D'APRÈS DES SUJETS AU TRAIT ET DES SUJETS AVEC DES DEMI-TEINTES
P Gravure d'après des sujets au trait. — On couvre une plaque de cuivre bien dressée d'une solution très mince et très égale de :
L'on fait sécher rapidement cette plaque en la maintenant en rotation sur une autre plaque chaude.
Dès qu'elle est sèche, on applique contre sa surface sensible un positif du sujet à reproduire et on l'expose au soleil pendant une minute ou pendant trois minutes à la lumière électrique.
La réaction produite est la même que l'on réaliserait
Sucre
Bichromate d'ammoniaque.
2 grammes.
Eau
avec du citrate de fer, mais l'effet est beaucoup plus rapide.
Les parties isolées ne conservent pas leur propriété hygroscopique, mais dans les parties protégées contre l'action lumineuse par les traits du positif la couche sensible est demeurée poisseuse et elle est susceptible de retenir toute poudre qui sera passée à sa surface, laquelle poudre reproduira fort nettement le dessin copié.
La couche de l'enduit sensible étant très mince, l'humidité qu'elle retient est très faible et elle est absorbée par la poudre qu'on y applique, surtout si celle-ci est légèrement alcaline.
Si les portions insolées offraient assez de résistance la plaque pourrait être mordue aussitôt ; mais la lumière seule ne suffît pas pour produire une imperméabilité complète, et l'on doit combiner son action avec celle de la chaleur.
La plaque est pour cela placée sur un grillage à larges ouvertures, puis l'on promène par dessous une flamme large pour la chauffer jusqu'au moment où le cuivre se recouvre de couleurs irisées. L'enduit sucré acquiert ainsi une grande dureté dans les parties insolées, mais sous la poudre il est craquelé, poreux et perméable aux acides.
La surface est alors couverte avec la liqueur mordante qui est formée d'une solution de perchlorure de fer à 450 Beaumé, et après quelques minutes de ce contact la plaque est gravée. Il ne reste plus qu'à enlever le sucre bichromaté qui constitue les réserves, lequel, durci par la chaleur, résiste à un lavage ordinaire.
On l'enlève parfaitement en frottant la surface avec une brosse dure imprégnée d'une solution chaude de potasse.
Il est quelquefois nécessaire de donner plusieurs morsures successives ou d'employer un grain résineux : mais on procède alors à la façon habituelle des graveurs.
2^ Photogravure avec des demi-leintes. — - Pour reproduire
APPENDICE
par la gravure l'image de n'importe quel objet, d'un portrait, par exempleou d'un paysage, la graduation des teintes s'obtient en répétant trois fois, de la manière suivante, l'opération ci-dessus décrite :
La plaque de cuivre, ayant été préparée ainsi qu'il vient d'être dit, est exposée à la lumière sous un positif ; l'on donne une exposition assez longue soit de quatre minutes à la lumière électrique.
L'enduit sucré durcit sous les blancs et sous les ombres les plus légères; il reste poisseux seulement dans les noirs. Le cliché positif enlevé, la plaque est poudrée et mordue, les noirs seuls apparaissent.
La plaque est nettoyée, puis enduite encore de la préparation sucrée et exposée une deuxième fois sous le positif en ayant bien soin de ménager des points de repère, ce qui peut se faire aisément. La deuxième exposition est moins longue que la première, soit de deux minutes, elle donne l'image des teintes moyennes et des noirs. La plaque poudrée et mordue comme précédemment laisse apparaître les teintes moyennes tandis qu'en même temps les ombres prennent plus de profondeur.
Lors de la troisième opération la plaque est exposée encore moins longtemps à Faction de la lumière, soit durant une minute; les grandes lumières seules sont durcies; les parties correspondantes aux ombres lumineuses et aux teintes moyennes conservent de la perméabilité. Après le poudrage et la morsure la gravure est terminée.
Quand cela est nécessaire, un grain résineux peut être appliqué après chaque opération, à la façon habituelle des graveurs. ^
Aucune retouche n'est nécessaire, au dire de M. Garnier; mais il se peut pourtant qu'une retouche intelligente ajoute à la valeur du résultat, et en pareil cas rien ne s'oppose à ce qu'elle ait lieu.
30 Qravure typographique ou en relief. — Dans le cas
des gravures en relief propres aux impressions à la presse typographique, l'opération est conduite dans sa première phase absolument comme elle a été décrite plus haut, seulement, après Texposition à la lumière, au lieu de produire l'image avec une poudre légèrement alcaline, l'on se sert de poussière de bitume ; l'on fait ensuite chauffer un peu la plaque pour que la poudre se fonde légèrement et adhère au métal, mais pas assez pour rendre insoluble le sucre bichromaté. L'on lave alors la plaque avec de l'eau pour enlever tout Tenduit soluble qui laisse à nu la surface du métal excepté, dans les endroits où elle est couverte du bitume formant l'image.
La plaque est enfin mordue avec du perchlorure de fer qui donne une première morsure laissant toutes les lignes en relief. Pour obtenir un creux plus profond, l'on procède par des encrages et des morsures successifs, ainsi que cela se pratique dans la gillotypie.
40 Impression photographique par des vapeurs. — Ce procédé consiste dans l'opération de dessiner et de transporter à l'aide de vapeurs ou de fumées l'image de n'importe quel objet d'une surface sur une autre.
Voici le détail des opérations :
Quand une image formée d'une matière pulvérulente a été obtenue soit à l'aide de l'enduit indiqué plus haut ou bien en saupoudrant une plaque gravée, la plaque portant l'image est exposée à l'action de vapeurs qui ne produisent sur elle aucun effet.
La poudre seule absorbe les vapeurs et si la plaque est ensuite appliquée sur une surface enduite d'une substance capable d'être attaquée par ces vapeurs l'on obtiendra sur cette seconde surface une image égale à la première.
Par exemple, les traits d'une plaque de cuivre gravée sont remplis avec de l'albumine en poudre.
D'autre part, l'on a répandu quelques gouttes d'acide fluorhydrique sur une plaque de bois et l'on a exposé la
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gravure poudrée, pendant dix à quinze secondes, aux vapeurs dégagées et à la distance d'un centimètre environ de la surface du bois.
L'acide est absorbé par la poudre d'albumine sans attaquer le cuivre. Si après cela la plaque est mise en contact immédiat avec toute autre surface, de papier, métal ou verre, recouverte d'un enduit composé de sucre et de borax, puis séchée immédiatement, il se produit un fluoborate de soude déliquescent ; sous l'action des vapeurs acides, le sucre devient bumide et en passant une poudre sur cette surface l'image paraît immédiatement.
Ce procédé permet de faire une nouvelle application de la photographie aux émaux.
Sans être comparable au procédé de M. Fisch dont le Moniteur de la photographie a donné un aperçu, le procédé de M. Garnier le rappelle un peu; seulement M. Fisch prépare un papier recouvert, comme le papier au charbon, d'un enduit spécial. L'on développe après exposition , puis, les traits qui résultent du développement sont appliqués directement sur des surfaces de cuiyre ou d'argent et y produisent une impression par contact due à l'action de la substance de ces traits sur le métal qu'ils touchent.
On ne saurait trop attirer l'attention sur l'immense variété des procédés photographiques et des applications toujours plus nombreuses dont ils sont la source.
PROCÉDÉ DE DÉCALQUE ET DE ftHAYURE