PREFACE
Le budget est essentiellement un SiCie polùique. Veilà Tidée que je veux mettre en pleine lumière à la première ligne même de ce livre. Cette idée, on la trouvera longuement développée au cours du volume. Mais elle risque d'être perdue de vue au milieu des questions multiples, financières, économiques, que le budget soulève. C'est pourquoi je la détache avec soin.
Ce caractère politique n'a pas été dégagé par les savants qui se sont jusqu'ici occupés du budget. Stourm, Paul Leroy-Beau lieu, dans leurs ouvrages classiques sur le Budget ou sur la Science des finances, passent sous silence le caractère politique du budget. •
Même les hommes politiques qui ont écrit sur les finances ne semblent pas avoii' aperçu ce trait distinctif du budget. Par exemple, Léon Say, qui fut ministre des finances, traite, dans son petit livre si curieux Les finances, du rôle du ministre des finances. « Gomme contrôleur général des dépenses de /'^/a^, dit-il, le ministre des finances prépare le budget ». C'est « comme préposé à la gestion de la fortune de l'Etat », comme « ministre du Trésor », et non « comme ministre des finances », qu'il dresse le budget.
Ainsi, dans l'opinion courante, le budget apparaît avant tout comme une opération de comptabilité.
C'est là une conception très étroite et ancienne. Elle risque de fausser toutes les théories sur le budget.
A coup sûr, le budget est une opération de comptabilité, mais ce n'est plus l'essentiel. Aujourd'hui^ le budget est, avant tout, la mise en oeuvre d un programme d'action politique : c'est l'acte gouvernemental par excellence. Voilà pourquoi il a une importance si grande dans la vie des Etats modernes.
Tout gouvernement au pouvoir a nécessairement un plan d'action. Dans l'Etat moderne, les partis politiques opposent leurs programmes,