‹ Cours de thérapeutique, professé à la Faculté de MédecineChapitre 101 sur 148 · INJECTIONS MÉDICAMENTEUSES · texte numérisé non relu

INJECTIONS MÉDICAMENTEUSES

jours. Bennett a répété les mêmes expériences avec les mêmes résultats: cessation immédiate de la convulsion tonique, mais issue funeste clans un délai plus ou moins long.

C’est surtout à l’occasion des épidémies de choléra que ces injections intraveineuses ont été reprises. On a pensé que dans cette maladie, où la mort semblait arriver par le fait de la soustraction d’une quantité énorme de sérosité du sang, puisque c’est de la sérosité pure qui est versée dans l’intestin, à ce point que le pouls devient insensible, il serait bon d’injecter de l’eau dans les veines, mais de l’eau chargée des sels appartenant au sérum sanguin. Tel est le point de départ de ces transfusions médicamenteuses. Seulement, comme à cette époque on croyait encore que le sulfate de soude était, injecté dans les veines, un purgatif plus ou moins énergique, on l’a évité. Et alors on a employé des solutions plus ou moins diluées de chlorure de sodium et de bicarbonate de soude. Cela a donné des résultats immédiats en apparence très favorables; j’ai même vu des gens qui semblaient être relevés, chez qui la circulation recommençait, mais qui n’en succombaient pas moins, parce que l’on ne s’adressait qu’à l’un des symptômes de l’empoisonnement, et non à la cause persistante qui déterminait les accidents mortels.

On a aussi imaginé d’injecter le sérum en nature; il n’a pas donné plus que la solution de carbonate de soude. Il en a été de même de l’injection d’un certain nombre de médicaments. On a parlé de l’acide acétique. — Pourquoi ? nul ne le sait; quant au laudanum, cela se comprend, puisqu’il avait pour résultat de relever les forces. On a aussi injecté des solutions de strychnine, parce qu’il semblait qu’on dût relever le système nerveux médullaire et le galvaniser. J’ai moi-même

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fait avec le docteur Duchaussoy une injection intraveineuse de sulfate de quinine de 20 centigr. , et j’ai été témoin d’un échec complet. Le sulfate de quinine avait pourtant bien son indication comme moyen d’agir sur le système nerveux, dans une maladie qui a pu être comparée à la fièvre intermittente pernicieuse et qui se comporte de la même façon; en outre, le sulfate de quinine peut agir en même temps comme antiseptique, comme antizymotique, par conséquent avoir un double but. Malgré tout ce que nos prévisions pouvaient nous indiquer, il n’a pas eu le moindre effet utile.

Orna aussi à plusieurs reprises introduit dans les veines des purgatifs et des vomitifs, pensant que leur action en serait plus rapide. Je vous ai déjà dit que l’on se trompait à cet égard et qu’on devait obtenir des résultats naturellement médiocres, puisqu’il faut que ces substances circulent et soient éliminées pour agir sur la membrane musculaire de l’intestin et sur la muqueuse elle-même.

Enfin, un médecin allemand s’est injecté à lui-même de l’huile de ricin. On a parlé de la dose de 15 grammes. Je n’ai pas lu ce chiffre dans le texte, de telle façon que je ne puis pas garantir la dose, mais je crois qu’il s’agit de 15 grains! Quelle que soit la dose, l’opération paraît avoir été authentique : l’expérimentateur a ressenti un peu de malaise, un goût d’huile de ricin dans la bouche, quelques troubles intestinaux, des envies de vomir suivies d’effet, mais pas la moindre évacuation alvine. Par conséquent, au point de vue de l’effet cathartique, le résultat a été nul.

Quant aux sels neutres, vous savez ce que les expériences de laboratoire ont démontré : c’est qu’ils constipent et ne donnent pas lieu à des garde-robes diarrhéiques. Par conséquent, ce sont là des tentatives qui pouvaient être bonnets à une épo-

leçon.]

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