INHALATIONS D’OPIUM
nomènes assez marqués. Vous savez que ce moyen est très usité dans la cure de l’asthme.
On peut aussi, dans les mêmes cas, employer les produits gazeux qui résultent de la combustion du papier nitré. On pourrait également employer l’amadou imprégné de nitre. Nicolas Presi a le premier employé du papier imprégné de nitrate de potasse qu’il faisait brûler sous le nez des gens asthmatiques. Ce moyen réussit souvent dans les cas où les cigarettes de datura échouent. Il est par conséquent bon â retenir.
Mais qu’est-ce qui agit dans ce cas? car on peut se dedemander comment du nitrate de potasse qui brûle peut avoir une action quelconque. Est-ce l’acide carbonique? estce le protoxyde d’azote? est-ce l’oxygène qui est actif? 11 est probable qu’il y a un peu de tout cela, mais que c’est l’oxygène et le protoxyde d’azote qui amènent les phénomènes marqués par la cessation de l’accès.
Il y a des inhalations beaucoup plus usitées surtout dans certaines régions de l’Orient, ce sont les inhalations d’opium. Vous savez combien l’usage de la fumée d’opium s’est répandu en Chine et en Orient et quelles circonstances d’origine mercantile ont poussé à cette consommation. II s’est trouvé un médecin français qui a eu l’idée d’utiliser ce pro- -cédé. M. Armand a fait construire pour cela une espèce de colonne ressemblant à une pipe, dont le fourneau de forme globuleuse est fait de terre poreuse. Sur ce fourneau on fait brûler de l’extrait d’opium et on aspire la fumée par le tuyau. Cos inhalations peuvent avoir leur utilité dans plusieurs circonstances, en raison de la rapidité avec laquelle se produisent les effets anesthésiques. Dans des cas de dyspnée intense j’ai vu se produire un calme pour ainsi dire subit.
126 MÉTHODE RESPIRATOIRE. — INHALATIONS. [Huitième
L’inhalation de trois ou quatre bouffées de cette fumée qui comprend presque tous les alcaloïdes de l’opium et surtout beaucoup de morphine, comme l’a montré Réveil, suffît à produire des effets considérables, et, en général, assez marqués pour amener le narcotisme des premières voies.
Je ne voudrais pas soutenir que ce procédé fût très facile à manier; mais il était nécessaire de vous en parler pour vous faire comprendre que la combustion ne détruit pas les alcaloïdes, et que même les choses nuisibles peuvent servir au bien lorsqu’on les emploie d’une certaine façon.
J’arrive maintenant à vous dire un mot de l’emploi de ces vapeurs d’hydrogènes carbonés, plus ou moins modifiées, qui constituent les anesthésiques proprement dits, auxquels se joint le protoxyde d’azote.
Je ne fais que vous indiquer ces inhalations que vous connaissez tous parfaitement. Il y a des inhalations de gaz proprement dits qui sont aussi fréquemment usités : le gaz carbonique , Y azote, Y air comprimé , Y oxygène. Il y a un grand nombre de sources qui dégagent une quantité énorme de gaz et qui sont toujours bouillonnantes, tellement qu’à distance il semblerait qu’elles fussent chaudes. Parmi ces sources il y en a beaucoup qui doivent ce caractère d’ébullition constante au dégagement d’acide carbonique (Vichy, Vais). Un grand nombre de sources étrangères (Kissingen) sont dans le même cas. On a employé cet acide non seulement pour faire des sortes de bains plus ou moins circonscrits, dans lesquels la tête reste au dehors, mais aussi pour faires des inhalations. Elles calment certains cas d’éréthisme des voies respiratoires. Mais l’acide carbonique n’a pas répondu aux idées qu’on s’était faites; c’est un mauvais anesthésique. Du reste les applications externes qu’on en
Leçon.]