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DES RECONNAISSANCES TOPOGRAPHIQUES

Celles-ci ne sont pas moins importantes que les autres, car un général ne saurait, sans une connaissance exacte des localités, arrêter

914 0tS UGOUNAlSSANCfS.

on plan d*allaqae, ni ordonner ië moindre mouvement. Il faut qu'il gâche la distance des liètix pour combiner la tnatthe ûeê diverse eolônneé , et qti*il toit instruit du genhe de difficultés qu'il rencontrera en cbemiti , pour preildfe ses me^reë ëft cdbséquëttcê. Qéà par dei reconuaissances spéciales qa*il se procure Ces renseignements ; ea^ les cartes, inêmë les pins détaillées, siont totijôufs iiisi/ffisantes : elles ne donUeroht Jilttiiis ni lU nature dU M , fif Isl qaditf des routes, lil l^étlH dëd ritièrès et dêë ponts, Ui Tép^iâseUf dés fiH il^, ni la pente des moUtagUes et des collines *, toutes choseâ qo'il ftiut pouhtartt connaître flrsint de rien entreprendre.

Ce genre de ItK^OUhaiMnces est principâlèUient du ressort dès 5fficiers d'état-major, lia hoûi chargés d'aller pendant la part étudier les pays qui peuvent devenir le théâtre de la guefre et d'ëU lair« Il description , si ce n'est au fifoyen de plans topogl^phiqués cju'il iié leur serUit pas permis dé pretidre , du moins par dès mémoire^ éi par deé cartes rectifiées. Gë sionl ausâi leé officiers d'état-ifiéjor qtii, en présence dé rcnnéUii et sous la protection de qUelqueâ trUU{^, fbnt ordiUairement ces croquis qUi représéilient. d'Uné mâUièré plbd 00 moins exacte , toutes lés ci^cdtistatices lès plus essentielles d'otte localité. Ce sont eux qui , à mesure que Vattiiêë S'âtànce , dMaâli leé itiuérëires , fbUt le letâ dés positiorië , des châUips de babille, et souvent de contrées tout entlèréâ. Cepéndaht les officiers dès MM artues se trouvent quélttuëfbis ddtis» lé cas d'av6ir â explorer nHè localité et d'en faire la deëcriptiofl. Il est donc boti d'itidiquer id M moyens qu'ils pèuvetit ëttrplbyef, sans être obligés de se retidre experts daris l'art do des^n. Nous renvèrroUs ceux qui voudraient eb apprendre davantage à Uotre IristrUbtion iUr le dêiiirt des tèconnâhsances militaires, et au ctiâpitl^ ti du Mémorial pottr lei tft^ust de guerre.

Le figuré du térfaifi , c'e^-à-dirè l'éipression de son relief, est të qu'il y a de plus difficile à réUdre dans uu plan topogràphiq|Q0. C*est au moyen des hachures qu'on y parvient; mais pour les faire convenablement ^ il faut une certaitië habitude dU dessin qui M s'acquiert que par l'étude et pUr la pratiqué. On né peut pas exigéf des officiers d'infanterie et de cavalerie qu'ils fassent des àèsaAni de ce genre. Ils n'en auraient d'ailleurs pas toujours le temps. C'est

' On peat, à la rigueur et théoriquement parlant, indiquer sur les plans topographiques le de^ré de pente par l'écarteroeni des hachures; maià eà pratique ods n'est pas faisable, ou du moins, cela présente de telles difÉicultés , qu*îl ne serait pas prudent de s'en rapporter à l'exactitude d'un plan pour cet objet. Et, d'ailleerSi uti chef ne peut pas a'volt coifstaftiteé&t \ë cotbpis i U. ttiaiii pùiatr à^pr^ér les petites, lors ni6tti««to'il trouvAtAic dans son biTcniao toutes les édmiU6<Rlé6atfteltD<c.

P|I8 mSCOHUAlSSANCSS.

HPg HiCPHNAl^ANCSS.

4q rçi^pj^p^r ç^ ïmç^ViT^ oi| lignes do pente,

-fi}\\ fnerquent; «implemant le contour des ban«-

f^ aut et Vt^w^fn au pied d^s peqtes. Ces lig;ne8 ne'

I ; des lignes de niveau ; mais ce ^ont celles que

1 ^i^fnent et qui sp présentent tout natureilenienl

\ i^and ) l'au|;(9 de ^epip^, on pe veut qu'indiquer

\ :'un piateaii, d'u^^ maipelon, d'une croupe de

one cpmpris^ entre ces deux lignes donne Tes-

Cfire en quelques inots les pirconstances de la

jiente est douce pu rapide, accessible ou non à

peut être approxiniativemr'nt s^ hauteur. On

lan, et sans confusion, tputpe qu'il ipiported^*

.e les lignes de oirconscripiion de@ hauteurs ne se

3c celles qui servent 4 d'autres indications, il faut

^<^4nts longs, comme on le voit dans la figure 28 bis.

essin, les deux lignes de circonscription indiquent

^tean qui s'élève en pente douce au-dessus de Ift

et près d^ I^ rivière , il y en j| deux autres qui re-

iipelon de fqrnie allongé^, et, ce qui est écrit entre

connaîtra )a nature des pentes ou du moins ce qn'il

s le point de vue militijjre. Sur la droite du dessin,

^ort que les lignes de cirpqnscriptiPn repr&entent ;

la rivière par des escarpements de rochers ; un petit

se relève ^SQP extrémité, est lui-n^éine indiqué par

^e circonsoriptipn particulières. Les chiffres, entre pe^r

inncnt les hauteurs des points de la courbe supérieure

ppux qui lui correspondent directen^ent dans ta courbe

Jtien entendu qne ces hçm^eqrs pe sont estiniées qu'ap-

jpent. On voit ainsi que le plateau est élevé à droite

00 pieds au-dessM^ de }a plaine, ap centre de 90 , et à

5 ; que le mamelon isolé a 40 pieds de hauteur à une de

té;^, et 42 pieds à l'autre', pt ainsi des autres. Il n'est

d'estimer ^ yqe Ips hapteur^, pn ne les verra donc que ra-

f)rer dans un crpqifis. J'sii seqlen^ent voulu niontrer la de piettre spr le plan , et sans la moindre confusion , ce ^ renseigneinent. TpMt officier pQprnE\, je pense, en faisant 3 moyens aussi simples, arriver à représenter, d'une manière i moins exacte, les accidents d'un terrain qu*il aura paret dont il se ser^ ^.ppjiqué ^ biep snisir les forp^es. le de^ré

IMf0 vaqt iiii0)U( au« l^ mètre p9wr l'Miini»UQR de» hameurs ; c'est pourquoi 0U8 en servons ici.

316 DKS RICONNAISSANCBS.

de fidélité de son dessin né dépendra plus que de la justesse de son coup d'oeil , qualité qui ne s'acquiert que par Texercice ; il ne sera du moins plus arrêté par la difficulté et la longueur de cette partie du travail.

Après nous être ainsi soustraits à ce que le dessin topographique a de plus rebutant pour ceux auxquels il n'est pas familier, convenons de quelques signes pour représenter, aux moindres frais possibles , les divers objets qui peuvent figurer sur un plan militaire. Ces objets sont : les cours d'eau, les étangs, les marais, les chemiDs, les rochers, les bois, les vignes, les bourgs, villages, grandes fermes et autres constructions isolées qui peuvent jouer un rôle dans un com- * bat ; les levées de terre , les bacs , les gués, les ponts de pierre et de bois. Tout cela se trouve représenté dans notre feuille. Prenons chacun de ces objets en particulier.

Cours d'eau. — Ils se représentent ou par deux traits tout simplement , l'un plus fort que Tautre , ou par une suite de traits filés entre les deux premiers. Une teinte bleue remplacerait avantageusement ces traits filés. La flèche indique la direction du courant. On voit dans le bas de la rivière un moulin à eau. L'affluent sur la droite est un ruisseau encaissé , ce qui se reconnaît aux deux traits irréguliers qui sont tracés sur ses bords.

Moyeni de pMsage, — A gauche est un bac à traille, au centre un pont de pierre qui se distingue du pont de bois , construit sur Taffluent, en ce que ce dernier est plus étroit et n'a pas d^ailes aux abords. Plus haut est un gué indiqué par une ligne ponctuée à petits points au travers de la rivière. Cette ligne ne peut pas se confondre avec une ligne de circonscription , tant à cause de la différence du trait qu'à cause de sa position.

Eaux dormantes, — Les étangs , les lacs se représentent, comme les rivières , par des traits filés ; la forme en fait seule la différence. Les marais se dessinent par une ligne de contour et quelques traits tirés horizontalement dans l'intérieur, avec quelques pointes d'herbe s'élevant au-dessus. On peut tioter dans l'intérieur si le marais est impraticable ou accessible.

Bois et vignes. — Ces objets sont fort longs à dessiner par les procédés ordinaires de la topographie. Nous nous contenterons, nous, d'en tracer le contour, et nous ferons , dans l'intérieur, des hachures pour les bois, et un petit cep pour les vignes. Une teinte d'encre

DES BECONNAISSANCBS. 317

de Chine ou de vert jaunâtre remplacera les hachures dans la représentation des bois, si on se sert de couleurs, tout comme une teinte de violet clair servira pour les vignes. Outre les hachures, on écrira dans l'intérieur la nature et la circonstance caractéristique du bois , c'est-à-dire s'il est taillis ou de haute futaie, fourré ou à clairières, etc.

Rochers, — Le plus difficile est la représentation des rochers , parce que leurs formes sont extrêmement variables. Un signe conventionnel ne suffit pas pour tous les cas ; il faut , plus ou moins , chercher à les imiter. Mais quand ils présentent des parois prolongées , on peut , comme dans notre dessin , se contenter de dessiner la crête et le pied de ces parois par deux lignes irrégulièrement heurtées, et jeter quelques traits en travers pour découper la bande que forment ces deux lignes. On voit à droite de notre feuille ce genre de représentation.

Habitations, — S'il fallait dessiner toutes les maisons des bourgs et des villages, comme dans un véritable levé topographique, cela prendrait un temps considérable et découragerait la plupart des officiers. Au lieu qiie , si on veut se contenter d'un simple signe qui en marque la place, la chose deviendra extrêmement facile et par conséquent praticable. Nous nous bornerons donc à représenter un village , sans nous inquiéter de sa forme véritable , par un cercle rempli de hachures serrées. Le bourg sera indiqué de même , en remplaçant le cercle par un carré. D'après cela , A est un bourg dans notre plan, B , C, D, E sont des villages. S'il importait d'avoir la forme d'un de ces villages, on en ferait un levé particulier à une plus grande échelle. La teinte rouge peut remplacer les hachures dans les habitations.

Les maisons isolées, telles que fermes, grandes cassines, relais de poste, cabarets, etc. , se dessinent à peu près dans leur forme et sans égard à l'échelle. Si l'on voulait s'y astreindre , ces objets , qui ne sont pas sans importance , resteraient inaperçus dans le plan. Un petit corps de chasse indique une maison de poste , un gobelet un cabaret. On voit, sur la gauche du plateau , le signe usité pour indiquer des moulins à vent , et plus bas , du même côté , celui des moulins à eau.

ùmmvknications. — Ce que nous avons dit des bâtiments isolés s'applique aussi aux routes et aux chemins, c'estp-à-dire, qu'il faut en exagérer beaucoup la largeur pour les rendre plus visibles. Une

318 PM flBCpHIIAI^iNCVS.

grande route , telle que («lie 4^ ^ à 9 > ^ itqpil^ése^le {mii^^^dk Irn^ ^rallèles ; de çaéine mq chemin ç^rross^tble , m lue pe)ui de D i C, avec cette seule différence quç les V^iiit^ seroat u^ peu plus lapfw^ cbé$ Le$ chemins praticables seulemeint aux petites» voitM^e^, (ebque celui de C à 8 , sont indiqués par un trait continu et une Ugpe poaotuée; les sentiers, pour les bétes de somme, par un seul Irait. Ou en voit trois qui aboutissent au bac sur la rive droite. Les distances étant fort essentielles d^ns un plan d^ \^ nature de celui dont nous nous occ^poQS, on doit les écrire (e long des r^ute^ , eptre le% objets qui s'y trouvent. Les chiffres indiqueront ^ teifips qu'uii piét«p met i parcourir les espaces çorrespondantis , à raison d'eavirun 5000 mètres par Ix^u^t^ , p^rce qu'il marche i^culément. Si ces disr tances, ^t^ien^ prises au pÂs 4u cheval, il fif^qdrait mettra ea note )a distance que parcourt le cbovat dans une heur^j «k^u d'avoir m ^nne de comparaison. Q^and il y a des chemins ooupéa par la cadre, on a soin d'écrire le nom du lieu vers lequfil iU m dirigent^ avec l'indication de sa distance, si on la connaît.

LeDfo et digues. — Ces sortes d'objets sont essei\tieH k, représenter, parce qu'une troupe peut s'en fs^çe vin abri. Si on se lK>nia(\t ^ les dessiner par deux traits parallèles, on pourrait les co^i\fondre avec un bout de route; il faut donc, po^ir éviter la ççr^fu^on ^ ^ça^ pKr l'intervalle de^ deux traits par de petites h^çh^r^. C'e^ ce qu'on voit sur la rive gauche de la civière, p^^s du pont.

Tels sont les divers signes conventionnels, au moyen desqueb ttiK otBcmr pourra , promptement et facilement ^ tracer sur le papier le résultat de ses observations d.ans une reconns^issance. Il n^e fera pas, avec cek un beau dessin , mais il fera un croquis militatre qui pourra être très-utile , si d'ailleurs le rapport des distances.et la foripe des objets y sont passablement observés. Ce croquis djoit è^'eco% piété paruneaiguiiJed'orientation dirigée syj>proximativeinent dans la ligne nord et sud , et par une échelle en mètres ou en toiles , pour mesurer les distances qui n.e sont pas cotées sur le plan. Cette échelle se déduit de l'espace qu'un homme à pied parcourt en une heure, environ 5000 mètres; chacun la fait d'après son pas. Ht , cooupe les distances sont évaluées en temps le long des routçs, il s<çra biei^ de mettre sur le plan une seconde échelle en rapport avec la p^enaière, et donnant les espaces parcourus à la minuté. Il est bon q,u,'un officier, et surtout un officier d'état-major, ait ces deux échelles respectives tracées sur une petite règle pour les cas où i^l. est appelé à faire de semblables levés , afin de s'épargner la peine de les. dresser à nouveau, chaque fois.

i|i l(«ii^t@q«l^t. quQ nous sqm^ Cf^nvçQiis (le c^l^ Wfiière de r^prQ- Si s^^ter \e% çl^oseg dans u^ crpqwiâi miliUiir^ , voyons cçinament il faut gi s'y prendre pour l'exécuter, ^'officier qui e«it chargé dç I9 reconnais- Si. «anc^, doit, s'il en a le temps, prép^r^r son papier ; il le cplle sur ^^ un carton ppnr qtie le ye^\ ne |e ^.ulèye pas ; il y rnet (e^ éclieiles , et jc: U y P^9^^ appTOximatiy^çnt , n^ais de i^nière à pouvoir être e^a- ^ ces , les villages, qui so^^t cpmpri^ dans le tef rçijn qu'il aur^i à recpn- .i; naître, four cela , il nç^^ure leqrs distances respectives sur la csirte ^. iQui il est muni , et prend auprès de3 habitants le^ informations qui ^l \vÀ sont nécessaires. C'est ayeç cette ébauche qu'il se n}e\, à l'œuvre. ^0^^ sifpposefons que le$ patTOuillesi ennemies se spient montrées ,; ^ns le paySi et qi^e l'offiçiej ait à sp p^mii^nir contre leurs entre? J,'. }M;*ises. Il est arrivé dp la veille dans Ip bourg ^ ^vec son détacl^p- I', la^nt; il y a couché et y ^ pris tous les repseigne^pents que les no- '. tat)les on? voulu lui donner si^r la contrée environnante. Il connaît , 4^à la population desi villages B , G ^ Q pt £. , leurs distances e^tre

eux et aipç endroits 0^ les ç)iemins , qni les quittant , se dirigent; il

9i^\j qu'indépendamn^ent du pont d^ la grande route, il y a encpre „ pjO.\ir passer la rivière up tac ^ trç^ille au village p , et qu'il doit ji ^i^ter en aP^ont un gué pratica^^lp 4 (a cavç^lprie. ij à consigné ces ;. renseignements dans spn gprde-pptes ^ et s est assuréd'un bon guide ^ Qvant de songer à sop repos^ Npus n'avons pas l;)espiq de dire qu'if j se sera ^rdé mJlitairement pendant la nuit , puisqp/il n'ignore ps^,

qu on a aperçu l'ennemi sur les hauteurs de {â rive droite. . ' Le lendemain , il n'attend pas qi^e le soleil soit suf l'hojfizoï^ pour j sa Qteitrp en campagne^ il ^ rassemblé son monde à l^ pointe d\^ ] jQnr. Il fait partir un petit détachement» sops les ordres d'un sopsj officier^ pour ^Uer recoi\ftaître les villages P et E ^ et s'assurer qi^'il , n'y a personne; il pn epvoie pn autre par le chemin de droite , avec w la commission de visiter la grai^de cassine , de fouiller Ip rs^vin et . d'explorer les. bords de la rivière. Ces deux détachements, qui sont ' confiés à des sous-officiers intelligents, ont ordre de rejoindrp ver^

le pont. Lui-d|iéme se met en route 9\veG le gros de la troupe , et

Î précédé d'une petite avant-garde, mpis il s'arrête une demi-heure ^ 'auberge sur la grande route , ppur donnpr le temps à ses deqx détachements de faire leur cirçpi t , et nour prendre (\es renseign ement^ ' plus précis sur le gué dont on lui a parlé ; il y envoie quelqu'un pour je sonder. Après cela , il contini^e sa route , en marquant les distances d'après sa montre et en commençant à en tracer la direction [ sur son. plan; il s'oriente d'après le nord. Arrivé au pont, il y fait i^ne halte et attend que tout son monde l'ait rejoint. 11 laisse alors le tie{^ de la trpupe à la ga^de dp pont, et continue , avec les (^eux

autres tiers , à marcher droit sur le village B , précédé de ses éciaireurset accompagné de quelques flanqueurs, qui, pourtant, ne 8*écartent pas hors de vue; il dessiae, à mesure , les portions de route parcourues , en s*orientant toujours de la même manière, et prenant sur son échelle les longueurs correspondantes au temps mis à les parcourir. Il y marque Tembranchement des chemins et sentiers , le pied et le sommet des pentes, la maison de poste , etc. Âa sujet des pentes, il faut remarquer qu'on doit diminuer la longuenr donnée par Téchelle des minutes, et cela, d'aulant plus, que la pente est plus rapide, parce que les distances horizontales, qai sont les seules qu'on puisse mettre sur le plan, sont moindres dans un terrain en pente , et qu'aussi , sur un tel terrain on parcourt moins d'espace dans un temps donné. On peut réduire d'environ un dixième, pour les pentes douces, et du double pour les pentes rapides , les longueurs données par l'échelle. L'œil , quand il est exercé à l'estimation des distances , est d'un grand secours dans ce cas. Tout militaire doit s'efforcer d'acquérir cette faculté.

Arrivé au village B, l'officier y laisse encore un tiers de son détachement , et , avec le reste , il pousse en avant jusqu'à une grande demi-lieue, pour s'assurer s'il n'arrive personne par la chaussée. C'est alors qu'il peut avoir quelque engagement avec l'ennemi. S'il rencontre une patrouille de force inférieure à la sienne, ou quelque petit poste, il l'attaque et tâche de lui Usure un ou deux prisonniers qui l'instruisent de la position des corps les plus avancés. Après avoir ainsi balayé le pays , il se rabat promptement sur le village B , et c'est alors , qu'à proprement parler, commence son travail topographique. Il se fait seulement précéder de quelques éclaireurs et ne garde auprès de lui qu'un bon sous-officier et deux ou trois soldats; le gros de sa troupe reste au village B, où elle s'établit militairement du côté où l'ennemi pourrait arriver.

L'officier se porte d'abord à la gauche du plateau vers les moulins à vent, pour voir les pentes et découvrir la campagne de ce côté. Il feit le tour du plateau et rentre au village par la maison de poste. De là il s'achemine sur le village C , avec la moitié des troupes qu'il a auprès de lui; l'autre moitié reçoit l'ordre de quitter le village, dans une heure , et d'aller prendre position au pied des pentes. L'officier, toujours convenablement éclairé , s'avance sur le chemin BC en s'arrétant un moment au haut et au bas des pentes pour en marquer la direction sur son croquis. Il a toujours soin de dessiner à mesure , les lignes qu'il parcourt , au moyen de leur orientation et des distances prises sur l'échelle. Dans le village C, il s'informe où vont les deux chemins qui en sortent, et quelles sont les distances

villages les plus rapprochés ; il écrit cela sur son plan. Il va jusl'à la rivière par le sentier, traverse le bois taillis et rentre au vil- IsKge. De cette manière, le principal coude de la rivière se trouve l^lacé sur le croquis. Du village, deux hommes doivent partir pour t^âcher de traverser le marais et d'arriver au gué; ce ne sera qu'après avoir reçu leur rapport, que TofiBcier pourra écrire le mot imfrraticahle, et le mieux encore serait de s'en assurer lui-même , s'il en avait le temps , car des subalternes se laissent facilement rebuter p»ar la difficulté , et ne poussent pas bien loin leurs recherches. De G , le détachement retourne au pont par le chemin. En passant, Tofficier détache deux cavaliers pour faire le tour des marais , passer le gué et retourner au bourg A; il estime à vue la distance du pied du coteau , et en trace la courbe sur son plan.

Après cela, il fait le tour de la petite colline, en suivant le pied des hauteurs et les sentiers ; il monte sur cette colline , d'où il découvre bien la forme de la rivière ; il dessine Tune et l'autre , et pousse jusqu'à la ferme, toujours en mesurant les distances; il met cette ferme sur son plan , et il revient une seconde fois au pont par le sentier, après avoir pris connaissance du bac et placé à vue le moulin sur la rivière.

To'ute la troupe est maintenant réunie entre le pont et les collines. Elle restera là une heure encore, pendant qiie son commandant, accompagné seulement de son guide et de quatre ou cinq cavaliers ou soldats, fera le tour des villages D et E ; elle ira ensuite l'attendre au bourg A. L'officier, en parcourant cette seconde partie de son terrain, placera à vue sur son croquis, les bois, l'étang et le ruisseau , ainsi que l'indication des aboutissants des chemins qui partent de D et de E.

Suivant que l'officier chargé de la reconnaissance sera plus ou moins expert, que sa troupe sera à pied ou à cheval *, qu'il aura été obligé de batailler avec l'ennemi, ou qu'il n'aura rencontré personne , sa journée peut être finie quand il rentre aii bourg , ou bien il lui reste encore assez de temps pour achever. Dans ce dernier cas , il laissera reposer sa troupe ; et , bien sûr qu'il est de n'avoir pas d'ennemi à craindre, il se transportera , escorté seulement de deux ou trois de ses meilleurs soldats , sur la petite montagne qui est à droite , en passant par la cassine ; du vieux château , situé sur le pain de sucre, à l'extrémité du contrefort, il découvrira parfaitement tout

* On comprend combien il est plus avantageux de faire une reconnaissance avec une troupe à cheval qu'avec une troupe à pied; mais alors il faut déterminer le rapport qui existe entre la vitesse du cheval au pas, et celle du fantassin.

332 fMS iltCONNiISSANCES.

le cours de la rivière, et pourm, en conséquence, corriger fm 4cvsin, 81 cela esl nécemiro. Il fera le tOMr des esearppgi^ti^ pguf ^ connaître la forme, qu'il tâchera d'imiter, et il cb^^cl|ars| à donner l'idée la plus exacte de la n^ont^gne par |a courbe ide apn sommet et par celle du pied , qu'il tracera sur place, seloQ ^idé^ qu'il ^'ea lajt d'après l'inspection d^ liei]x. Il 14e suivra pas le mêma cheiiùn poi|ff rentrer; mais, loi^geant le ruisseau enpais&é et le ))ord de la rivière, il mesurera la longueur de la digi|e, en poussant ju^ii'au pont. Ce n'est qu'alors que le travail de reconnaissance sera terminé. De retour à son cantonnement I ii ^ t^^tera de inettfe ^q net 90^ not£set de compléter son croquip.

Cartes , ce croqMis serait bien insuffisant si |es besoins i^ilit^irts nécessitaient un plan exapt) car Qfl ne peut pa$ espérer que, foit aussi rapidement, il pe s'y soi( pas glissé d'a^§ez forces erreurs; mais l'essentiel s'y trouve et y ^^ ifîdiqué d'qpe manière simple et claire; le général pourra, par sop n^oyen, aussi bien qu'avec un plan beaucoup plus exact et plus iipi , ponnaltfe ce qq'il liii inerte de savoir. Peut-être môme préférerai- t-il le croquis au plaa, parce que, probablepaeqt, l'échelle en ser^ plus grsinde, qu'il y aura moins de traits et par conséquent plus de clarté, et, qq'étapt fai( dans un , but spécial, il repdra peut-être pfijeu^^ )es açci^ent^ tes pipa essentiels , sous le point de vue militaire.

Oq pe^t employer iodifférep^ment le prayoïi Q19 I9 plifmojMrar le croquis miUtaire , c'est-à-dire qu'on lai^ le dessin tel qqil a été kîi sur place avec le clayon, pu que, si |e teinps le permet, on la passe au trait 9vec l'eqcre (|e Chine , et piênie pn y applique les teiqtes conventionnelle^. Hais, dans tous les cas, il convient de repasser les chiffres et les indications pour qu'ils ne s'effacent pas. A défaut 4'encre de Chipe 1 on se ^rviri[ d'encre ordinaire.

Quand on peut 9e partager 1^ besogne eptre plusieurs officiers , la l*econnaissance, quoique p|u9 étendue, se f^iit plus promptemeni: l'un reconnaH les routes en notant {es (ii^tppçea d'up lieu à un autre nar minutes de iparphe; un second suit les rivières et ruisseaux e^ iu4i<]U9nt toutes leurs particularités, largeur, profondeur, yitesse do l'eaq, hauteur des rives; uu troisième (puijle les bois, examine les villages sous le poiqt de vue de \% (téfeqse et de^ ressourpe^ de toi^t genre qu'ils peuvept pffrir, etc. Tou^ ços pfQciefs sppt Ypuni^ du même canevas sur lequel i(s font leurs croquis et inscrivent leurs notes. Mais un officier d'un grade supérieur est chargé de coordonner le tout. Il s'occupe principalement des mesures de sûreté, pendant l-expédition, et il étudie la forme générale du pays : muni de sa lunette, il se tient de préférence sur les endroits élevés d'où l'on dé-

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Itiaer^m'e delà Aille A a L\ Aille X.

DÉS RSGONNAlSSÂNGtS. 323

couvre non-seuledietifc le terrain à lever, ttïûis encore celui qui est O^upé par Tëhhëfhi. Débarrassé du travail melriuel , il met plus de ftoin à recueillir de botis i-ëtiseignements, et prend de meilleures notes.

Quelque rapide qiiê sOit bette mânièf^ de précéder, il est des cfrtoùstaiices eu elle prendrait encore trop de tetfips et où il faut, pour aitisl dire , faire sa reconnaissance au gatop. Alors on se borne à {Irëndré quelqdës hôtes , dh jette qtîelquès traits s^ur son carnet , et eiistiite éil fait tout le croquis de souvetiir« quatid on est rentré au cdtitontiemerit. C'est peutètfe de tous les taletiis d'un officier le plus utild à rarttiée^ qOe celui de savoir rendre ainsi, de souvenir, les grands traits et toutes lés circonstances essentielles d'une localité. Il est bon de 8*y eiei*cei'«

Gointtle que soit faite une recontiaissahce topogràphique, l'officier qui eii est chargé s'efforce, tant sur son croquis que dans son mémoire, de faire ressortir les avantages qu'offre le terrain sous le point de vue ttiilitaire. C'est l'objet principal de son travail. Il faut cepetidànt qil'il se prémunisse contre le penchant qu'on a souvent à exagérer ces avantages. Un obstacle qu'oti regarde comme insurmontable tie l'eét pas pour uti ennemi entreprenant : ces rochers ne sont pas inaccessibles tout affheux qu'ils paraissent, ce marais ti'est pas infranchissable, cette rivière, quoique rapide, est cepetidatit guéable , etc. Il fïiut dolic examiner ces choses avec la plus grande Attention , se mettre pour les apprécier fl la place de l'aitaqudnt , se méfier des rapports d'autrui, voi^ parsoi-méttie, ne rien négliger enfin pour se procurer des renseignements certains; car lé sort de l'armée eh peut dépendre.

lUnéraifBi, — Les reconnaissahces se sitliplifient beâtidoup quand elles se bornent à indiquer les circonstâft ces d'une route; on les appelle alors des itinéraires. Ils se font de deui manières, oti au moyen dé signes conventionnels , Où par des dotes écrites dans ud tableau ft eolonnes préparé d'avance.

On ne fait aucune marche sans qu'un officier ne soit chargé d'en dresser 1 itiuéraire. Il hote toutes les particularités de la route , ce qu'elle offre de remarquable à dl'oite et à gauche , les positions qu'on rencontre eU travers ou sur le côté; il ihdique la largeur des défilés , la roldetir des petites , ce qti'tl faudrait faire pou^ amélioi-ei' la route , etc. Les rfistataces d'ufi llefti k l'autre soht exprimées en heures de mtirche ; et , sous le nom de toiÉbéfts , ttn coitiprettd mnseulemént les maisons habitées, mais encore les gt*anges qtfi se trouvent en si grand nombre dans liotré parts. En cotiiptant , en

moyenne dix soldats par couvert , on a le nombre de soldats qu'on pourrait, au besoin , loger dans les différents endroits postés sur ritinéraire , genre de renseignement utile dans bien des cas , et en particulier lorsqu'il s'agit de répartir une troupe le long d'une route, sans que l'état-major ait eu le temps de préparer les ic^ements.

Les itinéraires de la première forme^ c'est-à-dire ceux où l'on fait usage des signes conventionnels, conjointement avec les notes écrites, se font sardes feuilles de papier de cinq à six pouces de largeur et dans la forme du modèle ci-joint. Les feuilles sont ensuite réunies pour en fiiire une seule bande comprenant la route entière, et que l'on colle sur toile pour sa conservation. Il est encore £aciie de disposer ces feuilles en cahiers ; mais il y a discontinuité dans l'itinéraire. II faut alors se rappeler que le haut d'une feuille se joint au bas de la feuille suivante , pour avoir la succession des lieux.

On commence les notes par le bas de la feuille, et Ton continue en montant , à mesure qu'on avance. Une ligne droite centrale indique la route développée; on y marque , par des carrés et par de petits ronds simples ou doubles, les lieux habités, suivant leur importance. D'autres lignes , allant à droite ou à gauche, représentent les chemins aboutissants , à côté desquels on écrit les distances jusqu'aux lieux les plus voisins. Des lignes sinueuses marquent les rivières et les ruisseaux que croise la route , etc. Chacun est d'ailleurs mettre d'adopter tels signes de convention qui lui paraîtront convenables. Ceux que je donne ici sont à peu près les mêmes que ceux employés dans le modèle d'itinéraire inséré au chapitre xi du Mè" morial pour les travaux de guerre.

La bande est partagée en trois colonnes : celle du milieu , plus étroite que les autres , est pour les signes conventionnels; celle de droite pour les observations particulières et de détail ; celle de gauche pour les observations générales.

Indépendamment des distances partielles, écrites le long de la route, l'itinéraire doit donner, à chaque endroit principal, la sonmie des distances intermédiaires et Tétat de la route d'un point à Tautre. Ces renseignements se mettent dans la colonne de gauche. On y met également ce qui concerne les propriétés défensives des positions militaires qu'on a rencontrées en chemin. Si la place manquait pour tout écrire au sujet de ces derniers renseignements, qui sont d'une haute importance , on renverrait à un cahier particulièrement consacré aux notes relatives à la partie militaire de la reconnaissance, et qui serait joint à l'itinéraire. On inscrit dans la colonne de droite les circonstances propres à chaque partie de la route, aux lieux habités, le nombre d'hommes qu'on y peut loger en maximum,

DES RECONNAISSANCKS. 325

à raison de dix par couvert , etc. Le modèle pourra servir de guide aux officiers qui auraient à faire un sembial)le travail. Ils y joindront un état sommaire récapitulant les distances des points principaux, et donnant la distance totale de la route parcourue.

Tout officier intelligent fera sans peine un itinéraire dans la forme que je viens d'indiquer; mais celui à qui elle paraîtrait encore trop compliquée , pourra se borner à écrire de simples notes dans les colonnes d'un tableau préparé d'avance, en se restreignant aux objets les plus essentiels. Je donnerai donc encore ici le modèle de ce second genre d'itinéraires tels que je les avais dressés en 4 834 pour le service des états-majors de l'armée ; ils furent fort utiles à cette époque , en raison même de leur extrême simplicité ; partout ils furent remplis régulièrement. Les tableaux étaient imprimés et formaient des cahiers de cinq pouces de large et de huit pouces de long ; chaque feuille était pliée en deux pour former le cahier.

Dans la page de gauche sont les particularités (}e la route ; dans celle de droite , les observations générales , et notamment tout ce qui a rapport aux considérations militaires, tel que positions, moyens de défense , fortifications, etc. Pour commencer Titinéraire, on écrit ces mots en tète de la première colonne : Itinéraire db X... A Y... ; on les sépare, par un trait, du reste de la colonne, dans laquelle on inscrit à mesure le nom des lieux par lesquels on passe. Les notes s'écrivent directement à la plume ; le crayon s'effacerait.

Les détails concernant les ressources d'un pays doivent faire l'objet d'états particuliers, ou tableaux statistiques ; ils compliqueraient trop les itinéraires si l'on voulait les y faire entrer. Il faut même restreindre les tableaux statistiques au strict nécessaire, si Ton veut qu'ils soient consciencieusement remplis. Quoique ces tableaux soient un peu étrangers à notre sujet, et qu'ils intéressent principalement le commissariat, nous les joindrons néanmoins aux itinéraires pour compléter le chapitre des renseignements utiles à se procurer , en faisant remarquer cette différence des uns aux autres, que les itinéraires ne concernent que la route reconnue , tandis que les états statistiques embrassent la contrée tout entière.

Les tableaux statistiques, tels qu'ils ont été employés par nos étatsmajors divisionnaires, et tels qu'on les voit page 327, forment des cahiers égaux à ceux des itinéraires. Les feuilles sont aussi pliées en deux ; à gauche sont les détails relatifs à la population et à l'industrie; à droite, les moyens de transport, les tètês de gros bétail et les observations. On met dans cette dernière colonne tout ce qui ne se trouve pas dans les autres; ainsi les forges et autres usines, qui n*ont pas de colonnes spéciales, y seront inscrites. La colonne des

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a6ri9 ne oontieni que les maisons habitées, et non les grange; parce que les tableaux statistiques doivent servir aux dislocations ratières où l'on ne loge la troupe que dans les maisons habitées^ et non à des cantonnements serr^ où on la met partout où s'offre on abri. Nous avons fait cette distinction dans les deux tableaux, en intitulant la colonne qui concerne les abris, dans Fun , couverts, dans l'autre, maiiom habitées.

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