CHAPITRE XI
HÉLIOPLASTIE. — PROCÉDÉ WOODBURY. — PHOTOGLYPTIE.
Sommaire : Diverses actions de la lumière sur les mucilages bichromates. — Procédés aux poudres colorantes. — Définition de la photoglyptie. — Clichés propres à ce procédé. — Préparation des couches et des reliefs en gélatine. — Boîte à dessiccation. — Planche d'impressicin. — Calage sur la presse photoglyptique. — Tirage des images photoglyptiques. — Fixage. — Retouche et vernissage. — Deuxième procédé Woodbury. — Formation du relief et du moule photoglyptique. — Troisième procédé : Stannotypie. — Emploi d'un positif au lieu d'un négatif pour la formation du relief.
Diverses actions de la lumière sur la gélatine^ l'ai- Ijumine et le sucre en présence d'un sel de chrome alcalin. — Cette action est une des bases essentielles de la plupart, nous pourrions dire de toutes, des applications de la photographie à la reproduction industrielle des œuvres d'art et autres objets de la nature.
Il est donc indispensable de se rappeler ici :
1° Qu'en agissant sur de la gélatine bichromatée la lumière produit, d'une part, le procédé au charbon, et, d'autre part, la gélatine photoglyptique, si l'on fait intervenir l'eau chaude pour dissoudre les parties de la gélatine que la lumière n'a pas atteintes;
2^ Qu'en agissant sur de la gélatine bichromatée, mais sans intervention de l'eau chaude et par simple immersion dans l'eau froide, elle produit la planche phototypique, et la gélatine propre au moulage sur plomb pour l'héliogravure ;
3^ Qu'en présence de l'albumine et de la gomme bichromatées, elle produit la photolithograpliie ; l'albumine ou la gomme insolubilisée retenant l'encre grasse, tandis que l'eau, dissolvant l'albumine ou la gomme non atteinte par la lumière, laisse la pierre à nu;
4^ Qu'en présence de la gomme et du sucre bicliromatés, elle conduit à l'application de poudres sur la partie laissée déliquescente par le maintien de l'état primitif, le sucre et la gomme ne perdant leur déliquescence que dans les parties attaquées par la lumière.
On le voit donc , nous ayons une seule et même action de la lumière sur trois substances organiques de la même famille, sur quatre mucilages, dont l'un, la gélatine n'est soluble que dans l'eau chaude; dont l'autre, l'albumine est soluble dans l'eau froide, et les troisième et quatrième, la gomme et le sucre demeurent déliquescents en dehors de l'influence des rayons lumineux; c'est, disons-nous, cette seule et même action de la lumière qui produit tous les effets de phototypie, de photoglyptie, d'héliogravure et de vitrification, qui feront l'objet des descriptions qui vont suivre.
Procédés aux poudres colorantes. — Le procédé au charbon peut être réalisé d'une façon toute différente de celle qui a été décrite avec de nombreux détails dans le chapitre X. On peut y arriver par un autre moyen dit aux poudres colorantes, imaginé aussi par M. A. Poitevin, mais dont les applications spéciales portent surtout sur la préparation des émaux photographiques. Nous aurons lieu, en nous occupant des émaux dans la sixième partie de ce cours, de nous occuper des procédés aux poudres colorantes, c'est pourquoi nous nous bornons à les citer simplement ici.
Nous allons donc aborder tout de suite un procédé de
PHOTOGLYPTIE
tirage plus industriel que le procédé dit au charbon et dont les résultats ne diffèrent de ce dernier que par le moyen employé pour les produire.
L'hélioplastie , dont l'invention première est due à M. Poitevin, et qui, depuis, est devenu un procédé industriel créé de toutes pièces par M. Woodbury, est actuellement exploitée en France sous le nom de photoglyptie.
La licence de ce procédé avait été concédée à MM. Goupil et C^^ pour toute la France, et cette maison en avait fait cession à quelques autres industriels jusqu'ici peu nombreux * .
Par ce mode d'impression, que nous allons décrire avec assez de détail, pDur qu'il soit bien compris de tous, on arrive à l'impression mécanique d'une épreuve absolument comparable aux épreuves dites au charbon, et dont il est question dans ce traité (voir chapitre du procédé au charbon). L'image est donc formée par de la gélatine , additionnée d'une matière colorante ; seulement, on l'obtient par une sorte de moulage et sans aucune action de la lumière. Cet agent physique ne sert qu'à produire le relief à l'aide duquel se produit, par pression ou par contre-moulage, le moule en creux dans lequel on verse l'encre gélatineuse qui produit l'image.
La partie photographique de l'opération porte sur la formation d'une gélatine, présentant des creux et des reliefs assez marqués pour donner la gamme des dépressions diverses du modelé à reproduire. Les opérations suivantes ne sont plus qu'un ensemble de manipulations et de tirages industriels où le travail photographique, proprement dit, est tout à fait étranger.
1 Actuellement ce brevet est tombé dans le domaine public.
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Voici les diverses opérations qu'exige ce procédé : On forme d'abord la gélatine à l'aide d'un cliché négatif; puis, on la comprime sous une presse hydraulique contre une feuille de plomb. Le moule en creux qui en résulte est placé bien horizontalement sur une presse photoglyptique et il est alors prêt pour le tirage. On se sert, pour l'impression, d'une encre formée d'un mélange de gélatine étendue d'eau et d'une matière colorante appropriée au sujet.
Le papier employé pour cette impression reçoit aussi une préparation spéciale, dont nous donnerons la formule.
Clichés "propres à la photoglypiie. — Quand on exécute un cliché négatif à la chambre noire, en vue de la reproduction photoglyptique^ il convient de le pousser au développement, de façon à obtenir des tons plus accentués que dans les clichés propres au tirage des épreuves aux sels d'argent, au charbon et, surtout, que dans ceux qu'on destine à la phototypie.
On aura aussi tout avantage à faire un cliché pelliculaire, ainsi que nous l'indiquons plus loin^ nous en donnerons bientôt la raison.
Les clichés, qu'ils soient ou non pelliculaires, ne conviennent que s'ils ne présentent pas de trop grandes surfaces blanches,- des ciels étendus, par exemple. En ce cas, ils ne donneraient jamais un résultat très satisfaisant dans un tirage photoglyptique.
Les reproductions de paysages d'après nature, où il y a des façades de maisons entièrement blanches, des ciels sans nuages, et occupant une certaine, surface sans être coupés par du feuillage, ou par tout autre accident na-
* Voir au chgpiire du cliché, neuvième partie.
PHOTOGLYPTIE J93
turel, ne peuvent guère convenir à l'impression photoglyptique.
Autre remarque importante : tout cliclié fraîchement verni, bien que sec au contact des doigts, ne doit être employé à la formation de la gélatine que deux ou trois jours au moins après le vernissage.
Ces diverses indications nous paraissent suffire en ce qui concerne le cliché propre à la photoglyptie.
Préparation des couches de gélatine. — Ainsi que nous l'avons dit plus haut, le principe qui sert à Timpression photoglyptique est dû à Poitevin. On n'a pas oublié que cet inventeur a indiqué l'effet d'insolubilisation que produit la lumière sur de la gélatine bichromatée.
Voici la formule de la solution de gélatine qui sert à former les couches sensibles :
Gélatine Nelson, spécialité propre
à la photoglyptie 120 grammes.
Eau filtrée 480 —
Bichromate d'ammoniaque 20 —
Sucre raffiné 20 —
Glycérine 20 —
A cette solution Ton ajoute un peu d'encre de Chine pour colorer la couche, de façon à pouvoir suivre le modelé au moment du développement. La quantité de matière colorante employée produit des reliefs plus ou moins accentués.
Selon la saison, la quantité pour cent de bichromate * d'ammoniaque peut varier de 3 à 5 : on en emploiera une quantité moindre au moment où la température sera élevée; en hiver, on peut aller jusqu'à 5 pour cent.
Pour une même température, les reliefs sont d'autant
moins saillants que la quantité de sel de chrome introduite dans la couche est plus grande : mais cette préparation exige une exposition moins prolongée à la lumière.
Pour faire cette solution, on met d'abord à tremper la gélatine dans 480 grammes d'eau. Douze heures après, on la fait fondre au bain-marie. On ajoute aussitôt après la matière colorante, le sucre et la glycérine, et, lorsque la dissolution s'est refroidie, on y introduit le bichromate d'ammoniaque. On filtre ensuite le tout à travers un morceau de fine mousseline dans un récipient bien propre.
Lorsque ce liquide est bien limpide, il est propre à la formation des couches sensibles. Celles-ci sont obtenues de la manière suivante : On prend d'abord des glaces bien nettoyées, de la dimension voulue pour le travail que l'on veut exécuter. On les choisira de préférence avec une surface de 30 x 40, parce qu'on a la facilité de couper en fragments de dimensions diverses des pellicules de gélatine obtenues sur ce grand format.
On frotte ces glaces, sur une de leurs surfaces, avec un tampon enduit de cire en dissolution dans de la benzine, ou même, simplement, avec de la poudre de talc. Cette opération a pour objet d'isoler du verre les couches qui vont être posées sur sa surface et d'en faciliter Ja séparation au moment opportun.
On les recouvre alors en versant, comme on le fait ^pour collodionner les plaques destinées aux impressions négatives, d'une couche de collodion normal bien filtré dont voici la formule :
Coton-poudre
Ether à 62 degrés
Alcool à 40 degrés
Une ou deux gouttes huile de ricin.
2 grammes.
PHOTOGLYPTIE
Quand cette couche est bien sèche, on peut verser la gélatine, mais après avoir eu soin de poser chaque glace bien horizontalement, à l'aide d'un niveau à bulle d'air, sur des vis à caler qui traversent des règles en fer. On fait tiédir la gélatine dans un bain-marie, maintenu à une température de 30 à 35 degrés, et on la verse sur le centre de la glace du côté du collodion. On verse avec précaution, de manière à ne pas répandre du liquide hors de la glace, et à produire une couche d'une épaisseur de 2à 3 millimètres.
On laisse la gélatine se congeler, sans toucher aux glaces ; puis, on porte celles-ci dans la boite à dessiccation.
Boite à dessiccation. — Pour activer la dessiccation d'une couche de gélatine aussi épaisse, on a recours à un produit chimique très avide d'eau : le chlorure de calcium desséché.
On dispose une boîte de façon qu'elle puisse recevoir simultanément un certain nombre de glaces , posées chacune sur une cuvette remplie de chlorure de calcium. Chaque compartiment de la boîte contient à la fois la cuvette zinc, et une coulisse dans laquelle s'engage, sur la cuvette, et à quelques centimètres à peine au-dessus d'elle, une glace posée de façon que la couche à dessécher soit en dessous.
Une porte bien ajustée ferme hermétiquement cette boîte, où il ne doit pénétrer aucun courant d'air venant du dehors. Grâce à la température très sèche que produit la présence de chlorure de calcium, la dessiccation des couches s'opère en douze heures au minimum pendant la bonne saison, et, en hiver, en vingt-quatre heures.
Dès que la couche est sèche, elle est très sensible à la
lumière : il faut donc tenir cette boîte à dessiccation dans un lieu déjà assez sec naturellement, et éclairé seulement par un carreau de vitre de couleur jaune.
A mesure que l'on doit se servir d'une couche ou plaque de gélatine, on sort une glace de la boîte ; et en soulevant avec une pointe l'un des coins de la couche, on la détache par un mouvement continu. Le collodion est enlevé en même temps, et il sert à préserver un des côtés de la couche dans l'opération ultérieure du développement à l'eau chaude.
Insolation. — L'exposition à la lumière a lieu comme pour tous les autres procédés. Le cliché est posé sur la glace d'un châssis-presse, muni de traverses et de ressorts d'une pression assez forte, ou mieux encore de vis de serrage qui permettent de graduer la pression suivant les épaisseurs, soit du cliché, soit de la couche de gélatine. Il faut, par une forte pression, bien assurer le contact de la couche contre le . cliché.
Le côté du collodion de la plaque de gélatine doit être appliqué contre la surface préalablement talquée qui porte l'image négative ; il est essentiel de ne pas omettre cette opération, car sans cela l'image formée sur l'autre côté de la plaque de gélatine disparaîtrait tout entière sous l'action de l'eau chaude.
Il faut, en un mot, que la lumière, après avoir traversé le négatif, vienne agir sur la gélatine bichromatée, en passant d'abord à travers la couche de collodion qui recouvre cette gélatine.
L'insolation peut avoir lieu soit en plein soleil, soit en lumière diffuse.
En plein soleil direct, elle dure, en moyenne, de dix minutes à un quart d'heure ; en lumière diffuse, il faut poser un temps suffisant pour réaliser l'effet des dix
PlIOTOULYrTIE 1D7
minutes de plein soleil. Un photomètre positif est un très bon guide pour mesurer ces effets équivalents, surtout s'il est gradué pour des temps déterminés de plein soleil (voir 10^ partie, photomètres).
Développement à l'eau chaude, — Quand les plaques sontinsolées, on doit procéder au développement à Teau cliaude, c'est-à-dire à la formation des reliefs. Mais, tout d'abord, on doit fixer, sur des supports provisoires, toutes les plaques insolées. On les fixe sur des glaces, recouvertes d'un enduit poisseux, insoluble dans l'eau chaude. C'est une dissolution saturée de caoutchouc naturel dans de la benzine.
Cet enduit est d'abord versé sur un certain nombre de glaces, posées bien horizontalement sur des traverses munies de vis, comme celles qui servent à la prépar*ation des couches de gélatine sensible.
On verse l'enduit sur chaque glace, de façon à l'en recouvrir en entier, sans se préoccuper, d'ailleurs, de l'excès qui pourrait s'échapper par les bords ; on laisse le dissolvant se volatiliser et, quand il est suffisamment sec, on peut se servir de ces glaces ainsi préparées.
On y applique les plaques insolées, de manière que "le côté du collodion porte contre l'enduit de caoutchouc ; on facilite Tadhérence des deux surfaces à l'aide d'un cylindre en verre ou en métal, revêtu, avec pression, d'un tube en caoutchouc vulcanisé.
On roule ce cylindre en appuyant fortement sur la plaque de gélatine, et bientôt l'on constate que cette plaque se trouve parfaitement fixée à son support provisoire.
Cela fait, on introduit les glaces, dans les rainures verticales d'une cuvette en zinc, toujours alimentée par
de l'eau chaude, à un degré assez élevé, 60 à TO*^ centigrades environ.
L'eau se renouvelant sans cesse, à l'aide d'un tube de surverse qui part du fond de la cuvette et vient émerger à sa partie supérieure, la gélatine, qui n'a pas été rendue insoluble par l'action de la lumière, est entraînée au fur et à mesure de sa dissolution.
Au bout de quelques heures, et, quelquefois, d'un ou même plusieurs jours, le relief est complet. On s'en assure soit par le contact des doigts, soit en voyant si toute la gélatine soluble a bien été enlevée par l'eau chaude. Ce résultat est atteint quand les clairs les plus forts sont lavés jusqu'au fond. On rince alors à une dernière eau chaude bien propre, puis à l'eau froide, on laisse enfin égoutter un instant, la plaque de gélatine posée sur un support à glaces vertical, puis on la met tremper, durant cinq minutes, dans une cuvette contenant de. l'alcool méthylique, et on la laisse enfin sécher. — L'alcool méthylique, en prenant, dans la gélatine, la place de l'eau, permet d'obtenir bien plus rapidement la dessiccation.
Il est essentiel, après le bain d'alcool, de poser les plaques dans un endroit où elles puissent se sécher en dehors de tout courant d'air ; autrement, l'effet de contraction trop rapide de la gélatine, amènerait la rupture de la pellicule de coUodion.
Il n'y a plus, pour terminer l'opération de la formation de la gélatine, qu'à enlever celle-ci de son support provisoire. Au moyen de la pointe d'un canif, on coupe, tout autour, la couche de caoutchouc et l'on arrache le tout. Puis, par une sorte de friction des doigts contre le caoutchouc, en partant d'un des bords extrêmes, on le roule et on l'enlève par petits fragments. On peut, en l'humectant avec de la benzine, faciliter cet enlèvement,
rHOTOGLYPTIE
qui ne demande qu'un peu d'habitude. Cette opération est surtout délicate, lorsque la gélatine contient des surfaces très noires à côté d'autres parties entièrement blanches et sans aucune demi-teinte, servant de transition. Si l'on a eu soin d'introduire un peu d'huile de ricin dans le collodion épais, il est moins cassant et cela vaut mieux pour les gélatines d'un maniement difficile.
Les gélatines sont aussitôt mises, bien à plat, entre les feuilles d'un cahier buvard, disposé de façon à les classer avec ordre et à les conserver en dehors de toute atteinte de l'humidité, des insectes, et, aussi, d'une chaleur trop grande.
Pour compléter l'ensemble du procédé photo glyptique, il reste à nous occuper de la formation de la planche d'impression, puis de l'impression elle-même et enfin du fixage, de la retouche et du vernissage des épreuves imprimées.
Planche d'impression, — Le moyen qui a prévalu tout d'abord, comme plus rapide' et plus industriel, bien que l'outillage qu'il comporte soit assez coûteux, c'est la compression de la gélatine contre une feuille de plomb, à l'aide d'une forte presse hydraulique.
La gélatine est posée d'abord sur une plaque en acier aussi rigoureusement plane que possible, et munie, tout autour, de freins ou couteaux, dont l'effet est d'empêcher la distension, par la pression de la surface, du plomb qui est en contact avec la gélatine ; sans cela, l'élargissement du plomb en tous sens amènerait la destruction de la gélatine et la déformation du moule.
Selon le sens dans lequel on veut avoir l'image, on posera la gélatine sur l'acier, soit du côté du collodion, soit du côté opposé. — On a le maximum de finesse en posant contre le plomb le côté opposé au collodion.
La feuille de plomb, d'une épaisseur de 6 millimètres environ, est coupée de façon à être un peu plus grande que la plaque d'acier, pour que les rebords extérieurs du plomb puissent porter tout autour sur les couteaux à freins.
Dès que cette feuille de plomb est posée sur la gélatine, on met au-dessus du plomb un coussin de papier, et l'on pousse le tout jusqu'au centre du plateau de la presse hydraulique.
La pression est alors donnée, on la règle à l'aide d'un manomètre, suivant la surface de l'épreuve. Elle est d'environ 250 à 300 tonnes pour une surface qui n'excède pas 21 X 27. Au-delà de ces dimensions et jusqu'à 30 X 40 on élève la pression jusqu'à environ 500 tonnes (500,000 kilogrammes).
Après que la pression voulue s'est produite, on laisse le piston de la presse descendre un peu ; puis l'on donne une nouvelle pression, et l'on fait enfin redescendre le plateau. Le plomb est enlevé de dessus l'acier avec des précautions suffisantes pour éviter qu'il ne se fausse. Le mieux est de porter l'acier sur une fourche à suspension : on l'y pose comme on met une lampe carcel sur son support, et on le fait basculer en maintenant contre le plomb une glace bien dressée. De cette façon, il est impossible d'arriver à en fausser la surface. Cela est surtout nécessaire pour les plombs d'une dimension un peu étendue.
La gélatine adhère le plus souvent au plomb, surtout si les reliefs sont accentués et nettement séparés par des parties creusées à pic. Il faut donc ne procéder qu'avec lenteur à la séparation de la gélatine et du plomb, de peur de briser ou de déchirer la gélatine.
Le plomb, toujours maintenu sur la glace, est porté sur le plateau d'une scie circulaire, où l'on en coupe
l'IloTUliLYPTIE
les bords de façon à n'en laisser subsister, hors des limites de la gélatine, que 5 millimètres environ tout autour.
Ces bords sont abattus en biseau avec une pente plus ou moins inclinée de dedans en dehors, suivant la nature du sujet ; du reste, on ne peut terminer l'arrangement des bords d'un plomb que sur la presse à tirages et suivant les résultats qu'il fournit lors des premiers essais.
Calage sur la presse photo glyptique. — Pour caler le plomb de façon à poser sa surface supérieure, celle qui porte les creux, bien parallèlement au plateau qui doit donner la pression, on le pose sur un lit de plâtre blanc de mouleur, délayé dans de l'eau et à consistance assez épaisse pour supporter le poids du plomb sans céder en totalité sous lui. Le plateau est alors rabattu, et le plomb est maintenu sous pression jusqu'à ce que le plâtre ait fait prise. On relève alors le plateau : l'excès du plâtre qui déborde tout autour du plomb est rogné et l'on n'a plus qu'à procéder à l'impression.
On se sert aussi de gutta-percha, ramollie dans de l'eau chaude. A part ces deux moyens, nous ne saurions en indiquer d'autres qui fussent convenables. Des plateaux, préparés à l'avance, ne peuvent s'appliquer aussi exactement sur tous les points du plomb, et comme c'est de ce contact immédiat que résulte une bonne impression, il convient de n'employer d'autres moyens de calage que ceux qui laissent jouer la surface du plomb et la mettent en contact absolument parallèle avec la surface du verre douci du plateau supérieur de la presse photoglyptique.
Papier propre à Vimpression photo glyptique. —
COURS DE REPROfiUCTIONS INDUSTRIELLES
Tous les papiers ne sont pas propres à ce genre d'impression, où l'on emploie une encre liquide et chaude qui, sous la pression, passerait facilement à travers les fibres des papiers encollés ordinaires, comme s'ils buvaient. Il faut user de papiers d'une parfaite régularité de pâte et d'une qualité supérieure comme pureté : en effet, si le papier présentait des différences d'épaisseur, elles se traduiraient par des taches. Si la pâte renfermait des parties grenues, elles formeraient des trous dans le plomb, et il en résulterait des points noirs sur les épreuves.
Le papier, bien choisi, doit être encollé tout spécialement, au moins sur une de ses faces. On se sert pour cela d'une dissolution à chaud de gomme laque blanche dans une solution de borax. Voici, d'ailleurs, la formule de ce liquide :
Gomme laque 100 grammes.
On fait bouillir un certain temps, puis on filtre. Le papier, que Ton a mis flotter sur ce liquide, est retiré vivement et suspendu dans une pièce maintenue à une température moyenne de 35^ environ.
Lorsqu'on a préparé ainsi un certain nombre de feuilles et dès qu'elles sont bien sèches, on les soumet à un fort laminage qui les glace et qui écrase les quelques grains existants à l'intérieur ou à la surface de la pâte.
On a soin de marquer le côté préparé, ou d'introduire dans la préparation de l'encollage une matière colorante en très petite quantité, rose ou bleue, qui permet de reconnaître tout de suite le côté préparé.
Carbonate de soude
Borax
Eau
PHOTOGLYPTIE
Tirage oii impression des images pJiotoglyptiques. — Tout est prêt maintenant : il ne reste plus qu'à procéder au tirage avec une encre très facile à fabriquer. C'est tout simplement un mélange de gélatine ordinaire, d'eau et d'une matière colorante.
Le bon choix de cette dernière importe beaucoup en vue d'un résultat artistique. *0n peut chercher le ton qui convient le mieux ; par des mélanges bien faits on arrivera à produire des images d'une coloration fort agréable.
C'est là une question de goût plutôt que de métier : notre rôle consiste à dire seulement qu'il n'est aucune sorte de coloration qu'on ne puisse réaliser dans l'impression photoglyptique.
L'encre, bien préparée et filtrée à travers une gaze flne, est maintenue, au bain-marie, à une température d'environ 35° à 45° En hiver, il est nécessaire de tenir la chaleur un peu plus élevée qu'en été.
Le moule est d'abord huilé sur tous les points de sa surface avec une flanelle qui sert à étendre, et à éponger en même temps, les quelques gouttes d'huile verte projetées sur le plomb avec une burette d'ajusteur.
On verse alors une petite quantité d'encre chaude sur le milieu du plomb, on y pose le papier photoglyptique du côté préparé et l'on rabat vivement le plateau dont la pression est réglée à l'aide d'un levier.
On attendra que l'encre gélatineuse se soit figée. Ce résultat, par une température normale, exige un délai d'environ quatre à cinq minutes. On relève le plateau, et saisissant le papier par un de ses angles, on l'enlève d'un mouvement lent et continu.
On opère ordinairement avec une série de six presses, posées sur une table mobile, autour d'un pivot central. Après avoir mis une épreuve sous la première presse.
2U1 l'UURS DE KEPBODUCTIONS INDUSTRIELLES
on passe à la seconde, et ainsi de suite ; quand on arrive à la première épreuve, elle est déjà prête à être enlevée.
Les épreuves sont, au fur et à mesure de leur production, posées sur une table, où, à Taide d'une petite spatule, on enlève lexcès d'encre qui est resté sur les bords ; puis, on les place sur les claies d'un séchoir.
Fixage, — Quand une série d'épreuves est sèche on procède à leur fixage dans une solution qui a pour objet de rendre les images formées par la gélatine insolubles dans l'eau. On traite ces images par l'alun, en les immergeant dans un liquide ainsi composé :
Eau 1000 grammes.
Alun d'ammoniaque 25 —
Après un quart d'heure de séjour dans ce bain on les passe à deux eaux pour les rincer et on les pique dans un séchoir spécial.
Retouche et vernissage. — Un travail de retouche est souvent nécessaire pour supprimer quelques points blancs, provenant de bulles d'air, ou pour effacer des points noirs, résultant de trous produits dans le plomb par les corps grenus du papier. Dans ce but, on se sert soit d'une couleur assortie à celle de l'épreuve, soit d'un grattoir pour faire disparaître les taches noires.
Après la retouche, on vernit en passant sur les épreuves un vernis composé de gomme laque blanche en dissolution dans de l'alcool méthyhque.
L'épreuve, aussitôt après avoir reçu la couche de vernis, est placée à plat dans un four chauffé à 60 degrés centigrades environ. — Si on ne chauffait pas le four, ce vernis, en se refroidissant, donnerait une surface mate.
Après le vernissage, on rogne les épreuves et on les
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colle sur les cartons destinés à les recevoir. Il faut emplo.yer des supports assez forts, ces épreuves ayant toujours une tendance à se contracter, et à faire goder les cartons sur lesquelles elles sont collées.
Après l'opération du collage et quand la dessiccation est bien complète, on cylindre les épreuves pour les glacer davantage. Cette opération a pour but de redresser en même temps les cartons déjà gondolés par le jeu du papier. Celui-ci s'était d'abord distendu par l'humidité de la colle, puis il s'est contracté de nouveau en séchant, de là un effet désagréable que le cylindrage tend à faire disparaître.
Le résumé qui précède peut donner une idée assez exacte du procédé Woodbury auquel on a donné en France le nom de photoglyptie ; mais il serait certainement insuffisant pour guider un débutant dans la voie de l'exécution industrielle de ce procédé que l'on trouvera décrit avec bien plus de détails de toute nature dans notre traité spécial de photoglyptie — Ces indications n'en sont pas moins assez développées, pour que l'on puisse apprécier nettement ce qui distingue les opérations propres à ce procédé de celles qui concernent les divers autres procédés distincts, décrits dans ce Cours.
On a surtout remarqué que la photoglyptie ne saurait être imprimée avec des marges, et directement sur n'importe quel papier comme la photo typie. — Mais ce procédé si intéressant ne convient pas moins à certaines applications, et il rend dans l'art des reproductions industrielles de très grands services.
^ Traité pratique de photoglyptie , par M. Léon Vidal. — Chez M. Gauthier-Villars, 5o, quai des Grands-Augustins, Paris.
Il a du reste été rarement décrit d'une façon assez complète; c'est pour ce motif que nous lui ayons consacré des développements d'ane certaine étendue.
Nous renvoyons aux planches jointes à ce Cours pour l'examen d'un spécimen de photoglyptie.
Une des planches en couleurs est aussi un résultat dû, en grande partie, à la photoglyptie. On verra, au chapitre de la photochromie, comment on emploie le procédé Woodbury à ces impressions polychromes.
Deuxième procédé Woodbury.
M. Woodbury, voulant mettre son remarquable procédé photo-mécanique d'impressions au charbon à la portée de tous, a songé à le simplifier en supprimant l'emploi d'un engin coûteux et d'un usage assez délicat entre des mains inexpérimentées : la presse hydraulique.
Il a donc modifié soit la façon d'obtenir les reliefs en gélatine, soit celle de les contre-mouler par du métal pour former le moule propre aux tirages photoglyptiques.
Voici avec quelques détails pratiques la description de ce nouveau procédé.
Cliché négatif. — Le meilleur négatif est celui qui est d'une bonne intensité, on doit en protéger les bords avec une bande tout autour (comme on le fait pour le procédé au charbon), en laissant l'ouverture plus large de 5 millimètres que l'épreuve une fois coupée.
Il est préférable de ne pas retoucher les trous ou éraillures.
PHOTOGLYPTIE
Préparation de la mixtion spéciale. — Sur un pied à caler placez une glace et amenez-la à l'horizontalité la plus parfaite à l'aide des vis calantes, la dimension la plus convenable à adopter pour les préparations est celle qui permettra à la feuille de mixtion, une fois coupée, de fournir 4 épreuves album en 8 cartes de visite, soit 40 x 30 centimètres. Prenez une feuille de papier photographique (c'est celui qui convient le mieux) et immergez-le avec la glace dans une cuvette pleine d'eau chaude, retirez-les en même temps, et passez la raclette pour enlever le liquide en excès, posez la glace sur le pied à caler et versez à sa surface la solution de gélatine en la guidant avec les doigts, de manière à lui faire atteindre les coins.
Voici la formule de cette solution :
Eau
Gélatine Nelson
Sucre
Glycérine
Noir
A l'aide d'un morceau de papier promené à la surface du liquide, l'on enlève toutes les bulles d'air qui peuvent s'y être formées, puis on ajoute un peu plus de la solution.
Quand la gélatine s'est figée, la plaque est mise de côté et l'on en prépare une autre, on met alors les plaques à sécher et on les conserve auss^i longtemps qu'on le veut.
Sensibilisation de la mixtion. — Quand on veut s'en servir, la plaque est immergée dans un bain de bichromate où on la laisse de trois à cinq minutes. On l'enlève et l'on en essuie le dos avec un linge. Puis on la met à
1800 grammes.
sécher dans un lieu obscur. Quand elle est sèche, l'on doit enlever la couche de dessus la glace en coupant tout autour avec la pointe d'un canif à la distance d'un centimètre des bords. Elle est alors prête à être coupée en fragments et exposée.
L'avantage de sensibiliser et de laisser sécher sur la glace, c'est que la couche restera complètement égale et unie telle qu'elle était avant d'être sensibilisée, tandis que, si on séparait la mixtion de son support, avant la sensibilisation, le papier se recoquevillerait et l'on n'aurait plus une surface plane.
La mixtion est alors coupée à la dimension d'un 8^ plus large que l'ouverture laissée sur le cliché par le cadre protecteur.
Solution sensibilisatrice :
Eau 500 grammes.
Bichromate de potasse 30 —
Exposition. — L'exposition a lieu à l'aide d'un photomètre, celui-ci est muni d'une bande de papier préparé à l'argent et à l'acide citrique. (Voir aux Formules diverses). — Cette bande passe sous l'ouverture, quand elle a atteint la teinte la plus noire, elle est poussée, puis une autre partie atteint la même teinte. — Une fois ou deux fois et environ jusqu'à trois ou quatre teintes, au plus, suffisent pour l'impression d'un négatif ordinaire. Par un temps humide, il convient de placer une feuille de caoutchouc sur le dos de la mixtion durant l'exposition.
La mixtion doit être maintenant rendue adhérente à la glace ainsi qu'il suit.
Adhérence à la glace qui sert de support. — En-
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duisez la glace, qui doit être un peu plus large, avec du collodion normal, et quand il est sec plongez-le dans une bassine d'eau froide ou vous le laissez jusqu'à complète disparition de Faspect graisseux. Placez le fragment de mixtion insolée dans une autre^ cuvette pleine d'eau et après une minute placez-le avec soin (sous l'eau) en contact avec la surface coUodionnée de la glace, et enlevez le tout ensemble ; placez sur une table horizontale, et après avoir recouvert d'une feuille de toile en caoutchouc, épongez ; passez la racle à la surface dans toutes les directions pour chasser l'eau interposée.
Placez dessus une glace épaisse et un poids en interposant du papier buvard et laissez ainsi durant un quart d'heure.
La mixtion sera alors prête à être développée.
Développement des reliefs. — Placez la glace qui supporte la mixtion dans une cuvette plate pleine d'eau chaude et laissez-la jusqu'à ce que le papier se détache et se sépare facilement, mais, jusqu'à ce moment, il ne faut tenter de l'arracher sous peine de tout enlever à la fois.
Dès que le papier s'est détaché, placez-le dans une des rainures de la cuvette verticale, remplie préalablement d'eau et chauffée à la température de 60 degrés centigrades. En usant d'un régulateur à gaz, la température ne variera jamais.
Les reliefs ne doivent pas être trop développés. Cinq à six heures suffisent généralement. On les enlève alors et, après les avoir fait égoutter durant dix minutes, on les met dans un bain d'alcool (de l'alcool méthylique convient parfaitement), ou on les laisse deux ou trois heures pour enlever leau ; on les fait enfin sécher.
Le relief est maintenant complet et toutes défectuo-
sités, telles que des trous et des éraillures sur le négatif, pourront être grattées à l'aide des bords coupants d'une lame de verre.
Le relief est alors graissé avec une pièce de flanelle sur laquelle on a mis un peu de pommade ou de graisse de chandelle. Les bords de la glace sont enduits avec un pinceau plongé dans une solution de caoutchouc et quand le vernis est sec, dix minutes environ suffisent, on pose la glace sur la plaque bien dressée d'un cylindre à satiner, puis un morceau de feuille d'étain, d'une dimension un tant soit peu moindre, est placée sur le relief. Sur cette feuille d'étain l'on met trois à quatre épaisseurs d'un fort papier buvard, le tout est amené sous le rouleau compresseur que l'on serre graduellement avec l'écrou allant et venant du centre aux deux extrémités et donnant un tour d'écrou chaque fois jusqu'à ce que la pression soit très forte. — En opérant ainsi l'on n'a pas à craindre de briser la glace (si elle est bien dressée), à moins qu'il ne se soit introduit, entre elle et la plaque inférieure, quelques grains de poussière ou de gravier.
La feuille d'étain doit être amenée au contact absolu du relief; le caoutchouc produisant une fermeture hermétique sur les bords et maintenant l'étain en place, le relief est maintenant prêt pour la prochaine opération qui consiste à enduire le dos avec du cuivre.
Cuivrage du dos du relief. — Les bords de l'étain doivent être enduits avec une solution de gomme laque pour empêcher le cuivre de s'y déposer.
Quand la solution de gomme laque est sèche elle doit être recouverte d'un enduit de caoutchouc qui a pour objet d'empêcher qu'elle ne soit enlevée lors du nettoyage.
PHOTOGLYPTIE
Celui-ci s'opère avec une forte solution de potasse caustique que Ton passe, sur toute la surface de l'étain, avec un tampon formé par une boule de coton placée à l'extrémité d'une baguette de verre. On rince ensuite sous un robinet et l'on est prêt à mettre à la pile.
Celle-ci est la plus simple qui puisse être : un vase de verre ou de terre rempli d'une solution saturée de sulfate de cuivre ; un vase poreux dans lequel est une solution d'acide sulfurique et une plaque de zinc amalgamé.
Un bout du fil est attaché à la vis du zinc et l'autre extrémité à l'appareil qui retient le relief où l'on a eu soin d'enlever le vernis préservateur au point où doit exister le contact avec l'étain (on se sert pour cela d'un chiffon enduit d'alcool).
Le zinc une fois placé dans le vase poreux est mis en communication avec le relief par un fil dont l'autre extrémité plonge dans la solution de cuivre.
Dans deux ou trois heures, l'épaisseur du cuivre sera suffisante ; on doit donc l'enlever, laver et sécher. La solution de cuivre sera fortement acide et on ajoutera une petite quantité de la solution du vase poreux : cela facilite le dépôt. — Il reste maintenant à enduire le dos du cuivre avec une composition qui permette de l'attacher à une autre glace et de le séparer du relief.
Composition. — Les glaces enduites de la composition sont préparées comme il suit :
Une plaque de fonte de fer qui s'ajuste sur une des cuvettes à développer est posée sur un pied à caler, et l'on allume le gaz par dessous.
Une glace de la dimension voulue est posée sur la plaque de fonte et quand elle est chaude on frotte sa surface avec un morceau de composition jusqu'à ce qu'elle
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en soit couverte régulièrement. Il n'est pas nécessaire d'en mettre une grande épaisseur.
Formule de la composition :
Gomme laque rouge 3 parties.
Résine 2 —
Térébenthine de Veruse 1 —
On peut préparer un grand nombre de ces glaces à la fois et les conserver jusqu'au moment d'en user. Bien qu'une chaleur considérable fût nécessaire pour étendre la composition également sur une large surface, celle de l'eau bouillante est suffisante pour la ramollir et en enduire le dos du relief.
Mise de la composition au dos du relief, — Une bassine peu élevée est à moitié remplie d'eau, et la plaque de fonte est placée sur elle en guise de couvercle ; quand l'eau est à l'ébullition elle échauffe la composition dont sont couverts la glace et le cuivre placés en contact et recouverts d'un poids.
L'on doit avoir la précaution de chauffer préalablement le poids comme l'est le relief, sans cela l'application d'une masse de fer froide pourrait amener la rupture de la glace.
Après quelques minutes, la composition sera chassée jusqu'aux bords ; et peu d'instants après, le poids sera enlevé, pour vérifier si toutes les bulles d'air ont été expulsées d'entre les plaques.
Quand la composition paraîtra s'être suffisamment étendue et bien également dans toutes les directions, l'on pourra abandonner les plaques au refroidissement. Lorsqu'elles seront froides, l'excès de la composition et la feuille d'étain devront être coupés, puis Ton séparera les deux glaces facilement. L'une portant le moule
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prêt pour la presse. L'autre supportant le relief prêt à subir les mêmes opérations tel nombre de fois que Ton voudra.
Retouche du inouïe. — De même que les trous et éraillures, qui ont pu se trouver sur le négatif, ont bien été enlevés sur le relief en gélatine, tout point opaque du négatif peut maintenant être enlevé du moule. Mais comme la feuille d'étain est fort mince on doit aller bien doucement pour ne pas couper jusqu'au cuivre ; cette opération est fort délicate.
Le moule est maintenant prêt pour être mis sur la presse.
Presse à imprimer. — On doit la placer sur le bord d'une forte table où on la fixe avec des vis.
Le levier est ramené en arrière et son extrémité est abaissée autant qu'elle peut aller en découvrant le plateau de la presse.
Quand cela est fait, une feuille d'un papier buvard épais, préalablement humidifiée, est posée, puis sur elle le moule, les trois écrous ayant été desserrés.
L'arc-boutant est ramené à sa place et le levier est relevé.
Un des écrous est alors tourné jusqu'à ce que le plateau soit amené au contact parfait avec le moule.
Un 2*^ écrou permet audit plateau de se mouvoir dans toutes les directions. Enfin, la pression est définitivement arrêtée en tournant un 3^ écrou.
Encre à imprimer. — Durant les temps chauds il faut ne préparer que ce qui doit être employé d'encre * dans trois ou quatre jours ; une gélatine ordijiaire douée d'un pouvoir suffisamment résistant est la meilleure :
Gélatine ......
Eau
Couleur noire.
Couleur rouge
1 partie.
5 ou 6 parties, suivant la nature du moule, quelques traces si Ton veut avoir un ton photographique.
La gélatine est placée dans l'eau et mise à gonfler pendant une heure, et plus. Elle est alors fondue et les couleurs y sont ajoutées. Puis on filtre dans une carafe placée dans un bain-marie.
Ce bain, par le moyen d'un régulateur, doit être maintenu à une température égale de 35 à 40 degrés.
Le noir et le rouge (ayant été préalablement délayés dans un peu d'eau) doivent être ajoutés graduellement à la gélatine : on essaie l'encre graduellement par des impressions successives jusqu'à ce que la valeur convenable du ton et de la couleur ait été atteinte.
L'on ne peut faire de grandes provisions d'encre colorée, les moules variant en profondeur et exigeant des encres de valeurs difl*érentes.
Durant les températures élevées, l'on doit employer une proportion de gélatine plus grande que par les temps froids. Si l'on s'aperçoit que quelques parties de répreuve sont plus foncées qu'elles ne devraient être, on doit placer un fragment de papier mince sous le moule, dans ces endroits-là, jusqu'à ce que l'impression se régularise. Après deux ou trois impressions le moule devra être légèrement graissé avec un fragment de flanelle plongé dans un mélange égal d'huile et de paraffine.
L'encre est alors versée en petite quantité au centre du moule, le papier (d'un centimètre et demi plus large sur chaque côté) est placé dessus , le plateau de la presse est rabattu et la pression donnée par le levier.
Après trois à cinq minutes environ on ouvre la presse et l'on enlève l'épreuve.
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Si les grandes lumières sont trop blanches c'est une preuve qu'il y a trop de pression. L'un des écrous doit alors être légèrement desserré, mais, d'autre part, si Ton a de la couleur partout sur les blancs l'on devra augmenter la pression en serrant l'écrou supérieur et en remontant le 2® écrou.
L'écrou inférieur qui touche le plateau, une fois réglé, Ton n'a plus à toucher à la pression, celle-ci se trouvant fixée complètement par les deux écrous situés de part et d'autre de l'arc.
Le surplus de l'encre qui a débordé tout autour des bords est enlevé avec un couteau à palette et peut servir de nouveau. Quand les épreuves sont sèches elles sont prêtes à être fixées.
Fixage. — On opère le fixage en plaçant les épreuves, , durant dix minutes, dans un bain d'alun et d'eau presque saturé, on les en sort ensuite pour les rincer à l'eau et les mettre à sécher.
Troisième méthode encore plus simplifiée.
Pour éviter l'inconvénient et l'opération de cuivrer le dos du moule, ainsi que cela vient d.'être décrit dans son deuxième procédé, M. Woodbury a imaginé de faire le relief en substituant un positif au négatif. De cette façon il obtient un relief négatif. Il y fait adhérer la feuille d'étain qu'il y retient même par un léger enduit au caoutchouc dont est recouvert préalablement le relief au lieu d'être graissé. Dès que la feuille d'étain a été forcée sur le négatif en relief elle y adhère, il n'y a plus alors qu'à porter le moule directement sous la presse à tirages sans autres opérations.
'il G COURS DE REPKOBLXTIONS INDUSTRIELLES
On voit combien cela simplifie le travail, seulement il faut passer par un positif que l'on peut tirer par le procédé au charbon et renforcer au permanganate de potasse, de cette façon Ton obtient des positifs convenables à l'impression des reliefs par cette troisième méthode d'impression photo-mécanique que M. Woodbury a désignée sous le nom de Slannotypie pour la distinguer des autres.