CHAPITRE XVII
REPRODUCTIONS DANS UN ÉTAT SIMILAIRE DES OEUVRES D'ART EN CREUX, BAS-RELIEF ET RONDE-BOSSE.
Sommaire : Objet de ce chapitre : moulages artistiques et industriels.
— Moulage au plâtre. — Estampage. — Moulage à bon creux. — Moulage sur terre molle. — Moulage sur plâtre ; — sur terre sèche ;
— sur terre cuite ; — sur marbre ; — sur bois ; — sur métaux ; — sur nature organisée vivante ou morte.
La branche industrielle des moyens de reproduction dont nous allons nous occuper diffère essentiellement de celles qui précèdent. Il ne s'agit f)lus, dans le cas actuel, de reproduire n'importe quel objet en passant de son état naturel à un état conventionnel qui se traduit, soit par un dessin monochrome, soit par une représentation polychrome sur une surface plane.
Les procédés de reproductions qui font l'objet de ce chapitre rendent l'œuvre copiée telle qu'elle est, c'est-àdire en creux ou en relief, réduite, de même dimension, ou agrandie mais toujours telle qu'est le modèle.
Ces procédés confluent, quant à leurs résultats, à la sculpture, à la ciselure, à la gravure, au modelage. Mais ils diffèrent de ces arts divers en ce qu'ils ne sont que la reproduction, par des moyens mécaniques ou chimiques, des œuvres originales créées par la main d'un artiste.
De la façon de traiter les œuvres originales nous n'avons pas à parler ici puisque ce Cours est spéciale-
ment consacré aux moyens de reproductions industrielles. Nous entreprendrons donc seulement l'énumération et la description des principaux procédés plastiques de copie des objets en creux, en bas-relief et en rondebosse auxquels peut recourir un artiste modeleur pour reproduire et multiplier les œuvres de cette sorte.
C'est dire que nous devons citer :
1^ Les moulages au plâtre et avec diverses autres substances ;
2^" Les reproductions galvanoplastiques.
L'étude des moulages en général est du domaine des écoles de Beaux-Arts, et nous ferions une œuvre à peu près inutile en nous étendant ici trop longuement sur cette branche spéciale de l'enseignement artistique.
Nous nous bornerons donc à résumer rapidement la partie relative aux moulages artistiques proprement dits, nous réservant d'entrer dans plus de détails au sujet des moulages spécialement industriels.
Moulage au plâtre, — Le plâtre, gypse ou sulfate de chaux, est, on le sait, la principale matière plastique qui sert à faire des moulages. On l'emploie à l'état de plâtre cuit et pulvérisé ; il convient de ne pas s'en servir trop longtemps après sa calcination sans quoi il aurait perdu ses qualités. Il ne prendrait plus.
Un plâtre à moulage de bonne qualité doit prendre lentement et devenir très dur, il ne doit pas trop se gonfler par une trop grande absorption d'eau. On trouve d'ailleurs facilement chez les plâtriers des plâtres convenables.
MOULAGES AimSTIQUES ET INDUSTRIELS 848
Pour s'en servir on doit le pulvériser bien finement et le tamiser s'il est destiné à des travaux délicats. Cela lait, au moment de procéder à un moulage, on gâche de ce plâtre la quantité nécessaire en l'introduisant dans une terrine et y ajoutant une quantité d'eau plus ou moins grande suivant que l'on tient à une prise plus ou moins rapide.
S'il y a trop d'eau il sera long à prendre et sans solidité aucune ; si, au contraire, il y a manque d'eau il se durcira rapidement et deviendra par ce fait d'un emploi difficile.
Bien que l'on sache que le plâtre peut en moyenne absorber un sixième de son poids en eau, il vaut mieux procéder par imprégnation lente en ajoutant le liquide peu à peu, en remuant constamment le mélange avec une spatule.
L'expérience indique, mieux que nous ne saurions le faire ici, à quel degré l'on doit s'arrêter, dans l'addition de l'eau, pour avoir une matière convenable au travail dont on s'occupe. Suivant les cas il y a lieu de gâcher plus clair ou 2^1^^^ t^t-rré. L'on se rend bien vite compte au jugé de l'état de sa matière.
L'opération du moulage consiste en un double travail : confection d'un moule en creux, puis moulage en relief qui s'obtient en coulant le plâtre liquide dans le moule en creux.
Le moule en creux est l'opération la plus délicate, car il ne suffit pas seulement d'appliquer à la surface d'un objet à contre-mouler, surtout quand il est ronde-bosse, du plâtre plus ou moins bien gâché, il faut encore se préoccuper des moyens les plus certains d'arriver à un bon résultat en dépouillant le modèle par pièces que l'on rassemble ensuite pour exécuter le moulage ou la reproduction de l'objet à copier.
Ainsi qu'on l'apprend dans les cours spéciaux relatifs à Fart des moulages artistiques^ il y a des règles à suivre pour le découpage sur place des pièces qui, réunies ensuite, constitueront le vrai moule.
Il y a lieu de prévoir que ces mêmes pièces, une fois le plâtre coulé et durci dans leur intérieur, devront être enlevées une à une de façon à dégager la pièce moulée. Il y a à tenir compte dans ce travail des parties qui sont de dépouille, c'est-à-dire qui se retirent avec facilité de -celles qui ne sont pas de dépouille, telles que les parties rentrantes de certaines statues ou de tout autre objet d'art.
Quand on rencontre des cavités dont la partie intérieure est plus large que Feutrée, l'on a évidemment là des parties qui ne sont pas de dépouille.
Dans le premier cas il n'y a aucune raison pour ne pas conserver les pièces du moule en creux correspondantes à des parties de dépouille, tandis que, dans le deuxième cas, il faut absolument briser la partie du sur-moulage engagée dans les cavités qui ne sont pas de dépouille.
Dans le cas où Ton a à contre-mouler des bas-reliefs ou des gravures au burin, l'opération est des plus simples s'il n'y existe aucune partie hors de dépouille ; s'il s'y présente des parties rentrantes il sera nécessaire de les mastiquer à l'intérieur pour que l'empreinte ne se trouve pas retenue dans ces endroits-là. Elle ne pourrait, d'ailleurs, être séparée de l'original, si l'on ne prenait cette précaution, sans se briser au moins sur les points correspondant aux cavités plus larges à l'intérieur qu'elles ne le sont à leur ouverture.
Le sur-moulage, ou application du plâtre gâché serré sur la pièce originale dont il s'agit de faire d'abord un moule en creux, peut se pratiquer avec d'autres subs-
tances plastiques que du plâtre. On use avec succès, pour cet objet spécial, d'argile molle que Ton laisse se dessécher durant un temps convenable avant de procéder au découpage des pièces. L'argile présente à ce point de vue plus de facilité que le plâtre et voici pourquoi : En se desséchant elle diminue sensiblement de volume, de telle sorte que la dépouille se fait aisément, le plâtre au contraire se gonfle par l'absorption de l'eau et il conserve, étant sec, un volume plus considérable. Le mouleur est alors obligé de faire un plus grand nombre de pièces avec du plâtre, pour tenir compte de ce gonflement, qu'il n'en ferait avec de l'argile.
^estampage à l'argile est donc plus rapide et plus économique que le sur-moulage en plâtre.
On sait que l'on doit toujours commencer l'estampage par les parties les plus creuses puis arriver graduellement jusqu'aux parties les plus saillantes.
On a eu soin, ce sont là des indications absolument élémentaires, de recouvrir toute la surface à estamper d'une poussière fine pour empêcher l'argile d'adhérer. L'estampage ne doit pas se faire tout d'une pièce directement, on recouvre d'abord une partie de l'objet, sur laquelle on force bien la matière plastique pour être bien sûr qu'elle porte partout, après quoi on la coupe en biais sur ses bords et on la détache. On recouvre ensuite les bords d'huile ou d'une poudre fine, on replace la partie détachée, on fait un autre morceau tout à côté et ainsi de suite de manière à avoir finalement toute une série de pièces aff'érentes à chaque parîie de l'ensemble et dont la reconstitution, une fois qu'elles auront toutes été retirées de dessus le modèle, produira un moule en creux exactement semblable à ce dernier. 11 n'y a plus qu'à couler à Tintérieur du plâtre clair et quand il est pris l'on a une première copie de l'original.
Il est quelquefois nécessaire de consolider le moule en creux par des chapes. Mais ce sont là des indications absolument pratiques que donne l'expérience mieux que n'importe quel traité spécial.
Les moules en creux sont de deux sortes, ils peuvent être, utilisables successivement un nombre de fois plus ou moins grand à l'aide d'un moule à bon creux ou bien ils peuvent être moulés dans un moule à creux perdu.
On entend par moulage à bon creux une méthode de moulage qui permet au creux de subsister et de servir à couler un certain nombre de plâtres.
La façon de procéder est la même que celle que nous venons d'indiquer plus haut avec cette différence qu'au lieu de se born er à couler le plâtre dans un moule de plusieurs pièces réunies ensemble et que Ton sépare ensuite pour en sortir l'épreuve coulée, Ton consolide aussi fortement que possible l'assemblage des pièces moulées sur l'original et groupées ensuite, avec une ou deux chapes ou enveloppes qui assurent aux morceaux assemblés une parfaite stabilité.
Ces moules à bon creux peuvent s'exécuter à l'aide de diverses substances et mastics qui sont, le plâtre, l'argile, le mastic à l'arcanson, le mastic au soufre, le mastic gras, etc.
Quand il s'agit d'un modèle de facile dépouille, le plâtre seul suffît avec de l'argile pour faire des portées aux endroits où devront se terminer les divers morceaux. Mais, quand il y a des cavités rentrantes, l'on se sert, pour les garnir, de mastics qui ont la propriété de céder sans se briser, ce qui permet de retirer les morceaux sans altérer la pièce à mouler, surtout si elle est en matière molle.
Le mastic est donc employé pour être substitué au
plâtre dans toutes les parties qui ne sont pas de dépouille.
On trouvera, dans les traités spéciaux, les formules des mastics destinés à cet usage. Quant au mastic gras, il sert à réunir les pièces qu'on a séparées après leur application sur le modèle. Il est formé par un mélange en égales parties de cire et de résine que Ton fait fondre à une chaleur très douce.
Quant au moule à creux "perdu, nous n'aurons plus rien à en dire de plus que ce que nous avons dit plus haut, il eët des cas où il suffit de ne pas se donner la peine de constituel' un moule à bon creux, lorsqu'il ne s'agit que d'un seul exemplaire à couler. Les pièces du sur-moulage, une fois rapprochées et maintenues àu mastic gras, permettent sans autres précautions, à moins toutefois que l'on opère sur un sujet de grande dimension, de faire le coulage désiré, puis l'on sacrifie toutes les pièces du sur-moulage et de l'estampage.
Suivant la nature des objets sur lesquels on a à surmouler, il y a lieu d'adopter des procédés différents.
Si, par exemple, on doit surmouler sur terre molle, sur plâtre, sur terre sèche ou sur terre cuite, sur marbre, sur bois, sur métaux divers et enfin sur nature, plantes, fleurs, nature vivante, etc.
Moulage sîir terre molle. — Dans ce genre de moulage, on a l'avantage de pouvoir faire des coupes. Le mouleur choisit ses points de coupes de manière à rendre partout facile la dépouille. Il use de mastic au lieu de plâtre dans toutes les parties qui ne sont pas de dépouille.
Moulage sur plâtre. — Pour conserver le modèle blanc, on doit passer à sa surface une eau savonneuse
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très forte, sinon on y passera de Vhuile grasse à chaud, puis on opère comme d'ordinaire.
L'huile grasse se compose d'huile de lin, de cire et de litharge que Ton fait cuire ensemble.
Moulage sur terre sèche. — Dans ce cas, on ne peut faire aucune coupe sans s'exposer à briser le modèle qui, souvent même, est crevassé par l'effet de la dessiccation. Il faut alors boucher les crevasses avec de la cire à modeler, puis on passe sur la terre sèche une légère couche d'huile et de suif et on procède au moulage. Mais le modèle ne peut généralement servir qu'une fois ; si Ton voulait conserver le modèle, il serait nécessaire de prendre les plus grandes précautions et de re- ' couvrir de pièces, en moyenne grandeur, de mastic au soufre que l'on recouvre ensuite de fausses pièces permettant d'enlever délicatement toutes les pièces du moulage.
Moulage sur terre cuite. — L'argile étant très cassante, ce moulage exige de grandes précautions. Une grande partie des pièces se font au mastic, car il est rare que l'on puisse pratiquer des coupes. Si celles-ci sont possibles, on les exécute avec une mince et fine scie d'horloger.
Moulage sur marbre. — Dans ce cas-ci encore, l'emploi du mastic est préférable à celui du plâtre : cette dernière substance, par son travail, pourrait amener le bris de quelques parties du modèle et l'accident serait irréparable. Il faut donc lutter par le mastic contre l'expansion du plâtre et souvent même opérer au mastic le moulage du modèle entier. Le modèle doit, avant tout, être lavé avec de l'eau fortement chargée de savon
au lieu d'user d'imile, qui taclie le marbre en pénétrant dans son épaisseur de plus en plus.
Après que le modèle est dépouillé, il faut avoir soin de le laver avec une éponge imbibée d'eau chaude pour enlever tout le savon qui, en séchant, jaunirait le marbre.
Moulage sur Vois. — Il ne diffère en rien des précédents, mais il n'y a aucune possibilité de faire des coupes et le mouleur doit recourir à la division de la couverte en un grand nombre de pièces et souvent très petites quand il a à mouler des figures entières. L'emploi des fausses pièces lui est alors indispensable et, suivant les parties, il doit employer le mastic ou la cire. Avant de mouler, on passe sur le modèle une très légère couche de résine qu'on enlève ensuite avec de Tessence de térébenthine.
Moulage sur raétaux. — Sur les métaux, remploi du plâtre ne présente aucune difficulté, pourvu qu'ils soient préservés d'un contact immédiat avec lui par un enduit gras, on se sert généralement d'huile dont l'on recouvre avec soin toutes les parties du modèle.
Les métaux que le plâtre mouillé pourrait oxyder doivent, après le moulage, être essuyés promptement avec un linge fin et sec, saupoudré soit de blanc d'Espagne, soit de tripoli, soit de potée d'émeri, suivant qu'il s'agit d'argent, de bronze ou de laiton ou enfin de fer.
Moulage sur la nature organisée^ vivante ou morte. — Pour mouler les plantes et les fieurs, on procède ainsi qu'il suit : La feuille ou la fleur à mouler est posée sur du sable fin humecté, de manière à présenter en dessus la surface qui doit être moulée. Le dessous doit
porter en tous points sur le sable. La surface supérieure est couverte, avec un pinceau, de cire et de poix de Bourgogne fondues ensemble ; on relève aussitôt la fleur et on la trempe dans l'eau froide, ce qui, en raffermissant la cire, permet d'en détacher la fleur sans altérer la forme. On place ensuite le moule de cire sur du sable mouillé et on couvre de plâtre très clair qu'on fait pénétrer dans tous les replis en pressant doucement avec un pinceau. La chaleur, dégagée par le plâtre quand il prend, ramollit la cire qui, à cause de la moiteur du plâtre, ne peut s'y attacher ; on peut ainsi la séparer entièrement du moule sans l'endommager.
Les moules sur nature sont toujours des moules à creux perdu. Ces moulages se divisent en deux sortes qui sont :
P Le moulage sur la nature vivante ; 2^ Le moulage sur la nature morte.
Moulage sur la nature vivante. — Rien n'est plus délicat et n'exige, de la part de l'opérateur, plus de soins, de promptitude et de délicatesse, surtout quand il s'agit des parties du corps telles que le torse et le visage qui exigent 4es précautions spéciales. Ces moulages se font au plâtre. La peau du modèle est d'abord enduite avec de l'huile d'olive, puis on prend du plâtre très fin et très prompt que l'on gâche avec de l'eau tiède, et dès qu'il commence à prendre on l'applique, si l'on moule le torse, par exemple, sur tout le devant du corps.
On promène le plus rapidement possible le pinceau à longs poils dont on se sert et l'on met plusieurs brins de filasse sur la première couche de plâtre. Cette matière lie le plâtre et empêche la respiration de faire gercer le moule.
On donne au moule le moins d'épaisseur possible, de
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façon à ne pas exercer une trop forte pression sur restomac.
Lorsque le plâtre est pris et sec, ce qui doit être Taffaire de quelques instants, on l'enlève avec précaution et Ton a le devant du torse. On moule ensuite le derrière du torse en opérant de la même façon, mais avec moins de précaution, parce que l'on n'a pas à craindre l'effet de la respiration.
On doit, après que le moulage est terminé, laver la peau du modèle avec de l'eau-de-vie pure ou étendue de très peu d'eau.
La partie du modèle qui exige de la part de l'artiste la plus grande dextérité est incontestablement le visage.
Il doit commencer par graisser la naissance des cheveux, les sourcils, les cils avec de la pommade ou du beurre frais.
Si le modèle est un homme, il doit être parfaitement et fraîchement rasé ; l'on huile légèrement la figure et on Tentoure d'une ou deux serviettes pour empêcher que le plâtre ne coule dans les cheveux et dans les oreilles.
Le modèle est couché horizontalement, les yeux et la bouche fermés.
Pour que la respiration demeure libre, on place dans la bouche et dans les narines un petit tuyau de plume. A la rigueur, on peut se borner à prendre cette précaution pour les narines seulement.
Quand tout est préparé, on gâche de très bon plâtre avec de l'eau tiède, on le laisse un peu prendre pour diminuer d'autant son action sur le visage ; ensuite, avec un pinceau fin, on applique le plâtre en commençant par le front, par les joues, et l'on termine par la bouche et le nez. Le plâtre prend sur-le-champ. Alors on relève
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promptement le modèle et le masque se détache de luimême.
Pour les divers membres du corps Ton procède de même . façon mais avec plus de facilité. Toute l'atiention du mouleur doit porter sur la pose à donner au membre à mouler. Si Ion a à mouler un bras ou une jambe^, il faut que ce membre soit étendu d'une façon convenable, bien librement, et qu'un point d'appui disposé commodément maintienne bien le membre dans sa position sans gêner le modèle.
L'on huile la peau légèrement, on graisse les aisselles avec de la pommade. L'on rase m.ême le poil s'il y a lieu, puis on place les flls destinés à délimiter les pièces diverses, et enfin Ton applique le plâtre.
Les pieds et les mains sont assez difficiles à mouler, car ils ne sont pas de dépouille. Il y a à disposer les fils des pièces diverses d'une façon minutieuse. Une grande dextérité jointe à une grande pratique est ici nécessaire, et ça n'est pas évidemment là une œuvre à confier à un débutant.
Moulage sur nature morte, — Nous n'entrerons pas ici dans tous les détails spéciaux que comporte le moulage sur nature morte. C'est une opération fort délicate quand il s'agit des diverses parties d'un cadavre humain, plus que dans aucun autre cas, il faut dans celui-ci user de précautions infinies pour arriver à un résultat convenable, et surtout ne pas différer l'opération trop longtemps après le moment de la mort, pour éviter toutes les déformations qui se produisent dans le visage, lui enlèvent sa ressemblance et altèrent son caractère et sa physionomie.
L'on exécute le moulage en agissant comme il a été dit plus haut pour la nature vivante. Il faut éviter que
le travail du plâtre, que son gonflement ne produisent des déformations dans les parties moulées.
Quand on veut mouler des membres, il faut, avant tout, les poser et les soutenir convenablement; le 7noiilage à caisse est en pareil cas fréquemment employé, parce qu'il permet de mouler en entier le membre, emprisonné d'un seul coup dans le plâtre que Ton coupe ensuite en pièces convenablement divisées et avant qu'il se soit complètement durci.
Le moulage des pièces anatomiques s'effectue généra- lement sans difficulté. L'on a pourtant à lutter quelquefois contre certains accidents et notamment contre le farinage; inconvénient qui consiste en ce que des parties du plâtre employé au moulage adhèrent à la surface des pièces à mouler ou des moules à bon creux et nuisent à la fidélité et à la finesse des empreintes.
M. Stabl, mouleur du muséum d'histoire naturelle, a remarqué qu'un accident de ce genre ne se produisait jamais dans le moulage des pièces molles conservées dans une solution de chlorure de zinc; il a donc recommandé d'immerger les pièces à mouler dans une solution de chlorure de zinc dont le degré varie suivant la nature de la pièce, il est de 20 ou 25 degrés environ pour des pièces anatomiques molles et de peu de valeur, ou fraîches ou conservées pendant plus ou moins de temps dans de l'alcool.
Si, au contraire, ces pièces sont d'une valeur trop considérable pour pouvoir être immergées, il suffit d'imbiber suffisamment de la même solution ou la totalité de chaque pièce à la fois, ou successivement les différentes parties.
Il est bon de faire remarquer que l'on ne devrait pas enduire son modèle de chlorure de zinc quand on opère
sur le vif, à cause de Faction délétère que pourrait exercer sur la peau cette substance acide.
L'art du mouleur, s'il devait être décrit ici en entier, nous entraînerait à écrire un volume pour le faire connaître dans tous ses détails. Tel n'est pas notre but, nous n'avons pu qu'y toucher rapidement, ne voulant pas en faire davantage dans un traité qui est forcément un résumé le plus souvent très sommaire de toutes les questions dont il s'occupe. Nous allons maintenant, et avant de parler de la galvanoplastie , qui est une sorte de contre-moulage 'métallique , passer successivement en revue divers procédés de moulage avec des substances autres que le plâtre.