Laton, Traité des injections soui-^^tanées, Paris
l COKftlTIONS PHYSIQUES. 101
permeUndt an moins de retarder Tissue funeste. On pent introduire à cet effet différentes substances, par exemple du boailloo, i condition qu'il soit dégraissé. Mais tout de suite je ?ous fiads une déclaration, c'est que le bouillon est un alinent tite illusoire ; c'est plutôt un condiment que l'on a nommé à tort peptogène. C'est un moyen d'exciter l'estomac.
On peut anaû injecter du sérum du sang, du lait.
On poorrut aussi injecter des peptones, c'est-à-dire des substances obtenues à l'aide de la pepsine exerçant son ulion tantôt sur la matière fibrineuse du sang, tantôt sur Talbnmine ou bien sur la matière azotée des muscles. Hais il fiindrait que ces peptones fussent débandasses d'un excès de pepsine, ferment qui exercerait son action tout aussi bien sur le tissu cellulaire que sur les substances livrées à sa digestion. En somme, il n'y a pas grand fond & faire, malgré qu'on en ait dit, sur les injections hypodermiques de matièies alimentaires.
Voyons maintenant à quel état ces différentes substances peufent ôtre employées. Il est clair que les substances liqui* des peuvent être introduites sous la peau. C'est ce qui a été fidt avec Féther et le chloroforme. Ce ne sont pas là des expèrîenoes bien réussies, mais dans un certain nombre de cas, on pourrait cependant obtenir quelque sédation dans les névralgies et dans les douleurs en général.
Mais les substances solides demandent à être dissoutes, et leur solution doit autant que possible s'effectuer par l'eau. La plupart des alcaloïdes sont solubles dans l'eau, mais malheureusement ils le sont quelquefois trop peu, et il faut igouter à l'eau des substances qui sont des dissolvants plus énergiques. Je vous en citerai seulement quelques-unes. L'akooi a été souvent employé. Le chloroforme a ét6 con-
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seillé, mais il présente rinconvénient d'être irritant, cepeodant les dernières expériences doivent inspirer moins d'inquiétude. On a employé la glycérine; on s'en est servi pour diviser le calomel et permettre son introduction à Taide de la seringue de Pravaz. M. Constantin Paul a même vouIq faire de la glycérine un dissolvant d'usage usuel. C'est j assurément un bon moyen de dissolution pour un grand nombre de substances, mais c'est un alcool polyatomique, et lorsqu'on l'emploie pure ou insuffisamment diluée, elle cause une véritable irritation qui l'emporte sur celle qui serait produite par la substance active. On a même été jusqu'à proposer une solution de créosote, je ne sais vraiment pas pourquoi. Les acides, les sels alcalins ont été employés comme moyens adjuvants, avec les sels métalliques.
Beaucoup de ces dissolvants, tels que l'alcool et le chloroforme, sont très irritants ; il faut par conséquent en employer la moindre proportion possible lorsqu'on y a recours. Le meilleur serait de pouvoir faire des injections d'eau distillée; mais, comme je vous le disais, il y a un certain nombre de substances qui ne peuvent pas être prises par l'eau et qu'u faut rendre solubles à la faveur de substances souvent un peu irritantes. Pour l'alcool on peut employer des proportions assez fortes. Ainsi, dans mes débuts, pour obtenir une solution au 6' de monobromhydrate de quinine, il fallut quelquefois ajouter une proportion de 2 à3 grammes d'alcool pour 10 de véhicule. Avec cette proportion relativement considérable, je n'avais pas d'effets irritants très notables; il y avait simplement une petite production de chaleur.
J'en appelle à tous mes élèves, avec cette solution de monobromydrate de quinine , on n'obtient jamais d'irritation intense dans la région où s'est faite l'injection. Tout
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se borne à un peu de dureté et le plus souvent on ne voit pas la trace de Tendroit où Ton a fait Tinjection. Vous le voyez, puisque 3 grammes d'alcool sur dix ne produisent pas d*efrets irritants, il ne faut pas non plus trop se défier de ces actions topiques des adjuvants de l'eau. Cependant, si on allait beaucoup au delà, on pourrait arriver à une irritation vive et dans certains cas même à Tescarre. Ainsi des escarres ont été produites par de l'alcool pur, employé pour dissoudre de la quinine. Il est \rai que c'était chez un cholérique qui vomissait tout, et que ne pouvant pas obtenir de dissolution assez concentrée par d'autres moyens, j'avais employé de Talcool. Dans ce cas, les tissus étaient tellement desséchés que l'injection produisit une petite escarre superficielle.
Quelles sont les substances actives auxquelles convient Talcool comme moyen adjuvant de dissolution? Ce sont les alcaloïdes. Et cela se comprend. Vous savez que les dissolutions s'effectuent toujours entre substances voisines et les combinaisons entre substances disparates. L'alcool est assez ?oisin des alcaloïdes; en outre les alcaloïdes sont voisins des substances grasses et les substances grasses sont solubles dansFalcool; c'est donc par lalcool que l'on pourra fovoriser la dissolution des substances grasses et des rcsinoïdes.
A quoi peuvent servir les acides? Ils sont utiles pour favoriser la solution des métaux et pour rendre plus solubles les sels neutres, les sels acides étant plus solubles que les sels neutres. Vous comprenez donc que lorsqu'on ajoute de l'acide à un sel neutre, on favorise sa dissolution. A plus forte raison, quand on ajoute de l'acide à un oxyde ou à un métal. Je prends pour exemple le calomel,qui est insoluble; transformez le protochlorure en bichlorure, vous avez un
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sel soluble; de même ajoutez à du mercure assez d'adde pour le rendre soluble, vous pourrez Tintroduire par la méthode hypodermique.
Je vous en dirai autant d'un grand nombre de substances organiques. La strychnine est insoluble et ses sels sont solubles; Tati'opine Test peu et son sulfate Test beaucoup; le dilorhydrate de morphine est six ou huit fois plus soluble que la morphine. Vous voyez donc que Taddition d'un adde est un moyen de favoriser la dissolution.
Il y a cependant des cas dans lesquels cela n^exista pas: la caféine n'est pas plus soluble saliGée qu'à Tétat de liberté; mais c'est là un fait exceptionnel. Le sulfate de quinine neutre est un sel qui est peu soluble, car il n'est soluble que dans 740 parties d'eau; un gramme demande donc 740 grammes d'eau pour se dissoudre; tandis que le sulfate acide de quinine se dissout dans onze parties d'eau. Aussi art-on toajours employé du bisulfate de quinine obtenu par un procédé différent.
On croit généralement que pour avoir du bisol&te de quinine, il faut ^jouter au sulfate neutre un acide puissant comme l'acide sulfurique. Eh bien, cela n'est pas nécessaire : on obtient le sulfate acide de quinine à l'aide d'un aride faible. Celui-ci partage la base et il en résulte un sulbte acide, puisque l'acide sulfurique d'abord combiné avec toute la quantité de base, n'est plus combiné qu'avec une fraetioB.
C'est ainsi que Cl. Bernard a pu avoir une sohiUmi n 13» en ajoutant de l'acide tartrique; on pourrait ajouter également de l'acide citrique et, par conséquent, accroître dans la proportion de 11 à 740 la solubilité du sulfiite neutre de quinine.
A quoi servent les alcalins? Eh bien, les sels tels que
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les chlorures de potassium, de sodium, jouissent de la propriété de se combiner avec les sels analogues de mercure, de cuivre, en déterminant des sortes de sels nouveaux, dans lesquels ils jouent le rôle de base par rapport aux autres. De celte façon, avec du chlorure de sodium, plus du protochlorure de mercure, on a un chlorhydrate de chlorure sodomercurid. Ces sels de composition plus complexe, jouissent d'une solubilité bien plus grande que les premiers. On associe donc du chlorure de potassium aux sels des dernières sec^ tiens, pour (aire des injections sous-cutanées avec des solutions plus concentrées.
Mais outre ces adjuvants, il faut avoir égard aussi à la nécessité d'employer certaines substances qu'on appelle des correctif. Il ne suffit pas d avoir obtenu une bonne dissolution; il faut savoir que les substances actives jouissent de qualités irritantes énergiques. Les sels de mercure sont dans 08 cas. Quand vous en introduisez même de faibles proportions, vous déterminez des petits phlegmons, des furoncles, it même, dans certains cas, la gangrène. De sorte que ce serait à y renoncer, si ces accidents devaient êlre fréquents.
On a imaginé de combiner les sels de mercure avec Talbumine. On pourrait aussi employer d'autres substances albuminoîdes, le gluten, la légumine. Pour obtenir ce résultat, QD introduit le bichlorure dans une solution albn- BÛneuse. Ici se présente une particularité chimique très ÎBt&ressante, parce qu'elle fait comprendre comment certunes substances sont incorporées : il se fait un albuminate de proto ou de bichlorure, suivant le sel employé, et sous eelle forme, les substances métalliques ont perdu presque Umte leur nodvité.
Ydlà qaeb sont les oorreclifs le plus employés. A l'étran-
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ger, à Vienne, par exemple, on use encore beaucoup de ces injections. Elles ont quelques avantages, par conséquent, elles méritent d'être conservées.
La quinine a aussi son correctif. Il semble qu'il suffise de combiner les alcaloïdes du quinquina avec l'acide bromhydrique pour leur enlever tout caractère irritant. J'ai, en effel, commencé à employer les injections de bromhydralc de quinine, il y a quelques années, et j'ai vu de suite que ces injections ne donnaient lieu à aucune irritation. Lorsqu'il y eut de petits foyers de suppuration, ce fut toujours parce que les injections avaient été faites par des novices, qui frayaient une sorte de tunnel dans l'épaisseur du derme, ou bien parce que les injections avaient été faites dans des conditions de santé telles, que toute espèce de petite plaie devait tourner à suppuration.
C'est ce qui arrive chez les tuberculeux. Dans certains cns j'ai cru devoir leur injecter du bromhydrate de quinine pour modérer leur fièvre vespérale, et j'ai eu quelques abcès. Mais ces accidents sont rares, et je puis dire que, sur des milliers d'injections, il n'y a eu que cinq ou six cas dans lesquels j'aie vu des abcès.
Ce que l'acide brombydrique fait pour la quinine, il le fait pour les autres alcaloïdes du quinquina. C'est ainsi que, dans ces derniers temps, j'ai beaucoup employé les injections de bromhydrate de cinchonidine, parce que certains quinquinas de Sumatra et des Indes en fournissent beaucoup.
Lorsque l'on récolla, les cinchona succirubra poussés dans ces pays, on s'aperçut qu'ils donnaient surtout de la çinchonine; les médecins du pays virent qu'on obtenait de bons résultats, et je voulus savoir si les injections seraient inofTensives. J'en fis et je constatai qu'il en était bien ainsi.
leçon.] ACIDE BROMHYDRIQUE. 209
J*ai en ce moment dans mon service un certain nombre de malades chez lesquels il vous serait impossible, par le loucher, de savoir où ont été faites les injections : on voit simplement, à leur place, quelque chose qui ressemble à une piqûre de puce.
J'ai fait également des injections de ce qu'on appelle du quinetum. On devient si pauvre en quinquina, qu'on s'est vuiDblîgé de tout utiliser, et alors on a imaginé d'employer l'ensemble de tous les alcaloïdes fournis par les quinquinas cultivés dans les Indes orientales ; c'est là ce qu'on emploie sous le nom de quinetum.
Ces bromhydrates réunis sont tout aussi inoffcnsifs que ceux de cinchonine et de quinine. J'ai même été plus loin, car il faut tout utiliser, surtout depuis que pourl'armée russe décimée par le typhus et par des formes fébriles intermittentes, on accapare d'énormes quantitésde sulfate de quinine.
J*ai encore employé ce qu'on appelle la quinoulinc ; c'est ce qui reste lorsque l'on a traité les écorces de quinquina de façon à en extraire toute la somme des alcaloïdes cristallisables. C'est ce quelque chose de brunâtre que j'ai injecté, et j'ai obtenu d'assez bons résultats.
Ces effets n'étaient évidemment pas comparables à ceux des alcaloïdes, comme toniques et modérateurs de la fièvre. Mais enfin, mes injections furent sans inconvénients, bien que la substance employée ne me donnât pas beaucoup de confiance, en raison de sa coloration assez foncée et du trouble qu'elle présentait, car elle n'est pas limpide.
Vous voyez que l'acide bromhydrique semble enlever, par sa combinaison, les propriétés irritantes qui avaient, pendant longtemps, fait renoncer à l'emploi de ces alcaloïdes par la méthode hypodermique.
GUBLEK. Thérapeutique. ^^
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Qaels sont }es trtres des solutions ^^H faut employer? D'abord il faut nécessairement des sduttons titrées, car si vous avez des solutions faites ad libitum^ vous ne saurez jamais la valeur du moyen que vous employez. Comment nous diriger pour le titre de ces solutions? 11 fa«t, messieurs, vous rappeler ceci : c'est qu'il y a obligalioin morale et matérielle à n'employer qu^nne serînj^ée à chaque fois ; c'est-à-dire, qu'une dose doit pouvoir être contenue dans un centimètre cube. Répéter la piqûre, c'est sur un sujet un peu pusillanime répéter la douleur. Et puis, si vous êtes obligés de faire durer le traitement, vous ne trouverez plus un coin de peau qui n'ait été traversé.
La seringue elle-même présente une capacité qui n'est pas très grande, die ne contient qu'tm gramme d'eau distillée. Il est bon que l'on sache que toutes les seringues sont calibrées de la même façon.
Pourquoi, me durez-vous, ne sont-eDes pas plus grandes? parce que l'outiUage de médecin est d$jà trop considérable. La seringue ne contenant donc qu'un centimètre cube d'eau distillée, il faut y foire entrer une dose de médicameiit suffisamment active; par exemple, SO centigrammes de bromhydrate de quinine, 2 milligrammes d'atropine.
Quels sont les titres qui répondent à ces exigences ? On peut distinguer quatre degrés de concentration dos solutions qui servent en injections, et je tous prie de tenir note de ces degrés^ parce qu'ils sont faciles à retenir et qu'ils répondent à peu prés à tontes les exigences.
Vous avez d'abord les solutions très masnves, celles d'ergotine, de bromhydrate de quinine, de ctnchonidine, qui se font au 5*, parce que l'on ne peut pas aller au delà. Il est clair qu'il serait bon de pouvoir le faire , nais te
leçon.] TITRE DES SOLUTIONS. 211
solubilité de ces sais nous arrête. L'ergotioe de Bonjean est solnble au cinquiâme et même au quart. Une seringue contient 20 ou 25 centigrammes.
Il y a des solutions un peu moins denses, au dixième, celles de curare, par exemple ■ il est clair qu'il vaudrait mieux avoir la curarine, mais nous ne la possédons pas. Dans ces solutions au dixième, on a 10 centigrammes dans un centimètre cube d'eau, comme pour la conine et la conicine préparée par Mourrut, que j'ai injectée sous la peau sans obtenir énormément d'action physiologique.
Puis viennent les solutions le plus habituellement employées, les solutions au cinquantième, c'est-à-dire 2 centigrammes dans une seringuée d*un gramme ; telles sont les solutions de morphine, de vératrine, de strychnine, c'est-àdire des alcaloïdes qui s'emploient par demi-centigramme ou par centigramme. Il est évident que ce sont là des solutions très usitées et par conséquent ce titre d'une solution au 50* doit vous rester dans la mémoire.
On emploie également des solutions dix fois plus faibles, celles au 500*, pour les substances dont Tactivité est redc r table, telles que Tatropine, la duboisine, ladaturine, la nicotine, qui a été employée il y a déjà un assez grand nombre d*année6, Tésérine et enfm Taconitine, qui est l'alcaloïde le plus actif que je connaisse, puisque ses effets toxiques peuvent se fiure sentir à la dose de 1 milligram me 1/2. Ces substances peuvent s'employer en solution au 500", parce que dans la seringue vous avez 2 milligrammes et que vous pouvez toujours partager, à vue d'œîl, sa capacité en deux on en qutftre parties. Tous avez alors soit un milligramme, soh nn âemi-niilligramme de substance active.