HF
Ê ^ace occupé uniqu^nent par les tentes d'un escadron de ca< le fédérale est donc un rectangle de 56 mètres de front et de nètred de profondeur.
^ ^ : I cavalerie établit , comme l'infanterie , ses faisceaux d'armes à % ^ aètres en avant du front de bandière. Il lui faut aussi un espace 1 56 mètres jusqu'aux gardes du camp, sur le front et sur les côtés, sorte que le plateau sur lequel elle campe ne doit pas avoir moins BOO mètres de lai^ur, pour qu'elle y soit convenablement. Il en i de même pouri'inftmterie.
Les cafnps de VarHUerie s'établissent de préférence en seconde i^e. On les dispose de manière à former une enceinte dans laquelle .•a pièces, les caissons et les autres voitures qui marchent avec les batteries, puissent être parqués. Les instructions n'ont rien de bien précis à ce sujet ; elles laissent beaucoup de latitude pour l'arrangenEient à adopter ; elles s'accordent cependant sur un point , c'est que, chaque camp partiel , pour une batterie, doit offrir trois divisons distinctes. Les deux premières, à droite et à gauche du parc , sont pour les soldats du train ou canonniers conducteurs. La troisième division, placée en avant ou en arrière du parc, est destinée aux canonniers servants. Les tentes des officiers sont avec cette division. Les cuisines sont en arrière du tout pour les tenir éloignées des poudres et des fourrages. Par cette disposition, les pièces et les caissons sont sous une bonne surveillance.
Appliquons ces règles à une batterie fédérale de pièces de 42, servie par une compagnie d'artillerie, et composée comme suit * :
* Il n'y aura de différence pour une batterie d'un autre calibre que dans le * nombre des hommes, qui est plus grand parce que ces batteries sont composées de sii pièces ; mais le nombre des cbevaux est li peu près le même.
Officiera 4
Médâcin i '
Vétérinaire ( "^«« ™"« «1'°®"*" • *
Maréchaux et ouvriers 5
Trompettes 4
SouB-dfficiere et canonniers 75
Brigadiers et canonniers conducteurs »,,..»... 48
Total des hommes 438
Chevaux de selle pour officiers ........... 7
Jd, pour le vétérinaire et les sous-officiers.! . B
id. pour les trompettes ' "i
Chevaux Je trait 80
Total ded dievafox . . . 99
On voit de suite, d'après cette compo«tioii, ' qu'il doit y avoir quelques modifications à apporter aux règles de campement de Tinfanterie et de la cavalerie, pour les appliquer à Tartillerie.
4<* Le nombre des chevaux étant très-considérable par rapport à celui des conducteurs, il faut espacer les tentes, perpendiculairement au front de bandière , plus qu'on ne le feit dans la cavalerie, afin d'avoir de la place pour les fourrages et pour les chevaux aux piquets. V Les canonniers conducteurs, ayant à soigner des harnais bien plus embarrassants que l'équipage ordinaire du cavalier , ne peuvent pas être aussi nombreux dans chaque tente. 3* Les sousofficiers et les trompettes étant montés; et ayant aussi à soigner des équipages de cheval, on ne peut pas non plus èompter qu'une tente serve à quinze ou seize hommes , comme dans rinfanterie.
Voici comment on pourrait fixer ces éléments : l'intervalle entre les tentes du train serait proportionné au nombre de cibevaux, en comptant 4»,B0 par cheval aux piquets, c'eèt-â-dire que s'il y a, par exemple, dix chevaux affectés à une tenté, il faudra prendre pour chaque tente quinze métrés dans la ligné perpendiculaire au front de bandfère. On logerait par tente 6 canonniers cbnducteura,ou 40 artilleurs. Cette réduction dans le nombre des hommes sous la même tente est d^autant plus nécessaire, que Fartillérie n'est pas, comme les autres armes, appelée à un service extérieur des gardes, et que, par conséquent^ le nombre d'hommes dans les tentes est presque toujours à peu près au complet.
On voit, d'après cela, qu'il faudra 8 tentes pour le train et autant pour les canonniers servants; à quoi nous ajouterons une tente pour le vétérinaire et les deux maréchaux, une autre pour les selliers et les
trompettes, et enfin 3 pour left officiers. Gela fera en tout 21 tentes pour la compagnie entière, selon refféctif que nous avons admis.
La chose essentielle est l'arrangement du parc : il faut sacrifier toute autre convenance à sa commodité et à sa sûreté. Il doit être encadré, de droite et de gauche, par les écuries, et ouvert en avant et en arrière, pour que les voitures puissent y entrer aisément et en sortir de même.
Les voitures, rangées sur quatre* de front, les canons en première ligne, les caissons ensuite , et après, les autres voitures, occuper ront une largeur de 4 4 mètres ; un passage entre les tentes et les voitures est nécessaire de chaque côté pour isoler, autant que possible, le». caissons et faciliter les communications; chacun de des passages aura 8 mètres. Gela fera 30 mètres pour le parc. Nous prendrons autant pour chaque écurie ou fraction de camp destinée aux canonnièrs conducteurs et aux chevaux , savoir : pour les deux files de tentes , rigoles comprises, 42 mètres ; pour deux passages entre les tentes et les piquets des chevaux, 4 mètres ; pour la rue où sont les chevaux, H mètres; total, trente mètres. Ainsi les deux écuries et le pdrc occuperont 90 mètres sur le front de bandière , les trois subdivisions étant égales entre elles (voy. la figure 34). Et si Ton so rappelle qu'une batterie d^Ioyée occupe en bataille soixante à soixante et dix mètres, on verra que le pHncipe d'égalité entre le front de bandière d'un camp et ceibi â^ la troupe déployée n*est pas appliqué ici. Mais il y a peu d'inconvénient, parce que Tartillerie, ainsi que nous l'avons dit plus haut, campe derrière Tinfanterie, et est par conséquent protégée par celle-ci contre les attaques inopinées de rennemi. De sa position retirée elle peut se porter partout oti sa présence est nécessaire. '
Nous avons le front du camp d'une batterie de quatre pièces de douze ou de quatre obusiers longs de vingt-quatre; il est de quatrevingt-dix mètres. Quant à la profondeur , elle variera selon le nombre des chevaux. Il y en a 99 pour la batterie de douze; le quart est 25. Il faut donc que les écuries soient assez longues pour recevoir vingt^inq chevaux ; or, en comptant un mètre et demi par cheval, et laissant au milieu un passage de 3'°, 50 , cela fera 44 mètres, que nous porterons à 44 pour plus d'aisance. Actuellement nous placerons les huit tontes des canonnièrs conducteurs aux huit angles des deux écuries , avec les fourrages dans les intervalles , en laissant toutefois aux deux angles intérieurs, vers la queue du parc, la place
* Poor vné batterie de six pièces on mettrait les six pièces de front et on élargirait un peu le parc.
SM Ml upes Ms noopu.
fûmttàtmtè d« vMribélra, él e^ie poor la leate des tetunp B Uii et d«i mUmts. Tovtn o«b tMtil oÂl tenr&OQTOrtBres da oM des die* ▼aux , et tournent le des in fmfQ.
Lea tentes deBcanonnfers sorvantt antmt étaMiee à 20 mèCreB en arrière du parc « et plaeén irto-ft*vis les écuries sur une seule ligne, quatre à droite, quatre à gauebe. Letors ouvertures seront tournées vers le front de bandière. La tente du capitaine sera à SO mèties en arrière de celle des soldats, et placée dans le milieu de Tinter- ▼aile. Celles des lieutenants seront placées 40 mètres plus loin, derrière celle du capitaine : les unes et les autres faisant front au parc. Gette disposition a été adoptée pour que le capitaine puisse exercer aisément sa surveillanoe, et que les abords du parc ne soient pas gênés de ce côté.
En additionnant toutes les profbndeurs qui viennent d*ètre mdiquées, on trouve pour total 400 mètres. Ainsi le camp d'une batterie de douae exige un espa^ rectangulaire de quatre-vingt-dix mètres de front et de cent mètres de profondeur pour les tentes seu^ ment. On ne pourrait pas le placer à moins de trente ou quarante mètres de la queue des camps d'infanterie , et cooune ceux-ci ont cent dix mètres de profondeur, et même cent soixante en allant Jusqu'aux latrines des soldats, on voit qu'il fout un espace de 300 mètres en arrière du fhmt de bandière pour pouvoir placer ainsi TartiUsrie derrière l'inbuterie. Une batterie de six ptècea n'oceuperail pas une plus grande profondeur.
Plusieurs batteries réunies cmi^peraient sur le même alignement, en laissant seulement entre elles des tntervalleade 4 mètres, codune Ui cavalerie. Gela suffit pour le transport des fourrages.
Dans ces camps , les cuisines seront placées sur les côtés, à la bar teur des tentes d'effiders et éloignées d'elles autent que pesaible.
Nous avons dit que la troisième division d'un camp d'artillerie est quelquefois plaoée en avant du parc. Gela a beu lorsqu'on fiut camper rartillerie en première ligne : alors les canonniets servants l'établissent sur le fit>nt de bandière à la manière ordinaire , et il n'y a point de différence entre leur camp particulier et celui d'une compagnie d'infonterie , si oe n'est qu'il n'y a pas de tentes de petit étetmajor. On laisse cinquante mètres entre la tente du capiteine et le parc , qui de la sorte reste assez en arrière de la queue des camps des bataillons yoidins , pour qu'on puisse circuler avec les pièœs. On peut donc , par cette seconde disposition , enchâsser la compagnie d'artillerie entre deux bateillons d'infanterie , sans être gêné par l'étendue de son parCf et sans lui assigner d'autre espace que celui qui lui est nécessaire en bataille.
DO ftlPOB HIB TROUPBB. 3^
Quelquefois aus&i tes ehevaui et les cànonniers conducteurs sont logés dans les granges voisines; il n*y a de campés que les canon* ûiers servants. Alors ces derniers se placent comme il vient d*étre dit, et il n'y a plus de difficulté pour le paro : les bouches à feu sont rangées devant le front sur la ligne des faisceaux , t)u un peu en avant; les caissons et tes autres voitures sont rangés en arrière du camp ) à une distance convenable;
Je suis entré dans ces détails parce que les règlements, que l'on fourrait consulter, passent trop légèrement sur les camps d'artillerie ijùi sont si différents de ceux des autres armes.
Je terminerai cet article en fiaisant remarquer qu'il y a de Favan» tage, sous plusieurs rapports, à loger les soldats dans des baraques plutôt que sous la toile : 4« cela n'exige point de transport, on prend les bois sur les lieux; 2** les baraques sont plus saines que les tentes ; S"" la construction des baraques occupe le soldat et développe son intelligence. Ëtleftsefbnten feuillageaveccouverturedechaume. Quelquefois ou les construit plus solidement en charpente, quand le pays est abondant en bois. Quoi qu'il en soit, un camp en baraques ne diffère pas d'un camp en tentes, quant à la distribution inté* rieure et aux principes de rétablissement.
S 3. DKiS BIVOUACS.
Quand on ne peut pas loger une troupe dans un camp régulier, et que, pourtant , on est obligé dé là tenir rassemblée dans un but quelconque, on la fait bivouaquer.
La règle à suivre, dans l'établissement d*un bivouac, est la même que pour un campement; o'est-â^-dire que chaque troupe prend son bivouac dans Son ordre de bataille. Mais si les corps sont séparés, ils peuvent se donner du large jusqu'à occuper un front de bandière double de l'espace nécessaire pour se mettre en bataille. Avec cette étendue, on né sera jamais gêné; il est donc inutile de prendre plus de place; cela ne serait pas sans inconvénient pour le prompt rassemblement de la troupe, dans le cas d'une attaque soudaine.
Ainsi, il y a des bivouacs serrés et des bivouacs étendus, suivant les cas : les premiers se réduisent strictement en étendue à la longueur de la ligne de bataille, les autres peuvent aller jusqu'au double ; ils resteront souvent au-dessous, et n'iront jamais au delà. La ligne des feux de bivouac sera simple dans le dernier cas; elle sera double dans l'autre.
3M DU RIFOS 0IS TRODPBS.
Les fakoeaux d'armes s'établissent, comme au camp, en avant du front de bandière et sur an mène^ alignement
La première ligne de feux sera à 20 mètres des faisceaux d'armes; la seconde à 45 mètres de la première. S y aura quatre feux par compagnie, ou un feu par section : les sections împatres en première ligne, les sections paires en seconde ; et, comme, dans l'oi^ nisation fédérale, chaque compagnie occupe environ trente mètres en bataille, les léux seront à 45 mètres les uns des autres dans le sens du firent de bandière ; en sorte que les quatre feux d'une même compagnie seront aux quatre angtos d'un carré ayant 4 5 mètres de côté. Mais, dans un bivouac, ces mesures ne se prennent pas au cordeau ; le pas doit suffire : on comptera alors 30 pas de la ligne des faisceaux au centre des premiers feux, et 22 pas d'un feu à l'autre, dans les deux sens'.
Les feux des officiers s'établirent à 30 pas en arrière de ceux des soldats; il y en aura un pour cbàque compagnie ; les officiers de l'étatHoaajor du bataillon y prendront place.
Les compagnies de obasseurs formespnt, en arrière du tout et à 30 pas de distance, des bivouacs particuliers sur une seule ligne, les faisceaux d*armes en arrtère^et aussi à 30 pas des feux.
Soldats et officiers dorment à la belle étoile sur la paille, quand on peut s'en procurer, et les pieds auJeu. La cuisine se fait auxfeox du bivouac.
Si la troupe doit rester plusieurs jû|irs au même bivouac, les soldats se font des abris contre le vent et la pluie, au moyen de qneU ques perches et branches d'arbres qu'ils recouvrent de rameaux, de paille ou de planches. Ij»abri9^vent, fiiits de la sorte, s'établissent entre les feux des soldats et ceux des -officiera, <|ui doivent être alors assez recalés en Arrière pour laisser la place nécessaire à ces établissements temporaires. Les abris* vent des -officiers se construisant aussi derrière leurs feux. Il est facile de voirque, dans ce cas, le bir vouac doit être étendu 4 car, môme en faisant deux lignes d'abris sans intervalles, il n'y aurait pas de quoi plaoer tous le$ hommes dans la longueur du front, parce que, couchés, ils occupent plus de place que dans le rang , et qu'on ne peut pas défalquer les serrefiles. Il faut au moins soixante-dnq centimètres par homme, ce qui fait pour les cinq compagnies de ligne 200 mètriBS. Mais il est absolument nécessaire de ménager des intervalles entre les feuillées; ce n'est pas trop de compter un quart en sus pour cela : ainsi le
* Dans ces évaloatioDS larges et rapides, on se sert du pM natnrel de (r,TSk ^**,B0 ; une plus grande précision n'étant nullement nécessaire.
DU RBPOS D£S TROUPBS. 369
front du bivonac d'un bataillon aura poar le moins deux cent' cinquante mètres d'étendue, tandis que son front 4e bataitte n'est que de cent cinquante mètres. Il y a donc un allongement néoess^ire de cent mètres^ et,' comme lious ràvons dit, le bivouac pouri-ait s'étendre jusqu^à trots cents. Âveé deux cent ctnqtiaiit&^ètrusde front de bandière, aussi bien qu'avec trofs (Sents, les fedx seront établis sur une seule ligne, et lo bivouac offrira utie ligne Û0 faisceat» d'armes, une ligne defetn, une ligne d^abris-vesit surdeu}^ rangs, une seconde ligne de feux et une ligne d'abris pour les officiers. G^ja-se répète pour les chasseurs qui sont derrière. / . :
Si on ne pouvait pas s'étendre, il faudrait doubler les abris-vent qui se trouveraient ainsi sur quatreirangs. On doit laisser des couloirs d'au moins trois mètres de largeur entre les rangs qui formeront comme autant de ruelles longitadinaleSy recollées par les passages transversaux et perpendiculaires au front de bandière.
Autant que possible, on loge la cavalerie et le traih'dahsles granges des villages voisins, même lorsque l'infanterie eét au bivouac. Cependant, quand il faut absolument que les chévanx, aussi bien que les hommes, passent la nuit et* plein air, voici comment se dispose le bivouac d'un escadron :' le commandant le formé en ba* taille, en arrière de remplacement qu'il doit occuper; il fait rompre par pelotons à droite; les chevaux de chaque peloton sont placés sur une geule ligné, ceux du second rangs'intefcéiaht entre ceux du premier, et ils sont attachés aux piquets à la distance de 4 ",50 les uns des autres ; ils sont débridés, mais ils restent sellés toute là nuit. Les mousquetons 6u lances sont formés en faisceaux derrière chaque rangée de chevaux ; les sabrés et les brides y sont accrochés. Quand les cavaliers construisent des abris , ils pFacent contre les parois leurs armes et les brides des chevaux ; cela vaut mieux que de les laisser aux faisceaux.
Les fourrages sont placés à la droite des chevaux et dans le proloûgement de chaque rang ; les feux sont à gauche. U y a un feu par peloton , ou quatre par escadron , lesquels se trouvent à 45 mètres les uns des autres, puisque l'escadron a environ soixante mètres de front. C'est comme dans les bivouacs serrés d'infonterie.
Quand les cavaliers construiront des abris, ils trouveront assez de place sur le front de l'escadron pour les faire sur deux rangs seulement. Ils les établiront entre les chevaux et la ligne des feux.
L'artillerie ne peut pas avoir de règle fixe pour bivouaquer ; elle est obligée de se conformer aux localités; mais en aucun cas les feux ne doivent être rapprochés du parc. Un arrangement convenable, quand la place s'y prêterait, serait le suivant : 4® une seule ligne de
370 DU lirai ÏOB TAOUP».
(•Ht pour kl canonnitr» «Midiieleun et kê cmùotaiÊn iertaati; V ïm dMTAitt sur quatre mnfs* disp(»ég,' cotnmeceux du la cuy»^ lune, peqMudicttiairuBkeDt au front de baudière; 3*^ lea fourrées; 4* laa bottchti à feu, lea caisaona et lea voitiiiea parqués eu arrière 8«r deux ranga. Lea ofifeiera, ou ee répartiraient aux leux deaeanoiiniers, ou fonaeraient un feu à part devant le front. La proicMideor deoe bivouac, jukqo'aux voiturea, aérait à peu près laanéine quo celle du bivouac de Teacadron ; il faudrait doiic le mèifte eapaoe en front et en profondeur peur Tua et pour ratttra , aoixattle mètrea aur quatre-vingta environ.
S 4. aaa ckMuaamiaKTé.
Pour mettre lea troupea en cantonnement, on le& distribue dans lea villagea qui se trouvent sur le terrain occupé par les troupes : c'est la manière ordinaire de les loger en temps de guerre, et Ton fait comme on peut. Lorsque Tarmée est en marche, elle se cantonne dans Tordre où elle se trouve, chaque corps profitant des comnM)dites que lui offirent les villages, hameaux ou fermes qu'il occupe; bien entendu que cela se fait en ordre sous la surveillance des che&, sans quoi les soldats se battraient entre eux pour avoir les meilleurs logements.
Mais, lorsque l'armée doit séyoumer quelque temps, on l'étend davantage , pour moins fatiguer le pays et pour donner plus de large aux soldats qui sont ordinairement très-serrés dans les can^oniiamênts de route. Cette répartition des troupes entre les différents vii^ lages et hameaux d'une contrée, s'appelle di$loeaUon ç ^le exige tous les soins des officiers d'état-major , qui en sont ordinairemoat chargés , pour allier la sûreté avec la commodité des troupes , el l'équité qui exige de ne pas charger certainea communes plus que d'autres , surtout lorsqu'elles doivent pomrvoir À la nourriture des troupes.
Pour faire connaître les règles qu'ils ont à siûvre dans la dislocation, nous rappellerons d'abord ce que nous avons dit au sujet des cantonnements, dans le premier chapitre ; c'est qu'il faut, autant que possible, les établir derrière quelque rivière qui en rende l'attaque plus difficile. Gela est surtout nécessaire pour les quartiers d'hiver^ qui, devant être de plus longue durée, sont aussi plus étendus. Les différents corps seront assez rapprochés pour se secourir mutuellement. On désigne un lieu de rassemblement, où tous lea corps > ea
DU REPOS 0E8 TBOUPBS. 371
csas d'aftaqoe, puisgeot arriver avant TeDD^ni, les um par 4^ marches de flanc , les autres par des marches en retraite, tous se rapprochant ainsi de leurs reofôrta. Turenne fut battu à Mariendal pour avoir péché centre ces principes : voulant profiter de réioignement de l'année bavaroise, pour donner du repos à ses troupes, il les mit, ^ximme on disait alors, en qtMrtier$ derafrakhi^sement, c'est-à-dire qu'il les cantonna ; il indiqua pour point (je rassemblement un lieu à peu près central , mais œpendant encore trop près de l'ennemi. Lorsque M ereî arriva sur lui avec toutes ses forces réunies, Turenne n*eut pas le temps de rassembler les siennes; il fut enveloppé et battu. Turenae rappelait souvmt oet événement çQmme une Ê^ute qu'il se reprochait. Quand on lui parlait de sea victoires : «Vous oubliez, di8att4l, que j'ai été battu à Mariendal. »
Les différentes armes doivent être cantonnées de manière à s'appuyer réciproquement L'arllilerie se place sur les grandes routes ou à leur proximité, pour pouvoir, en tout temps , se porter rapidement là oà sa présence est nécessaire; on la couvre, autant que possible, par les corps d'in&aterie. La cavalerie est bien partout oà elle trouve du ^rrage et de l'eau, sa vitesse lui permettant de rallier en temps opportun , quels qut» soient |es cantonnements qu'elle occupe. Il &ut cependant éviter de mettre la pavalerie dans des endroits trop exposés aux surprises, parce qu'elle est moins propre que l'infanterie à repousser ce genre d'attaque.
Dans chaque cantonnement partiel ou quartier y on fixe une place d'alarmes, où toute la troupe vient se réunir au premier signal : on prend aux environs toutes les mesures de prudence usitées devait un enneoii actif et entreprenant. Ce sont surtout les corps placés à la lisière du cantonnanent général qui doivent établir un service régulier d'avant<postea; cela ne dispense pourtant pas ceux qui sont placés en arrière d'avoir aussi des gardon de sûreté. C'est une recommandatiaa que noua avons &ite souvent et que nous répétons ici pour la dernière fois.
Il faut, d'après œ qui précède, que chaque bataillon ait ^ place d'alarmes; que, daps chaque brigade, il y ait un lieu de rassemblement choisi du côté où cette brigade doit marcher pour opérer la concentratioa; que, dans chaque diviaiOUt il y en ait aussi un pris assez loin de l'ennemi pour que les brigades puissent y arriver sans crainte de se voir coupées ; qu'enfin il y ait pour toute l'armée une position désignée es arrière des cantonnements, où elle se réunira pourleoonÂat. Cette position doit être connue, noQ-seulement des commandants des divisions, mtm aussi des commandants des brigades, aia fpia ces derniers, dans le cas où des circonstances par-
372 DU RBPOS DES TBOUP£S.
ticulières les auraient empèdiés de rejoindre leurs chefe, puissent d'euY-roéoies marcher an rendez-vous général.
Les ooromunieatîons seront rendues faciles entre les divers lieux de rassemblement : à cet eflet, on réparera les ponts^ on rélargira les chemins dont la voie ne serait pas -suffisante, on en ouvrira même de nouveaux si cela est nécessaire. Quelque rivière trav^se* t-elle les cantonnements, il faut y jeter des ponts pour que les corps ne restent pas séparés ; y a-t-il des ravins profonds, difficiles à franchir, on y pratiquera dea rampes et des diaussées pour le passage de l'artillerie.
Quand les cantonnements ne sont pas couverts par une rivière non gnéable, il est bon de couper les chemins par lesquels Tennemi pourrait arriver, de construire des atmtis ou des retranchements dans les endroits les plus accessibles. Mais ce qui vaut mieux que tout cela, c'est une grande vigilance dans les avanit-postes. Toutefois l'un n*empéche pas l'autre.
Il va sans dire que les généraux ne quittent point la troupe, mais prennent leurs logements au miKeu d'elle, dans l'endroit le plus commode pour expédier des ordres. En 4694, tle comte de Tilly fut enlevé dans un château où il s'était logé, parce qu'un marais le séparait du lieu où étaient ses troupes. Pareille disgrâce est réservée aux officiers qui voudront ainsi chercher leurs aises, au lieu de penser à leur sûreté. Quand la troupe bivouaque, les généraux doivent bivouaquer avec elle; et, -s'ils ont des tentes, ils les réserveront pour mettre leurs cartes et leurs papiers à l'abri de la pluie ou de la rosée ; mais eux coucheront sur la paille comme leurs soldats. Il ne faut pas que ceux-ci puissent croire que , lorsqu'ils sont exposés à tous les genres de privations , leurs chefs savent s'y soustraire. Gela est surtout nécessaire dans une arinée de milices.
C'est le chef d'état-major de l'armée qui, en conformité des vues du général en chef, fixe les limites de l'arrondissement de chaque division, des corps de cavalerie, des parcs d'artillerie. Les généraux de division déterminent, dans leurs arrondissements respectifs, les limites où doivent se renfermer leurs brigades, leurs détachements de cavalerie, leurs batteries. Les commandants de brigades distribuent , à leur gré , les bataillons et les compagnies de carabiniers , dans les villages, hameaux, fn^mes isolées de kucs icantonnements.
Les cartes générales peuvent, à la rigueur, suffire pour préparer ces dislocations ; mais on les fait bien mieux quand on possède quelqu'une de ces belles cartes topographiques qui. ont été publiées depuis quelques années en différents pays, surtout quand elles sont accompagnées d'états statistiques donnant le nombre des couverts
de chaque lieu , aiiisi que ses principal*» ressources. Mais il faut s'attendre, malgré cela, à de nombreuses rectifications, quand la dislocation s'effectuera. C'est pourquoi il est toujours plus sûr de la préparer sur les lieux mêmes, d'après led directions générales du chef d'élat-major. Les i^fEciers des élats-majors des divisions et des hrigadesse partagent la besogne; ils dressent chacun un état de dislocatiOQ particulier, pour la partie qiii le concerne ; ils font appeler tes maires ou préfets des communes, et asseoient, de concert avec eux, leur première répartition, en ayant soin de se tenir eo garde contre la tendance de ces officiers civils à diminuer leurs ressourcée pour obtenir quelque alitement. Ils ne doivent donc pas s'«o rapporter uniquement à cp qui leur est dit, mais voir par eux-mêmes. Us visitent toutes les maisons et assignent le nombre de soldais qu'on peut y loger, sans trop de gène pour eux, et sans qu'il en résulte une chaîne trop Idhrde pour les habitants. Ils évitent, autant que possible, de. séparer les soldats d'un même bataillon ; et, pour peu qu'une attaque soit à craindre, il vaudra souvent mieux, lorsqu'un village sera trop petit pour logOT tout le monde, faire bivonaquer aux environs , et à tour de rôle, tout ce qui ne peut pas être placé dans les maisons, que de partager le liataillon pour le can> tonner dans deux villages différents.
Quand ce premier travail a reçu les rectiâcations nécessaires, chaque officier dreese un étal particulier, qu'il remet à l'adjudant de division ; celui-ci dresse un état de dislocation pour la division entière; il le dépose à l'état-major de l'armée où l'on réunit toutes les pièces semblables pour an faire un tableau général de dislocation.
II y a donc trois espèces de tableauï^ de dislocation, dont les formes différent un peu par la nature des détails qu'on y fait entrer; ceux des brigades, ceux des divisions et ceux de l'armée. Je joins ici les tôtes de ces divers tableaux, où l'on a visé à atteindre le plus grand degré possible de simplicité pour s'assurer une meilleure et plus prompte exécution.
■ de dlal*eatl*ii de i* hrICMie n
(Quartier général de la brigade.
Moins des bataillons.
Numéros des compagnies.
\ Canlonnements des compagnies.
Vv'
s? 4 MJ Ur06 DIS TBOUPIS.
à réPMM
Quartier général de la dh Quartiefs néoéram des brigades.
BalalUons.
GaalQWieMtats das floanaaniaB iadUe^ Liem da rassemililiaMBt des h^aillABa.
OtaervatkNia.
«éiiéna 4e <to l a — tt— «e Famée isé4^r«la< h Témmmmm «au...
Grand qnaraer général Quartiers généraux des dfvMons.
Quartiers génénnBC des brigadas.
TÉIM MM oaiMnn. ( Lieux da raaianiblaaicnt des hatalllnnu
Gamanneawnis dus eovpagoka inaléas.
lEapUceoientf dea pares* Obsenrati^ns.
Mm il est dgg droongtanees où Ton n'a fiag le tempg àm piépirer lies tableaux, el où It dislocation doit ae faire premptemeiit, coome par exemple dans lea eantonnementg de rooto. Il faut alors qtie dans diaqoe brigade un oflicicr d'étatHnajor, guivi des quartiers-mattra des bataillons et des foorriers des oompagnies, se transporte queques beureç d'avanee sor les lieux pour y préparer les iogemeota, d'après les directioBS générales qu*ii a reçues de l'adjodanl de <yvisiop (chef d'état-major). Voici donc, pour coatipléter te sojet, quelques détails extraits d'une dreulaire instruetionnelle adréâsée à tous les commandants divisionnaires de Tarmée, en prévision d'une grande concentration de troupes; elle devait servir dérègle pour ce cas qui est le plus embarrassant. On en aurait modifié les dispositions quand il se serait agi doeantonnements moins serrés; mais on en aurait toujours suivi l'esprit. Void ees dispositions :
4<^ On mettra toujours ensemble, non-seulement les compagnies d'un môme bataillon , mais encore les bataillons d'une même brigade, toutes les UM d^ cel9 sera possible.
2<> Lesioktots d'une néme compagnio saitmt logés ensemble, par sections ou au moins par escouades, G0 qui n'empêchera pas de
W tlPOS ras TIOUPBS. 375
mclti^ ptoiMun MOlfOnidani aira méott maison, li élis peut y saf^ fire, el saivant qu'on «si restreint {Mur l'espace.
3* Le commandant du bataillon, aree i'état-mâjor, doit, autant qii« poanble, être placé aii centre du quartier de son bataillon.
i** Les officiers des compagnies seront l<^és dans les mêmes maisons que leurs soldats, ou tout auprès.
5* Les tambours Beront logés dans le voisinage du commandant.
6* Il sera toujours désigné, près de la place d'alarme, un local pour la garde de police.
7* On choisira de préférence les granges et les chambres au res* de-chaussée des maisons habitées, hiissant le haut aux propriétaires. CZe ne sera que lorsque l'espace manquera qu'on dierdiera des lo* ^finents dans les étages supérieurs.
8* Les fourriers marqueront à la craie^ sur les portes des maisons ou des granges, les numéros des compagnies et le nombre d'hcmunes qui doivent y loger.
9^ Quand une chambre a six pas* di» largeur, on peut y faire coucher les soldats sur deux rangs, le long des grands côtés; mais si elle a moins de largeur, on ne peut les mettre que sur un seul rang. On comptera un pas par homme. Ainsi, une chambre de vingt pas de longueur pourra recevoir quarante hommes> si elle a en même temps six pas de largeur ou davantage ; elle n'en recevra que vingt, si elle a moins de six pas de largeur.
40"* La distribution des logements doit Commencer par la droite du village, en regardant l'ennemi ; c'est«à-dire que c'est là qu'on placera la première compagnie, et de proche en proche les compa*gnies suivantes, jusqu'à la gauche du village.
44<* On suivra la même règle s'il y a plusieurs bataillons réunis dans le même village. Le bataillon de droite, dans l'ordre de bataille, sera cantcmné à droite dans le village.
48*" Les sous-officiers veilleront à ce que les armes et les gibernes soient placées avec ordre dans les chambres , de manière que cha* cun puisse aisément retrouver les siennes, etc., etc.
C'est pendant les cantonnements de quelque durée qu'on s'efforce de rétablir la discipline dans les corps où, trop souvent, on ia voit s*affiiiblir dans la durée d'une campagne longue et pénible. C'est pendant les cantonnements qu'on remonte la cavalerie, qu'on com* plète les corps, qu'on régularise les distributions, qu'on met à jour \é solde des troupes, qu'on leur donne des habillements, des chaus-
* n est encore ici question de pts natorele on ordioairet de e*,TI k 0",80.
Mirea, qa'on remplace les armes détériorées. Dans les marches, on vit de ce qu'on trouve et de ce qu'on porte avec soi ; dans les cantonnements, on fait des distributions régulières ; et, pour j pourvoir (en pays ennemi), on frappe des réquisitions sur les haixtants, en proportionnant les exigences aux ressources des cominuoes.
On en calcule la quotité à raison des besoins du moment dt des premières marches qai suivront; car il est bon d'être toujours pourvu de vivres pour quelques jours, afin que la troape ne manque jamais du nécessaire ; on les renouvelle à mesure qu'on avance. Mais c'est une des choses les pins difficiles à obtenir des soldats cpie de se contenter de la ration journalière et de prévon'-le lendoBuon ; il faut donc y tenir la main avec beaucoup de rigueur/
On forme en outre des dépôts, des magasins de snhâstanee^ au moyen desquels on puisse, la campagne suivante, nourrir la tiDupe, dans la supposition que les yi^^rus viendraient à jmanquer dans le pays qu'on aura à traverser. On tire de ces magasins les suppléments, et on en fait des distributions chaque fois que l'on prend des cantonnements de quelque durée ou que le pays ne peut plus fournir à la consommation.
Si les réquisitions étendues au loin sur le pays conquis ne suffisent pas pour former les approvisionnements en question , on y pourvoit par des achats, car il ne faut pas reculer devant des sacrifices d'argent quand il s'agit de la subsistance du soldat : au milieu des privations de tout genre auxquelles il est exposer il faut qu'il voie du moins qu'on n'a rien n^ligé pour iui.jassurer son pain; alor.4, il prendra patience sans murmurer s'il s'en voit momentané: ment privé par quelqu'un de ces événements inévitables à la guerre.
Si la guerre est méthodique, rien n'entre dans les magasins de ce que fournissent les réquisitions, qui n'ait été au préalable reconnu, et dont on n'ait donné un reçu aux autorités locales. C'est au moyen de ces. reçus que les communes peuvent constater les charges qui ont pesé sur elles, et obtenir, au retour de la paix, de justes inden^ nités.
Sans ces gênes mises aux exigences des militaires, sans ces formalités tutélaires, la guerre dégénérerait bientôt «a brigamdage. Sans doute, il ne faut pas se laisser mourir de faim, dans un pays abondant; il ne faut pas, par trop de scrupule, laisser les soldats dans la souffrance ; on est en droit de faire supporter à l'ennemi les charges de la guerre. Mais, d'un autre côté, l'intérêt même, à défaut d'humanité, réclame qu'on ménage autant que possible les habitants. En n'exigeant des pays envahis que ce qu'ils peuvent fournir sans s'épuiser; en mettant beaucoup d'ordre et d'équité dans les
réquisitions, on se ménage des ressources pour ravenir, et surtout pour le cas où, par un mouvement rétrograde, on aurait à traverser une seconde fois les mêmes lieux. En ménageant les habitants, on se lie d'intérêt avec eux, on s'en fait des amis ou du moins on adoucit leur inimitié ; ils ne fuient point à votre approche ; ils partagent avec vous leur pain et leur asile. Agissez autrement : pillez, ravagez tout, forcez le timide paysan à prendre la fuite ; marchez le flambeau et la hache à la main, entourez- vous de ruines, faites un désert du pays, et, dans peu, vous serez vous-mêmes réduits à la dernière extrémité. Aujourd'hui vous nagez dans Tabondance, demain vous attend la plus affreuse misère. Ainsi donc, ménagez les habitants qui, le plus souvent, ne prennent aucune part à la guerre. Je le répète : exigez d^eux qu'ils fournissent à vos besoins, faites des réquisitions, frappez des contributions ; c'est le droit de la guerre ; mais n'usez de ce droit qu'avec une sage mesure. C'est ainsi qu'il faut entendre la maxime de Caton : La guerre nourrit la guerre.