INHALATIONS OLFACTIVES
Ce mot est encore appliqué à une foule de circonstances où des substances médicamenteuses peuvent être introduites dans les voies respiratoires; mais en général cependant on réserve le nom de fumigations à l’emploi externe de vapeurs médicamenteuses.
Tantôt ce sont des vapeurs sèches, comme par exemple les bains aromatiques, tels que ceux qui sont administrés par M. Chevandier de la Drôme. On fait aussi des fumigations arsenicales, d’autres sont faites avec le sulfure de mercure. Elles sont destinées à agir sur la peau. Mais ce n’est pas surtout pour l’absorption qu’on les emploie, nous verrons plus tard ce qu’elles valent..
On emploie aussi des fumigations humides, on les emploie par exemple sur le pudendum, chez les hémorroïdaires, qui sont exposés à des congestions, et aussi chez les jeunes filles dont les règles ne viennent pas bien.
Nous devons surtout nous occuper de celles qui méritent le nom d’inhalations. Dès 1819, un médecin du nom de Rapou a fait un long travail pour démontrer l’importance de cette médication; elle a été appelée atmidatrique et aussi eispnoïque , c’est-à-dire médication respiratoire. En effet, cette méthode a des avantages considérables. Elle nepeut pas être généralisée, mais vous savez quelle importance elle a prise depuis l’emploi de la méthode anesthésique. Depuis aussi qu’un médecin français a employé la pulvérisation, cette méthode à acquis une importance nouvelle.
Je vais vous parler des inhalations de vapeurs humides ou sèches, et j’assimilerai à celles-ci les inhalations de gaz.
Je ne vous dirai rien de ces inhalations qui ne sont que des olfactions. On fait respirer à des gens sur le point de se trouver mal des substances excerçant une action vive sur la
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muqueuse de Schneider, comme l’alcali volatil, le vinaigre. Mais ceci n’a pas d’importance, ce n’est pas là un moyen d’introduire des médicaments dans l’économie. On a introduit de la vapeur d’eau; elle n’est pas en général simple, et cependant quand des sujets sont plongés dans cette atmosphère d’un bain de vapeur, ils inhalent une grande quantité d’eau. Et à vrai dire, dans un grand nombre de circonstances, c’est surtout l’eau qui agit, bien plus que les substances qu’on y ajoute. Mais enfin on n’a pas l’habitude de faire inhaler de l’eau, et pourtant il y a des circonstances dans lesquelles vous recommandez des procédés qui servent à cette inhalation. Lorsque vous avez affaire à des gens qui présentent des troubles considérables du système nerveux, dans les pays chauds, par exemple dans les régions intertropicales où l’humidité est telle que l’hygromètre marque 80 ou 90, on respire de la vapeur d’eau, mais dans les régions chaudes non tropicales, dans le sud de l’Europe, de la France, il y a des affections du système nerveux qui sont évidemment accrues par la sécheresse de l’air.
Quand j’étais au grand hôpital de Milan, pour mon compte, ayant été blessé, j’avais été placé dans une salle que longeait un petit lac. Les chirurgiens me félicitèrent d’y avoir été transporté, parce que là il n’y avait jamais de tétanos. Si bien que l’observation en ayant été faite de très longue date, les chirurgiens avaient l’habitude de faire transporter dans cette salle les blessures qui, atteignant les mains et les membres, étaient de nature à déterminer le tétanos. Ils avaient même soin de placer sous les lits des plats de terre avec de l’eau qui fournissait ainsi des vapeurs plus ou moins abondantes. C’est là un procédé qui peut être utile et que j’ai eu occasion de recommander dans le traitement du tétanos,
Leçon.]