‹ Cours de tactigueChapitre 18 sur 29 · CHAPITRE VL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VL

Bien que la guerre des siégea ne soit pas celle à laquelle daa offi* eiera suisses puissent jamais être appelés , il est cependant bon qu'iJi •n aient une idée pour embrasser autant que possible, dans leurs études, l'ensemble des opérations qu'une armée active aurait à effeetuer. Je serai donc bref, renvoyant aqx traités spécieuse peuj( qui voudraient plus 4» détails sur ce sujet. Les meilleure ouvrages A consulter sont toujours ceu;^ de Yauban*

S 4. GOMliSNT ON GOUVBB UN SlioB*

Pendant qu'une partie des corps qui composent Tarmée sont occupés à faire le siège d'une place, il en est d'autres qui ont pour

tâche de couvrir cette opération et de repousser rennemi quand il se présente pour secourir la place. On donne le nom d'armée d'o6serveUion à celle qui couvre le siège , et le nom d'armée de secours à celle qui s'efforce de le faire lever, ou de jeter des secours dans la place. Varmée de siège est celle qui , sous la protection de J'armée d'observation, fait tous les travaux nécessaires pour prendre la place, tels que tranchées, batteries, etc. Celle-ci campe tout autour de la place assiégée et hors de la portée du canon ; elle se fortiûe dans ses camps , aussi bien contre les sorties de la garnison , que contre les attaques du dehors. La marche qu*elle doit suivre pour exécuter ses travaux et arriver à s'emparer de la place , est fixée par des règles que nous indiquerons dans l'article suivant.

Nous parierons d'abord de l'attitude qv\fi doit prendre l'armée d'observation chargée de couvrir le siège, de la conduite qu'elle doit tenir, soit pour empêcher l'ennemi de tomber par derrière sur les camps dressés autour de la place, soit pour s'emparer des convois ou disperser les secours dirigés vers les assiégés.

L'armée d'observation ne doit pas trop s'éloigner de celle qui est chargée des travaux du siège, afin qu'au besoin elle puisse en tirer des renforts , qui rentreront dans leurs camps après l'action. Ces secours, arrivant au moment opportun quand un combat est imminent ou déjà engagé, seront précieux et contribueront puissamment à défaire ou à repousser l'ennemi. Le général Bonaparte, lorsqu'il couvrait le siège de Mantoue, ne se borna pas à tirer quelques ba- ' taillons de l'armée de siège pour combattre les troupes nombreuses qui cherchaient à l'envelopper, il la fit marcher tout entière ; et c'est en réunissant l'armée de siège à l'armée d'observation qu'il gagna les célèbres batailles de Lonato et de Castiglione. Mais il est toujours fâcheux d'avoir ainsi à combattre avec l'armée de siège, parce qu'on est obligé de suspendre les travaux et d'abandonner une artillerie, que la victoire sur l'armée de secours et la reddition de la place pourront seules vous rendre. Bonaparte, se voyant menacé d'être enveloppé par des forces supérieures qui arrivaient par différents chemins, prit sur-le-champ cette grande résolution que le succès couronna et qui amena la capitulation de Mantoue.

Ne pas trop s'éloigner est encore nécessaire pour bien couvrir le siège et empêcher que l'ennemi, dérobant une marche, ne vous échappe et n'arrive inopinément sur l'armée de siège qui n'est pas toujours, qui est môme rarement en état de !e repousser. La conséquence d'un tel événement pourrait être la levée du siège et la perte

de tout le matériel. Dans un cas pareil Tannée d'observation doit se hâter de se mettre en «mouvement pour suivre en queue Tennemi et l'attaquer par derrière, pendant que Farmée de siège se rassemble et s'efforce de l'arrêter à la faveur des positions qu'elle aura choisies, et des ouvrages qu'elle peut avoir construits autour de ses camps. Vous n'avez pas d'autre moyen de réparer le mal que pourrait vous causer la marche dérobée de l'ennemi.

L'armée d'observation ne peut songer à rester en position et à se fortifier qu'autant que la place n'est accessible que d'un seul côté. Si l'ennemi peut passer ailleurs ou arriver par plusieurs chemins, on doit les observer tous et conserver une masse centrale, qui, bien loin de se lier à des retranchements , se procurera , par tous les moyens possibles, le degré de mobilité qui lui est nécessaire ; ainsi elle ne traînera avec elle que les bagages tout à fait indispensables ; elle enverra aux camps de l'armée de siège tout l'excédant, avec les malades et les blessés; son artillerie sera bien attelée; les chemins par lesquels elle peut passer seront réparés ; enfin rien ne sera négligé pour assurer la rapidité des marches et l'arrivée des masses sur les points menacés. Mais si le corps principal ne doit pas, dans la supposition que nous venons de faire, se couvrir de retranchements, les détaclxements chargés de garder les avenues et d'observer l'ennemi ne se priveront pas de ce secours, quand le terrain le comportera; il convient au contraire de fortifier les défilés, les têtes de pont, pour donner à ces détachements la possibilité de s'opposer à des forces supérieures, d'arrêter même, momentanément, l'armée ennemie tout entière.

On ne doit pas craindre de s'éclairer au loin et de pousser de temps à autre des reconnaissances pour savoir ce que fait l'ennemi et découvrir ses projets. Le voit-on concentrer ses forces, on est menacé d'une attaque, et l'on doit prendre ses mesures en conséquence ; rassemble-t-il des voitures, des approvisionnements, il veut essayer de jeter un secours dans la place; on en prévient l'armée de siège qui se tiendra sur ses gardes, et l'on se prépare à enlever le convoi, ou du moins à l'empêcher de passer.

Si plusieurs routes conduisent des positions qu'occupe l'ennemi à la ville assiégée, on se met à cheval sur celle du milieu, et l'on défend les autres indirectement, par la crainte qu'on inspire à l'ennemi de s'y engager en prêtant le flanc à vos forces réunies. Ainsi donc ici, comme dans tout autre cas de la défensive , il faut se garder de la dissémination qui est une cause inévitable d'échecs partiels, ou de ruine totale.

Quand l'ennemi a démasqué ses projets, marchez à sa rencontre

aS8 DIS SliGtt.

•I aboitte^a a v«6 ré0(4otkw , qiM)Ue quf wl M iE>rot : 09 0* «^ pts le moment d9 compter les combattant^. Cependant le bruit da canon, les estafette», les officierg d'ordonnaDce ont prévenu Tarmée de eiége de ce qui se passe. Son commandant met soua les année tout ce qui lui reste de disponible , après avoir pourvu largement à la garde dea tranchées, et pris les dispositions nécessaires pour repousser les sor* ties de la place, plus probables et plus à craindre dans ce moment décisif que dans tout autre. Les troupes désignées pour prendre part à racUon partent sans différer; en arrivant sur le champ de bataille elles se mettent en ligne, ou se placent en réserve, ou se précipitent sur le flanc et sur les derrières de Tennemi, suivant la position respective des corps qui sont aux prises. Rien ne peut CQntribyer plus puissamment au gain d'une bataille que Tarrivéç d*un pareil renfort, au moment où elle est vivement disputée. C'est un sembla* ble secours qui valut à nos pères le gain de la bataille de Sempach. C'est TapparitioB soudaine de la division Desaix qui ramena là vie-' toire dans les rangs de l'armée fmncaise à Marengo,

Si, malgré le secours que l'armée de siège peut donner à l'armée d'observaiion, celle-ci est obligée de céder le terrain, elle doit tâcher de se retirer en ordre et d'aller se poster à peu de distance du champ de bataille, pour inquiéter l'adversaire et Tempécher de se jeter avec toutes ses forces sur les lignes du siège, en l'obligeant à faire un détachement pour couvrir sa nouvelle position. Pendant ce temps l'armée d'observation se réorganise, elle rappelle tout ce qu'elle a de troupes éloignées, et si elle se sent en force elle marche de nouveau contre l'armée de secours arrêtée par les retranchements des camps

Su'elle doit forcer pour parvenir jjisqu'à la forteresse. Alors, s'il y a e l'opiniâtreté de part et d'autre, peut se présenter cette singulière situation de deux armées à la fois assiégeantes et assiégées. Voici l'exemple d'un fait analogue tiré des Mémoires historiques sur la maison de Savoie par le marquis de Costa : « En 4 640, le prince Thomas de Savoie et les Espagnols tenaient la ville de Turin dont la citadelle était défendue par une garnison française. Au commencement de mai, le comte d'Harcourt, célèbre par son courage et ses talents militaires, vint mettre le siège devant la place; mais, à peine est-elle investie, que le marquis de Lénages survient avec de très-grandes forces pour le bloquer luî«mème dans ses lignes. Turin, investi de la sorte, présentait l'aspect singulier d'une citadelle assiégée par la ville, de la ville assiégée par une armée française, et de celle-ci enveloppée par une armée espagnole. Dans cette position, le prince de Savoie pou* vait correspondre avec Lénages par le moyen de bombes sans fusées, dans lesquelles on renfermait des lettres. On fit usage du môme

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tnoyeii pour ititroâtiife dani la rille tifl p<ru d« 9dl H ded médicaments^ ôoûl la disette était très-grande. Le eomte dllarcourt, obligé de se défendre des sorties continuelles que feîsait le prince Thomas, et des attaques réitérées de Tannée espagnole, s'entoura de doubles lignes qui le garantirent des unes et des autres. Enfin, après quatre mois et demi de siège, après avoir enduré dans son eamp toutes les privations^ il força la Ville à capituler» Le prince en sortit avec les honneurs de la guerre, et l'armée espagnole se retira. »

Supposons que Farmée d'observation n'ait-pas pu résister à Tarmée de secours, et que cellen^i se soit immédiatement jetée sur les ligues et- les ait forcées à cause de leur grand développement; il faudra sans doute, dans cette circonstance malheureuse, lever le Biége; mais tout ne sera pas p^du pour cela. Ralliant les débris des deux armées qui séparées n*ont pu résister, on en formera une plus forte et qui bientôt sera en état de livrer une nouvelle bataille.

Si l'ennemi, craignant de se compromettre, reste dans les murs de la place, on ne lui pourra rien, mais un irôp grand nombre de bouches épuise promptement les approvisionnements, et la place ne tarde pas à capituler faute de vivres< On retrouve alors tout ce qu'on â perdu dans la précédente aisiire, et en même temps on vient à bout de l'entreprise sans effbsion de sang, ce qui est toujours d'un grand prix aux yeux du cb^ qui aime ses soldats et qui est avare de leurs vies.

Si, au contraire, l'ennemi ne craint pas de s'aventurer, s'il tient tuimpagne pour éviter d'être serré de trop près, alors o» est à deux de jeu, on livre de nouveaux combats, et l'on cherche, par des suc^ oès partiels, ott par le gain de la bataille quand l'ennemi l'accepte, à se replacer dans la situation première^ c'est-à-dire dans la situation d'une armée qui en assiège ou qui en bloque une autre.

81 enfin l'ennemi partage ses forces f qu'il en laisse une partie dans la place pour la défendre, et qd'atec le reste il tienne campagne, votre portion s'améliore, parce que la possibilité vous est o^ ferte de séparer de la plaça le corps qui en est sorti. Il faut, pour eela, tâcher de vous placer entre deux par une marche de nuit et prendre si bien vos mesures, que l'attaque soit ^ihultanée sar tous les points, pour que le corps ennemi soit battu, dispersé ou fait prisonnier, avant qu'il puisse reêevoir dee secours de la place. Ainsi , le Maréchal Soult, au siège de Badajoz, ayant affaire à une aro^plus forte que la sienne , sut profiter habilement d'une ôccasiOil qui Se présenta dé rétablir l'éqailUbfre. Dit mille Espagnols , afin d'éviter rencombranenly sortirent de Badejoi^ poar aller camper wat de»

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hauteurs séparées de Tarmée française par la Guadiana et couvertes par la Gebora. On tira d'abord du camp français sur le camp espagnol avec des obusiers à longue portée, afin de l'éloigner le plus possible des premiers ouvrages de la place dont il était séparé par un vallon de 600 toises de largeur. Une heure avant le jour le passage de la Guadiana s'effectue sur des bateaux; on passe à gué le torrent de la Grebora, et, pendant que le maréchal Mortier dirige une attaque de front sur les hauteurs et envoie sa cavalerie pour les tourner par sa droite , deux à trois mille hommes d'infanterie se placent dans le vallon, entre la forteresse et le camp, et, faisant face des deux côtés, coupent ainsi toute communication. Un succès complet couronna d'aussi belles dispositions. Huit mille Espagnols mirent bas les armes, cinq ou six cents furent tués, le reste parvint à s'échapper. Tel fut le brillant combat de la Gebora, livré le 49 février 4844,

S 2. TRAVAUX BT OPÉBATIONS DU SIÉGB.

Dès que l'armée de siège arrive devant la place , elle en £ait l'tfivestissement, c'est-à-dire qu'elle intercepte toute conununlcation de la campagne avec la ville, en occupant par des postes plus ou moins forts, non-seulement les diverses avenues, mais encore leurs intervalles. Elle établit ses camps tout autour de la place à une assez grande distance pour n'être pas inquiétée par les boulets ennemis. Pour l'établissement de ces camps, on choisit dans la vaste circonférence qu'on occupe les emplacements les plus propices, sons le point de vue militaire et sous celui de la salubrité et de la conomodité. Les camps étant situés à environ 3000 mètres de la place (c'est la grande portée du canon) présentent un développement de quatre à cinq lieues et quelquefois davantage; ils sont donc dans un état de faiblesse qui compromet leur existence dans le cas où un secours, échappant à l'armée d'observation, viendrait inopinément les assaillir, qui même les expose aux entreprises de la garnison , pour peu que celle-ci soit de force à tenter un coup de main. 11 faut donc avoir recours à la fortification pour assurer ces camps contre les entreprises de l'ennemi : on les entoure de deux lignes de retranche* ments; Tune faisant face à la campagne se nomme la ligne de cir^ convallaiion^ l'autre qui est tournée contre la ville est la ligne de contre^alUition.

Quelquefois ces lignes sont continues dans tout eur développement, d'autres fois elles se réduisent à quelque fortins élevés sur les

positions les plus fovorables. On ne peut rien établir de fixe à cet égard ; les localités et les circonstances dans lesquelles on se trouve, dictent au chef de l'armée et au commandant du génie ce qu'il y a de mieux à faire. Mais on peut dire, en général, que la ligne de circonvallation, ayant plus d'importance que celle decontre-vallation, attendu qu'on a plus à redouter les attaques de l'armée de secours que les sorties de la garnison, est aussi construite avec plus de soins; la dernière n'est ordinairement composée que de quelques ouvrages détachés, élevés sur les parties les plus accessibles. On profite, dans l'établissement de ces lignes, de tous les accidents du terrain pour en diminuer l'immense développement. On y remplace, avec avantage, les parapets en terre par des abatis, des inondations, etc. César, faisant le siège d'Âlesia, avait à résister à deux armées, chacune plus forte que la sienne, l'une dans la ville, l'autre au dehors. En conséquence, il entoura ses camps des deux lignes de circonvallation et de contre-vallation. Il mit un soin extraordinaire dans la construction de ces retranchements , et l'on donne encore conune modèle tout ce qu'il fit en cette circonstance.

L'intervalle entre les deux lignes doit être suffisant, non-seulement pour l'établissement des camps , mais encore 'pour permettre aux bataillons de se mouvoir en dififérents sens. Il faut pour cela un intervalle de 500 à 600 mètres. Les trois mille mètres qui doivent exister entre le camp et la place se mesurent du milieu de cet intervalle.

Quand les différents camps ou quartiers de l'armée sont séparés par des rivières, il faut avoir l'attention de jeter plusieurs ponts sur chaque cours d'eau pour assurer, autant que possible, les communications d'un quartier à l'autre. Sans cette précaution , l'ennemi pourrait attaquer d'un côté pendant que de l'autre une portion de l'année resterait spectatrice du combat, sans pouvoir venir au secours des troupes engagées. Il n'y a jamais trop de ponts sur les rivières qui séparent (es différentes parties d'une armée.

On né commence pas les travaux du siège avant de s'être approvisionné de tout ce qui est nécessaire, afin que si l'armée de secours venait à couper les arrivages , le siège ne fût pas pour cela arrêté. On conçoit que si on est maître de la campagne au point de n'avoir rien de semblable à redouter, on peut se relâcher en quelque chose de la sévérité de la règle, pour hâter l'ouverture des travaux : mais toujours faut-il attendre d'être assez abondamment pourvu de toutes choses pour que les travaux une fois commencés ne languissent pas. I^ approvisionnements de fascines, de gabions, de bois de toute espèce, se font dans les forêts les plus voisines; quelquefois on est

S42 DSS SIÉGXS.

Obligé de les Mrs venif de plmieurs lienee A la tonêë. On ttM tcm ces objets, par tas séparés et bien arrangés, dans des endroits couverts des tues de la place et bors de la portée de la bombe. On les nomme dépôU dé tranchée.

Quand on s'est pourra de tout ce cpiî est nécessaire pour commencer les traraux et pour pouvoir les pousser avec activité et sans discontinuité, on ouvré la tranchée contre la partie de la place qui, en raison des reconnaissances que les ingénieurs en ont faites , et à Taide des plans existants, est jugée la plus faible. C'est ordinairement celle qui est dominée, dont les ouvrages principaux sont rjcochables, qu'on peut envelopper fecilement, etc. Ainsi les parties basses et saillantes sont des parties d'attaque.

L'ouTorture de la tranchée se fait de nuit, bors de la portée de mitraille; on établit une première ligne dont la distance aux oumn ges les plus avancés de la place peut varier de SOO à 600 métrés, suivant l'importance de cette place et ce qu'on a à craindre de la gamisoB. C'est la première parallèle K Elle enveloppe la totalité des ouvrages qui ont quelque prise sur les pdlnts qu'on veut attaquer. On la trace parallèlement, ou à peu près parallèlement aux fortïG- Cations delà place-, de là le nom qu'on lui a donné. On l'appelle aussi plac&^armes^ parce que c'est dans cette ligne, ainsi que dans celles qui lui succèdent, que l'on place lés troupes armées, ou gardes dé tranchée, destinées à protéger les travailleurs contre les sorties de la garnison.

De la première parallèle ou place-d'arines, on communique avec les dép^Hs de tranchée par des boyaux en zigzag, à défaut de chemins creux ou de rideaux naturels. Ces communications en arrièrs S'établissent, en même temps que la parallèle, dès la première mut. On s'aTanee ensuite de la première parallèle contre la place par d'autres boyaux qu'on dirige en zigzag sur les saillants^ de manière à éviter l'enfilade des ouvrages^latéraux* Chaque cheminement, fait de la sorte, s'appelle une attaque; il y en a autant que d'ouvrages à prendre; ainsi il y aura trois attaques si on chemine sur les saillants de deux demi-lunes et du bastion intermédiaire.

Quand les attaques sont arrivées à peu près à la moitié de la distance de la première parallèle à la place , si l'on allait plus avant les travailleurs se trouveraient plus près des assiégés que des gardes

' Lib parallèles et let boytia de ceœmtiBieatioii eonstitueiit ee qu'oa uppeUt ii général les trcmchéu. Toates les tranchées sonf creusées en terre d'environ u mètre; mais leur largeur, dans les d^érentes parties, Tarient suiTant les besoios. tes terres provenant des foailles Sont relevées en forme de parapets da éMé deli placé. (Toy. te Mfiékrrial p&iêr lêê lr«e<Hi« d« gmh'$, ehap. m)*

DES SliOBS. S4S

i^ trao^b^, et seraîeat piur cçaséqu^ot trèi'-çompivmii; c'wt ppurquoi on établit à oett^ di^tanc^ une seconds parallèle q\i\ , ainsi qu» la premi^e, enveloppa tous les ouvrages et lie entre elles les diverses attaques. On transporte les gardes de tranchée de la première à la seconde parallèle, lorsque celle-ci est terminée; on s'avance ensuite jusqu'à une soixantaine de mètres des saillants des chemins couverts, et là on établit une troisième et dernière parallèle. On supprime la seconde parallèle lorsqu'on a cru devoir ouvrir la tranchée à 300 mètres seulement , et on la remplace par ce qu'on appelle des demp* places-d^armeSy qui sont des portions de parallèles propres à recevoir quelques petits postes. La suppression de la seconde parallèle résultant de la restriction de l'intervalle qu'on laisse ordinairement entra la première parallèle et les ouvrages de la place, simplifie et abrège les travaux du siège. L'attaque de la citadelle d'Anvers offre un exemple de cette suppression qu'on adoptera probablement à l'ave* nir, toutes les fois que la force de la garnison n'obligera (»as à dea précautions extraordinaires.

C'est en avant des parallèles, ou dans les parallèles elles-mêmes, que l'artillerie établit les batteries au moyen desquelles elle ricoche DU prend d'enfilade les faces des ouvrages qui ont vue sur les attaques. C'est sous la puissante protection de cette arme que Ton par-* vient à s'approcher, sans de trop grands risques, des ouvrages qu'elle halaye et chauffe sans discontinuité. Ses projectiles démolissent les embrasures, labourent les remparts, en sorte que le canon de l'as* siégé est réduit au silence, et que les diverses pièces de la fortifîca* tion restent presque désertes.

On construit à la sape ' sur les glacis certains ouvrages qui voua conduisent au bord du chemin couvert et vous en rendent définit!'* vement maîtres; alors on établit dans le couronnement du chemin couvert, c'esl^à-dire dans la tranchée qui en suit le contour, des batteries pour démolir les flancs des bastions qu'on découvre depuis là, et pour faire des brèches à l'escarpe au moyen desquelles on puisse pénétrer dans la place. Les batteries qui sont dirigées contre les flancs des bastions collatéraux à celui qu'on attaque, se nomment contre-batteries^ parce que leur objet est de réduire au silence, de

* La sape est nu moyen de eonstroire les tranchées, lent en apparenoe, mais qui, se poarsaïTant la nuii comme le jour sans discontinuité, fait en peu de tempe d'assez grands progrès. Ce travail est exécuté par les sapeurs , qui rouleat devant eux un mantelet ou un gros gabion farci de laine ou de fascines pour se mettre à l'abri des arqoebasades. Us remplissent ainsi un gabion après l'antre , et ne poussent en arant qoe lorsqu'ils ont bien consolidé la portion de tranchée déji faite.

combattre le canon de ces flancs. Les batteries qui sont destinées à renverser les escarpes ont reçu le nom de batteries de brèche.

On ne donne Tassaut que lorsque la brèche a été rendue bien praticable par le renversement du parapet sur les débris de murailles, et seulement après avoir ouvert une galerie pour descendre dans le fossé, et avoir pratiqué au travers de celui-ci un bon épaulement joignant le pied de la brèche. Les troupes commandées pour l'assaut se tiennent par détachements dans le fossé , dans le couronnement du chemin couvert et dans la troisième parallèle. Ces détachements sont destinés à se soutenir et à se prêter main-forte; au signal convenu, le premier monte sur la brèche, en repousse les défenseurs et cherche à s'établir solidement sur le haut, en construisant avec des gabions ce qu*on appelle un nidrde-pie; c'est un petit retranchement qui couronne la brèche et à Tabri duquel les soldats qu'on y place font feu sur tout ce qui se présente. Les sapeurs sont chargés de cette construction ; à cet effet, ils accompagnent en nombre suffisant les troupes de Tassaut, armés chacun d'une pelle et d'une pioche, et portant un gabion. Le second détachement appuie le premier pour enlever la brèche ; il le relève si la lutte est opiniâtre. Le troisième borde les tranchées sur le glacis, et de là il balaye les parapets et surtout le haut de la brèche, tant qu'il y a de la résistance ; mais on aura eu soin, avant d'en venir aux mains, de faciliter l'assaut en dirigeant sur l'ouvrage attaqué autant de pièces que possible. Quand le combat commence, le canon doit se taire puisqu'il tirerait indistinctement sar les assaillants et sur les défenseurs.

Souvent la prise des premiers ouvrages amène la reddition de la place ; quelquefois leur résistance n'est que le prélude d'une défense opiniâtre où il faudra arracher pièce à pièce toutes les fortifications de l'assise. Quelquefois encore la possession des remparts ne metelle pas fin aux combats, et se voit-on dans la nécessité de disputer les rues, les maisons même, à de courageux citoyens qui savent faire le sacrifice de leurs propriétés à l'honneur et à l'indépendance du pays. La défense de Saragosse, en 4808, peut être placée à côté de tout ce que l'histoise offre de plus héroïque et de plus digne de l'admiration des peuples. Les Espagnols, après avoir perdu leurs fortifications, soutinrent encore pendant 23 jours une guerre de maisons des plus acharnées. Ils n'avaient plus de poudre quand ils capitulèrent. Leur perte fut énorme; on l'a évaluée à 54 000 individus ae tout âge et de tout sexe.

C'est principalement dans les sièges qu'un général peut être appelé à entreprendre quelqu'une de ces grandes constructions qui deviennent célèbres dans les annales militaires ; telle a été la

chaussée qu'Alexandre fit construire par ses ingénieurs pour réunir la ville de Tyr au continent, et y établir ses approches, s^ tours bélières et autres moyens d'attaque usités à cette époque; telle a été la fameuse digue jetée dans la mer par Richelieu, pour réduire la ville de la Rochelle, défendue avec opiniâtreté par les protestants de France. On. verra une rivière détournée, comme la Sègre, par César assiégeant Lérida ; on verra Tartillerie portée plutôt que conduite sur des hauteurs impraticables. Un général habile, pour atteindre un grand but, fait des choses auxquelles les esprits ordinaires ne songent même pas. Il aplanit les rochers, comble de profondes vallées , construit une route à travers les marais ; rien ne Tarrête; aux grandes difficultés il oppose les ressources du génie et une volonté inébranlable ; il voit dans le succès le prix de ses efforts. L'histoire offre bien des exemples de pareilles déterminations, et J'en peut dire qu'à cet égard le mot impossible doit être rayé du dictionnaire.

§ a. GOMMISNT ON DÉFEND LES APPROCHES d'UNE FOETEBBSSE.

Dès qu'une forteresse est menacée par les armées ennemies, on la déclare en état de siège, et, dès ce moment, tout est soumis à l'autorité militaire. On se hâte de couper les bois dans les environs et de confectionner les fascines, gabions, claies, etc., nécessaires aux travaux de défense. On fait entrer dans la place les bestiaux, les blés, les comestibles divers. On renvoie les gens sans aveu, les étrangers, les bouches inutiles, et l'on ordonne aux habitants qui restent dans la ville de s'approvisionner de farine, de légumes secs, d'huile, de viande salée, etc., pour plusieurs mois, afin de n'être pas obligé de partager avec eux les approvisionnements de la garnison. On met la place en état de défense, en ar • mant et réparant les fortifications, plantant les palissades, nettoyant et désencombrant les communications, etc.

Quand la garnison est assez nombreuse, et c'est le cas que nous supposerons, elle se garde bien de se renfermer en totalité dans la place ; elle fait au contraire tous ses efforts pour en disputer les approches. On prend donc position en avant des faubourgs, et, bien loin de les démolir, comme il faudrait le faire, si la garnison moins nombreuse devait dès le début se renfermer dans la place, on les couvre par des retranchements, dans le double but de les garantir et de se ménager en arrière le plus d'espace qu'il est possible.. On

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met ainsi la villa à l'abri dea projectilea iaoendiaires, et Ton profite de tout ce que le terrain dont on reste mattre peut offrir en fruits, légumes, blés et fourrages. Les hommes et les chevaux qui ne sont point entassés se conservent en santé; l'attitude que tient la troupe chasse la crainte des cœurs et soutient le courage.

En re^>ectant ainsi les habitations des faubourgs on se ménage la chance de les conserver, soit que Tennemi n'attaque pas de ce eôté, soit qu'on parvienne à le repousser ; et si elles ont à souffirir, le mal ne sera jamais si grand que si on les eût démolies radicalement à l'approche de l'ennemi. On s'épargne donc une mesure cruelle, d'une exécution toujouiji difficile; on s'attache les habi* tants en leur montrant l'intention de conserver leurs propriétés ; on les engage même ainsi à travailler de leurs bras aux ouvrages qui protégeront leurs demeures.

Outre les retranchements précédents, on construit sur tous les points les plus avantageux de solides redoutes ou fortins, on ferme les passages trop exposés par des abatis ou des coupures, on perce des créneaux aux murailles et à tous les étages des maisons qui peuvent prêter quelque af^ui, on ne néglige, en un mot, aucun moyen d'augmenter la force des positions e^rieures.

Sur un champ de bataille ainsi préparé on peut espérer de faire une longue réi^siance, disputer le terrain pied à pied, et faire éprouver à l'attaquant de grandes pertes avant qu'il puisse ouvrir la tranchée devant la place, et commencer les travaux ordinaires d'un siégis. Aussi n'est-ce qu'après des attaques souvent répétées et bravement soutenues que l'ennemi, par sa supériorité numérique et par la facilité qu'il a de réparer ses pertes, vient à bout de se rendre mattre de quelques ouvrages ou des premières maisons des faubourgs. Il doit lui-méine remuer de la terre pour se mettre à l'abri des entreprises hardies d'une garnison valeureuse , ou s'assurer la possession de ce qu'il tient. De nouveaux combats l'attendent ; chaque pouce de terrain lui sera vendu chèrement. Peutêtre se rebutera-t-il de tant de résistance. Peut<^tre que pendant la durée de la lutte, des événements extérieurs de politique ou de guerre, de ces retours de fortune dont l'histoire offre tant d'exemples, viendront vous tirer de l'état alarmant quoique glorieux dans lequel vous commencez à vous trouver. Telles sont du moins les chances que court celui qui ne se décourage pas et qui sait , avec une fermeté inébranlable , persévérer dans sa résistance. Aucun motif ne peut engager un général qui se trouve à la tôte d'une garnison nombreuse, à ne faire au dehors qu'une molle résistance, dans rintentjon ou sous le prétexte de conserver ses ressources ,

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pour en faire une plus forte derrière les remparts de la place. Il doit, au contraire , agir comme si ces remparts n'existaient pas, ou ne les regarder que comme un réduit, un dernier refuge dans lequel il est toujours assez tôt de se retirer. Telle fut la conduite du général Rapp dans sa belle défense'de Dantzig en 4813.

Le moment arrive enfin où il faut se renfermer dans la place , et bientôt commence cette série d'opérations plus ou moins longues , plus ou moins dangereuses , par lesquelles l'assiégeant doit passer et qui constituent le siège proprement dit. l^e défenseur a mille moyens d'en prolonger la durée, parce qu'il a eu le temps de mettre la place dans un état respectable pendant la défense extérieure. Connaissant le point d'attaque, naturellement indiqué par la direction des premières opérations , il peut y redoubler 1^ retranchements. La garnison s'est aguerrie par des combats fréquents; elle occupe, il est vrai , un poste resserré ; mais , par cela même , elle est plus concentrée et est encore imposante malgré les pertes qu'elle a essuyéeSé

C'est par des sorties qu'on retarde a marche des approches ; on les distingue en grandes et en petites sorties. Les premières, exécutées par des corps nombreux , se font ordinairement de jour pour éditer la confusion; les autres se font de nuit, et par quelques honunes seulement. Les unes ont pour objet de combler les tranchées , mettre le feu aux batteries , enclouer les pièces ; eu conséquence elles sont toujours suivies d'un nombre suffisant d'ouvriers armés des instruments nécessaires. Les autres ne sont dirigées que contre les travailleurs de la sape; elles se présentent inopinément et fréquemment , chassent les travailleurs et renversent quelques gabions ; la sape , ainsi interrompue , ne chemine qu'avec lenteur.

Si les troupes sont obligées de faire trop de chemin pour arriver aux tranchées, elles sont longtemps exposées aux feux des batteries et des places-d'armes; c'est pourquoi on n'entreprend guère de sorties que contre la dernière parallèle et les ouvrages qui Tavoisinent. Cependant, si l'on peut découvrir le moment de Touverture de la tranchée, il faut le saisir pour opérer une grande sortie qui mette en déroute les travailleurs et les force à remettre l'opération à la nuit suivante. Connaissant alors l'emplacement des premières tranchées, on y dirigera toute l'artillerie dont le feu continuel rendra les travaux très-périlleux , même pendant les ténèbres. La grande sortie 8*est faite de nuit, ce qui est contraire à la règle générale; mais dans ce cas il y a peu d'inconvénients, parce que l'ennemi n^est pas encore établi ; quand une fois il s*est reconnu, qu*il a ébauché ses ouvrages, il vaut mieux l'attaquer à la pointe du jour pour éviter que

lés divers détachements, qui prennent part à la sortie et qui déboocbent simultanément de différents points du chemin couvert, ne viennent à se charger ou à faire feu les uns sur les autres dans l'obscurité. Aussitôt que les troupes sont parvenues à repousser les gardes de tranchée, les travailleurs se hâtent de renverser les gabions, de détruire les épaulements, etc. ; ils n'ont ordinairement que très-peu de temps pour cette opération, parce que l'assiégeant ne tarde pas à revenir en forces et à repousser la sortie dans la place. La cavalerie prend part quelquefois aux grandes sorties, et l'artillerie de la place les soutient de son feu, autant que le mouvement des troupes le lui permet.

Quand une fois la dernière parallèle est solidement établie et armée, il faut renoncer aux grandes sorties qui n'auraient que de faibles chances de réussite ; on se contente alors d'envoyer, conune il a été dit, des détachements de dix à douze hommes, qui, se jetant sur les travailleurs les plus avancés, les mettent en fuite et se retirent dès qu'ils éprouvent de la résistance ; c'est pour effrayer les travailleurs, interrompre la sape, bien plus que pour tuer des hommes à l'ennemi, qu'on les envoie. Aprè^ chaque alerte l'assi^eant a beaucoup de peine, surtout la nuit, à rassembler ses travailleurs, en sorte que l'attaque languit : souvent le jour paraît, qu'un ouvrage trop imparfait doit être abandonné pour n'être repris que la nait suivante.

Lescontre^mines, ou mines défensives, sont le moyen le plus puissant de prolonger la durée d'un siège, parce qu'elles forcent l'attaquant à des travaux qui , de leur nature , demandent beaucoup de temps pour être accomplis; aussi, dès que le front d'attaque est connu , prépare-t-on sous le glacis des fourneaux de mine qui , menaçant de faire sauter les batteries de l'assiégeant, coptraignent celui-ci à cheminer aussi sous terre. Toutefois il est nécessaire, pour faire usage de ce moyen, que la place soit munie d'un système de galeries qui permettent de s'avancer sous le glacis et de préparer d'avance les fourneaux de mine. Lorsqu'elle en est dépourvue, on ne peut que pratiquer aux saillants de la fortification quelques fougctsses, ou petites mines, qui sont loin de produire, au physique et au moral, le même effet que les mines proprement dites.

Le défenseur a , dans la guerre souterraine , un grand avantage sur l'attaquant, parce qu'il l'attend dans des galeries toutes préparées, qu'ainsi il a beaucoup moins de travail, et qu'il est mdtre de l'initiative. L'attaquant n'a d'autre ressource que de surcharger ses fourneaux, pour détruire à de grandes distances ceux des défenseurs ; d'employer ce qu'on appelle des globes de compression; mais

cela môme est fâcheux pom'lui, parce que ces fourneaux surchargés consomment une quantité prodigieuse de poudre et sont de longue exécution. Pour Tassiégé, au contraire, des fourneaux de moyenne grandeur suffisent; car je crois avoir démontré ailleuts' qu'en raison de leur action en contre-bas, ils défendent aussi bien le terrain des approches que si on les plaçait à une profondeur double, comme est obligé de le faire l'attaquant s'il veut donner à ses globes toute la puissance dont ils sont susceptibles. Les contre-mines sont assez profondes si elles sont de 4 à 6 mètres au-dessous de la surface du sol, et il ne faut que 200 à 7Ô0 livres de poudre pour les charger. Les charges croissant comme les 'cubes des profondeurs, on comprend pourquoi il y a une si grande différence entre les nombres cidessus , et combien il y a de désavantage , sous ce rapport, à s'enfoncer plus que nous ne le disons. Une mine ordinaire de 4 mètres de profondeur exige une charge de 3000 livres de poudre, et si l'on veut que son fourneau soit surchargé, il faut doubler ou tripler cette quantité.

L'assiégé a aussi de la supériorité dans la défense des brèches , parce qu'il enveloppe l'attaquant qui ne peut arriver que par un chemin étroit et scabreux. C'est donc à la défense des brèches qu'il faut porter toute l'énergie possible ; c*est pour cette période du siège qu'il faut tout préparer d'avance : on conserve soigneusement quelques pièces pour en armer, au moment de l'assaut, les ouvrages qui pourront prendre en flanc ou de revers la colonne d'attaque ; on prépare, sur le haut de la brèche, des bombes chargées pour les rouler sur l'assaillant; on allume un grand feu au pied de la brèche qu'on entretient en y jetant des bûches depuis le haut; ou bien, si l'ennemi n'a battu qu'imparfaitement la muraille , on va pendant la nuit en déblayer le pied , et , de la sorte , la brèche reste impraticable. On creuse des mines sous les débris pour les faire sauter et ensevelir les assaillants; on donne des armes de longueur, telles que piques, faux emmanchées , etc. , aux soldats qui défendent la brèche ; on fait même prendre des cuirasses à ceux qui s'exposent aux premiers rangs. Si l'ouvrage attaqué a quelque capacité , on tient des réserves dans l'intérieur pour charger l'ennemi quand il débouchera; on fait même arriver la cavalerie dans ce moment décisif.

Telles sont en général les mesures à prendre pour la défense d'une forteresse ; mais c'est surtout de la fermeté du gouverneur et de l'intrépidité des défenseurs que dépend le succès ; on peut espérer, avec de braves soldats , de repousser plusieurs assauts à la même brèche.

' Voy. le chapitre v de la FortifUiation permanente.

SSO DIS SliGK».

C'est dBsi qv'sD 4M0 te cb«¥aU^ Ba7ar4s9u çoamrvtTUitàir^^ la Fraftee, qucUpis les muraillas en fiuseot abaUiias tu plumi^un endroits, t Retournex dire à MM. de Nassau et de Siddogen, r^ pondait-il au héraut qu'on lui avait envoyé pour lui proposer un^ capitulation , que le roi m'a confié cette place , et que , Dieu aidant, vos maîtres seront las de i assiéger avant que je le sois de la dé* fandre. Je n'en sortirai que sur un pont fiiit des corps morte de ses ennemis. $

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