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A L AIDE DES SELS DE MERCURE PAR M. FISGH

Tous les praticiens savent que le mercure en amalgame sur un autre métal repousse l'encre grasse quand on y passe le rouleau, et le noir ne s'attache qu'aux parties où il n'y a pas d'amalgame, c'est-à-dire où le métal est à nu.

Mais en traçant par exemple, par un moyen quelconque, un dessin au .mercure sur une plaque de zinc bien polie, bien propre, ce dessin apparaîtra en blanc brillant sur le fond gris-blanc du zinc. Une fois un dessin semblable obtenu, on peut obtenir une gravure en creux, en immergeant la plaque de zinc, sans y appliquer aucun vernis ni réserve, dans un bain acide composé de 100 parties en volume d'eau, sur 2 à plusieurs parties en volume d'acide nitrique. La piorsure se fait très rapidement, et n'attaque pendant longtemps que le tracé au mercure en ménageant parfaitement le restant de la surface nue du zinc et ce n'est que lorsque cette morsure atteint une profondeur déjà très apparente, que la surface du zinc commence à être entamée par l'eau acidulée. Cette gravure pourrait s'imprimer lithographiqùement.

Mais, si, au lieu de plonger une plaque de zinc dessinée comme il vient d'être dit, dans un bain d'eau acidulée par l'acide nitrique, on la plongeait dans un bain acidulé par de l'acide chlorhydrique, c'est le contraire qui a lieu, et il

APPENDICK

est alors assez curieux de voir le zinc nu être attaqué, et le tracé au mercure, au contraire, être ménagé, de telle sorte qu'on obtient une gravure en relief qui, si on veut alors prendre les dispositions nécessaires, pourrait être imprimée typographiquement ; par la première manière on obtient une gravure en creux qui peut être poussée même assez profondément pour être imprimée sur la presse en taille-douce.

Jusque-là, nous ne parlons que d'un dessin au trait ; mais la reproduction ou la gravure en creux et en relief du grain et des demi- teintes se fait de la même manière. Si, en outre, pour ne pas dessiner directement sur le zinc, on veut pourtant obtenir de cette manière une gravure, on n'a qu'à dessiner directement avec un sel de mercure sur une feuille de papier très dense, et l'appliquer pendant environ deux heures par contact parfait, contre une plaque de zinc, et au bout de ce temps, on est étonné de voir le même dessin nettement reproduit en traits blancs d'amalgame, sur la surface grisâtre du zinc, absolument comme si on l'y avait tracé directement.

La même chose arrive si l'on fait un dessin sur papier avec une matière poisseuse, comme par exemple de l'encre quelconque contenant du sucre, de la gomme, etc., en dissolution, et saupoudrant ensuite avec ce sel de mercure en poudre fine : la poudre mercurielle ne s'attachera qu'aux parties poisseuses, les blancs seront simplement époussetés. Or, ce dessin, mis en contact parfait pendant ce laps de temps, produit également le même tracé d'amalgame. Il en est de même d'une épreuve imprimée ïraîchement, et saupoudrée pendant que l'encre est encore fraîche et molle.

^Tous les tracés reproduits ainsi se gravent^comme il est dit ci-dessus.

De cette façon, par les saupoudrages à la poudre mercurielle sur une épreuve photographique genre charbon, contenant une matière poisseuse, on peut facilement arriver à graver les demi-teintes sur zinc; et ceci prouvé

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qu'il y a beaucoup de manières pour employer et appliquer les sels de mercure à la photographie et à la photogravure. Le sel dont nous parlons dans ce premier article est le bi-iodure de mercure ; dans d'autres articles nous parlerons successivement des autres sels mercuriels dans leurs effets sur les divers métaux.

Il y a certes des résultats très intéressants à obtenir par des recherches et des essais dirigés dans cette voie, résultats dont quelques-uns pourraient devenir d'une utilité incontestable dans les arts graphiques, surtout lorsque l'on appelle la photographie a son aide.

Gomme les sels mercuriels en général sont des poisons très violents, il est nécessaire de prendre les plus grandes précautions en les maniant, et il ne serait pas superflu de dire ici quels seraient les premiers remèdes ou contrepoisons à employer en cas d'empoisonnement par un de ces sels, avant l'arrivée d'un médecin.

Gomme les sels de mercure coagulent l'albumine, c'està-dire, forment avec lui un corps tout à fait insoluble et sans action, il en résulte donc qu'il faut faire prendre à la victime le plus tôt-possible du blanc d'œuf en assez grande quantité. Le soufre ainsi que les eaux sulfureuses sont également très efficaces dans des cas pareils. Il faut ensuite laisser à l'homme de l'art, au médecin, le traitement ultérieur. En agissant ainsi on peut sauver la victime d'une mort certaine. On recommande aussi en pareil cas de faire boire, à la victime, du lait, et quelquefois aussi, mais surtout dès le début, du sulfate de fer fraichement précipité, ou un mélange de 7 parties de limaille fine de fer et de 4 parties de fleur de soufre avec ou sans miel, sont très efficaces.

Les symptômes dans les empoisonnements par fes sels de mercure sont : un goût métallique, âpre, répugnant, chaleur dans le gosier, enflure et coloris grisblanc de la langue et du palais, étranglements, contractions, vomissements de matières blanches, souvent sanguinolentes, des efibrts pénibles, cessation de la sécrétion

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de l'urine, pouls faible, évanouissements, insensibilité de la peau, diminution complète des forces, agonie, mort.

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