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CHAPITRE XII

PHOTOTYPIE.

Sommaire : Principe de la phototypie. — Résumé historique de cette invention. — Procédé de MM. Tessié du Mothay et Maréchal. — Albertypio. — Procédé Obernetter. — Procédé Edwards. — Manipulations phototypiques courantes.

L'un des plus remarquables procédés de reproduction avec demi-teintes est bien certainement celui qui fait l'objet de ce chapitre. Nous allons le décrire avec assez de détails pour en donner une idée complète.

Le principe sur lequel repose ce procédé est celui que Ton doit à Poitevin — et que nous avons indiqué déjà — de la propriété qu'a la gélatine bichromatée insolée, de devenir imperméable à l'eau et par suite de retenir le corps gras qui est repoussé par les parties humides de la gélatine.

Nous croyons devoir faire un nouvel emprunt au Traité général de photographie du docteur Van Monckhoven en extrayant de la *7® édition de ce remarquable ouvrage des descriptions auxquelles nous avons collaboré et qui expliqueront suffisamment les procédés dont il s'agit.

Dans ces dernières années, ces procédés ont reçu des perfectionnements nombreux dus à MM. Tessié du Mois

thay et Maréchal S à M. Albert S à M. Obernetter ^ à M. EdwardsS à M. Waterhouse ^ à M. Husnik ^ et à M. Léon Vidal. De là, une série de méthodes plus ou moins nouvelles, qui ont reçu plusieurs noms, tels que : phototypie, albertypie, liéliotypie, etc. Tous ces procédés, il faut bien le dire, dérivent des procédés de M. Paul Pretsch et de M. Poitevin.

Procédé de MM. Tessié du MotJiay et Maréchal. — Ces inventeurs exposent la couche de gélatine bichromatée, étendue sur une feuille de cuivre poli, derrière un négatif, pour laver ensuite cette couche à l'eau froide, qui enlève l'excès de sel de chrome. La gélatine absorbe cette eau en se gonflant et d'autant plus q^ii'QUe a été moins modifiée par la lumière.

Cette couche se trouve dans l'état d'une pierre lithographique préparée, c'est-à-dire que si l'on passe un rouleau d'encre d'imprimerie à la surface, les parties humides de gélatine repoussent l'encre, qui adhère, au contraire, aux parties sèches (celles modifiées par: la lumière).

■ Il est à remarquer que la couche de gélatine ainsi préparée ne fournit guère plus de 50 à 10 exemplaires ; aussi ce procédé n'a-t-il point été adopté dans la pratique.

AWertypie, — Ce procédé est, au fond, identique à celui de M. Poitevin. Il en diflère, toutefois, par plusieurs perfectionnements, en apparence de peu de va-

1 Bull. Soc. franç,, 1867, p. 116 et 306.

^ Voir pour ces procédés le Traita pratique de photoiypie de M. Léon Vidal.

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leur, mais qui sont considérables au point de vue pratique.

Pour se rendre bien compte de la valeur pratique du procédé de M. Albert, il faut visiter, comme nous l'avons fait plusieurs fois, ses ateliers à Munich. L'on y imprime couramment des épreuves depuis le format carte, jusqu'aux feuilles de 50 centimètres sur 80. Une planche de 20 cent, sur 30 fournit en moyenne 200 épreuves par jour.

Voici le procédé de M. Albert, tel que nous l'avons vu pratiquer dans ses ateliers, mais modifié, quant aux formules.

Une glace épaisse, finement dépolie, est placée horizontalement la surface dépolie en haut. Elle est recouverte d'une solution préparée de la manière suivante :

6 grammes gélatine.

300 — eau distillée.

5 à 6 — bichromate d'ammoniaque.

La gélatine doit être préalablement placée pendant une demi-heure dans l'eau distillée froide, puis on chauffe le liquide à 40 degrés centigrades et l'on y ajoute le bichromate dissout dans un peu d'eau.

A ce liquide l'on ajoute 100 cent, cubes d'albumine préalablement battue en neige et déposée. Quand le mélange est refroidi à 25 ou 30 degrés centigrades, on le bat de nouveau fortement, et on le filtre dans un endroit chaud.

Le liquide a une consistance sirupeuse s'il est à une température convenable. On l'étend sur la glace dépolie en couche plus ou moins épaisse, puis on laisse sécher la glace dans une grande boîte formée de parois de toile tendue sur châssis. Sur la toile on colle du papier buvard. L'intérieur de la boîte est maintenu par un cou-

rant d'eau chaude à la température de 30 degrés centigrades. Il est bien entendu que la dessiccation s'opère dans l'obscurité,

Quand, au bout de quelques heures, la couche de gélatine ne colle plus, on met la glace sur un drap noir, la gélatine en contact avec le drap, et on l'expose de cinq à dix minutes à la lumière du jour. La partie de la couche de gélatine , en contact immédiat avec la glace, est ainsi insolubilisée. La deuxième couche, dont nous parlerons tout à l'heure, ne peut atteindre le verre, et est ainsi d'une beaucoup plus grande adhévonce.

Ceci est un perfectionnement original et important, parce que l'humidité des rouleaux lithographiques ne peut pénétrer jusqu'au verre. De là, possibilité d'un tirage bien plus considérable que dans les procédés dans lesquels on n'emploie qu'une seule couche.

La plaque de verre est, à présent, rentrée dans un endroit faiblement éclairé, plongée une demi-heure dans l'eau froide, et séchée dans une position verticale à l'abri de la poussière. Cette opération n'est point indispensable.

La seconde phase du' procédé consiste à couvrir la première couche de gélatine d'une seconde, dont voici la composition :

a) Environ 20 grammes de gélatine sont ramollis dans

125 — d'eau distillée froide.

b) 4 — de colle de poisson divisée au marteau sont

ramollis dans 60 — eau froide.

Puis les liquides sont lentement chauffés jusqu'à dissolution de la gélatine, qui ne se fait jamais entièrement.

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c) Albumine battue en neige, déposée et filtrée à travers un linge.

d) 10 grammes bichromate de potasse sont dissous dans

60 — eau distillée. Filtrez,

g) 5 — lupuline )

3 — benjoin i sont digérés 12 heures dans

2 — baume de Tolu )

100 — alcool aqueux (à 8*'. pèse alcool Gay-Lussac).

f) 1 — nitrate d'argent.

30 — eau distillée.

ff) 2 — bromure de cadmium.

2 — iodure —

30 — eau.

De ces diverses solutions, on mélange d'abord a et b. Quand le liquide est refroidi à 35 degrés, on y ajoute

de c) environ 6 grammes.

Il se produit un précipité dans le mélange que l'on secoue fortement, puis que l'on filtre et que Ton reçoit dans un flacon maintenu à 35 degrés centigrades.

L'auteur de cet ouvrage conteste absolument l'utilité des solutions f et g. Mais le point sur lequel il insiste tout particulièrement , c'est le choix de gélatine de bonne qualité.

Une solution de colle de poisson fraîche, naturelle (non blanchie à l'acide sulfureux), simplement additionnée de bichromate de potasse et d'albumine, suffit en lieu et place du mélange compliqué de M. Albert.

La glace recouverte de gélatine insolée, qu'elle ait été lavée ou non à l'eau froide, est immergée dans l'eau tiède (40^) jusqu'à ce que l'eau coule en nappe continue à sa surface, puis égouttée une demi-heure dans une position verticale, et enfin recouverte de la gélatine bi-

chromatée dont nous venons de donner les formules, et cela à plusieurs reprises.

La glace est maintenant placée dans une position horizontale dans l'armoire à parois de toile, armoire qui, nous l'ayons déjà dit, doit être maintenue à 30 degrés de température. La couche sèche est à présent sensible à la lumière.

L'épaisseur de la deuxième couche doit varier de 1 à 3 dixièmes de millimètre. De même que l'épaisseur de la première couche, elle doit varier suivant l'intensité du négatif à copier. Les couches très minces sont bonnes pour la reproduction de la gravure au trait, les couches plus épaisses pour les demi-teintes.

La glace sèche est appliquée dans le châssis-presse contre le négatif, et insolée au point voulu, jusqu'à coque toutes les nuances de l'image soient visibles à travers la glace, qu'on examine de temps à autre en ouvrant le châssis-presse.

Si le négatif n'a pas été préalablement renversé, les images fournies par la planche seront elles-mêmes renversées, ce qui, pour bien des images, n'offre point d'inconvénient.

A présent la glace est plongée dans Feau froide et lavée jusqu'à disparition complète des dernières traces de chromate, et finalement séchée dans une position verticale.

On reconnaît aisément, pendant ce dernier lavage, si la couche a été surexposée ou exposée trop peu à la lumière. Dans le premier cas, le sel de chrome en excès ne se laisse point enlever par les lavages. Dans le second cas, la deuxième couche adhère mal à la première, ce que l'on reconnaîtra aisément, plus tard, pendant l'impression lithographique.

L'albumine que l'on ajoute à la gélatine donne à la

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couche un aspect dépoli et une consistance plus serrée, ce qui empêche la pénétration de la lumière pendant Texposition de la couche derrière le négatif.

Ayant de soumettre la couche à l'impression lithographique, on l'immerge pendant quatre ou cinq minutes dans l'eau froide additionnée de glycérine, puis on passe à sa surface une éponge mouillée et exprimée, pour la frotter ensuite avec un morceau de flanelle imbibée d'huile et la repasser de nouveau à l'éponge mouillée. Alors on procède immédiatement à l'encrage.

La glace est alors soumise à l'impression au rouleau dans la presse lithographique, et ceci est la partie la plus délicate et la plus difficile du procédé. Aussi fautil, pour l'exécuter convenablement, un ouvrier habile. L'encrage est-il empâté, on enlève l'encre à la térébenthine avec une éponge.

La glace doit être assujettie avec soin, soit sur une couche de plâtre, soit sur une feuille de caoutchouc, ou sur des papiers superposés, etc. Autant d'ateliers l'on visite, et autant de procédés différents l'on remarque.

L'encre grasse dont les rouleaux sont revêtus doit être d!e qualité supérieure. On l'additionne souvent de pourpre pour donner aux épreuves la même apparence que les épreuves photographiques.

Quand la plaque est imprimée, il faut éviter de la laisser sécher complètement, sinon la gélatine pourrait s'enlever spontanément du verre. Le mieux est, après l'impression, de laver la couche à l'éponge, puis avec une seconde éponge imbibée d'eau et d'éther sulfurique.

Les épreuves obtenues par M. Albert ressemblent à s'y méprendre aux plus belles épreuves obtenues photographiquement à l'aide du papier salé. Elles ne laissent rien à désirer sous le rapport de la propreté, de la finesse et des demi-teintes.

Il existe, d'ailleurs, des moyens nombreux de donner aux épreuves le brillant du papier albuminé. Un procédé pratique consiste à les recouvrir au rouleau mécanique de gélatine, que Ton insolubilise ensuite par Falun, ou bien d'albumine que l'on insolubilise par le bromure de cadmium.

Procédé de M, Obernetter. — M. Obernetter, de Munich, n'a jamais publié le procédé dont il s'est servi dès le début et dont il est parlé à peu près dans le bulletin de la Société Française de photographie de 1810. Nous n'essaierons donc pas de reproduire une description qui laisse beaucoup de choses dans le vague et dont on ne saurait tirer aucune espèce de profit, nous aimons mieux citer la méthode qu'emploie actuellement M. Obernetter, et avec un très grand succès car les images qu'il obtient sont aussi belles que des épreuves au chlorure d'argent très réussies. On ne saurait d'ailleurs les distinguer des meilleures épreuves sur papier albuminé.

Nous trouvons cette description dans le brevet américain de M. Obernetter actuellement tombé dans le domaine public. Ce procédé consiste dans la préparation des plaques photographiques pour l'impression mécanique avec des presses et de Tencre lithographiques ordinaires, et de telle sorte que l'on peut se servir de plaques transparentes ou opaques, et que l'impression des demi-teintes s'obtient à un tel degré de modelé que les épreuves ainsi tirées ont l'apparence des épreuves ordinaires sur albumine.

Ce procédé est approprié aux besoins et aux travaux courants des photographes, à ce point que n'importe quel nombre de photographies peuvent être tirées d'une plaque, à bon marché, rapidement et avec des matières

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colorantes d'une durabilité assurée. L'invention consiste principalement dans la formation, à la surface d'une plaque translucide ou opaque, d'une couche composée d'une solution d'albumine et de silicate de soude soluble et dans le recouvrement de cette couche, après qu'elle est parfaitement sèche, par une deuxième couche sensible, laquelle reçoit l'image, d'après un négatif photographique, à la façon habituelle.

La première solution, que l'on étend sur la plaque de verre ou de métal à l'aide d'une brosse ou par tout autre moyen, se compose de sept parties d'albumine, trois parties de silicate de soude et huit parties d'eau.

La couche formée par cette solution est ensuite séchée, soit lentement à l'air, soit rapidement à une chaleur artificielle, suivant qu'on le préfère.

Quand la couche est parfaitement sèche, on la lave en la rinçant à l'eau pendant cinq minutes environ, mais en prenant garde d'en toucher la surface. Après le lavage, la plaque est mise à égoutter sur un chevalet. La plaquai sèche est ensuite placée dans une étuve chauffée, et, quand elle est arrivée à 100 degrés ou à peu près, on procède à son recouvrement par la deuxième couche sensible ; celle-ci est préparée en dissolvant bO^^ de g'.^latine, 50s^" de colle de poisson et 15§^* de bichromate d'ammoniaque dans un litre d'eau. On filtre la liqueur pendant qu'elle est chaude. Aussitôt que cette solution est également répartie sur la surface de la plaque, on place celle-ci dans l'étuve pendant dix à quinze minutes jusqu'à ce qu'elle soit parfaitement sèche. La plaque est alors prête à recevoir l'image à travers le négatif et à être exposée à la lumière, comme on le fait habituellement pour le papier albuminé ; mais l'exposition ne doit être que de la moitié du temps ordinaire. Après l'exposition à la lumière pendant un temps suffisant, on la lave

en rimmergeant dans Feau pendant dix à quinze minutes jusqu'à ce que tout le sel de chrome, non atteint par la lumière, ait été éliminé.

Une fois sèche, elle est prête à l'impression sur des presses et avec de l'encre lithographique ordinaires, et Ton obtient des images semblables en tous points à celles que Ton imprime sur papier albuminé et offrant des demi-teintes et une finesse égales à celles des photographies courantes. On peut préparer des plaques à l'avance et les employer quand on en a besoin ; l'on produit ainsi des impressions rapidement et à bon marché.

Ce procédé est absolument celui qu'a décrit plus tard M. Hasnick.

Procédé Edwards, — Autant que nous avons pu le comprendre par la description que M. Edwards a faite de son procédé, la différence qui caractérise ce dernier du procédé de M. Albert, est que la glace recouverte de ses deux couches de gélatine bichromatée, insolée, lavée et enfin sécliée, est trempée pendant cinq à six heures dans une solution d'alun de chrome qui durcit la couche. Il paraît qu'alors cette couche est susceptible de fournir un nombre d'épreuves bien plus considérable à la presse, que lorsqu'on opère comme l'indique M. Albert.

Procédé le plus couramment employé dans Vindustrie pfiototy pique, — Nous extrayons de notre Traité de phototypie pratique et dans leur ordre d'emploi tout l'ensemble des manipulations opératoires qui constituent un des procédés de phototypie les plus usuels et nous espérons qu'avec ces indications détaillées l'on pourra tenter des essais pratiques que n'auraient pas permis des renseignements moins complets.

1*^ Choix du support rigide, — Prendre des glaces de

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Saint-Gobain d'une épaisseur de 10 millimètres environ et aussi égales que possible sur toute leur étendue. Les dimensions dépendent des sujets à reproduire; il ne faut pas craindre de pécher par un excès dans les dimen-. siens, d'affecter, par exemple, des glaces de 27 x 33 à des impressions d'images du format album, ou de 18 x 24. Les glaces doivent avoir un côté parfaitement dressé à Fémeri.

2° Nettoyage de la surface polie des glaces, — La surface des glaces qui doit recevoir la couche sensible doit être nettoyée avec beaucoup de soin et surtout être exempte de tout corps gras. On est sûr d'éliminer les matières grasses en terminant le nettoyage avec un chiffon ou avec de la ouate bien propre et imprégnée d'ammoniaque liquide.

Si les glaces portent encore la préparation précédente, il faut les immerger dans de l'acide sulfurique ordinaire, contenu dans une grande cuve en plomb. Après quelques heures de séjour dans ce bain, on les rince à plusieurs eaux courantes, et l'on procède au nettoyage définitif. Toutes les opérations, de la mise au bain d'acide sulfurique, de la sortie de l'acide et du rinçage à l'eau, doivent se faire avec de grandes précautions pour éviter les brûlures sur toutes les parties du corps et des vêtements qui pourraient être atteintes par l'acide.

Les lavages doivent avoir lieu dans un endroit isolé des gouttières ou tuyaux d'écoulement en zinc, lesquels seraient bien vite corrodés par Teau acidulée.

30 Préparation et application de la première couche. — Prendre une des glaces, bien nettoyée et exempte de toute poussière, puis verser à sa surface (côté poli), comme si l'on collodionnait, le liquide à base d'albumine composé ainsi qu'il suit :

228 COURS DE KEPRODUCTIOiNS INDUSTRIELLES

Albumine Eau

180 grammes.

Ammoniaque

Bichromate de potasse

Avoir soin de faire dissoudre le bichromate de potasse dans l'eau et l'ammoniaque avant de l'ajouter à l'albumine.

Ce liquide sert jusqu'à épuisement, mais il est bon de ne pas le laisser vieillir au-delà de dix à douze jours.

Il est versé à froid et avec lenteur sur la glace, afin d'éviter les bulles d'air qui se forment très aisément quand on agite de l'albumine ou un liquide qui en contient. L'excès du liquide est rejeté dans une cuvette et reflltré ensuite dans un récipient, où on le conserve. Chacune des glaces est traitée de la même façon et posée ensuite verticalement sur un chevalet ad hoc dans l'obscurité et surtout à l'abri de toute poussière.

Cette couche d'albumine, étant peu épaisse, sèche très vite.

4^ Insolation ou coagulation de la première couche, — Quand la couche d'albumine est sèche, on doit l'insolubiliser pour la rendre apte à recevoir, sans se dissoudre, la deuxième couche sensible, qui sera la couche impriûiante.

Si l'on use du procédé de M. Albert, on produira cette insolubilisation en faisant agir la lumière sur la couche bichromatée, à travers l'épaisseur du verre. A cet effet, exposer les glaces à la lumière diffuse pendant environ dix minutes si le temps est clair et vingt minutes si le temps est couvert.

Si l'on a recours à un procédé de coagulation chimique, il suffît de plonger les glaces Tune après l'autre dans une cuvette contenant de l'alcool rectifié. L'albu-

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mine sera coagulée et propre à recevoir la deuxième couche sans se dissoudre.

Le premier moyen est plus économique et plus rapide. Après cette opération, on peut mettre les glaces dans l'étuve.

5° Chauffage de Vétiive à 35 degrés centigrades environ, — Avant de chauffer l'étuve, s'assurer si elle est bien propre ; et, au cas où il paraîtrait y avoir de la poussière, on éponge avec un chiffon ou une éponge humide toutes les parois intérieures et les panneaux du couvercle.

Arroser aussi le sol pour éviter les poussières que soulèveraient la marche de l'opérateur, les allées et venues au cours du travail.

6° Calage des glaces sur les vis de VéUwe à la place qu'elles devront occuper après avoir reçu la couche sensible. — Ce calage est fait avec un niveau à bulle d'air, de manière à ramener la surface supérieure de chaque glace à l'horizontalité parfaite, le côté dépoli des glaces se trouvant en dessous.

Avant d'introduire les glaces dans le cabinet où est rétuve, avoir soin d'enlever, avec un blaireau promené sur leurs deux surfaces, toutes les poussières qui pourraient y adhérer.

70 préparati07i de la deuxième couche sensible, — La deuxième préparation se fait autrement que la première. On met un pied à vis calantes au milieu d'une cuvette plus grande que les glaces à préparer, puis le tout est posé sur le panneau mobile de l'étuve préalablement chauffée comme il est dit ci-dessus.

On met à portée de la main, sur cette même table, un verre à bec d'une capacité suffisante, un matras contenant la préparation, un blaireau et des triangles d'un papier souple et buvard.

Le liquide constituant la couche sensible est ainsi formé :

Gélatine 90 grammes.

Eau 720 —

Colle de poisson 30 —

Eau 360 —

Bichromale de potasse 15 —

— d'ammoniaque j5 —

Eau 360

Cette préparation doit être assez récente, du jour même ou de la veille ; il faut donc n'en faire que la quantité dont on aura besoin, au moins approximativement. Au moment de s'en servir, il faut l'amener au bain-marie à la température de 35 degrés et au besoin la maintenir dans ce bain pendant la préparation des glaces, si la température de la pièce où est l'étuve différait notablement de celle de l'étuve.

Pour filtrer facilement la gélatine il est bon delà maintenir liquide en usant d'un appareil à filtrer à chaud.

Quand le liquide de la deuxième couche est prêt on prépare successivement chaque glace et on les laisse à Tétuve chauffée régulièrement à 35 degrés jusqu'à ce qu elles soient sèches, puis, au bout de deux heures environ, on éteint le gaz ou l'on supprime l'action de la chaleur, quel que soit le moyen employé pour le chauffage.

Elle peut être chauffée au gaz ou bien par le tuyau d'un poêle, on fait passer le tuyau dans le compartiment inférieur de l'étuve, tandis que le poêle est dans une pièce séparée de celle où est l'étuve.

Un plateau mobile posé sur les couvercles de l'étuve permet de faire marcher les différents ustensiles et produits propres à la préparation de façon à les amener le plus près possible de la place même que doit occuper dans l'étuve chaque glace préparée — les couvercles doi-

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vent être formés par des châssis sur les bords desquels on a tendu du papier consolidé par du calicot.

Par ce moyen on se débarrasse des vapeurs humides qui ne pourraient sans cela sortir de l'étuve et l'on évite les poussières qui seraient la conséquence fatale d'un courant d'air libre.

Des barres de fer placées horizontalement et traversées par des vis permettent de caler parfaitement les plaques à l'aide d'un niveau à bulle d'air.

8° Exposition sous le cliché des glaces couvertes de la couche sensible. — Les glaces, une fois refroidies, peuvent être exposées immédiatement sous les clichés à l'action de la lumière, soit directe, soit diffuse, et dans les châssis disposés ad hoc. La durée de l'exposition varie suivant la nature du cliché.

9® Deuxième insolation à travers V épaisseur da verre après faction de la lumière à travers le cliché. — Si l'on veut augmenter à la fois la finesse du grain et la solidité de la couche, on peut, comme le conseille^ M. Despaquis, insoler à la lumière diffuse une deuxième^ fois à travers l'épaisseur du verre, en posant la plaque, la couche en dessous, et portant sur un drap noir.

Cette insolation doit durer environ deux à cinq minutes, suivant l'éclat de la lumière. La couleur brune que prend le bichromate sous l'influence des rayons lumineux sert de guide pour arrêter l'insolation au moment opportun. On peut se passer de cette deuxième opération, mais elle ne saurait qu'ajouter de la solidité à hi couche imprimante et de la finesse aux détails.

10° Immersion des plaques insolées dans le dain de dégorgement. — Après l'insolation, les plaques sont posées dans les rainures d'une cuve en zinc à eau courante et souvent renouvelée; elles y restent environ trois à cinq heures, suivant la saison, jusqu'à ce que

tout le bichromate de potasse, demeuré soluble, soit dissous.

Immersioyi dans le dain cCalun, — Dès que Ton est certain que les dernières traces du bichromate de potasse soluble ont disparu, on sort les glaces de la cuve à eau, et on les immerge dans une cuvette contenant le liquide ci-après :

Eau ordinaire.. 100 grammes.

Alun d'ammoniaque 2 —

Le séjour dans ce bain doit être de cinq à dix minutes, après quoi Ton rince à eau courante et Ton abandonne à dessiccation les glaces posées yerticalement sur un chevalet à larges rainures.

12" Hiimidiftcation des plaques avant Vencrage à la presse, — Dès que les surfaces imprimantes sont parfaitement sèches, on peut procéder à une opération spéciale à la deuxième partie du travail, celle relative à l'impression à l'encre grasse. Il faut tout d'abord plonger les plaques dans de Teau ordinaire, puis les recouvrir de la liqueur à la glycérine ci-après :

On peut se passer daluner avant le mouillage et introduire l'alun dans l'eau glycérinée à raison de 2 grammes par 100 c. c. de la solution.

On laisse la glace sous l'action de l'eau glycérinée pendant un temps qui peut varier de dix à vingt minutes.

13^ Calage sur la presse. — Quand on croit que la couche imprimante a absorbé l'humidité nécessaire à l'impression, on nettoie avec soin la surface postérieure de la 2^1ace, de façon à enlever toute épaisseur de géla-

Eau

Glycérine

40 grammes.

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tine qui s'y serait formée lors de la deuxième préparation ; sans cette précaution, on serait exposé à briser un grand nombre de glaces, à cause du relief très marqué que prennent ces coulures de gélatine quand elles sont gonflées par l'humidité absorbée et même à l'état sec. .

Ce n'est qu'après qu'on s'est assuré de la netteté parfaite de cette surface, qu'on porte la plaque sur le plateau de la presse en interposant, entre ce plateau et la glace, une feuille de papier buvard blanc.

Nous avons ouï dire que du papier buvard blanc plongé dans une liqueur formée de :

Benzine ou essence minérale..., 100 c. c.

Caoutchouc 10 grammes,

et employé quand le dissolvant du caoutchouc s'est évaporé, formait un excellent support, à cause de sa sou- -plesse, ou mieux, de l'élasticité du caoutchouc. Selon nous, rien ne vaut mieux que d'user de surfaces absolument bien dressées, autant du côté du plateau de la presse que de celui de la glace ; aucune rupture n'est alors à craindre.

L'on peut employer à l'impression phototypique les divers genres de presses à cylindre et à râteau qui sont usitées dans les impressions, soit lithographiques, soit des planches de gravure en taille-douce. La figure 170 est le dessin du modèle assez lourd et peu commode, d'abord usité en Allemagne. C'est une presse à râteau dont le plateau est mû par une manivelle, le châssis porte un cuir tendu que l'on rabat sur le plateau avant de faire agir le râteau dont la pression est réglée par un ressort.

Nous aimons mieux le modèle plus récemment cons-

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trait par M: Porrier à Paris, le principé en est le même, mais cet outil est mieux établi et il est d'un emploi plus fàxîile.

Le levier qui sert à régler la pression est surtout très fntelligemment imaginé.

Nous ne connaissons pas de presse à cylindre spécialement construite pour la pliototypie, ce système serait pourtant préférable au râteau et nous croyons qu!à défaut d'un modèle spécial on peut adapter aux tirages phototypiques les diverses presses à cylindres qu'on emploie pour Fautographie ou pour la taille -douce, une feuille de caoutchouc de 1™'^ d'épaisseur doit être interposée entre le dos du papier à imprimer et le cylindre.

Un système de presse verticale analogue à celui dont on se sert pour les impressions typographiques peut servir à la phototypie : c'est ainsi que l'on imprime à la C'® Autotype de Londres ; la pression verticale fatiguerait moins la couche de gélatine que les pressions horizontales, mais c'est aussi le rouleau encreur qui éraille parfois cette couche et provoque des déchirures que la pression rend ensuite plus graves.

Avant tout, et quel que soit le moyen de pression employé, il faut user de plaques portant des couches solides ; nul procédé à ce point de vue ne vaut mieux que celui de M. Obernetter.

L'emploi des presses mécaniques à vapeur s'est répandu depuis quelques années en Allemagne, puis en France, et il tend à se généraliser partout. La production par ce moyen est plus considérable et le travail est plus régulier.

Les presses mécaniques pour la phototypie ressemblent à celles du même genre pour la lithographie. L'encrage s'opère mécaniquement, et l'on peut, avec des ^

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plaques qui marchent bien, exécuter de 1000 à 1500 tirages par jour.

Le mouillage à la glycérine est dans Ce cas indispensable, les plaques devant fournir un certain nombre de tirages successifs sans que l'on ait à les mouiller de nouveau.

Le mouillage ordinaire à l'eau rendrait illusoire Tem- . ploi d'une presse mécanique.

14^ Encrage et essai de la plaque. — La glace bien calée, de façon à ne pas pouvoir être déplacée par le jeu du rouleau et par la marche du cylindre au moment de la pression, on l'encre et l'on en tire une épreuve ; puis, si l'impression n'est pas complète, on en fait une deuxième et plusieurs autres successivement pour amener la surface imprimante à l'état le plus convenable pour fournir les meilleures épreuves.

Si elle encre bien, si les blancs restent purs, tandis que les moindres demi-teintes sont accusées, si enfin les noirs sont parfaitement noirs, la plaque est bonne et Ton peut exécuter le tirage ; sinon, il y à lieu de le suspendre et de vérifier quelles sont les causes d'imperfection. Il peut se faire qu'elle manque d'humidité, auquel cas on la lave à l'essence de térébenthine, puis on la mouille de nouveau ; ou bien elle a, au contraire, absorbé trop d'eau : on la nettoie à l'essence et on la laisse se sécher assez pour arriver au point d'humidité convenable.

15^ Tirage avec ou sans marges. — Le tirage sur tel papier voulu exige beaucoup de précautions et de soins. Il est nécessaire, tout d'abord, de mettre sous les yeux de l'imprimeur^ comme type à comparer, une épreuve très complète et jugée bonne.

Au fur et à mesure du tirage, on rapproche chaque impression de ce type, et il sert de base, soit pour atté-

nuer ou pour accroître la force de l'encrage, soit pour graduer les doses d'humidité, suivant que les demiteintes tendent ou. à être trop voilées ou à s'effacer.

Aucune précaution spéciale n'est requise pour le tirage sans marges ; mais, pour celui avec marges, il faut, avant chaque impression, recouvrir les marges de la plaque de bandes de papier mince qui préserv^ent celles du papier. On fait encore un cadre ou frisquette qu'on rabat exactement à la place voulue après chaque nouvel encrage.

Dès que les épreuves s'éloignent trop du type de comparaison, il faut arrêter le tirage et remplacer la plaque épuisée par une deuxième.

Avec un peu de pratique, on se rendra bien vite ^compte de l'état de la couche, et l'on saura si elle est susceptible, après dessiccation, de fournir encore de bonnes épreuves, ou s'il est préférable de l'abandonner définitivement.

16° Retouche, montage, gélatinage, vernissage et satinage, — Avant de procéder à ces diverses opérations, il est nécessaire de laisser sécher pendant une journée ou deux l'impression au vernis gras, sans quoi on s'exposerait à abîmer les épreuves, encore trop fraîches, soit par le moindre frottement exercé à leur surface, soit par une pression trop grande, qui produirait la décharge d'une épreuve sur le dos de celle qui lui est superposée, et ainsi de suite. Des feuilles d'un papier mince et lisse seront utilement intercalées en re chaque épreuve pour éviter de maculer le dos des images tirées sur marge et dont le dessous doit être parfaitement propre. Pour ne pas user trop de ces feuilles d'intercalation, on pose les épreuves, face contre face, mais séparées par rintercale, puis dos à dos sans intercale, et ainsi de

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suite. En agissant de la sorte, 500 feuilles intercalaires suffisent pour un tirage de 1,000 épreuves.

Vernissage et montage des épreuves phototypiques tirées sans marges, — Les épreuves pliototypiques destinées a être montées sur carte ou sur bristol peuvent être laissées avec leur aspect mat, ou bien il faut quelquefois les vernir pour leur donner plus de transparence et d'éclat, et le plus souvent pour que leur ressemblance avec les épreuves photographiques ordinaires soit plus complète.

Dans le premier cas, il n'y a qu'à rogner les épreuves et à les coller à la colle de pâte sur leur support définitif, préalablement imprégné d'humidité et assez distendu, par ce fait, pour que le jeu des deux papiers s'effectue dans le même sens lors de la dessiccation après le collage de l'épreuve.

On évite ainsi que le bristol ne gode, ce qui est fort désagréable. Quand ces montages sont arrivés à un point de siccité suffisant, on passe les feuilles dans un laminoir à satiner, de façon à bien incorporer l'image collée dans l'épaisseur du carton et à satiner convenablement sa surface.

L'épreuve phototypique acquiert ainsi plus de solidité, elle est moins sujette à abandonner du noir par le frottement et à se détériorer. C'est une sorte de fixage de ces épreuves.

Il faut ne procéder à ce satinage que lorsque le vernis gras s'est assez durci, assez séché pour ne plus décharger sous la pression du cylindre. Si l'on s'apercevait que l'image se dédouble au satinage, il y aurait lieu de le diff'érer jusqu'au moment où la siccité du corps gras permettrait ce travail sans qu'il y eût à perdre de la matière colorante.

Les épreuves à vernir peuvent être de deux sortes, suivant qu'elles auront été imprimées sur papier couché ou sur papier non couché.

Si le papier est couché^ ou albuminé (sauf à coaguler eîi^uite), on peut procéder à leur vernissage immédiat sans avoir à craindre la pénétration du vernis dans Fépâisseur du papier. Mais si le papier n'est pas recouvert d'un enduit isolant, il est indispensable de le gélatiner avant de le vernir.

Le gélatinage se fait au pinceau avec une dissolution tiède de 100 grammes de gélatine blanche dans 1000 grammes d'eau ordinaire.

On passe la gélatine régulièrement avec un large pinceau, dit queue de morue, et en évitant, autant que faire se peut, 3oit les épaisseurs de gélatine, soit les bulles d'air. Avec un peu d'habitude, on arrive bien vite à exécuter cette opération sans aucune difficulté.

Les épreuves gélatinées sont piquées avec des punaises, deux ensemble et dos à dos, sur des liteaux en bois recouverts d'un liège, et, quand elles sont sèches, on procède au vernissage.

Le meilleur vernis à employer est celui qui, tout en restant blanc, est le plus susceptible de fournir un enduit dur et difficile à rayer.

Nous préférons la gomme laque blanche en dissolution dans Talcool méthylique.

Quand on met à dissoudre de la gomme laque dans de l'alcool, on remarque que la solution est troublée par des matières grasses tenues en suspension. Si, comme l'indique M. Peltz, on ajoute de la chaux en poudre, on obtient une solution dont les trois quarts sont limpides, et ce qui reste filtre rapidement, même à travers un feutre.

On peut encore mettre une partie d'essence de pétrole

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OU (le benzine pour trois parties de vernis. Il se forme deux couclies ; la supérieure contient la matière grasse, que l'on élimine ainsi. Il est bon de séparer le corps gras, sans quoi le filtrage est très lent, et l'on n'a qu'un vernis peu brillant.

Ce vernis est passé au pinceau large avec assez de soin pour éviter les bulles d'air, et, dès que l'épreuve en est recouverte, on la met dans une étuve spéciale.

C'est tout simplement une caisse en tôle, rectangulaire, d'une longueur d'environ I mètre et de 0^\25 de hauteur. Un tube à gaz, percé de trous de distance en distance, tous les 6 à 8 centimètres, traverse la partie supérieure de cette boîte, dont la face antérieure est ouverte aux deux tiers : une toile métallique sépare le tiers supérieur des deux autres tiers et forme la cloison intérieure de la chambre, qui est traversée par la grille. La cloison latérale antérieure de cette chambre est munie de charnières pour qu'on puisse l'ouvrir et allumer des becs. Par la partie ouverte antérieure, on introduit les épreuves que l'on pose sur le sol de la caisse. La chaleur, emprisonnée dans le milieu, suffit pour sécher rapidement le vernis, et la grille interposée évite tout danger de l'inflammation de l'alcool volatilisé par la chaleur.

Avec un appareil de ce genre, on peut vernir bien rapidement un très grand nombre d'épreuves.

On n'a plus ensuite qu'à les rogner et à les coller comme d'habitude. Seulement, on doit, pour éviter de détruire en partie l'effet du vernis par le gonflement de la pâte du papier, avoir soin de ne pas trop le mouiller avec la colle et surtout de ne pas le laisser trop longtemps avec le dos recouvert de colle avant le montage.

On laisse sécher et Ton satine comme il y a été dit plus haut.

Pour éviter le gélatinage, on pourrait, après que le tirage est assez sec, passer une à une chaque épreuve sur la surface d'un liquide ainsi composé :

Eau

Borax

Gomme laque blanche Carbonate de soude . .

On fait dissoudre le borax additionné du carbonate de soude dans de Teau en ébullition et Ton y ajoute la gomme laque blanche par petites quantités et l'on filtre avec soin. Les épreuves, passées sur ce bain tiède, sont piquées deux à deux, dos contre dos, sur des liteaux portant des pointes, et, quand elles sont sèches, on peut les vernir à chaud. De cette façon, il n'y a jamais, à la surface de l'image, que du vernis à la gomme laque sans interposition d'une manière organique, comme la gélatine, susceptible de se ramollir à Thumidité, d'amener des moisissures et l'altération du papier, et, par suite, de l'image qu'il porte. En hiver, il convient de faire l'opération du mouillage à la gomme l^que dans une pièce assez chaude, et le bain lui-même doit être maintenu à une température moyenne de 25 à 30 degrés centigrades.

On peut encore arriver à boucher les pores du papier à vernir par un léger parcheminage. Pour cela, on prépare un mélange froid composé de :

1 volume d'eau.

2 — d'acide sulfurique.

On immerge pendant très peu d'instants les épreuves, une aune bien entendu, dans ce mélange, et on les plonge rapidement dans une grande quantité d'eau froide. On peut, pour neutraliser complètement l'effet de l'acide,

300 grammes.

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terminer le lavage dans une cuvette contenant de Teau additionnée d'une petite quantité d'ammoniaque.

Pour éviter le gondolage du papier parcheminé, gondolage qui provient d'une tendance à se contracter inégalement pendant le séchage, il faut le laisser sécher sous une certaine pression, ou bien en tendant les feuilles sur des châssis.

Ce mode d'occlusion des pores du papier ne saurait être employé d'une manière courante, mais il est des cas où il peut convenir par l'aspect diaphane du parcheminé, — c'est le mot propre, — qu'il donne au papier et dont l'effet peut être agréable pour certains genres d'épreuves.

Il faut éviter de pousser trop Faction du parcheminage, qu'il suffit d'obtenir sur la surface même du papier sans qu'il pénètre trop avant dans son épaisseur. Le vernis restera tout entier à la surface parcheminée, mais il devra être passé alors que l'image est tendue, pour que la chaleur nécessaire au vernissage ne gondole les épreuves et ne déforme à ce point le papier qu'il se prêterait mal ensuite au montage.

Nous avons tenu à reproduire tout ce chapitre relatif au vernissage et au montage des épreuves parce que les indications qu'il contient s'appliquent aussi bien à tous les autres genres d'épreuves.

Applicaiions de la phototypie. — Nous aurons bientôt dit quelles sont les applications de ce procédé en nous bornant à indiquer que, de tous les procédés, il n'en est aucun qui se prête autant que celui-là à tous les genres d'impressions avec ou sans marges. Il est d'un très utile emploi pour l'illustration des ouvrages de luxe, et, grâce à l'adoption de presses mécaniques pour les tirages, on arrive à produire beaucoup et à très bon marché.

Nous reyiendrons, du reste, sur les applications de ce mode d'impression dans la septième partie d^e ce caurs, quand nous aurons à indiquer les règles générales qui doivent présider à la détermination du choix de tel ou tel procédé suivant la nature de l'objet à reproduire.

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