‹ Cours de thérapeutique, professé à la Faculté de MédecineChapitre 1 sur 148 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

LIBRAIRIE J. -B. BAILLIÈRE et FILS

19, RUE HAUTEFEUILLE, PRÈS DU BOULEVARD S Al N T- G E R M A I N

PRÉFACE

A la fin du mois de juillet 1878, le Professeur Adolphe Gubler finissait la dernière leçon de son cours de semestre.

Après avoir montré aux élèves quel parti la thérapeutique pouvait tirer des sciences si improprement nommées accessoires , qu’il connaissait mieux qu’aucun médecin; après avoir placé, devant son auditoire, la science qui lui était chère, au niveau ‘de l’ensemble des connaissances humaines, à l’heure où il parlait, il ajoutait, avec ce sentiment de l’évolution de l’esprit humain qu’il est rare de trouver chez ceux qui peuvent souvent se croire autorisés à regarder leur siège comme fait définitivement et à prendre les limites actuelles de leur savoir pour les limites mêmes de la science : « La science d’aujourd’hui n’est pas celle de demain; ma science n’est pas la votre ; et vous arriverez à compren-

PRÉFACE

dre, dans un avenir plus ou moins prochain, certains phénomènes encore inexpliqués. »

Adolphe Gubler ne devait plus remonter dans cette chaire de thérapeutique qu’il avait illustrée par sa parole brillante, claire, méthodique, par ses connaissances variées , par son esprit éminemment philosophique et généralisateur.

Les derniers mots qu’il y a prononcés méritent d’être transcrits, pour leur justesse et pour la notion vraie qu’ils reflètent de la marche toujours ascendante de l’esprit humain ; mais l’appréciation que faisait ce Maître illustre de tous les germes, féconds pour l’avenir, que renfermait son enseignement éminemment personnel, était insuffisante par excès de modestie.

Ce sont en effet les générations qui viennent, qui pourront constater que la vérité de demain se trouve à l’état d’embryon dans le cours de 1878, car plus d’une idée, aujourd’hui hardie et placée dans ce cours au poste d’éclaireur, sera demain classique et appartiendra au gros des connaissances d’alors.

Gubler se trompait donc, et sa science est au contraire celle de demain.

Son enseignement est donc assuré de ne pas vieillir, et c’est ce qui m’a encouragé à accepter la tâche difficile de le publier. Tâche difficile, car bien que la parole de

PRÉFACE

vu

Gubler fût tellement correcte qu’elle pût être immédiatement transcrite, bien que la sténographie ait été faite exactement par un de ses élèves, M. Ancelin, le rédacteur devait se trouver d’autant plus gêné, qu’il sentait que toute tentative de rectification ou d’amplification ne devait avoir d’autre résultat que d’altérer une parole burinée en traits ineffaçables et à laquelle manquent seuls la physionomie, la voix, le geste, qui, eux, sont à jamais effacés.

Ce livre est donc le cours de Gubler aussi intact que possible; les lacunes et les imperfections, s’il y en a, sont imputables au seul rédacteur.

Dr Bordier.

Paris, le 15 décembre 1879.

Page 1