‹ Cours de therapeutiqueChapitre 23 sur 58 · SUBSTANCES EMPLOYÉES. Î · texte numérisé non relu

SUBSTANCES EMPLOYÉES. Î

troduire sons la peaa des substances actives. Naturellenieiit, il débuta par la morphine et fut suivi dans cette voie par un certain nombre d'hommes, amateurs •'du progrès , entre autres par Ch. Hunter. En France, ce furent Béhier et Gourty qui furent les premiers initiateurs de la méthode. En Allemagne, ce fut de Grœfe. Voilà quels ont été les premiers propagateurs de la méthode nouvelle sur le continent. Aujourd'hui cette méthode est partout pratiquée. Elle tend à se répandre de plus en plus, et on peut dire que toutes les fois que Ton trouvera l'occasion d'utiliser sous cette forme les substances médicamenteuses, on ne devra pas manquer de la saisir.

Aussi, dès aujourd'hui peut-on faire une longue liste des substances que l'on emploie : la morphine, c'est par elle qu'a commencé Alex. Wood ; l'atropine, qui est constamment employée comme adjuvant de la morphine pour déterminer des phénomènes de stupeur, ou bien comme antagoniste de cette substance; l'aconitine, que j'ai moi-même le premier employée, d'abord celle de Hottot, puis celle plus pure de Doquesnel ; la quinine a été de longue date employée sous la peau, et elle a rendu ainsi des services, bien qu'il y ait beaucoup d^inconvénients à l'employer de cette façon ; puis, et cette fois sans inconvénient, le bromhydrate de quinine et de cmdionidine ; puis le curare, que Vella de Turin employa à la suite de Claude Beniard*. J'ai moi-même employé la pi- -crotoxine, puis la digitaline. L'ergotine a été récemment employée en injections, comme je l'avais fait dès 1874 contre une affection du système veineux due à une oblitération de la veine cave inférieure. Aujourd'hui on peut employer non

1. Cl. Bernard, Leçon» sur les effets des substances toxiques et médicamen" iem$e$, Paris, 1857. •» La Science expérimentale, ^^ éûiiïon. Paris, 1878,

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seulement rergotinc de Bonjean, mais aussi rergolinine; le mercure. Il y a quelques années on ne demandait qu'à Tintroduirc sous la peau. Enfin, dans ces derniers temps, on a injecté rétlier, le chloroforme, Témétine, et moi-même j'ai fait ces injections à la suite des expériences du docteur d'Ornellas sur les animaux. Je ne vous parlerai pas du tartre stibié ni de Thuile de crolon dont il a été récemment question. Mais vous le voyez, voilà un ^n\ind nombre de subslances utilisées aujourd'hui. Je le répète, là est le progrès, et plus on avancera, plus on emploiera cette niéUiode, surtout dans les élablissements nosocomiaux, où les doses peuvent être répétées beaucoup plus facilement que dans une clientèle privée, qui est forcément disséminée.

Vous avez là une indication génémle de la multiplicité des circonstances dans lesquelles on peut utiliser la méthode. Voyons de quoi elle se compose. Nous aurons à nous occuper d'abord des instruments.

Je vous ai dit qu'ils consistaient en une seringue. Seulement on lui a donné plusieurs formes. Dans le commencement, on avait une telle peur de donner des doses trop fortes, qu'on avait imaginé une seringue, dont la tige du piston portait une vis sans fin s'engageant dans un pas de vis présenté par l'obturateur du cylindre de verre. On faisait un demi-tour pour une goutte et autant de demi-tours que l'on voulait introduire de gouttes de la solution active sous la peau.

Mais vous comprenez que c'était là un procédé défectueux. Pour ma part, je ne l'ai jamais employé; je n'ai jamais voulu avoir de seringue pareille. Bien qu'à une certaine époque» en Angleterre et ailleurs, on n'usât que de cette forme, je demandai à Luër de me faire une seringue ordinaire, manœu-

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vrant par la pi^ssion. 11 mit seulement une sorte de curseur sur une tige graduée, d'où il résulte qu'en mettant le curseur sur une division quelconque on peut ainsi arrêter l'introduction du remède au moment décidé d'avance. Je le répète, cette manière de faire est préférable.

Lorsque vous voulez introduire un liquide actif par le mécanisme du pas de vis tournant, il vous arrive de ne plus savoir si vous avez fait des demi-tours ou des tours entiers. J'ai vu ceux qui s'en servaient se demander à un certain moment : Sont-ce des demi-gouttes ou des gouttes entières que j'ai injectées? Aussi à chaque instant y avait- il des erreurs commises. Et de plus, quand vous êtes obligé de tenir votre seringue et de tourner le pas de vis, vous Idchez la peau, quelquefois Taiguilte sort ou bien le liquide s'échappe ; il en résulte des difficultés de toutes sortes.

Au contraire^ lorsqu'on tient sa seringue de la main droite entre le pouce et le médius, en même temps qu'on appuie sur le piston avec l'index, on a une main libre pour maintenir le pli de la peau et l'on n'a pas a s'occuper de savoir si on donneiti trop ou trop peu de substance active. C'est évidemment le meilleur procédé, et aujourd'hui il n'est plus personne qui se serve de Fîmcienne seringue. Toutes sont conçues dans le même esprit et répondent aux indications de commodité et de rapidité que je viens d'indiquer.

Q6elles sont, maintenant, les substances employées et sous quelle forme le sont-elles? Elles se catégorisent de la manière suivante : la plupart sont des alcaloïdes, et on peut dire d'une manière générale que, les substances (ju'on doit employer sont les principes actifs les plus purs des médicaments que nous utilisons, les quintessences de Paracelse. Ce sont des principes immédiats actifs qui se partagent en deux

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catégories principales: les alcaloïdes d'un càCé, et les glucosides de Tautre. Mais ce sont presque toujours des alcaloïdes, y c(Hnpris même le curare, car malgré les doutes qui ont plané sur sa composition y ce qui agit surtout dans cette substance que je crois dérivée de la strychnine, c'est le méthyle et réthyle-strychnine : car les efTets du méthyle et de Téthylestrychnine sont tellement semblables à ceux du curare qu*on peut les considérer comme identiques, quant aux effets, avec le curare et la curarine.

Quelquefois on injecte des sels minéraux; je ne vous parlerai pas de rémétine, puisque je vous ai dit tout à Theore que ce n'était pas un véritable agent de la méthode hypodermique , et qu'elle ne pouvait être employée qu*à titre d'irritant et d'escarrificateur profond, c'est-à-dire entrer dans la méthode préconisée par Luton <•

Mais nous avons tous les sels de mercure qui ont été très fréquemment employés et qui le sont encore par un certaii nombre de praticiens. Nous avons aussi les liquides éthérés, tels que l'éther lui-même et le chloroforme, dont Tintroduotion dans la méthode n'est pas ancienne. Nous avons aussi l'huile de croton, que je ne fais que mentionner et qui ne doit pas être employée. Nous avons également les liquides alimentaires.

Ainsi on a proposé, dans un certainnombre de cas ok l'estomac ne pouvait pas suffire au travail digestif ou bien^dans le cas de rétrécissements de l'œsophage et aus» dans une foule d'autres circonstances, d'introduire sous la peau des substances nutritives. Assurément ce ne serait pas là un moyen d'entretenir les forces, la nutrition et la vie, mais celi

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