‹ Cours de reproductions industriellesChapitre 47 sur 75 · ROUGE · texte numérisé non relu

ROUGE

Rouge indien.

Rouge clair.

ORANGÉ

Jaune de Mars.

résistent à l'action de la

BRUN

Terre d'ombre.

Terre de Sienne calcinée.

VERT

Terre verte.

LES COULEURS

BLEU

JAUNE

Cobalt.

Bleu de France.

Smalt.

Jaune de cadmium.

Ocre jaune.

Ocre de Rome.

Bleu nouveau.

L'expérience a été faite en exposant ces couleurs au soleil pendant trois mois et demi d'été.

Les couleurs suivantes sont toutes plus ou moins altérées (exposition au soleil durant trois mois et demi d'été) ; nous commençons par les couleurs les plus résistantes, celles qui le sont le moins étant placées à la fin de notre liste :

Jaune de chrome, devient légèrement verdâtre. Minium, devient un peu moins orangé.

Jaune de Naples, devient légèrement brun verdâtre. Terre de Sienne naturelle, pâlit légèrement; devient plus jaunâtre.

Vermillon, devient plus foncé et brunâtre. Auréoline, passe légèrement.

Jaune indien, passe légèrement.

Bleu d'Anvers, passe légèrement.

Vert émeraude, passe légèrement et devient plus brunâtre.

Garance rose, passe légèrement et devient plus pourprée.

Sépia, passe légèrement.

Bleu de Prusse, passe un peu.

Vert de Hooker^ devient plus bleuâtre.

Gomme-Gutte, passe et devient plus grise.

Bistre, passe et devient plus gris.

Garance calcinée, passe un peu.

Brun de Vandyck, passe et devient plus gris.

Indigo, passe un peu.

Rose brun, passe beaucoup.

Carmin violet, passe beaucoup et devient brunâtre Laque jaune, passe beaucoup et devient brunâtre. Laque cramoisie, passe et s'efface.

Carmin, passe et s'efface.

La garance rose, la garance calcinée ou brune et la garance pourpre sont toutes un peu altérées lorsqu'on les laisse exposées aux rayons solaires pendant soixantedix heures. Des teintes pâles des couleurs suivantes ont été complètement effacées par une exposition bien plus courte aux rayons du soleil ^ :

Carmin. Laque jaune. Rose d'Italie.

Rouge-franc. Vert de vessie. Carmin violet.

Sang-dragon. Rose brun.

Dans tous les cas que nous ayons examinés jusqu'ici, la sensation de la couleur a été le résultat de l'action exercée sur l'œil par une lumière colorée, c'est-à-dire par des ondes lumineuses ayant pratiquement une longueur bien définie. Toutefois, comme la couleur n'est qu'une sensati07i et n'a, ainsi que nous avons essayé de le démontrer, aucune existence en dehors de l'organisation nerveuse des êtres vivants, il résulte de ce fait que, par suite d'un certain état anormal de notre organisme visuel, nous pouvons avoir une perception anormale des couleurs, c'est-à-dire des sensations modifiées de telle sorte, par les mêmes rayons colorés, que des rayons rouges, par exemple, pour une vision normale, disparaîtront ou seront d'une autre couleur pour une vision anormale.

C'est ce que l'on dit tous les jours quand on se refuse à discuter des couleurs.

Tout le monde n'y voit pas de la même façon, et c'est là encore une des dernières preuves à donner de ce fait que les objets de la nature n'ont pas une couleur propre

1 Ces données ainsi que la plupart des considérations contenues dans ce chapitre sont extraites du remarquable ouvrap;e de M. Rood sur la Théorie scientifique des couleurs. Bibliothèque internationale, librairie Germer-Baillière, à Paris.

LES CUULEUllS

et que leur couleur apparente n'est que le résultat d'une combinaison de certains phénomènes lumineux avec Forganisme visuel de chaque être vivant, organisme variable et entraînant, avec ces modifications, celle de la couleur des corps observés.

On a découvert une substance, la santonine, qui, lorsqu'on l'avale, fait paraître jaunes verdâtres les objets blancs et change les teintes des objets colorés. C'est là une modification accidentelle et temporaire de notre organisme visuel.

Des recherches faites pendant ce siècle ont démontré qu'un grand nombre de personnes naissent avec une perception anormale ou imparfaite des couleurs.

Ce défaut est tellement grave chez quelques sujets qu'il amène les plus étranges méprises. Les hommes en sont bien moins exempts que les femmes.

Sur quarante et un élèves d'une même institution, Seebeck a trouvé cinq Daltoniens, C'est le nom donné aux personnes qui sont afi'ectées de cette modification de la vue, du nom de Dalton, célèbre chimiste anglais, qui était affligé de ce défaut et qui l'a, le premier, décrit d'une manière exacte.

Seebeck n'a rencontré qu'un seul cas de Daltonisme chez une femme,

Le cas le plus ordinaire est celui où la perception du rouge est imparfaite. Les daltoniens de cette classe ne font aucune différence entre le rouge rose et le vert bleuâtre ; dans le spectre, ils ne voient que deux couleurs qu'ils nomment jaune et bleu. Ils perçoivent donc deux des trois couleurs fondamentales que perçoit un œil normal.

Ce genre de daltonisme est assez fréquent ; il en est un autre genre qui est plus rare : les personnes de cette catégorie ne voient aussi, dans le spectre, que deux cou-

leurs qu'elles appellent rouge et bleu ; elles distinguent facilement le rouge du violet, mais confondent le vert avec le jaune et le bleu avec le rouge.

Le daltonisme ou achromatopsie a une très grande importance au point de vue de la pratique, et ce défaut a été sans doute la cause de nombreux accidents de chemin de fer. De 1873 à 1875, M. le docteur Favre, en France, a examiné 1,050 employés de chemins de fer et il a trouvé parmi eux 98 daltoniens, c'est-à-dire 9/33 pour O/q. En 1876, sur tout le personnel de la ligne de Upsala-Gefle, en Suède, M. le professeur Holmgren a trouvé 13 daltoniens (sur 266 personnes),

11 ne faudrait pourtant pas croire que ce défaut ait une gravité bien sérieuse quand il existe chez un peintre. Le champ de ses opérations est naturellement plus borné et il peut même, sans la perception du rouge, produire des tableaux généralement estimés pour la beauté de leur coloris, de même qu'il y a des personnes affligées de surdité partielle qui peuvent devenir musiciennes et même compositeurs.

11 est un moyen très simple et très frappant d'abolir en soi presque toute sensation de couleur.

L'on n'a qu'à brûler un peu de carbonate de soude dans la flamme d'un bec de Bunsen ; il en résulte une lumière homogène dont la teinte est jaune orangé.

Cette lumière éclaire les objets qui se trouvent dans la chambre complètement obscure oualieuTexpérience, mais elle efface toutes les différences de couleur et ne laisse subsister que la lumière et l'ombre.

La nature, vue à travers un verre bleu, nous apparaît aussi, mais d'une façon moins marquée, avec cette égalisation des couleurs qui enlève tout attrait au paysage le plus agréable à voir avec ses couleurs ; l'on n'a qu'à faire quelques expériences de ce genre pour se rendre

LES COULEURS ?A1

compte de ce que roii perdrait en perdant le sens de la couleur, ,pour savoir combien tout ce qui nous entoure nous paraîtrait affreux sans le charme séducteur que les couleurs prêtent à tous les objets.

De la théorie des couleurs nous ne dirons que deux mots seulement.

Il est une théorie dite des trois couleurs primitives : le rouge, le jaune et le bleu, qui, pendant longtemps, a joui d'un certain crédit; elle avait pour défenseur un célèbre physicien anglais, sir David Brewster. Il soutenait qu'il y a trois sortes de couleurs primitives ou fondamentales, celles que nous venons de citer, et que leur mélange en diverses proportions donnait toutes les autres espèces de couleurs comme cela a lieu en effet quand on mélange des matières colorantes rouges, bleues et jaunes.

Cette théorie de l'existence de ces trois sortes de couleurs fondamentales se retrouve dans la plupart des traités de physique, sauf les plus modernes, et elle a été adoptée par le plus grand nombre des peintres.

Elle est cependant tout à fait dénuée de fondement quand on envisage la question à un point de vue théorique et même, au point de vue expérimental, est-on conduit à une toute autre conclusion.

D'après cette théorie, en effet, la lumière verte provient du mélange du bleuet du jaune. Or, en projetant un rayon de lumière bleue sur un rayon de lumière jaune l'on obtient, par la combinaison des deux lumières colorées, de la couleur blanche et jamais du vert en aucune proportion et Ton n'obtient du vert que si l'on fait traverser un rayon de lumière à travers deux verres superposés, l'un bleu et l'autre jaune, ou bien si l'on opère le mélange de deux matières, l'une bleue et l'autre ja:ine.

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De plus si l'on ajoute à la lumière rouge de la lumière bleue et de la lumière jaune, Ton n'obtiendra jamais par leur combinaison de la lumière blanche. Ces trois rayons colorés ne constituent donc pas les trois couleurs fondamentales qui devraient, tout au moins, produire de la lumière blanche.

Les recherches des physicien^ modernes les plus distingués, des Young, Maxwell, Helmhotz, J.-J. Millier, etc., les ont conduit à adopter comme couleurs fondamentales le rouge, le vert et le violet Meu.

Seulement c'est encore le cas de dire ici cxue la pratique et la théorie se trouvent en parfait désaccord. Nous n'imaginons guère qu'on puisse, avec du rouge, du violet-bleu et du vert seulement, peindre .des tableaux avec l'exactitude à peu près normale que l'on atteint avec du bleu, du jaune et du rouge.

Il est intéressant néanmoins de savoir à cet égard soit la vérité pratique soit la vérité théorique. Cette dernière est, dans le cas qui nous occupe, d'autant moins dangereuse à connaître que jamais l'on ne trompera au point de prendre l'une pour l'autre et, sans oublier les savantes subtilités des physiciens éminents qui ont étudié toutes ces grandes questions avec tant de persévérance, Ton saura bien, à l'heure de l'action, distinguer entre les effets directs des ondes lumineuses se combinant entre elles et ceux des mélanges opérés entre des substances colorées par absorption.

Nous venons de prononcer le mot de mélange. Il serait pour nos lecteurs d'un grand intérêt qu'il nous fût possible de consacrer quelques instants à l'importante question du mélange soit des lumières colorées soit des matières colorantes.

Nous avons dit tantôt que ces deux sortes de mélanges

LES COULEURS 319

ne conduisent pas aux mêmes résultats; pour s'en conyaincre il est un moyen bien simple imaginé par Maxwell et qui consiste à faire tourner rapidement des disques composés, en proportions diverses, de couleurs différentes. Par le fait du mouvement de rotation il y a mélange des rayons colorés, mélange essentiellement différent de celui qui s'opère si l'on mêle ensemble deux matières colorantes, deux couleurs délayées à l'eau par exemple. Un disque formé de deux parties, l'une bleue et l'autre jaune, produira par la rotation un gris plus ou moins blanchâtre mais jamais du vert. Tandis que du jaune et du bleu à l'état de matières colorantes mélangées donneront du vert.

Ces différences peuvent être étudiées avec des disques de toutes couleurs que Ton groupe dans des proportions définies de chacune des couleurs.

On peut, au centre du groupe de disques combinés, placer un disque de moindre diamètre peint au pinceau avec un mélange des matières colorantes qui, isolément, ont servi à peindre chacun des disques de grand diamètre et lorsqu'on mettra l'appareil en mouvement, l'on remarquera que le disque central est tout différent du mélange des lumières colorées réfléchies par les grands disques combinés.

A l'aide d'un certain nombre de grands et de petits disques de diverses couleurs on peut varier à Tinfîni ces intéressantes expériences, nous sommes obligé, à regret, de n'en donner ici qu'une idée sommaire dont le seul but, nous le répétons, est de montrer qu'il y a une différence souvent bien grande entre les mélanges par rotation et les mélanges sur la palette.

Un autre moyen de faire des études du mélange des rayons colorés, nous ne disons pas des matières colorantes, consiste à employer le stéréoscope. On place,

par exemple, une surface jaune en face d'un des oculaires et une surface bleue en face de l'autre.

L'on devrait voir du blanc par l'effet de la vision stéréoscopique qui produit l'illusion de la superposition des deux images, mais non Ton voit l'image tantôt bleue, tantôt jaune comme si elle changeait sans cesse de couleur ; quelquefois aussi on croit voir une couleur à travers l'autre et distinguer nettement les deux qui semblent occuper la même place comme si le même objet avait deux couleurs différentes à la fois.

On arrive même à percevoir, par moment, une teinte brillante, gris-bleu ou gris pur, après quoi reparaissent les fantômes contradictoires du début.

Cet effet est curieux et il semble constituer une sensation nouvelle; il faudrait admettre qu'un véritable mélange des couleurs se fait dans le cerveau , mais en ce cas le mélange obtenu par cette méthode diffère sous un rapport de ceux que nous avons décrit précédemment.

En effet, quand nous mélangeons des. lumières colorées par rotation nous ne voyons que la teinte résultante et les composantes disparaissent entièrement pour lui céder la place. Au contraire, dans ce mélange binoculaire des couleurs, la présence de chacune des couleurs primitives se fait constamment sentir et nous sommes conduits à dire que nous voyons une teinte grise évidemment composée de bleu et de jaune.

Le mélange binoculaire des couleurs les fait toujours paraître plus ou moins lustrées et cet effet se produit dans la vision stéréoscopique, de telle sorte que l'eau, le cristal sont rendus avec une réalité que ne sauraient imiter les peintres qui sont nécessairement forcés de présenter les mêmes couleurs, les mêmes teintes claires ou sombres également aux deux yeux.

LES COL'LEIRS 321

C'est par des raisons du même genre que le vernis donne à une peinture à l'huile, et le verre à une aquarelle, un aspect un peu lustré : les yeux voient la peinture à travers la lumière légèrement réfléchie par le verre ou le vernis, et semblent pouvoir pénétrer audelà de la surface colorée; cette légère illusion s'accorde avec l'intention du peintre et lui vient en aide.

Nous avons dit plus haut que le mélange de deux faisceaux de lumière colorée donne, dans certains cas, de la lumière blanche, c'est ce que fait un mélange de bleu d'outre-mer et de jaune, ou bien celui du rouge et du bleu verdâtre.

Toutes les fois que deux couleurs produisent de la lumière blanche en se mêlant, elles sont dites compléme?itaires.

Il est important, pour ceux qui recherchent les effets artistiques, d'avoir une connaissance exacte de la nature et de l'aspect des couleurs complémentaires, car ces couleurs fournissent les contrastes les plus marqués qu'il soit possible d'obtenir.

Sans nous occuper ici du moyen expérimental employé pour la recherche des couleurs complémentaires, nous nous bornerons à indiquer une série de couleurs complémentaires :

Rouge, — bleu vert.

Orangé, — bleu cyané.

Jaune, — bleu d'outremer.

Jaune verdâtre, — violet.

Vert, — pourpre.

Il y a lieu de tenir compte encore des quantités respectives ou de l'intensité de chacune des couleurs dont le mélange donne de la lumière blanche.

En faisant cette recherche à l'aide des disques de Maxwell, on a trouvé pour les couples suivants :

Carmin

Vermillon ....

Orangé

Jaune

Jaune verdâtre Jaune verdâtre Vert

Chaque couleur a sa couleur complémentaire.

Deux couleurs qui sont complémentaires Tune de l'autre, vues à la lumière du jour, cessent de l'être vues à la lumière d'une lampe à huile ou du gaz.

Par exemple, à la lumière naturelle, 41 parties de carmin neutralisent 59 parties de bleu vert et donnent un gris véritable ; à la lumière du gaz, ces couleurs ne sont plus complémentaires et, dans les proportions que nous venons d'indiquer, elles fournissent un pourpre rouge assez fort. En opérant toujours à la lumière du gaz, nous réduisons le rouge à 29 parties et nous portons le bleu vert à ; la teinte du mélange devient alors moins rouge, mais il n'y a pas neutralisation. Par l'influence de la lumière du gaz, les deux couleurs ont cessé d'être complémentaires et pour rétablir ce rapport entre elles on doit y ajouter 13/5 de vert. On arrive à de semblables résultats avec les couples suivants de couleurs complémentaires :

Vermillon et bleu vert.

Orangé et bleu cyané.

Jaune et bleu.

Ces changements dépendent de deux causes. D'abord de ce que la lumière du gaz n'a pas la même composition

Intensité. Intensité.

100 — Vert bleu 68.6 — 25

100 — Bleu vert 56.2 ~ 25.3

100 — Bleu verdâtre 88.7 — 27.2

100 — Bleu 65.5 — 25.6

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