. Ces deux caractères sont inséparables. Le manque de l'un détruit l'autre : Si vous savez ces choses, a dit le Christ , vous êtes bienheureux , pourvu que vous les pratiquiez ( Jean^ 13. 17); et : Comme un corps sans âme est mort, la foi sans les œuvres est morte ( 1 Jacq.
2. 26.) Aussi, selon saint Paul, la charité est plus excellente que la foi, (1 Cor. 13. 4 3.) et le progrès simultané dans notre àme de la foi et de la charité, l'une soutenant l'autre, est attesté par S. Jacques, lorsqu'il nous enseigne que la foi d'Abraham montrait en lui son efficace par les œuvres et que par les œuvres sa foi fut rendue parfaite. (Jacq. 2. 22. )
141. — Malgré cette indispensable nécessité de la fidélité et de la foi, -il est certain que les passions de nos cœurs et les séductions du monde nous jettent trop souvent dans le péché et le doute ; car si V homme de bien tire de bonnes choses du bon trésor de son cœur, V homme méchant tire de mauvaises choses du mauvais trésor de son cœur. ( Matt. 12. 35. Luc, 6. 45.) Et tous nous sommes souvent forcés de dire au Seigneur : Je crois , Seigneur! Subviens à mon incrédulité ! (Marc, 9. 24.)
142. — Nous devons donc recourir à la çrdce de Dieu, que Jésus lui-même a demandée pour saint Pierre : J'ai prié pour toi, lui a-t-iidit, que ta foi ne défaille point ( Luc, 22. 32 ), et dont le Seigneur a dit lui-même à saint Paul : Ma grâce te suffit. (2 Cor. i 2. 9. ) Cet empire de la grâce est une assis-
DE RELIGION CHRÉTIENNE. Il
lance, non une contrainte, et ne détruit jamais notre liberté. (10) Le Seigneur se tient à la porte et il frappe ; c'est l'homme qui ouvre. Faites-vous un nouveau cœur et un nouvel esprit 9 avait dit le prophète, ( Eze. 18. 31. ) et le Christ a lui-même dit aux Juifs : Demandez, et il vous sera donné ; cherchez , et vous trouverez; heurtez, et on vous ouvrira. (Matt. 7. T. ) Approchez-vous de Dieu, dit saint Jacques, et il s'approchera de vous. ( Jacq. 4. 8. )
143. — Le sentiment de notre faiblesse et des dangers du monde doit nous porter à une attentive vigilance, selon le précepte du Seigneur : Veillez et priez, de peur que vous ne tombiez dans la tentation ; car l'esprit est prompt , mais la chair est faible ( Matt. 26. 41.), et le sage avertissement de l'apôtre : Que celui qui est debout prenne garde qu'il ne tombe! ( 1 Cor. 10. 12. )
1 44. — Cette vigilance ne doit jamais être accompagnée de découragement. Jésus luimême nous déclare que son joug est aisé et son fardeau léger. (Matt. 11. 30. ) Ses cornmandemens ne sont point pénibles ( 1 Jean, 5. 3 ), et Dieu est fidèle , qui ne permettra point que nous soyons tentés au-dessus de
nos forces, ( 1 Cor. 10. 13. ) Dieu n'impose point a l'homme une trop grande charge , en sorte qu'il ait lieu de venir plaider avec le Dieu fort. (Job. 34. 23.)
La confiance que nous devons mettre en ces déclarations empêchera que le nombre de nos devoirs nous effraie; pn les divise d'ordinaire en devoirs envers Dieu, envers le prochain et envers nous-mêmes, et cette division est naturelle, puisque la base de nos devoirs est l'amour de Dieu , du prochain et de nous-mêmes ( 1 36. )