‹ Cours de religion chrétienneChapitre 30 sur 40 · DEVOIRS ENVERS DIEU · texte numérisé non relu

DEVOIRS ENVERS DIEU

145. — Le premier devoir envers Dieu, celui dont l'oubli rend tous les autres et plus difficiles et moins bien remplis , est le culte ou Y adoration , dont la règle fondamentale se trouve dans cette parole du Christ : Dieu est esprit; il faut que ceux qui l'adorent, l'adorent en esprit et en vérité. (Jean, 4. 24.)

1 46. — Le culte ne peut être parfaitement conforme à ce précepte du Seigneur sans la profession de la foi, et s'il est tenu secret par timidité ou par fausse honte. Quiconque me confessera devant les hommes , a dit Jésus , je le confesserai devant mon Père ce-

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leste , et quiconque me reniera devant les hommes , je le renierai devant mon Père, céleste, ( Matt. 10. 32. Marc, 8. 38. ) Nous devons donc toujours être prêts à répondre avec douceur et respect à tous ceux qui nous demandent raison de notre espérance, ( 4 Pierre, 3. 15. )

147. — Cette franchise que nous devons mettre dans notre adoration et notre foi, nous oblige donc à prendre part assidûment au culte public, devoir sacré à remplir non pas seulement envers Dieu , mais envers nous-mêmes et envers nos frères. AT,abandonnez point nos assemblées comme quelques-uns ont coutume de faire ( Héb. 10. 25. ); et s'il survient quelque infidèle ou quelque ignorant, tous le convaincront d'erreur y tous V amèneront à se condamner; les secrets de son cœur se découvriront, et se prosternant la face contre terre, il adorera Dieu et publiera que Dieu est véritablement parmi vous. ( 1 Cor. 14- 24, 25. )

148. — Les adorations faites en commun ne sont pas les seules que nous devions rendre. Le Christ lui-même recommande formellement le culte domestique et les adora tions particulères.Matt. 6.6: Quand tu prieras ,

entre dans ton cabinet, et ayant fermé la porte , prie ton Père qui est dans ce lieu secret. Et saint Paul prescrit de faire en tout temps toutes sortes de supplications. (Eph. 6.18.)

149. — Sans prière , il n'y a point de culte, et l'acte le plus saint du culte estla prière , que le Christ a prescrite et par ses exemples et par ses préceptes : Si vous qui êtes mauvais, savez donner à vos en/ans de bonnes choses, combien plus votre Père qui est aux deux donncra-t-il des biens à ceux qui les lui demandent! (Mat. 7. 7, 1 1)11 est certain que nous ne possédons rien en propre, puisque nous n'avons rien apporté au monde, et qu'il est évident que nous n'en pouvons rien emporter (\ Tim. 6. 7); nous devons donc recourir à Dieu qui connaît nos besoins : Foire Père céleste sait que vous avez besoin de ces choses-là. (Matt. 6. 32.) C'est toujours au nom de notre Seigneur Jésus-Christ que nous devons prier : Tout ce que nous demanderons au Père en son nom, il nous le donnera. (Jean, 16. 23.) Alors nos prières seront toujours exaucées, quand nous demanderons à Dieu ses bienfaits spirituels : Si quelqu'un manque de sagesse , qu'il la demande à Dieu , qui la donne à

tous libéralement , et elle lui sera donnée (Jacq.1 . 5) ; et même si nos vœux sont d'accord avec sa volonté, Dieu nous dispense ses bienfaits temporels et terrestres : La confiance que nous avons en lui est que, si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous exauce (1 Jean, 5. 14.). La prière n'est donc jamais inutile : la prière du juste, faite avec ferveur, est d'une grande efficace. (Jacq. 5. 16.) Mais elle perd cette efficacité, si elle est mal faite et à mauvaise intention : Fous demandez, et vous ne recevez point , parce que vous demandez mal et dans la vue de fournir à vos voluptés. (Jacq. 4. 3.) Aucun moment n'est meilleur qu'un autre pour prier ; aussi saint Paul prescrit la prière en toute occasion (Phil. 4. 6.), "et saint Jacques la recommande surtout aux affligés : Quelqu'un parmi vous souffre-t-il, dit cet apôtre, qu'il prie! (Jacq. 5. 13.)

150. L'importance de bien prier est si grande , que Jésus-Christ lui-même nous a donné le meilleur modèle de prière (Matt. 6 9. Luc, 11 . 2.), que l'on nomme 1 Oraison Dominicale. Cette prière, dont le premier mot ; Notre Père qui es aux deux, fait connaître Dieu comme le Père commun des hommes, se compose de sept demandes distinctes. Les

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trois premières renferment les vœux spirituels les meilleurs qu'il soit possible de former pour l'humanité entière. Que ton nom soit sanctifié! c'est demander que tous les hommes rendent à Dieu de toute manière l'honneur qui lui est dû. Ce premier souhait est développé dans la seconde et la troisième demande: Que ton règne vienne! quêta volonté soit faite sur la terre comme au ciel / c'est-à-dire, que la pure foi et la pure morale se propagent et trouvent les hommes dociles comme les Anges; car le règne de Dieu, c'est la vérité, et la volonté de Dieu, c'est la verlu, la sainteté, la perfection. La quatrième demande , sous le nom de pain quotidien , comprend (1 Tim. 6. 8) une mesure suffisante des choses nécessaires au soutien de la vie, et en nous forçant à ne les demander que pour aujourd'hui , Jésus nous renvoie perpétuellement à la bonté de Dieu pour le lendemain. La cinquième demande : Pardonnenous ?ws offenses , comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés , est fondé sur le grand but de la religion chrétienne tout entière, le pardon des péchés du monde, et le grand devoir que le Christ a enseigné le premier aux hommes , l'oubli des injures. Enfin les deux dernières demandes concer-

nent notre conduite morale : Ne nous laisst pas tomber en tentation , c'est-à-dire, préserve-nous de rencontrer dans notre vie ces tentations funestes qui nous exposent à tant de combats et de dangers ; mais s il entre dans les vues de ta providence que nous y soyons exposés, délivre-nous du mal, empêche-nous d'y succomber.

151. — L'habitude de la prière rendra plus facile V humilité profonde que doit nourrir en nous le juste sentiment de notre faiblesse, de notre dénùment, de notre dépendance : Nous ne sommes que des serviteurs inutiles , parce que nous ne faisons que ce que nous sommes obligés défaire, (Luc, 17, 10.) Qu'as- tu que tu n'aies reçu? et si tu l'as reçu , pourquoi t'en glorifier comme si tu ne l'avais point reçu ? (1 Cor. 4. 7.) La vraie humilité ne nous jettera point dans l'excès d'oublier la supériorité de notre nature et les facultés éminentes dont Dieu l'a enrichie : Combien un homme ne vaut-il pas mieux qu'une brebis ? disait Jésus à ses disciples. (Matt. 12. 12. Dieu-) nous a donné de l'intelligence plus qu'aux bétes de la terre, et de la sagesse plus qu 'aux oiseaux des deux. (Job. 35. 1 1 . ) Tu as créé l'homme un peu moindre que les Anges , et tu l'as couronné

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de gloire et d'honneur; tu Vas établi dominateur sur les ouvrages de tes mains , et tu as mis toutes choses sous ses pieds. (Ps. 8. 6. 7.)

152. — Si une constante humilité nous rappelle que Dieu ne nous doit rien, notre reconnaissance de tous ses bienfaits, et dans la providence et dans la grâce, sera plus vive et plus salutaire. Jésus lui-même nous en a donné i'exemple,enbénissantDieu après avoir vu ses désirs se remplir. Mon Père, disait-il au moment de ressusciter son ami Lazare, je te rends grâces de ce que tu m'as exaucé (Jean ,11. 41). Notre dénûment même nous fera comprendre les transports de gratitude envers Dieu que les Psaumes expriment : Mon âme, bénis l'Eternel et n'oublie aucun de ses bienfaits! (Ps. 103. 2.) Que rendraije à F Eternel? Tous ses bienfaits sont sur moi! (Ps. 1 16. 12.) et les préceptes de saint Paul : Soyez reconnais s ans. (Col. 3. 15.) Rendez grâces pour toutes choses à Dieu votre Père, au nom de votre Seigneur Jésus- Christ. (Eph. 5. 20.)

1 53. — Cette complète reconnaissance se changera d'elle-même en résignation au milieu des épreuves et des deuils. Celui qui sait être reconnaissant apprend facilement à être

résigné. L'exemple accompli de ce devoir est dans la prière du Christ : Père, ce que tu veux, et lion pas ce que je veux. (Matt. 26. 39.) Prenez donc pour exemples de patience dans les afflictions les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. (Jacq. 5. 10.) Car il vaut mieux souffrir, si telle est la volonté de Dieu, en faisant bien qu'en faisant mal. ( I Pierre, 3. 17.) La récompense de ce devoir est dans l'attente des dédommagemens promis aux affligés : Heureux ceux qui sont dans i affliction l car ils seront consolés, (Matt. 5. 4.) puisque nos légères afflictions, qui ne durent qu'un moment , produisent pour nous le prix éternel d'une gloire infiniment excellente. (2 Cor. 4. 17.)

I 54. — Fortifiés par la résignation contre les malheurs présens, nous le serons contre les incertitudes ou les menaces de l'avenir par la confiance en Dieu , et sans tomber dans une imprévoyance imprudente ^ le souci du lendemain ne nous tourmentera point : Ne soyez point en souci pour le lendemain ; le lendemain se souciera de ce qui le concerne : à chaque jour suffit sa peine. (Matt. 6. 34.) Déchargez-vous donc sur Dieu de tous vos soucis , parce qu'il a soin de vous. (1 Pierre, 5. 7.) '

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4 55. — Tous ces devoirs , tous ces sentimens conservent leur empire sur notre cœur par l'idée de la présence de Dieu, qui est comme un résumé de toute la religion, et si elle nous accompagne toujours , elle rendra notre religion toute pratique, nos devoirs plus faciles, nos joies plus douces, nos peines plus légères : Je ne suis point seul, disait Jésus à la veille d'être abandonné, trahi, livré, car le Père est avec moi. (Jean, 16. 32. — 8. 16, 29.) Dieu n est pas loin de chacun de nous. (Act. 17. 27.)

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