GLANDES DE COWPER
Les petites glandes étaient connues chez les animaux lorsque, à la fin du dix-septième siècle, Méry les découvrit chez l’homme. L’usage a fait prévaloir le nom de glandes de Cowper, bien que l’anatomiste anglais se soit borné à en donner une description plus complète, vingt ans après Méry.
Au nombre de deux, elles sont situées entre le bulbe et l’urètre membraneux, d’où le nom de bulbo-urétrales proposé par Gubler. Elles occupent la région membraneuse au-dessus du bulbe, qui porte quelquefois leur empreinte, mais séparées de lui par l’aponévrose moyenne du périnée et englobées dans les fibres excentriques du sphincter urétral. Elles peuvent être presque au contact l’une de l’autre ou à 2 centimètres de distance, en moyenne à 1 centimètre.
Les glandes de Cowper se présentent comme une petite masse arrondie, en noyau de cerise : leur volume est très variable, d’une lentille à une noisette; quelquefois on ne voit que des granulations éparses, ou au contraire à la masse principale s’adjoignent en arrière des lobules aberrants. On les reconnaît dans le muscle à leur couleur blanc jaunâtre et à leur consistance.
Leur structure est celle des glandes en grappe; l’épithélium est cylindrique. Les canalicules excréteurs ont ceci de particulier qu’ils sont dilatés en sinus plus larges que le conduit
principal et se réunissent au centre de la glande pour former le conduit principal. Il en résulte une sorte de hile donnant l’aspect d’une cavité aréolaire. De ces réservoirs centraux part le canal excréteur unique qui émerge à la partie antérieure et se dirige en avant en se rapprochant du canal opposé ; il traverse le muscle sphincter et pénètre, accompagné ou non de lobules erratiques, dans le tissu érectile du bulbe, dont il a perforé l’albuginée, puis rampe sous la muqueuse urétrale dans le cul-desac du bulbe, et enfin débouche dans l’urètre après un long trajet de 3 à 4 centimètres, souvent davantage, et jusqu’à 8 dans un cas cité par Cruveilhier. Dans tout ce trajet, les conduits ont, comme les canalicules, une muqueuse à épithélium de cellules cubiques sur plusieurs rangées et à derme élastique, une double couche musculaire longitudinale et circulaire.
Les deux orifices sont entra le collet du bulbe et l’angle pénien, près de la ligne médiane, et l’un à côté de l’autre; on les a vus confondus en un seul et inversement à 12 millimètres l’un en avant de l’autre. Iis sont tellement petits qu’on ne les distingue pas s’il n’y a pas un accident de terrain, pli ou fossette qui les indique, et souvent on ne les reconnaît qu’après avoir injecté la glande au mercure.
Leur sécrétion est transparente, très filante, de nature albuminoïde, semblable à du mucus, mais non muqueux. Ce sont sûrement des glandes génitales (Griffiths) qui ajoutent leur produit au sperme éjaculé, car elles suivent en tous points l’évolution de la prostate. Elles se développent à la puberté, s’atrophient pendant l’hiver chez les animaux hibernants pour se développer au moment du rut, et deviennent petites .et scléreuses chez les animaux émasculés. Chez le hérisson, leur sécrétion a une odeur forte et désagréable. Elles sont sujettes à certaines affections, l’inflammation blennorragique, la tuberculose, les abcès pyohémiques; dans certaines irritations consécutives à des urétrites légères, elles sécrètent une quantité abondante de liquide gommeux qui sort par l’urètre, surtout après la miction.