INHALATION D’OXYGÈNE
des gens qui étaient étouffants toute la journée, qui étaient cyanosés, refroidis, avec un pouls faible, s’en allaient seuls, lorsqu’ils étaient restés un certain temps dans cette atmosphère d’oxygène pur, et restaient quelquefois cinq ou six heures sans étouffer. Puis, peu à peu, l’étouffement recommençait et ils retombaient dans leur état antérieur.
Il est entendu que ce n’est pas la provision d’oxygène qu’ils emportaient qui était la cause de cette si longue amélioration, il y avait une modification de leur système nerveux. Mais ici nous sommes dans l’hypothèse, je n’insiste pas. Je disais qu’ils emportaient une provision d’oxygène, en voici la preuve : c’est que sous l’influence de cette respiration d’oxygène, il n’v avait ni élévation de la température ni stimulation de l’appareil respiratoire, ni non plus de développement du pouls comme nombre, car non seulement le nombre de pulsations n’augmentait pas, mais il diminuait, en même temps que le pouls prenait du développement, comme cela arrive toujours dans ce cas. Et chose remarquable, pendant que se produisait cette sorte de sédation circulatoire, un de mes élèves suspendit sa respiration, et il s’aperçut qu’il la tenait suspendue pendant un temps assez long. Alors chacun de nous en fit autant, et on se mit à mesurer la différence qu’il y avait, selon qu’on avait respiré de l’oxygène ou non. Voici quelques chiffres : un de mes élèves d’alors, M. Dr Ayello, qui ne tenait sa respiration en temps ordinaire que 30 ou 35 secondes, l’a maintenue pendant 90 après avoir respiré de l’oxygène. Un autre, le docteur Powell, qui ne pouvait suspendre sa respiration que pendant 45 secondes, l’a maintenue pendant 110; il s’en fallut de peu que ce ne fût deux minutes. Je vous donne ces chiffres-là, parce que les choses ont toujours marché dans le même sens, et
AÉROTHÉRAPIE.
| Neuvième
tous tant que nous étions, nous avons toujours vu le phénomène se produire. Je dois dire que ceux qui tenaient leur respiration le plus longtemps suspendue, étaient ceux qui avaient le sang le moins riche, qui avaient de l’hypoglobulie. Qu’est-ce que cela prouve? Il est clair d’abord que ces faits sont d’accord avec ce que je vous disais du ralentissement du pouls, et cela prouve que l’oxygène inhalé, cet oxygène pur, libre, circulant à la manière de l’air, autour des sujets, ne produisait pas plus de combustion que l’air lui-même. Et cela prouve d’un autre côté, puisque après l’avoir respiré on pouvait conserver sa respiration suspendue pendant un temps plus que double, que si cet oxygène ne brûlait pas plus que l’air dans le même temps, il était cependant là à l’état de provision et qu’il permettait à la respiration de rester suspendue.
Voici une autre conséquence de ces expériences : c’est que, quelle que soit la quantité de gaz comburant introduite dans la respiration, ce gaz ne brûle qu’en proportion du nombre des globules. S’il y en a beaucoup, la proportion d’oxygène inhalé s’épuise plus vite ; s’il y en a peu , les choses marchent plus lentement et l’on peut retenir sa respiration pendant un temps plus long que dans le premier cas, et sans souffrir.
J’ajoute ce mot, parce que les sujets mis en expérience ont toujours manifesté une extrême facilité à maintenir leur respiration suspendue, c’est-à-dire qu’il semblait qu’ils eussent pu continuer encore, tout en ayant moins d’efforts à faire qu’après avoir respiré l’air. Ce sont là des faits très intéressants qui ont été revus parM. Paul Bert, qui a précisément indiqué des faits tout à fait semblables 4,toutenignorant