CHAPITRE X
PROCÉDÉ AU CHARBON
Sommaire : Résumé du procédé au charbon. — Manipulation commune au simple et au double transiert. — Du transfert simple. — Double transfert à l'aide du verre. — Procédés divers concernant le procédé au charbon.
Nous ne croyons pouvoir mieux faire que d'emprunter à notre savant ami, M. le docteur Monckhoven, la partie de son remarquable Traité général de photographie * relative au procédé au charbon et nous lui laissons la parole :
Une feuille de papier recouverte d'une couche de gélatine et de matière colorante constitue le papier au charbon.
Veut-on sensibiliser ce papier, on l'immerge dans une solution de bichromate de potasse, et on le suspend pour sécher dans une chambre bien aérée et bien, obscurcie.
On insole maintenant le papier mixtionnné derrière le négatif placé dans le châssis-presse. Comme le progrès de l'image n'est pas visible, ainsi que cela a lieu avec le papier préparé aux sels d'argent, on mesure l'action de la lumière, à l'aide d'un photomètre.
Le papier impressionné est rapporté dans le labora-
^ V. Masson, éditeur, 120, boulevard Saint- Germain. — Monckhoven, 7« édition.
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toire. Deux voies se présentent maintenant pour obtenir l'image.
p Le transport (ou transfert) simple donnant des épreuves retournées ; ce procédé est d'une merveilleuse simplicité, c'est celui que l'on doit étudier d'abord. Il consiste à plonger un instant le papier mixtionné dans l'eau et à l'appliquer sur un papier blanc préparé exprès et appelé papier transport simple. L'ensemble est immergé dans l'eau chaude. Les deux papiers se séparent et rimage reste adhérente au papier transport.
2^ Le transport (ou transfert) double donnant des épreuves redressées. Ce procédé est plus compliqué. Le papier mixtionné portant l'image latente est mouillé un instant et collé, par simple pression, soit à une glace collodionnée, soit à un papier spécial. Supposons d'abord que l'on emploie la glace.
Celle-ci (portant le papier mixtionné) est immergée dans l'eau chaude qui détache le papier mixtionné et l'image reste adhérente à la glace. On colle ensuite sur la glace un papier spécial, dit transport double. Quand ce dernier est sec, il s'enlève du verre et retient la pellicule gélatinée que portait auparavant la glace. — L'image est ainsi redressée et adhère au papier.
Au lieu de glace, on peut aussi se servir d'un papier spécial dit support flexible et opérer le double transport.
Ainsi que le lecteur peut le voir, les premières manipulations sont communes aux deux procédés du simple ou du double transfert. Nous les décrirons en premier lieu; puis, pour la description des suivantes nous suivrons l'ordre indiqué dans notre résumé.
Manipulations communes au simple et au double transfert.
Papier dit an char'bon. — Le papier au charbon, examiné par réflexion, est très luisant lorsqu'il contient beaucoup de sucre ou qu'il est préparé avec une gélatine très commune. Il est plus mat, lorsqu'il est préparé avec une gélatine fine.
Regardé par transparence, le papier au charbon n'est jamais absolument uni. Il contient parfois des veines d'inégale épaisseur qu'il est impossible d'éviter complètement. Mais ces veines n'ont aucune influence sur l'image, parce que c'est la surface seule de la mixtion qui la fournit ; tout ce qui se trouve en dessous de cette surface ne sert pas, et ne fait que faciliter le développement.
Le papier au charbon doit être conservé dans un endroit sec, car dans un endroit humide il se ramollit et colle. Aussi le déroule-t-on alors avec difficulté, et estil couvert d'un duvet provenant du dos du papier avec lequel la mixtion colorée est en contact.
Si le papier mixtionné séjourne longtemps dans un endroit humide, il se gâte totalement. La gélatine s'altère et les images sont sans vigueur. De plus, un tel papier perd énormément de sa sensibilité à la lumière (bien entendu après qu'il a passé au bichromate : car à l'état de papier mixtionné simple, il est tout à fait insensible à cet agent).
La raclette. — On se sert constamment dans la pratique du procédé au charbon de la raclette.
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La raclette de caoutchouc est formée par une lame AB de caoutchouc de 4 à 5 millimètres d'épaisseur, de 2 centimètres de hauteur, de 20 centimètres de longueur, enfermée entre deux lames de bois DC qui en emprisonnent la moitié. On se sert de cet outil pour racler les feuilles et en chasser ainsi l'excès de liquide.
11 ne faut jamais faire la raclette de plus de 20 centimètres de long (mais on peut la faire moins grande pour les petites épreuves), parce que l'effort que l'on exerce sur de larges raclettes est insuffisant. Il ne faut pas non plus que la lame de caoutchouc ait moins de 4 à 5 millimètres d'épaisseur.
Même pour les épreuves de 1 mètre carré une pareille raclette suffit, parce que l'on peut racler les grandes feuilles en plusieurs fois, en commençant toujours par le milieu.
Sensibilisaiion du papier mixtion7ié. — Cette opération est des plus simples, mais en même temps des plus importantes ; c'est de sa régularité que dépendent en partie les opérations subséquentes du procédé. Aussi allons-nous la décrire dans ses moindres détails pratiques.
La sensibilisation doit se faire dans une place obscurcie par des rideaux jaunes ou noires ; mais l'obscurité ne doit pas être aussi complète que quand on opère sur
papier albuminé ou sur collodion humide, parce que le papier au charbon sensibilisé n'est affecté par la lumière que lorsqu'il est sec ou presque sec.
La cuvette qui sert à cette opération doit être en bois doublé intérieurement de verre. L'amateur prendra une cuvette de 40 centimètres sur 50. Mais le photographe de profession fera bien d'en avoir une de 80 centimètres sur 1 mètre de long. De cette manière on peut ouvrir le rouleau de papier mixtionné (qui a une largeur de % centimètres) et en découper des bandes de 90 centimètres de long que Ton sensibilise en une seule fois. Cela évite bien des déchets.
La hauteur intérieure de la cuvette sera de 15 centimètres et un goulot muni d'un bouchon sera soudé à l'un des angles , afin de laisser écouler facilement le liquide. Un couvercle en bois est indispensable si Ton Veut laisser le liquide séjourner dans la cuvette, sans le transvaser à chaque opération. Les cuvettes en faïence conviennent encore ; mais non celles en gutta ou en bois simple que le bichromate attaque facilement. Or, dès que le bichromate est altéré, il est réduit à l'état de sel vert de chrome, et quelque petite que soit cette réduction, le ^papier mixtionné sera partiellement insoliiMlisé à la surface, en été surtout. De là, des défauts d'adhérence et toute espèce d'insuccès.
La substance qui sert à sensibiliser le papier est le HcJiromate de potasse ordinaire du commerce. Ce sel est fort peu soluble dans l'eau froide. Aussi est-il bon de le faire pulvériser finement par le droguiste et de ne s'en servir que dans cet état.
Dans un grand flacon de 5 à 15 litres, dont on mesure une fois pour toutes la capacité en litres et dont on se sert exclusivement pour cet usage, on fait le mélange suivant :
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Eau 1
Bichromate de potasse . . , Carbonate d'ammoniaque,
10 litres.
200 grammes.
Le flacon est alors fermé avec un bouchon et bien secoué pour dissoudre le bichromate. Puis on filtre à travers un filtre de feutre. La solution est alors versée dans la cuvette.
La hauteur du liquMe dans la cuvette doit être de 2 à 4 centimètres ; s'il y a trop peu de liquide la sensibilisation est difficile.
En été, et surtout par les fortes chaleurs, on diminuera le titre du bain de moitié, sinon on aura des insuccès. Car, plus il fait chaud, plus facilement s'opère cette insolubilisation spontanée du papier dont nous parlerons plus loin, à propos du séchage.
Plus les clichés que l'on possède sont légers, plus le titre du bain de bichromate doit êtr^e faible et plus les images seront alors vigom^euses, mais aussi plus lente sera faction de la lumière.
Il ne faut jamais supprimer, dans la formule cidessus, le carbonate d'ammoniaque, en été surtout, sinon on expose le papier sensibilisé à s'insolubiliser spontanément.
Un bain de bichromate de potasse ne doit pas servir à sensibiliser un trop grand nombre de feuilles de papier mixtionné. C'est du reste un produit de si peu de valeur, qu'il ne faut pas compromettre le succès des opérations par une économie mal entendue.
* L'eau de puits ordinaire convient parfaitement pour le bain de bichromate de potasse ; elle est de beaucoup préférable à Teau de pluie, souvent remplie de malières organiques qui réduisent le bain. L'eau de puits contient, il est vrai, du carbonate de chaux qui neutralise en partie l'acide chromique du bichromate, mais elle en contient si peu que cet effet est presque nul et bien moins dangereux que celui des matières réductrices que peut contenir l'eau de pluie.
Le bain doit être renouvelé tous les huit jours, en été surtout, quand bien même il n'aurait servi que très peu.
Nous avons souvent remarqué que si, par inadvertance, le bain n'avait pas été renouvelé, les épreuves étaient grises et sans vigueur dans les noirs. Ce qui est plus grave, c'est qu'en été un usage trop prolongé du même bain de bichromate de potasse le réduit en partie : il s'y forme un corps analogue à l'alun de chrome qui insolubilise partiellement la couche. De là, des insuccès continuels, parmi lesquels le défaut d'adhérence, lors du transport, est le principal.
Un bain de dix litres de bichromate de potasse ne doit pas servir à sensibiliser plus de deux rouleaux de trente pieds carrés de papier mixtionné. En hiver on peut laisser le bichromate dans la cuvette qui sert à sensibiliser le papier, mais en été il faut toujours verser le liquide dans le flacon après la sensibilisation, et le mettre dans la cave.
En été, il faut refroidir le bain de bichromate à 15« centigrades. Pour cela, il est bon de sensibiliser le papier dans une cave, quitte à sécher le papier dans une place située à un étage supérieur. Dans le but d'activer le séchage du papier, on a prescrit d'ajouter de l'alcool au bain de bichromate. Cette formule est tout à fait dangereuse, car l'alcool tend à réduire le bichromate et à produire l'insolubilité spontanée de la couche.
Procédé opératoire de la sensiMlisation, — Avant de sensibiliser le papier mixtionné, passez une brosse à sa surface pour enlever le duvet. Ce duvet provient de l'envers du papier qui a plus ou moins adhéré à la surface de gélatine.
Le papier est maintenant immergé dans le bain, la couche en dessus. Il est bon si la feuille est de grande
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dimension, de passer la main (revêtue d'un gant de caoutchouc) sur les bords, en forçant ces bords à s'immerger, puis d'imprimer à la cuvette quelques légères secousses, afin que le liquide couvre immédiatement le papier mixtionné. La surface de ce dernier est grasse et repousse le liquide ; aussi est-il indispensable de tenir constamment le liquide en mouvement en imprimant un mouvement de bascule à la cuvette, afin d'éviter la pénétration du liquide par places, ce qui produirait inévitablement des taches.
Les bords de la feuille tendent à s'enrouler, c'est pourquoi l'agitation du liquide, par les secousses régulières que l'on imprime à la cuvette, est indispensable.
kvL bout de deux minutes, si la température du bain est de 10 à 15 degrés centigrades, la feuille est presque plane. On la retire alors du bain, pour l'immerger de nouveau pendant une minute, mais cette fois la couche en dessons. Ceci a pour but de débarrasser le dos de la feuille des bulles adhérentes qui produiraient autant de taches.
On enlève maintenant la feuille du bain comme nous allons le décrire.
Sur un des côtés de la cuvette, l'on a préalablement disposé une glace inclinée à 45<^ ; c'est sur cette glace que l'on glisse le papier, le côté mixtionné en contact avec elle ; puis l'on passe légèrement la raclette sur le dos de la feuille * , procédant d'abord du centre de la feuille vers les bords, puis du bord supérieur vers le bord inférieur, de manière à chasser tout l'excès de liquide.
* Il est de la plus haute importance de ne passer que très légôreinent la raclette sur le dos de la glace, juste assez pour enlever l'excès de liquide. Si on raclait fort, on exprimerait trop le bichromate de la feuille, et alors les demi-teintes dans l'image seraient enlevées par Teau chaude, lors du développement de l'image.
La feuille est maintenant légèrement adhérente à la glace. Plaçant alors sur le bord supérieur de la feuille une règle en bois que Ton fixe à Taide de trois pinces américaines à crochets, on la détache du verre et on la
suspend pour sécher. Si la feuille est de grande dimension, on peut attacher une seconde règle à sa partie inférieure, afin d'éviter qu'elle ne se recoqueville en séchant.
La durée de l'immersion de la feuille mixtionnée dans le bain a une influence décisive sur l'image. Moins la feuille séjourne dans le bain, moins elle prend de bichromate et moins elle est sensible à la lumière. Si elle est immergée un temps insuffisant, les demi-teintes de l'image sont enlevées lors du développement, et jamais on ne peut obtenir des fonds propres, ces derniers sont toujours tachés.
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Dans notre atelier, l'on procède de la manière suivante, pour éviter l'emploi de la glace inclinée dont nous venons de parler.
Nous avons une cuvette pivotante en glaces de 80 c. sur 120 c. pour contenir le bain. La feuille qui est de 25 à 30 centimètres moins longue que cette cuvette, y est immergée ; puis, les trois minutes étant écoulées, on incline très fortement la cuvette dans le sens que montre la figure, tout en maintenant le papier mixtionné avec la main (coudie en dessous) contre la glace du fond. On racle le papier sur cette glace même. Puis la feuille est enlevée et la cuvette redressée. (La cuvette doit avoir une profondeur plus grande que ne l'indique la figure ci-dessus et être munie d'un recouvrement à sa partie inférieure.)
On suspend alors pour sécher.
Toute l'opération se résume donc ainsi : Couper le papier à dimension et l'immerger pendant trois minutes dans un bain de bichromate de potasse bien abondant, à renouveler tous les huit jours ; enlever la feuille, la placer sur une glace inclinée, la mixtion en dessous, chasser l'excès de liquide à l'aide de la raclette, et la suspendre pour sécher.
Il est d'une importance capitale, en été, de tenir le bain sensibilisateur froid (15° centigrades) sinon les images seraient réticulées, défaut dont nous parlerons plus loin.
Effet du bichromate de potasse sur Vécono?nie animale. — L'opérateur qui sensibilise le papier doit éviter de tremper les mains nues dans la solution de bichromate de potasse. 11 est nécessaire, pour les protéger, de faire usage de gants en caoutchouc.
Si l'on a des blessures fraîches aux mains, le bichrC'^
mate rend les plaies très vives et les empêche de se fermer.
Le bichromate de potasse est un poison qui agit par absorption ; cette substance doit être maniée avec prudence. On en ressent assez vite les effets aux mains : la peau chatouille vivement, l'on se gratte alors instinctivement, et les blessures s'aggravent.
Avec un peu de prudence, il est très facile d'éviter ces inconvénients.
Séchage du papier sensibilisé, — Cette partie du procédé au charbon est d'une importance plus grande encore que la sensibilisation. En effet, la sensibilité à la lumière, la cohésion de la mixtion lors du transport sur verre, la vigueur des images, sont affectées en raison du temps que la feuille sensibilisée a mis à sécher.
Un séchage rapide donne au papier trois qualités tout à fait essentielles, à savoir :
1" Celle de fournir des images très vigoureuses, des blancs purs et des noirs bien accusés. Au contraire, un papier qui sèche lentement donne souvent des images ternes et sans vigueur.
2^ Celle d'adhérer facilement et énergiquement aux surfaces, lors du transport sur verre ou sur papier. Au contraire, un papier qui sèche lentement adhère mal et se soulève partiellement lors du développement.
3^ Celle de se développer facilement à l'eau chaude et en peu de temps. Un papier qui sèche lentement se développe, au contraire, lentement et avec difficulté.
Quand le papier sèche lentement, il est, il est vrai, bien plus sensible à la lumière que lorsqu'il sèche rapidement. Mais oe léger avantage est compensé par tant de désavantages qu'un séchage rapide doit être établi à tout prix.
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11 est évident que le papier doit sécher dans Tobscurité, ou tout au moins dans une chambre obscurcie par des verres jaunes. Il est bon de trouver dans la maison que Ton occupe une place bien sèche, dans laquelle se trouve une cheminée et une fenêtre ou une ouverture quelconque donnant sur la rue ou dans la cour. La fenêtre est enlevée et remplacée par un double store en bois. Le store extérieur seul ne suffirait pas à exclure la lumière, mais le second coupe toute lumière de l'extérieur et permet à Tair de circuler facilement de l'extérieur vers l'intérieur. Un volet intérieur permet de
fermer tout accès à l'air extérieur, lorsqu'il fait trop de vent ou que le temps est très humide. Le double store doit être peint en jaune, intérieurement et extérieurement. De cette manière, il éclaire suffisamment la chambre du séchage.
Dans la cheminée on place un foyer ouvert, et non
pas un poêle fermé. Le foyer ouvert a l'avantage d'échauffer peu et de produire un appel d'air énergique.
Il est de la dernière importance d'éviter, dans la chambre du séchage, la présence de becs de gaz allumés, ou de lampes à pétrole.
JjQ voisinage immédiat d'une fosse d'aisance ou d'un égout est également fatal, de même que celui d'une cuisine.
En général, il faut éviter toutes les émanations quelconques dont l'effet, sur le papier au charbon, est de le rendre insoluble en dehors de toute action de la lumière.
C'est ainsi qu'il suffît de suspendre le papier, surtout lorsqu'il est presque sec, le soir dans une cuisine éclairée par le gaz, à l'effet de le sécher entièrement, pour rendre l'adhérence sur le ^erre ou le papier-transport presque impossible. Les épreuves ^sont, de plus, entièrement voilées dans les blancs. Car ces substances gazeuses, surtout les produits de la combustion du gaz à l'éclairage, ont sur le papier au charbon l'effet de réduire le bichromate de potasse exactement comme si Von séchait le papier dans une place éclairée par le jour direct.
Un courant d'air rapide qui fait constamment mouvoir les feuilles suspendues est ce qu'on peut avoir de mieux ; quand elles sont à moitié sèches, on peut {en hiver, bien entendu) allumer le foyer ouvert et fermer les stores et les portes. Alors la faible élévation de température de l'air produit rapidement le séchage complet de la feuille.
Pour sécher rapidement le papier, il ne faut pas le suspend^'^e à hauteur d'homme, mais placer des roulettes au plafond avec des ficelles qui permettent d'élever la feuille près de ce plafond. A lors la feuille sèche deux fois aussi vite qu'à Vordinaire, Cair humide des-
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cendant dws les salles au lieu de s'élever comme le fait l'air chaud.
En été, la température de la pièce dans laquelle s'opère le séchage ne doit pas dépasser 15 à 20 degrés. C'est pourquoi il faut avoir soin d'éviter les rayons directs du soleil sur des fenêtres garnies intérieurement de papiers noirs, etc. Des stores extérieurs sont préférables.
Par les très fortes chaleurs de l'été, il vaut mieux sécher le papier dans la cave (si l'on possède une cave bien sèche). Car lorsqu'il fait très chaud, le papier s'insolubilise partiellement à la surface.
Il est bon d'exclure de la chambre du séchage les cuvettes contenant le bain sensibilisateur, etc., car tout ce qui donne de l'humidité ralentit le séchage.
Si Von sensibilise le papier le soir, il doit être sec le lendemain matin, et, s'il ne l'est pas, on doit faire en sorte, en chauffant la pièce, qu'il le soit.
Quand le papier est sec, si la sécheresse est trop grande, il est dur et cassant, et alors il se manie très difficilement. Mais il suffit de le placer quelques minutes dans un endroit humide pour qu'il devienne flexible.
Le doigt appliqué sur le papier ne doit pas y adhérer, sinon cela prouverait qu'il n'est pas complètement sec. Employé ainsi, il collerait au cliché et le détruirait en enlevant la couche de collodion verni.
Conservation du papier au charbon sensibilisé, — Si l'on veut produire des images vigoureuses avec des clichés légers, il faut employer au plus tard le papier sensibilisé la veille, mais si l'on a des clichés durs, dont les demi-teintes s'enlèvent facilement au développement, il vaut mieux se servir du papier quarante-huit heures après la sensibilisation.
C'est même le seul moyen que possède le praticien d'imprimer convenablement au charbon des clichés très durs, c'est d'employer du papier sensibilisé de plusieurs jours. Les demi-teintes s'obtiennent mieux.
Par les temps humides, le papier sensibilisé s'altère ; mais par les très fortes chaleurs, cette altération est beaucoup plus rapide. II devient lentement insoluble.
L'amateur pourra conserver plusieurs jours le papier sensibilisé, en le plaçant coupé à dimension, en paquets bien serrés et pressés entre deux glaces, les couches sensibilisées étant en contact deux à deux. Ou bien encore fortement enroulé, puis recouvert d'une feuille d'étain et placé dans un fourreau de fer-blanc.
Des négatifs, — Les négatifs très légers ne donnent pas, avec le papier au charbon, des images aussi vigoureuses qu'avec le papier albuminé. La gamme des tons est autre. Avec le papier albuminé, le négatif doit être juste à point. Mais, avec le charbon, on peut de tout négatif, faible ou dur, obtenir une bonne épreuve. Pour cela, il suffit de faire varier le titre du bain sensibilisateur. Mais, hâtons-nous de le dire, ce moyen n'est pas pratique dans un grand atelier. Si le négatif est trop léger, mieux vaut verser sur le dos du négatit un vernis mat, et renforcer les noirs avec l'estompe ou du graphite et, à l'aide d'un canif, gratter dans les parties transparentes. De cette manière, on renforce très bien le négatif.
En moyenne donc, les négatifs pour le charbon doivent être un peu plus iiitenses que pour le papier albuminé.
Les clichés très durs peuvent aussi se corriger comme nous l'avons dit à l'alinéa précédent, en employant du papier sensibilisé de deux jours.
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Il est indispensable de coller sur les h rds du cliché lin papier jaunâtre (pas noir, comme on l'a recommandé):, qui limite le cliché à la partie à reproduire. Si Ton oubliait cette précaution essentielle, il arriverait fréquemment, lors du développement, que Tépreuve se soulèverait sur les bords, par défaut d'adhérence.
Les châssis-presse. — Les châssis-presse ordinaires employés dans le procédé au papier albuminé peuvent aussi servir pour le procédé au charbon. Mais, si Ton doit en acheter de nouveaux, on peut en supprimer la planchette pliante, puisque, ainsi qu'on le verra bientôt, la venue de l'image ne peut pas être examinée comme quand il s'agit du papier albuminé.
Pour obtenir dans le châssis-presse une adhérence bien complète entre le papier au charbon et le négatif, on doit interposer une feuille de caoutchouc vulcanisé de 1/2 centimètre d'épaissear au moins entre le négatif et la planchette. Ce moyen avait été proposé pour le papier albuminé et rejeté,- parce que le caoutchouc vulcanisé sulfurait les épreuves. Mais ici, ce défaut n'étant plus à craindre, on peut avoir recours au caoutchouc qui est bien supérieur aux coussins de papier ou d'étoffe. Il suffit d'en faire l'essai par les temps humides pour s'en convaincre.
Le châssis de Lechleitner a pour objet l'impression d'épreuves à deux teintes. M. Sarony a réuni plusieurs de ces châssis en un seul et lui a donné son nom. On peut atteindre ce but de bien d-autres manières, mais le châssis Sarony le fait d'une manière très commode.
Un cadre en bois D GML contient un double fond sur lequel se placent les négatifs. Il est un peu plus grand qu'il ne devrait l'être afin de convenir à des formats divers de négatifs.
Le double fond étant fermé comme le montre la figure, les papiers coupés avec un calibre sont placés dans leurs
compartiments, en ayant soin de toujours glisser le papier vers la gauche et le haut, où il doit toucher Tencadrement. On ferme alors les planchettes pliantes 0,
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loi
P, Q, R, S, T, après avoir marqué le paj)ier au crayon par derrière.
Quand toutes les planchettes pliantes sont fermées, on ferme le couvercle ACDB et le châssis est prêt.
Les négatifs s'impriment maintenant, mais le pourtour du négatif est protégé par un papier noir collé sur le double fond, de manière à présenter un rectangle ou un ovale.
Cela étant fait, on a un second châssis, mais où Tovale et le carré sont figurés en noir, le fond étant transparent. Ce châssis teinteur s'emploie comme le précédent, mais l'impression exige à peine quelques secondes d'exposition. La teinte s'imprime alors, et, si on colle dans le châssis des gélatines transparentes avec le nom et l'adresse, le tout se fait en une fois.
Il faut voir fonctionner ces châssis pour en comprendre toute l'utilité.
Le 'photoynètre. — Le photomètre anglais est très simple. Il consiste en une boîte en fer-blanc, dont le. couvercle M porte une lame de verre peinte en couleur rouge chocolat, sauf une petite portion carrée, au centre, qui est découverte.
Dans l'intérieur de la boite se trouve une bandelette de papier sensibilisé à l'argent qu'un coussin de velours
presse toujours contre le verre dont nous venons de parler. Placé au jour, ce papier noircit lentement. Quand la teinte qu'il a prise correspond à celle qui est peinte sur le verre, l'on a un degré du photomètre. A ce moment, on glisse un peu la bande de papier et on imprime un second degré, et ainsi de suite.
Il existe plusieurs autres photomètres : un yolume ne suffirait pas à les décrire. Tous sont bons, si l'on s'en sert convenablement.
Quel que soit le photomètre employé, il ne faut jamais avoir recours auoo teintes foncées produites par la lumière, car on se trompe alors de fortes quantités, les teintes foncées étant deaucoiip plus difficiles à juger par Vœil que les teintes légères.
Impression des clichés, — Le papier au charbon doit être découpé avec un couteau effilé su]' une glace (qui , ne sert qu'à cet usage], soit à l'aide de calibres en glace dépolie pour les petites épreuves, soit à l'aide d'une règle en acier et d'un modèle de papier pour les grandes épreuves.
Il est tout à fait indispensable que les hords du papier ne dépassent pas la l)ande de papier qui protège les bords du cliché.
Le papier est placé dans le châssis-presse comme à. l'ordinaire. On époussette d'abord le cliché, puis le papier au charbon et l'on place ce dernier sur le négatif. On le couvre alors du coussin de caoutchouc, puis de la planchette, etc., et on expose au jour.
Chaque cliché doit porter un numéro à côté duquel on inscrit le degré photométrique.
Quand l'impression est finie, il faut rapidement distribuer à la surfac^> des châssis des cartons qui interceptent la lumière. De même, quand on place les châssis, munis de papiers nouveaux sur la table éclairée, il faut encore les couvrir et enlever alors toutes les couvertures ensemble ou du moins très rapidement.
M. Sarony, à Scarborough, au lieu de laisser ouverte la partie AB de la table sur laquelle on imprime, ferme cette paroi à l'aide de verres jaunes AC, sauf qu'il mé-
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nage à la partie inférieure une ouverture CB de 5 à 6 pouces de hauteur.
Sur la table B L peut glisser une autre table plus lé-
ni
MB
gère EF recouverte des châssis à imprimer, portant le photomètre au milieu.
On charge et on décharge donc tous les châssis à Tintérieur, et à l'abri de la lumière blanche, puisque la table EF est glissée sur la table en plein jour. Le photomètre se place en E, où on peut facilement le prendre pour l'examiner. Comme c'est à l'extrémité de la table
B qu'il fait le plus clair, c'est là qu'on place les clichés les plus intenses.
Avec un peu de pratique, du reste, Tusage du photomètre devient beaucoup plus facile et plus sûr que l'examen, une à une^ des épreuves, comme on le fait pour le papier albuminé.
Les indications photométriques sont du reste très exactes, excepté dans les temps très sombres, alors le papier au charbon est un peu plus sensible que celui du photomètre, qu'il faut donc laisser noircir un peu moins. Au soleil, c'est le contraire.
Recommandations essentielles, — Il faut éviter de toucher la surface des papiers si l'on a les doigts humides : ce serait autant de taches.
Le papier au charbon étant à peu près trois fois plus sensible que le papier albuminé, il est indispensable de protéger le déchargement des clichés à l'aide de rideaux jaunes.
Il faut éviter, par les temps humides, que les papiers ne se ramollissent. Ils colleraient aux clichés, dont ils enlèveraient la pellicule de collodion.
Il nous faut maintenant appeler l'attention du lecteur sur le point le plus important de tous, à savoir : que rimpression sur papier au cliarljon continue même après que l action de la lumière a cessé.
C'est là un phénomène très curieux, mais si souvent observé qu'il faut en tenir un compte sérieux.
Ainsi les épreuves d'un même cliché, obtenues au même degré du photomètre, diffèrent énormément si, les développant toutes ensemble le soir, on compare celles du matin avec celles tirées l'après-midi. La différence est encore plus considérable si on abandonne une de ces épreuves au lendemain.
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Quand on développe le soir, il faudrait donc tirer le matin toutes les épreuves faibles. Mais cela serait peu pratique. Comme, après tout, cette continuation de l'action de la lumière est lente, et quelle cesse dès que les épreuves sont mouillées, il vaut mieux d'heure en heure, procéder au transport et au développement, ou tout au moins, au transport en conservant les feuilles transportées sur le papier ou sur verre les unes sur les autres, afin d'empêcher qu'elles ne sèchent. Nous reviendrons du reste sur ce dernier point aux articles relatifs au transport simple et au transport douUe,
Ici finissent les opérations communes aux procédés au charbon dits transport simple et transport double. Nous allons maintenant décrire les opérations subséquentes ; nous les diviserons en deux chapitres distincts, en recommandant de nouveau à celui qui n'a jamais fait le charbon de commencer par le transport simple.
Du TRANSPORT SIMPLE.
Le transfert simple donne des épreuves retournées avec les négatifs ordinaires. Le lecteur en comprendra de suite la cause lorsqu'il saura que, au lieu d'obtenir directement l'épreuve sur le papier au charbon, comme cela est le cas pour le papier albummé, il est obligé de transporter la couche de mixtion impressionnée sur un second papier, préparé exprès pour cet usage.
Le double transport donne des épreuves redressées, comme nous le verrons plus tard. Mais le procédé du transport simple est si certain, si facile, que nous engageons tous ceux qui veulent essayer le procédé au charbon à commencer par là.
On peut du reste retourner préalablement les négatifs, soit à l'aide du prisme ou du miroir placé en avant de la chambre noire, soit en se servant de clichés pelliculaires soit enfln^ et ce procédé est très facile avec les glaces sèches, en exposant la glace retournée dans le châssis même.
Nature du papier transfert simple. — Le papier transfert simple se prépare en rouleaux, exactement comme le papier au charbon. Il peut aussi se faire en feuilles. Il est recouvert d'une couche de gélatine insolubilisé par l'alun de chrome. Cette couche se reconnaît de l'envers du papier parce qu'elle est plus unie et plus brillante. Il faut toujours, du reste, avant de se servir de ce papier et après l'avoir découpé à dimension, en marquer l'envers au crayon, pour le reconnaître dans les opérations subséquentes.
Le papier dit a papier émaillé >\et celui dit « au Uanc de haryte » réussit quelquefois sans l'intermédiaire d'aucune couche interposée, mais il arrive que les épreuves s'en détachent après plusieurs mois ; voilà pourquoi nous avons renoncé à la fabrication du papier simple transfert émail.
Transport du papier impressionné. — Cette opération doit être faite dans une chambre peu éclairée Le papier transfert étant coupé de la dimension un peu plus grande que l'épreuve, est immergé pendant deux à trois minutes - dans l'eau froide, puis retiré et appliqué tout
^ On peut opérer en pleine lumière pourvu que l'on protège bien les papiers impressionnés contre l'action du jour direct tant qu'ils sont secs, line fois mouillés ces papiers peuvent voir le jour, que Ton mitigé en tous cas à l'aide de rideaux.
2 II n'y a aucun inconvénient à y laisser le papier plus longtemps, fût-ce des heures entières.
PROCÉDÉ AU CHARBON J57
motdllé sur une glace, une table de marbre ou de bois verni bien uni, Veur^ers du papie étant en dessous.
L'épreuve au charbon est alors immergée dans de Teau froide^ la couche en dessous, et remuée dans cette eau, passant même le plat de la main sur la mixtion et sur le dos du papier pour enlever les bulles d'air qui auraient pu se former. Le papier se recoqueville d'abord en dedans, puis devient plan, et c'est à ce moment précis qu'il faut l'appliquer sur le papier transfert. Mais avec des papiers mixtionnés plus minces, cet effet est plus rapide et au bout d'un temps de 30 à 60 secondes, on peut les retirer de l'eau froide et les appliquer sur le transfert, le côté de la mixtion en dessous.
Saisissant alors la raclette de la main droite et maintenant le papier en place de la main gauche, on frotte d'abord légèrement, puis très fortement sur le dos du papier au charbon, en procédant du centre vers les bords. Les deux papiers deviennent alors plans. Il faut bien chasser toute l'eau en excès et toutes les bulles d'air (on s'aperçoit qu'il y a des bulles d'air si une partie du papier forme une cloche locale).
Il est, de plus, indispensable, après le raclage, de passer une éponge sèche sur le dos du papier mixtionné et surtout sur les bords, pour enlever l'eau en excès. Car, si cette eau séjourne sur les bords, elle pénètre la mixtion, qui se détache alors sur les bords pendant le développement.
Si l'épreuve est de grande dimension, au delà de 30 centimètres sur 40, il est bon d'immerger à la fois le papier transfert et l'épreuve, de les ajuster à peu près l'une sur l'autre dans l'eau même, de les retirer ensemble, et de racler alors le tout sur la glace.
Si l'épreuve est de petite dimension, carte ou €abinet,Jl est plus commode d'opérer le transport de plu-
sieurs épreuves sur une seule et même feuille de papier transfert. Dans ce cas, on immerge rapidement toutes les petites épreuves dans Peau, d'où on les retire une à une pour les placer sur le transfert mouillé, puis, recouvrant le tout d'une feuille mince de caoutchouc rentoilée mouillée, on racle sur cette dernière et avec force, de manière à obtenir une planimétrie parfaite.
L'usage de la feuille de caoutchouc rentoilée (qm peut être très mince) est très sûr et très commode, parce que de cette manière on peut frotter très fort sans le moindre danger pour Tépreuve.
Si V épreuve n'a pas été surexposée et si elle n'a pas séjourné trop longtemps dans l'eau, elle colle et adhère avec force au papier transfert. Mais si les bords du papier ont vu le jour, si le papier a été surexposé, alors la surface du papier mixtionné est devenue insoluble, il ne colle plus, et l'adhérence n'a plus lieu, ou n'a lieu qu'imparfaitement.
Le temps pendant lequel l'épreuve séjourne dans l'eau n'est donc pas indifférent, pas plus que la température de cette eau, qui doit être très froide (de 10 à 15 degrés). Si l'épreuve séjourne trop peu de temps dans l'eau, une foule de bulles djair microscopiques se mettent souvent entre l'image et le papier transfert, parce que la gélatine, continuant à se gonfler, aspire l'air à travers les pores du papier. Si ce séjour est trop prolongé, la gélatine absorbe trop d'eau et n'adhère plus au transfert. Si l'eau a une température de 15 à 20 degrés, l'épreuve se recoqueville en peu de secondes, mais on peut être certain que V image sera complètement réticulée, surtout si la température de cette eau est supérieure à 25<^.
En été, il est d'une importance capitale de se servir, pour détremper le papier charbon au moment du transport, (X'eau très froide et très abondante, sinon les
images seront réticulées. Il faut se servir d'une cuvette profonde, contenant beaucoup d'eau, et maintenir le papier charbon sous l'eau, car, s'il arrive partiellement à la surface, il s'échauffera au contact de Fair, et dans ces parties l'image sera réticulée.
Dans le même bac d'eau froide qui a servi à une épreuve, on peut continuer à tremper les papiers transports suivants, ainsi que d'autres épreuves au charbon. Cette eau devient jaune par l'effet du bichromate qui se dissout, mais ceci n'offre aucun inconvénient.
Quand les feuilles sont transportées, il faut les suspendre ou les mettre à plat les unes sur les autres afin d'éviter qu'elles ne sèchent, surtout si l'on veut remettre le développement au soir, ce que l'on peut faire sans inconvénient. Au reste, on peut procéder au développement dix minutes après le transport, mais pas avant, sinon le papier mixtionné pourrait se détacher du transfert et le développement de l'image serait difficile et inégal.
071 ne peut jamais pf^océder au développement avant que le bichromate n'ait percé à travers le papier transport qui devient jaune dans sa texture, ce qu'il est facile de voir sur l'envers du papier.
Une fois les épreuves transférées, comme elles sont humides, on ne doit plus les protéger contre l'action du jour, à moins qu'il ne soit trop vif, attendu que le papier mixtionné n'est sensible que pour autant qu'il soit sec.
Développement. — Cette opération peut se faire en pleine lumière : elle doit même se faire ainsi, puisqu'il s'agit de bien juger de l'état des images.
Voici comment on procède :
Dans une cuvette en bois doublée de cuivre mince, on
yerse de Teau chaude * à 30 degrés de température, de manière à recouvrir le fond de la cuvette d'une couche de 2 centimètres d'épaisseur.
Le papier transfert supportant les épreuves au char-bon (comme nous Tavons décrit à l'alinéa précédent) est immergé dans cette eau chaude, le papier au charbon étant au-dessus. L'eau de la cuvette est tenue constamment en mouvement pour maintenir le papier immergé et pour favoriser l'absorption de l'eau chaude.
Au bout de quelques minutes, on voit les bords de l'épreuve dégager des veines colorées, provenant de la dissolution de la mixtion colorée dans l'eau chaude.
Bientôt, sous l'influence de l'eau chaude en mouvement, les angles de l'épreuve tendent à se soulever. L'on peut alors, en saisissant le papier mixtionné par un angle, le détacher lentement du papier transfert. Le papier mixtionné, n'étant plus d'aucun usage, peut être jeté.
L'image que l'on voit à la surface du papier transfert est tout à fait empâtée de mixtion colorée, mais il suffit de la laisser dans l'eau chaude pendant quelques minutes, la couche de charbon en dessus, puis d'y projeter l'eau chaude de la cuvette avec la main, pour la voir s'éclaircir et se développer entièrement. On reconnaît ce point, lorsque soulevant l'épreuve hors de l'eau chaude pour la laisser égoutter, aucune trace de matière colorante n'apparaît plus au coin inférieur de l'image.
On peut, du reste, si le bain d'eau chaude est suffisamment abondant, développer plusieurs feuilles à la fois, en les immergeant successivement dans l'eau.
* Si l'on emploie de Peau trop chaude, il se forme des quantités de petites bulles agglomérées que l'on aperçoit en enlevant le papier charbjn du transfert. Ces petites bulles constituent autant de taches sur les épreuves.
Nous avons dit qu'il fallait employer de l'eau à 30° pour détacher l'épreuve du support provisoire. Mais il faut, pour développer l'image, ajouter de l'eau très chaude dans la cuvette, mêler le tout de manière à avoir de l'eau à 40°.
Du reste, la te^^pérature de Teau varie suivant la nature du papier charbon, suivant qu'il a séché vite ou lentement, suivant qu'il a été sensibilisé la veille ou de plusieurs jours. La pratique seule peut enseigner ces points de détail.
Il arrive toujours que, sous l'influence de l'eau chaude, la couleur qui se trouve dans la mixtion colorée s'agrège spontanément et se réunit en grains noirs qui s'attachent à l'image, dont la nature est essentiellement collante. Ce phénomène se produit surtout lorsque l'eau chaude est immobile, et que plusieurs épreuves sont en contact les unes avec les autres. Aussi pour éviter ce défaut, est-il bon, une fois que le papier mixtionné est détaché, de retourner le papier transfert l'image en dessous, et de laisser le développement se faire lentement et de lui-même. C'est surtout lorsque l'eau chaude a servi à développer un grand nombre d'épreuves que ces grains sont à craindre.
L'image est formée par la gélatine en relief. Elle est très fragile, mais à l'opération suivante (alunage) elle devient plus dure.
Si le temps d'exposition à la lumière a été exact, et si le cliché n'est pas trop léger, l'image développée est très brillante avec toutes les demi-teintes désirables. Si le temps de pose est trop court, les noirs seuls apparaissent, et les demi-teintes sont successivement enlevées par l'eau chaude; l'image entière semble disparaître et disparait en effet.
Si le cliché est trop dur, les demi-teintes disparais-
sent partiellement dans les Uancs, et dans ce cas, il faut se servir du papier sensibilisé de deux jours.
Mais si le temps de pose a été trop long, alors, nonseulement il arrive que Fimage se détache du transfert par défaut d'adhérence (et cela parce que toute la surface de l'image est insolubihsée), mais de plus l'image est entièrement empâtée. Toutefois si l'on ajoute un peu d'eau bouillante au liquide (ce que l'on doit faire en sortant d'abord Tépreuve de l'eau, puis agitant bien le liquide) de manière à porter l'eau à 50^ centigrades, et si de plus on y ajoute quelques gouttes d'ammioniaque et qu'on y laisse l'épreuve suffisamment de temps, elle pâlit peu à peu, et peut être amenée à bien, à moins que le temps de pose n'ait été par trop exagéré.
Si l'on veut éclaircir seulement une partie de l'image, on peut verser localement sur cette partie dé l'eau à 50^. Sous l'influence du filet d'eau chaude qui agit alors mécaniquement, le développement est activé à cette place.
Les épreuves sont bien plus vigoureuses en dépassant un peu l'exposition à la lumière dans le châssis-presse, et en développant avec de Feau à 45®, que si on les expose juste le temps voulu, et qu'on développe avec de l'eau à 35«.
Insuccès, — L'insuccès le plus fréquent est dans le défaut d'adhérence des épreuves au transfert, alors l'image s'en détache. Généralement ce défaut se pro-^ duit en été. lia surtout pour origine la sensibilisation du papier mixtionné dans un bain trop riche en bichromate.
Dans ce cas, au séchage, la surface du papier s'insolubilise et il n'adhère plus au transfert. Le second insuccès consiste dans la formation de pe-
tits amas de bulles lorsqu'on arrache le papier charbon du transfert. C'est qu'on a employé de Teau trop chaude pour détremper le papier charbon. Dans oe cas, on emploiera de Feau moins chaude, et on y laissera les papiers plus longtemps.
Le troisième insuccès est dans la réticulation des images.
Alunage, — A proprement parler, Fimage au charbon n'a pas besoin d'être fixée, puisque le bichromate est presqu'entièrement éliminé par Feau chaude, et que toute la mixtion colorée, sauf celle qui constitue Fimage, est enlevée ; mais la couche est collante et sans consistance. Autant pour la rendre non collante, c'està-dire insoluble, que pour enlever les dernières traces de bichromate S il est nécessaire d'immerger Fépreuve pendant dix minutes dans un bain abondant et flltrê de :
Eau de pluie - 5 litres.
Alun pulvérisé en poudre ^ 250 grammes.
Ce bain d'alun peut servir pendant un jour ou deux, mais il faut le filtrer môme deux ou trois fois par jour si l'on s'en sert constamment, car il se remplit de filaynents qui s'attachent à Vimage,
Les épreuves sont alors immergées pendant une heure dans un grand baquet d'eau, et ensuite suspendues pour sécher.
L'épreuve au charbon une fois sèche perd tous ses
^ Le bichromate de potasse est extrêmement soluble dans l'alun.
* L'eau de puits ordinaire, contenant des sels calcaires, trouble l'alun en y formant un précipité blanc qui s'attache souvent aux épreuves.
3 L'alun étant peu soluble doit être employé en poudre, ou tout au moins concassé en petits fragments.
reliefs, et est extrêmement résistante au frottement, si résistante que l'on a même une certaine peine à Tentamer avec un grattoir en acier.
De la réticulation de Vimage. — .11 arrive fréquemment en été que Timage au charbon est entièrement couverte d'un filet noir microscopique qui en altère toute la finesse. C'est la réticulation. On aperçoit déjà que l'image est réticulée lorsqu'elle sèche. Elle offre alors un aspect mat par réflexion.
Ce défaut se produit à la volonté de l'opérateur, en trempant le papier au charbon dans de l'eau tiède à 30 degrés (au lieu d'eau froide) au moment du transport. Alors, le papier au charbon, au lieu de se recoqueviller lentement en dedans, le fait rapidement et devient de suite plan. C'est qu'il absorbe rapidement l'eau et l'on dirait que par une espèce de dilatation rapide, suivie d'un retrait subséquent, l'image se replie sur elle-même pour former ce filet noir qui la couvre en entier.
On l'évite toujours si l'eau dans laquelle on trempe le papier au moment du transport est très froide et très abondante. Cette eau doit être d'autant plus froide que la température extérieure est plus élevée, et cela se conçoit, puisque la température qui règne dans la couche est la moyenne entre celle de l'eau et celle qu'avait le papier.
Même par des températures de plus de 36^ centigrades nous avons évité la réticulation en nous servant d'eau à Oo centigrade, prisis dans une glacière. Mais généralement de l'eau fraîche prise au puits suffit.
Cette eau doit être abondante, et dans les villes où l'on a une distribution d'eau, il est bon d'employer une cuve de 25 centimètres de profondeur dans laquelle elle coule d'une façon permanente, il faut maintenir le papier
SOUS l'eau, s'il vient à la surface il sera facilement réticulé.
On doit aussi éviter l'usage des bains de bichromate concentrés. En été, des bains à 1 et 1 1/2 0/0 de bichromate suffisent.
Eetoiiche et montage, — La retouche de l'épreuve au charbon est très facile, surtout si on la dépolit préalablement en la frottant avec de la poudre d'os de sèche. Comme l'image est plus ou moins rugueuse, l'emploi de l'estompe est particulièrement favorable pour donner des vigueurs dans les noirs. Pour ce dernier mode, on achète dans le commerce : 1° du noir de fumée en poudre impalpable ; "iP du carmin en morceaux, ou mieux de la c( tête inorte ».
Ce carmin, on le pulvérise et on le passe au tamis de soie très fin. On mélange bien le noir de fumée et le carmin (poids égaux) et y trempant l'estompe, on s'en sert pour donner des vigueurs dans les noirs. Pour les parties qui doivent être retouchées au pinceau et repiquées, l'on trempe une bande de papier mixtionné un instant dans l'eau chaude, la couche fond, coule et l'on retouche avec cette couleur. Le grattoir en acier (dont on se sert pour enlever les taches d'encre) permet d'introduire des détails dans les blancs avec une extrême facilité.
L'épreuve étant sèche, on la passe à l'encaustique (cire 1 partie, benzine chaude 10 parties, laisser refroidir). Un peu de cette encaustique est mis sur un morceau de flanelle et frotté vivement sur l'épreuve. Il vaut mieux encaustiquer les épreuves après le satinage. On peut encore vernir les épreuves avec le vernis à tableau, ou les émailler comme les épreuves sur papier à l'argent.
L'épreuve est montée sur carton comme à l'ordinaire, en la plaçant à plat sur une table, étendant de la colle d'amidon sur l'envers à l'aide du pinceau, collant alors sur bristol. Mais il faut éviter de mettre de la colle sur l'image, car on ne peut l'enlever avec une éponge qu'en risquant d^endommager partiellement l'image, qvÀ est fragile tant qu'elle est humide. Une fois sèche, l'image devient d'une extrême solidité.
Transport double par le support flexible.
Le support fleooible, — Ce support est spécialement préparé à l'aide du papier à simple transport que l'on recouvre d'un vernis à la cire (cire 1, benzine chaude B parties). Il est mat d'un côté, c'est l'envers; et brillant de l'autre, c'est le côté qui recevra l'image provisoire.
Le support flexible peut être utilisé plusieurs fois de suite, à la condition toutefois que, quand on s'en est servi et qu'il est bien sec, de le mettre à plat sur une table, l'envers en dessous, et de le frotter avec un tampon de flanelle imbibé d'un peu de la solution suivante :
Benzine 100 grammes.
Cire 1 —
Il faut frotter légèrement, de manière à rendre au papier son luisant primitif. Quelques secondes suffisent pour une épreuve extra-plaque de 21 centimètres sur 27.
Le premier transport et le développement. — Ces opérations sont en tous points identiques à celles que
nous avons décrites en détail pour transport simple, pages 155 et suivantes. Le support flexible est d'abord immergé pendant une minute dans Teau froide et placé sur une glace, le côté luisant au-dessus. Le papier au charbon est aussi immergé (et peut l'être dans la même eau qui vient de servir), puis appliqué sur le premier, le côté mixtionné en contact avec le côté préparé du côté flexible.
On recouvre le tout de la feuille de caoutchouc que Ton racle. Le caoutchouc enlevé, une éponge bien exprimée est passée sur le bord des épreuves pour enlever l'excès d'eau.
L'ensemble des deux papiers est suspendu pendant un quart d'heure, puis immergé dans l'eau chaude à 40 degrés, et l'image est développée de la manière que nous avons décrite plus haut.
Le papier portant l'image est placé dans la solution d'alun et finalement lavé à plusieurs eaux, pendant une demi-heure (plusieurs épreuves à la fois peuvent être développées, alunées, lavées, etc.).
Seulement, il n'est pas indispensable de laisser sécher Vimage *. Quand on enlève l'épreuve de la dernière eau, on la met à plat sur une glace épaisse, l'image en haut, et sans larder on procède à l'opération suivante.
Le second IransporL — On se sert, pour le second transport, d'un papier spécial recouvert de gélatine à demi-soluble, qui porte le nom de papier transport double ^
Le papier transfert étant coupé à dimension (toujours
1 Mais on peut laisser sécher et opérer comme dans le procédé double transfert sur verre.
^ Nous décrivons plus loin et plus en détail la nature de ce papier.
un peu plus grand que l'image) est immergé dans l'eau chaude à 40% bien propre, le côté préparé en dessous, en évitant les bulles. Quand la couche de gélatine en est ramollie, on le sort de l'eau chaude en le saisissant par deux angles, le côté préparé vers soi, et ce côté on l'applique sur l'image au charbon : on fait d'abord toucher le bord inférieur , puis on abaisse régulièrement la feuille.
On recouvre le tout d'une feuille de caoutchouc rentoilée bien propre, qui ne sert qu'à cet usage, et l'on racle pour chasser toutes les bulles d'air qui pourraient se trouver entre les deux papiers. Il faut, après cette opération, que ces derniers ne forment qu'une seule feuille homogène.
Suspendez alors le tout pour sécher dans une chambre bien aérée et légèrement chauffée.
Evitez dans cette opération l'emploi de raclettes servant aux autres opérations, et opérez proprement, en éloignant les solutions de bichromate, etc., sinon l'épreuve définitive serait tachée.
Quand la feuille est bien sèche, introduisez à l'un des angles, entre les deux papiers, la lame d'un canif, puis saisissant chacun des papiers par leur angle ainsi rendu libre, détachez-les l'un de l'autre, ce qui est très facile.
L'image est maintenant reportée du support flexible provisoire sur le papier définitif.
L'aspect de l'épreuve est semi-brillant, comme le papier albuminé.
La retouche se fait après le collage sur bristol.
Dans tout ce qui précède, nous avons toujours parlé d'une seule épreuve. Mais il est clair qu'on peut opérer le transport de plusieurs papiers mixtionnés sur un seul grand support flexible, appliquer dessus le papier
double transport et obtenir ainsi un grand nombre d'épreuves à la fois.
Double transport a l'aide du verre.
Préparation de la glace. — On se sert généralement pour cet objet de glaces polies de 4 à 5 millimètres d'épaisseur, SI Von veut conserver aux épreuves tout leur brillant. Sinon, le bon verre ordinaire est tout aussi convenable.
Si l'on désire obtenir des épreuves mates au lieu d'épreuves brillantes, on se servira d'un verre finement dépoli, car il ne faut pas oublier que l'image au charbon prend exactement Tétat physique du support provisoire sur lequel elle a été développée.
Le verre opale est très employé pour cet usage. Il a l'immense avantage, étant blanc dans sa pâte, de permettre Texamen de l'image pendant le développement, ce qui est plus difficile avec le verre ordinaire. Seulement, il est d'un prix plus élevé.
Beaucoup d'opérateurs, et nous sommes de ce nombre, opèrent sur des verres de grande dimension, ce qui permet le transport de plusieurs épreuves à la fois et constitue une grande économie de temps. Mais d'autres opérateurs, et de fort habiles, prennent un verre pour chaque épreuve.
La glace est nettoyée à la manière ordinaire. Cependant les glaces ayant déjà servi ne doivent plus être nettoyées. Il suffit d'enlever, à l'aide d'une lame de couteau, le collodion ou les pellicules de charbon qui pourraient rester à leur surface pour les rendre propres à servir de nouveau.
Cirage de la glace, — Faites la dissolution suivante :
Cire jaune raclée en petits morceaux. 1 gramme. Benzine de bonne qualité 150 cent, cubes.
En hiver, il est nécessaire de chauffer légèrement la benzine pour dissoudre entièrement la cire. A cet effet, la cire et la benzine sont mises dans un ballon en verre à fond plat que l'on met dans une terrine d'eau chaude. La solution est limpide et claire. Quand il fait froid, une partie de la cire se sépare du liquide et gagne le fond du flacon. On peut séparer ce dépôt en filtrant.
La glace bien nettoyée ^ est placée à plat sur une table, en face d'une fenêtre. On évite le voisinage des pissettes à eau, etc., pour que des gouttelettes d'eau ne se répandent pas sur la glace, etc. En un mot, une table spéciale et des soins sont ici indispensables.
On prend un petit morceau de flanelle entre le pouce et rindex, et le plaçant sur le goulot ouvert du flacon qui contient la solution de cire, on renverse le flacon pendant une demi-seconde pour imbiber la flanelle. Puis on promène, en tournant sans cesse, cette flanelle sur la glace, IL ne faut passer qu'une seule fois et éviter de mettre trov de cire, car une quantité extrêmement faible de cette substance doit rester sur la glace.
Il est bon, pendant que l'on opère, de regarder la surface de la glace au jour frisant, de cette façon on n'en oublie aucune partie. // est tout à fait essentiel d'éviter la condensation de VTialeiyie sur la glace^ sinon l'épreuve ne s'enlèvera pas du verre.
La glace est maintenant mise sur le support à sécher
^ En hiver, il est bon de conserver les places dans un endroit chaud, ce qui favoris© beaucoup l'oDératioTi du cirage.
pendant une demi-heure. On cire toutes les glaces les unes après les autres, ce que l'on peut faire à l'avance. Inutile d'ajouter qu'à chaque glace que Ton cire, le petit tampon de flanelle doit être humecté de nouvelle solution de cire.
Ce petit tampon peut du reste servir jusqu'à ce qu'il soit devenu dur et sale.
Si les images doivent avoir le drillant de la glace elle-même^ il faut polir les glaces cirées. Mais si ce Irillant ne doit pas être supérieur à celui du beau papier aWumiîié, on peut laisser les glaces cirées telles qiCelles sont, et les recouvrir de collodion comme nous le dirons à V alinéa suivant.
Le polissage peut se faire quelques minutes après avoir ciré la glace. On la pose à plat^ évitant toute humidité, soit dans les polissoirs, soit par condensation de l'haleine, et à l'aide d'un morceau de flanelle blanche et souple, grand comme un mouchoir, et bien sec, on frotte légèrement sur la cire de manière à la polir. Sur des glaces légèrement chauff'ées cela va très facilement. Il faut de temps à autre retourner la flanelle et éviter le grippement, qui produirait de petits bourrelets de duvets de flanelle mélangée de cire à la surface de la glace. Le même accident se produit si l'on frotte fortement. Alors la glace, examinée au jour frisant, n'est pas polie, mais recouverte d'une multitude de points qui formeront plus tard comme autant de crochets qui retiendront l'épreuve.
Une glace neuve est plus difficile à cirer qu'une glace ayant servi plusieurs fois. Avec une glace neuve il arrive fréquemment que l'épreuve y reste adhérente et qu'on ne peut plus l'enlever du tout. Aussi avons-nous pour habitude, quand nous nous servons pour la première fois d'une glace, d'y étendre la solution de cire
comme du collodion, de laisser sécher et de nous en servir ainsi.
Quand les glaces sont simplement cirées sans être polies, on peut procéder à Topération suivante quand on le désire. Mais si les glaces sont cirées et polies, il faut éviter qu'elles ne prennent la poussière et s'en servir aussi vite que possible.
Collodioiinage du verre. — Le collodionnage du verre n'est nullement indispensable, même pour obtenir des images émaillées. On peut procéder au transport directement sur les glaces simplement cirées, surtout si Ton fait usage du double transport émail.
Mais l'adhérence du papier au charbon est plus grande avec la couche de collodion et nous conseillons au commençant l'usage du collodion, quitte à en abandonner l'usage lorsqu'il est tout à fait au courant du procédé. Faites le collodion suivant :
Ether 1/2 litre.
Alcool 1/2 —
Pyroxyline 5 grammes.
Il ne faut vous en servir qu'après parfait dépôt, en décantant la partie claire dans un flacon spécial.
Les glaces sont époussetées, recouvertes une à une de collodion, immergées dans un grand baquet d'eau froide bien propre, exactement comme on le pratique pour faire le cliché avec le collodion ioduré et le bain d'argent. Il y a cependant cette différence, qu'il est pàrfaitement inutile d'activer le dégraissage de la glace en rélevant et l'abaissant dans l'eau : il est, au contraire, préférable de laisser ce dégraissage s'opérer naturellement, ce qui prend dix minutes. Du reste, les glaces peuvent séjourner, longtemps dans l'eau sans aucun in--
PROCÉDÉ AU CHARBON
terposée entre la glace et la mixtion colorée, constitue une tache après le développement.
Il est très important d'enlever avec une éponge bien exprimée (et faire cela avec prudence pour ne pas érailler la couche du collodion), toute Feau qui reste adhérente sur les bords des épreuves. Sinon ces bords se satureraient d'eau et se soulèveraient lors du développement.
Quant aux glaces recouvertes de leurs papiers mixtionnés, on les met toutes les unes sur les autres, car il faut éviter qu'elles ne sèchent.
Toute cette opération peut se faire en plein jour, pourvu que l'on prenne soin de protéger les épreuves sèches, contre un jour trop direct, jusqu'au moment où on les plonge dans Teau : car le papier au charbon n'est sensible à la lumière que lorsqu'il est sec.
On peut procéder au développement dix minutes après que le transport des épreuves sur glaces a eu lieu. Si Ton procède au développement après moins de dix minutes, les demi-teintes ont de la tendance à s'enlever dans l'image, et le développement est inégal. Le photographe de profession, qui a beaucoup d'épreuves à tirer, fera mieux d'abandonner toutes les glaces les unes sur les autres jusqu'à ce que le développement puisse se faire sur une certaine quantité.
Nous avons toujours remarqué que nos fonds étaient plus unis dans les images, et que celles-ci étaient plus flnes, en procédant à ce développement une heure après le transport, qu'en procédant à ce développement quelques minutes après le transport sur verre.
Dans tous les cas, une fois les épreuves transportées sur glaces, pourvu que celles-ci ne sèchent point, elles ne continuent plus à s'impressionner; voilà pourquoi nous avons recommandé de faire le transport sur verre
au fur et à mesure qu'une certaine quantité d'épreuves vient de l'atelier de tirage.
Développement, — Dans une cuvette en bois, doublée intérieurement de cuivre, et beaucoup plus grande que la glace que vous voulez développer, versez de l'eau chaude * à 30 degrés de température, de manière à avoir une épaisseur de liquide de 1 à 3 centimètres.
Plongez-y la glace qui supporte l'épreuve ou les épreuves, celles-ci étant au-dessus.
Opérez exactement comme nous l'avons décrit plus haut à propos du simple transfert.
Quand le papier charbon est arraché de la glace, celle-ci paraît toute noire ; mais, si on la soulève hors de l'eau chaude et qu'on l'examine contre le jour, on voit les images par transparence empâtées par un grand excès de gélatine colorée.
L'on prolonge le séjour de la glace dans la cuvette, en tenant le liquide toujours en mouvement. En plaçant la glace debout dans la cuvette et projetant avec la main l'eau chaude sur l'image, on en active le dépouillement. Il arrive bientôt un moment où l'image est entièrement dépouillée. On en est certain lorsque, plaçant la glace debout sur un support, on ne voit plus de traînées noires aux angles des images dans le sens de l'égouttement.
En général, l'épreuve est dépouillée et claire en quatre ou cinq minutes.
Mais en achevant ainsi le développement, par projec-
* Il est indispensable d'avoir de Peau chaude propre, exempté de matières étrangères qui toutes s'attachent à la gélatine et forment autaut de taches.
Le procédé au charbon, ainsi qu'on en peut juger, exige certains soins de propreté sans lesquels on ne saurait réussir.
PROCÉDÉ Al CHARBON 17;}
convénient, pourvu que cette eau soit bien propre, sinoyi Vimage sera, plus tard, criblée d'une infinUéde petites taches rondes et blanches.
Après cela on procède au transport. Mais il est indispensable, lorsqu'on retire la glace de l'eau, de la laver encore une fois sous le robinet d'une fontaine, afin d'enlever tout l'éther et l'alcool. L'eau pure doit courir en nappe continue à la surface de la glace.
SU restait de Véther et de V alcool dans la couche, même à l'état de traces, ces liquides exerceraient sur le papier mixtionné un effet de mouillage inégal, et les épreuves ■ développées seraient remplies de taches, sous forme de nuages surtout visibles dans les fonds unis. Ces taches seraient naturellement attribuées aux défauts du papier et elles ont cependant une toute autre cause.
La glace bien lavée est mise à plat sur une table spéciale, et l'on procède immédiatement au transport.
Premier transport, — Dans un bac en zinc versez de l'eau ordinaire, propre, exempte de corps étrangers ( qui tous s'attacheraient à la mixtion de gélatine).
Cette eau doit être bien froide. Le papier mixtionné, placé dans une boîte, est apporté près du bac, en évitant la lumière. Le papier est pris par les bords, et immergé dans l'eau. Le plat de la main est rapidement passé sur le dos du papier mixtionné (un pinceau plat en martre peut également servir à cet usage), puis le papier est retourné et nettoyé de la même manière (toujours sous l'eau), en évitant de perdre du temps, et, au bout de une à deux minutes, placé sur la glace, la mixtion étant en contact avec le collodion.
Si répreuve à transporter est de grande dimension, il est préférable d'introduire la glace collodionnée bien lavée sous le papier mixtionné que Ton ajuste sur la glace. On les retire ensemble de l'eau pour les placer à plat sur la table et racler comme nous le dirons tout à l'heure.
Quand on immerge une ou plusieurs épreuves dans l'eau froide, chaque épreuve se recoqueville d'abord en dedans. Il faut attendre qu'elle devienne plane, ce qui a généralement lieu après une minute, et alors on peut la faire adhérer à la glace. Mais on peut très bien, si les épreuves sont de petite dimension, carte ou album, par exemple, laisser les épreuves trois minutes dans l'eau très froide et commencer le transport par celles qui sont planes, les retirer une à une, et les placer l'une à côté de l'autre sur la glace, en ménageant un intervalle de quelques millimètres entre leurs bords. Il est clair que c'est le côté gélatiné du papier qu'il faut placer en contact avec le côté coUodionné du verre.
Une feuille mouillée de toile au caoutchouc, mince, de bonne qualité, et un peu plus grande que la glace, est alors étendue sur les épreuves ; la raclette de caoutchouc est promenée sur la toile, en procédant du centre vers les bords et en appuyant d'abord doucement, puis plus fort, de manière à chasser l'excès d'eau.
Sous l'influence du frottement, il s'opère une adhérence complète entre tous les papiers et la glace, et, au bout de peu de secondes de frottement, l'opération est finie.
En enlevant la toile, examinez bien la glace à un jour frisant. Toutes les épreuves doivent être bien planes. Un relief indiquerait une bulle sous la couche. Il faudrait alors appliquer de nouveau la toile et opérer un raclage local pour chasser la bulle. Toute bulle d'air in-
PROCÉDÉ ATT CHARBOX
tion d'eau chaude à sa surface, les demi-teintes s'enlèvent facilement. Il vaut mieux procéder lentement, de la manière suivante :
On fait des cales ABC en plomb % et Ton pose un
m^/mmmSm^^^^ On abandonne la glace à
sieurs minutes, puis on la relève pour Fexamien. Si l'on voit que le développement est achevé, on la plonore un instant dans de l'eau plus chaude, puis on la met dans l'alun.
Cette méthode a cet avantage, outre sa facilité, d'éviter que la matière colorante agrégée ne vienne se précipiter en points noirs sur la couche de gélatine, ce qui est très fréquent.
Pour obtenir de très belles épreuves au charbon, il est bon de les tirer un peu plus fort qu'elles ne doivent être, de les laisser développer d'elles-mêmes comme nous venons de le dire, puis de les finir en les aspergeant localement d'eau très chaude là où l'on désire les éclaircir. De cette façon, les images sont très vigoureuses.
Pour ce qui concerne les épreuves sousexposées ou surexposées, et leur traitement, relisez ce que nous en avons dit plus haut.
Alunage. — La glace développée peut être directe-
^ Pour cela on découpe d'un tuyau de. plomb de 2 cent, de diamètre extérieur des bouts de 5 cent, de lon^ et on en rabat les extrémités par un coup de marteau.
des côtés de la glace DE sur ces cales (après que I l'on a arraché le papier
charbon), naturellement la couche en dessous.
elle-même pendant plu-
178 COURS DE KEPliODUCTIONS INDUSTRIELLES
ment immergée dans la solution d'alun indiquée plus haut, où elle doit séjourner au moins cinq minutes, mais où elle peut aussi séjourner un quart d'heure sans inconvénient.
L'effet de l'alun est de durcir davantage la couche, qui, autrement, n'aurait qu'une consistance insuffisante.
La solution d'alun doit être renouvelée tous les trois jours. Si Ton s'en sert beaucoup, il est nécessaire de la filtrer 2 ou 3 fois par jour, car elle se remplit de filaments qui s'attachent à la couche.
Au sortir de l'alun, examinez bien la glace. Elle est souvent remplie d'une multitude de grains de couleur qu'elle a pris à l'eau chaude dû développement*. Car cette eau contient nécessairement de la gélatine colorée, et souvent la couleur en grains agglutinés se précipite sur la couche molle de gélatine, si on oublie un instant de tenir la cuvette en mouvement. On peut, après l'action de l'alun, passer très légèrement sur la couche un pinceau de martre fine, mouillé, qui la nettoie. La glace est maintenant rincée à grande eau, et enfin, placée pendant une demi-heure dans un baquet d'eau froide. On la met alors sur le support afin qu'elle sèche, ce qui a généralement lieu en six heures. On aura toujours soin, quand deux glaces sont placées sur un seul support, que les couches de gélatine soient en dehors, sinon elles sécheraient difficilement.
Si les couches sèchent trop vite, elles s'écaillent et tombent de la glace. Ce défaut arrive par les temps très secs.
Si on opérait immédiatement le second transport, tous les reliefs de la gélatine seraient écrasés : de là,
^ Pour ce motif, nous immergeons toujours les glaces dans l'alun la couche en dessous, un des côtés de la glace étant appuyée sur une cale en plomb.
PROrÉDK \V ClIARBiiX J:9
perte totale de linesse. Il est donc préférable de les faire sécher. Mais, si Ton est pressé, le second transport peut se faire immédiatement de la manière suivante :
Faites un mélange d'un litre d'alcool et d'un demi-litre d'eau et immergez-y l'épreuve, après le développement, pendant trois ou quatre minutes. L'alcool enlève l'eau à la gélatine et abaisse les reliefs. On peut alors appliquer le papier double transport au sortir de l'eau chaude sur l'image, racler, laisser sécher et détacher comme il sera expliqué en détail au chapitre suivant.
Après le développement, on peut voir par réflexion les reliefs de la gélatine et alors l'image manque de finesse. Mais après dessiccation, les reliefs de la gélatine sont très faibles, et l'image devient tout à fait nette. Voyez maintenant ce que nous avons dit de la réticulation.
Du papier cloiiUe ti^ansport, — Le papier double transport est couvert d'une couche de gélatine rendue à moitié insoluble par l'alun de chrome. Le papier couché (au blanc de baryte) recouvert de cette gélatine constitue le double transport émail.
Quand le papier double transport est récemment préparé, la gélatine qui le recouvre se ramollit aisément par de l'eau chaude à 35°. Mais s'il est préparé de longtemps, cette gélatine s'insolubilise de plus en plus, et il faut, pour la rendre collante, de l'eau de plus en chaude, et même additionnée de quelques gouttes d'ammoniaque. Au bout de quelques années, il arrive même que la gélatine qui recouvre le papier double transfert est devenue complètement insoluble, même dans l'eau bouillante.
Voici la meilleure manière de se servir du papier double transfert.
Trempez le papier double transfert, coupé à dimension, quelques minutes avant de vous en servir dans Veau froide où il peut rester sans inconvénient une ou deux heures. Immergez le support provisoire (glace ou papier) portant les images également dans l'eau froide, mais un instant seulement et mettez-le à plat sur une table.
Enlevez de l'eau froide un papier double transfert et immergez-le dans Yeau chaude jusqu'à ce qu'il soit complètement ramolli, ce qui doit avoir lieu en quelques secondes et ce que Ton reconnaît en frottant le papier entre le poace et l'index. La gélatine doit pouvoir s'en enlever facilement, sinon l'adhérence entre le transfert et les images serait insuffisante et ces dernières pourraient se détacher quand l'épreuve est collée. Alors les Uancs des contours auraient une apparence argentée,
La température de cette eau chaude doit varier suivant la nature du double transfert employé. Si celui-ci est récemment préparé, une eau chaude de 30 degrés centigrades suffit. Mais s'il est vieux, cette eau doit avoir 50 et môme 60 degrés. Si cette température ne suffit pas encore, ajoutez un peu de carbonate de soude ou quelques gouttes d'ammoniaque dans cette eau.
Si l'eau est trop chaude, ou si l'on y laisse le double transfert trop longtemps , la gélatine en est enlevée.
Le papier étant ramolli, appliquez-le sur l'image au charbon et raclez. Puis laissez sécher et détachez.
Il arrive fréquemment que, dans les blancs, l'image reste adhérente au verre. Cela arrive surtout si l'on a enlevé la cire de la glace avec un tampon de flanelle humide.
PRiiCKDÉ AT CIIAUBUX 181
Epreuves émalllées. — Quand le papier portant rimage est enlevé de la glace, Timage a le brillant du verre. Veut-on la coller sur bristol, elle perd la moitié de ce brillant, et conserve, après le satinage, le brillant du papier albuminé ordinaire.
Si Ton veut conserver un brillant absolu, il faut opérer sur des glaces dont la surface est bien polie, et au lieu de coller seulement un papier transfert comme nous l'avons dit, on doit opérer comme nous allons l'expliquer.
Quand la première feuille de papier double transfert (sortant de l'eau chaude) a été rendue adhérente à la glace par la raclette, on mouille bien, avec de la pâte à l'amidon (colle ordinaire) du papier commun, et on le colle sur le papier transfert en raclant, tout l'excès de colle, puis on colle une 3** et 4^ feuille de papier, pour faire carton sur la glace, et on laisse sécher le tout.
Pour bien réussir, il est nécessaire que la première feuille de papier appliquée sur le dos du papier transfert soit un peu plus grande que la glace. On en rabat l'excédant sur l'autre côté de la glace, sinon, il arrive fréquemment que le carton ainsi formé se détache spontanément du verre et commence à se détacher par un coin seulement. L'on a alors une inégalité dans le brillant de l'image qui la fait rejeter.
Il est encore nécessaire que les papiers dont on se sert pour . faire carton sur l'image soient bien imbibés préalablement d'eau, afin qu'ils soient bien distendus, et alors seulement on applique la colle à l'amidon. Sinon des bulles se forment entre les papiers , et l'image est inégalement brillante là où les bulles se sont formées.
Le séchage doit s'opérer très lentement, sinon il ar-
j82 COURS DE REPRODUCTIONS INDUSTRIELLES
rive qu'un bord se soulève, et alors Ton n'obtient pas, en cet endroit, un brillant parfait.
Quand le tout est rigoureusement sec, on incise les bords, et le carton portant l'image doit se détacher à rinstant même. Si le papier était humide, il faudrait employer un certain effort pour Fenlever, et le brillant serait perdu.
Le carton ainsi formé ne doit plus être collé sur bristol, mais doit être directement mis sous passe-partout.
Retouche, — La retouche des épreuves peut se faire sur la glace, avant le double transport, avec un mélange de couleurs à l'huile en tubes (noir et rouge).
Pour .opérer commodément, on pratique cette opération sur le pupitre à retoucher des négatifs.
En appliquant un papier blanc contre la glace portant Fimage et en contact avec celle-ci, on peut juger de sa vigueur. Si certaines parties en manquaient, il suffirait de passer une estompe imbibée de couleur sèche broyée finement, sur ces parties. L'estompe mord avec une étonnante facilité sur la couche rugueuse qui constitue l'es noirs de l'image.
Comme couleurs à l'estompe, on se sert d'un mélange convenable de noir de fumée et de laque de garance en poudre impalpable. Ce mélange a le ton même de l'épreuve au charbon.
La retouche n'est nullement enlevée par l'eau froide lorsque la glace est plongée dans l'eau avant, le double transport. En opérant ainsi, on peut conserver le brillant de l'image alors que l'on fait carton sur la glace, comme nous l'avons expliqué à l'alinéa précédent.
Mais si l'on ne tient pas à ce brillant, on peut très bien retoucher l'image comme à l'ordinaire, après que Tépreuve a été collée sur'bristol, et exactement comme on
PROCÉDÉ AU CHARBON 183
le fait sur papier albuminé. Seulement il est toujours bon dans ce dernier cas, lorsque la retouche est finie, de passer un peu d'encaustique à la cire sur réprouve et de la polir avec le tampon de flanelle.
Le satinage des épreuves au charbon se fait exactement comme celui des épreuves à l'albumine.
Procédés divers concernant le procédé au charbon.
Positifs transparents sur verre. — Pour faire de beaux transparents sur verre, il faut absolument se servir d'un papier spécial, qui est préparé exprès pour cet usage (encre de Chine). Il diffère du papier mixtionné ordinaire en ce qu'il est extrêmement chargé en couleur (encre de Chine) et que cette dernière est broyée plus finement qu'à l'ordinaire. Ce papier est sensibilisé comme d'habitude, dans un bain de bichromate à 2 pour cent. Pour cette opération, ainsi que pour le séchage, on doit lire les pages 276 et suiv.
Seulement, quand le papier est sec, il n'offre pas une surface parfaitement unie; et dès lors, s'il s'agit d'obtenir une épreuve positive extrêmement nette, en ne perdant absolument aucun détail du négatif, il est bon d'opérer comme suit :
On recouvre une glace, polie et cirée, de collodion qu'on immerge dans l'eau, etc., voir page 296.
Quand le papier mixtionné sort du bain sensibilisateur et qu'il a été raclé, on le pose sur la glace, le côté mixtionné en contact avec le collodion, et on le racle encore une fois, pour le faire adhérer à la glace collodionnée.
Dans cet état on le laisse sécher. Si l'on détache le papier, il a le brillant de la glace même, de sorte que,
COURS DE RErRODUCTiOXS INDUSTRIELLES
appliqué dans le châssis-presse contre le négatif, le contact dans toutes les parties est absolu.
Cette méthode a un autre avantage. C'est que, ainsi préparé, le papier peut se conserver tout sensible pendant plusieurs jours et cela tant qu'il est en contact avec la glace. Seulement pour plus de précaution, il faut recouvrir le papier mixtionné avec la glace qui le supporte- d'une autre glace, afin d'empêcher l'action de l'air sur le dos du papier mixtionné. Cela est surtout facile si Ton prépare en même temps plusieurs glaces , que l'on superpose à plat quand les papiers mixtionnés qu'elles portent sont secs.
L'exposition a lieu dans le châssis-presse. Elle doit être poussée à la moitié de plus à ce qui serait nécessaire à une épreuve ordinaire.
Pour le développement, on procède comme à l'ordinaire en se servant d'un verre ou d'une glace sans aucun enduit de cire ni de collodion, sinon les images seraient sujettes à s'en détacher.
Cette méthode évite complètement la réticulation des images.
L'image examinée par transparence ne doit pas être trop noire, si Ton veut obtenir un beau positif. Voici une méthode à l'aide de laquelle on peut lui donner un beau ton violacé noir * .
Faites les trois solutions suivantes :