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EFFETS PHYSIOLOGIQUES

que soit la ténuité extrême des gouttelettes en lesquelles a été subtilisé le jet d’eau minérale, on a toujours l’influence de la température. Si on se rapproche beaucoup du jet, la température initiale va naturellement se faire sentir avec une grande intensité. Supposez que vous ayez de l’eau très froide, comme celle dont je vous parlais tout à l’heure, soit à + 4°, ou bien de l’eau très chaude vers -)- 40°, ce seront ces températures que possédera le jet pulvérisé.

Ceci vous indique qu’il est indispensable de tenir l’instrument assez loin de l’entrée de la bouche, c’est-à-dire à OylO ou 0m,15 tout au plus. C’est ici qu’intervient la condition de température initiale. Si vous vous mettez très loin du jet, l’eau même froide a pu se mettre en équilibre de température avec l’atmosphère ambiante; mais alors vous perdez dans l’espace une partie de l’eau. Si au contraire vous employez de l’eau à + 40° et si vous vous placez à une distance de 0m, 10 à 0m,15, vous avez une eau à + 30° ou -f- 32°, température excellente qu’on peut appeler indifférente, et c’est la bonne. Il ne faut pas qu’on sente de chaleur ni de froid.

Il ne faut pas qu’on perçoive de chaleur, car il pourrait en résulter une hyperhémie de toutes les surfaces touchées. .IL ne faut pas que l’on sente le froid, sans quoi on obtient tous les effets de la douche locale. De même qu’à la suite de la douche périphérique vous voyez le retrait vasculaire, la chair de poule, et après, instantanément, des phénomènes inverses, réactionnels, rougeur, élévation de température; de même dans l’intérieur des cavités muqueuses, vous pouvez obtenir, à l’aide de la douche froide ces premiers effets de retrait, puis des effets d’excitation qui peuvent dépasser la mesure.

gubler, Thérapeutique.

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Vous comprenez maintenant pourquoi il est indispensable d’avoir l’eau à une température déterminée : il ne faut pas qu’elle soit inférieure à -j- 22° ni supérieure à -|- 32°. Quand on ne tient pas compte de ces conditions, on expose les malades atteints de maladies chroniques simples ou de nature tuberculeuse, à des refroidissements pernicieux. On voit par exemple des sujets qui ont été envoyés je ne dis pas aux Eaux-Bonnes, où ces pratiques sont peu mises en usage, mais dans d’autres stations où l’usage des douches pulvérisées est très répandu ; on voit, dis-je, ces gens bien portants d’ailleurs qui avaient simplement quelques granulations, se refroidir et une bronchite sérieuse prendre naissance ; ou bien, s’ils avaient une bronchite chronique, on voit l’affection prendre un caractère plus intense. Par conséquent, encore une fois, il faut insister, lorsque vous donnez vos recommandations, sur la nécessité d’employer des douches à une température tiède, c’est-à-dire qui soit entre -f 25° et -(-32°.

11 y a une troisième condition, c’est la nature chimique de la substance en dissolution dans l’eau, et dont vous devez tenir un grand compte. Si, par exemple, vous prescrivez des douches pulvérisées contre des affections de la bouche, de nature syphilitique ou tuberculeuse, ou bien simplement contre des inflammations chroniques de la muqueuse buccale, pour remplacer le traitement de Trousseau, c’est-à-dire l’emploi de solutions plus ou moins astringentes telles que celles de tanin, d’iode ou de nitrate d’argent, dans ces conditions-là, il faut prendre des précautions infinies pour que ces substances qui sont très actives alors même qu’elles sont diluées, ne pénètrent pas trop profondément; car si ces précautions ne sont pas prises, il peut en résulter des irritations d’une extrême intensité. Vous savez que je vous ai

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PRÉCAUTIONS A PRENDRE

dit dans la précédente leçon, que lorsque l’on avait fait inhaler à des chiens tantôt du tanin, tantôt du perchlorure de fer, on avait vu ces substances, dans un grand nombre de circonstances, passer dans le parenchyme pulmonaire. On a vu, dans ces conditions, les animaux pris de bronchites plus ou moins généralisées, de broncho-pneumonie auxquelles ils succombaient. Trousseau a vu dans des conditions analogues, une pulvérisation de tanin déterminer les accidents les plus intenses et une véritable broncho-pneumonie s’emparer du sujet.

Quel est donc le procédé à employer pour éviter ces accidents? D’abord il y a un procédé naturel et tutélaire pour ainsi dire. Ce que je vous disais tout à l'heure de ces sortes de spasmes que produisait l’eau minérale, de cette défense que faisaient, pour ainsi dire, les organes respiratoires, je vous le dirai à plus forte raison pour les solutions douées d’une action chimique irritante.

Cette défense se traduit alors par un spasme véritable ; c’est une manière d’empêcher la pénétration du liquide dans la profondeur même des voies respiratoires. Mais vous me direz que c’est là un procédé fâcheux, défavorable en ce sens que vous n’avez pas même pénétration dans la partie supérieure des voies respiratoires.

Le procédé pour obtenir des résultats utiles, sans inconvénients, est le suivant: lorsque vous recommandez la pulvérisation d’une solution de tanin, de nitrate d’argent contre des laryngites chroniques ulcéreuses, et cela pour remplacer le pinceau, il faut que la douche soit reçue à la manière ordinaire, mais il faut prescrire au sujet de ne pas respirer quand la douche passe. Il s’arrête, puis s’expose de nouveau à la douche, de manière à ce que l’eau pulvérisée entre dans

PULVÉRISATION DES LIQUIDES

[Dixième

les parties les plus accessibles et les plus élevées des voies respiratoires, sans que, par un appel produit par la dilatation du thorax, elle ait l’occasion de pénétrer dans la profondeur. Il faut, en d’autres termes, laisser agir les douches par propulsion et non pas par appel.

Il n’est pas nécessaire de prendre toutes ces précautions contre l’action topique des eaux minérales, attendu que bien qu’elles puissent présenter des activités énormes, celles que nous employons journellement n’ont pas d’action topique considérable.

Il serait absurde de dire que les eaux minérales ne peuvent pas servir de médicament, parce qu’elles ne peuvent pas nuire, attendu qu’il y a des eaux tellement concentrées et d’une activité tellement intense qu’elles constituent de véritables poisons. Je ne vous parle pas de l’eau de Bouchaterre, qui renferme jusqu’à 0gr,20 par litre d’arséniate de soude, c’est-à-dire plus de dix fois autant que la Bourboule; mais je vous parle d’une eau que l’on appelle le Biotinto, qui renferme du sulfate d’alumine, du peroxyde de fer en quantité telle qu’on peut dire que c’est une liqueur de Villate naturelle. Si vous savez ce que produit la liqueur de Villate, vous aurez une idée de la puissance de cette eau.

Il faut donc que vous sachiez qu’il y aurait inconvénient dans certains cas à pulvériser certaines eaux minérales. Mais, encore une fois, celles que nous employons n’ont pas cette puissance topique. Quelles sont en effet ces eaux? Ce sont des eaux sulfureuses de toutes sortes, des eaux alcalines et salipes, les eaux mixtes salines et arsenicales.

Les eaux sulfureuses, ce sont les eaux sulfurées calciques et sulfhydrées; des sulfurées mixtes comme les Eaux-Bonnes qui sont intermédiaires entre les sulfurées calciques et les

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PRÉCAUTIONS A PRENDRE

sulfurées sodiques; ce sont aussi des eaux sulfurées sodiques ou calciques et alcalines tout ensemble.

Eh bien, ces eaux sont en somme peu puissantes au point de vue des effets topiques. Aussi y a-t-il grande utilité, grand profit et presque aucun inconvénient, quand on prend des précautions, à faire usage d’inhalations de ces eaux minérales. Aussi dans une foule d’établissements, en ne parlant que de ceux qui sont français, nous voyons ces inhalations d’eau pulvérisée établies depuis longtemps et très bien installées.

Pierrefonds, puis Enghien, Saint-Honoré; puis dans les Pyrénées, Eaux-Bonnes, Luchon, Gauterets, eau sulfureuse proprement dite. Pais Uriage, qui est une eau saline et un peu sulfureuse. Il en est de même à Ussel, dans le département du Gard.

Nous avons en France un certain nombre d’eaux minérales qui possèdent cette double minéralisation; elles sont sulfureuses et bitumineuses, c’est-à-dire qu’elles renferment une sorte de bitume fluide. Ces eaux ont des indications très pré cises dans un grand nombre d’affections, particulièrement dans celles de la pean»

Je ne dirai pas qu’elles soient très agréables à prendre, mois leurs bains produisent des effets excellents. On les emploie aussi sous la forme pulvérisée, et elles remplissent une double indication, elles produisent une action astringente utile, et des effets topiques particuliers dus aux principes sulfureux qu’elles contiennent.

Nous avons aussi les eaux alcalines dont notre pays est très riche : Vais, avec ses quarante et tant de sources, offre une gamme des plus marquées en principes fixes, depuis Hr, 50 jusqu’à 9 gr. par litre. - Mais nous avons aussi Vichy, qui est

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la reine de ces eaux. Dans ces deux grandes stations, on a établi des salles d’inhalation d’eau pulvérisée, qui rendent de grands services dans les affections de la gorge, et surtout dans l’arthritisme.

Vous savez que la goutte a des effets très variés. Il y a un certain nombre d’affections dues à cette diathèse, qui existent du côté des voies respiratoires et digestives; dans ces cas, les pulvérisations d’eaux minérales alcalines rendent des services réels. Nous avons aussi un certain nombre de sources que j’ai désignées sous le nom de lymphes minérales , et qui reproduisent tous les sels qui existent dans le sérum sanguin. Vous n’avez qu’à prendre de l’eau de Saint-Nectaire et du sérum sanguin, vous y retrouverez à peu près la même quantité de sels. Eh bien, ces eaux qui n’ont pas été imaginées après coup, la tradition la plus ancienne nous les montre comme servant constamment à réparer les organismes défaillants, à régénérer les gens atteints de scrofule. Ces eaux servent aussi en pulvérisation et dans des affections qui se rattachent à cette grande diathèse.

Je vous citerai dans le même ordre d’effets, Royat et la Bourboule. Ces eaux méritent d’être rapprochées des eaux de la mer.

A Arcachon, à Fécamp, à Trouville, nous avons des pulvérisations et des inhalations d’eau de mer plus ou moins finement nébulisée.

Résumons ce que nous venons de dire quant aux précautions à prendre dans les pulvérisations d’eaux minérales.

Il faut, vous disais-je, que l’eau soit à une température moyenne de -f- 25° à + 32°.

Il faut qu’elle soit aussi finement pulvérisée que possible,

Leçon.] INHALATION DU SULFATE DE QUININE. 151

afin qu’elle soit aussi pénétrante qu’elle peut l’être. Et comme les appareils n’ont pas toujours la perfection que vous pouvez désirer et qu’il faut toujours supposer que vous pouvez avoir affaire à une pulvérisation imparfaite, à des gouttelettes visibles, qui retombent facilement, voici ce qu’il faut que vous fassiez.

Il faut que le sujet soit couvert d’une sorte de camail et même quelquefois d’une sorte de robe de chambre constituée par une toile imperméable.

A ces conditions seulement vous aurez tout à la fois l’efficacité du remède, sans les refroidissements possibles, auxquels on était exposé autrefois.

Maintenant je dois vous parler de quelques applications de l’eau pulvérisée, et d’une, entre autres, faite assez récemment. C’est celle de l’inhalation d’une solution de sulfate de quinine faite chez les sujets qui ne peuvent pas le recevoir par la voie stomacale.

Il arrive fréquemment qu’à la suite d’une fièvre ayant exigé de grandes quantités de sulfate de quinine, il s’élablisse de la part de l’estomac une telle intolérance qu’il devienne inapte à en recevoir de nouvelles doses, qui cependant sont nécessaires pour guérir le malade.

Avant que nous ayons le bromhydrate de quinine, c’està-dire un moyen inoffensif d’introduire de la quinine dans le tissu cellulaire sous-cutané, on s’est ingénié pour introduire le sulfate de quinine par d’autres voies que par l’estomac : on a imaginé entre autres les inhalations de quinine.

M. Ancelon a fait pulvériser chez un malade, en deux séances dans la journée, une solution de 500 gr. d’eau contenant \ gr. de sulfate de quinine, et il a eu la satisfaction

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de voir l’accès de fièvre ne pas se reproduire, et enfin céder comme il l’eût fait à des doses ingérées par l’estomac.

Cet exemple a été imité par M. Bujon, qui a usé du même procédé et a obtenu la cessation subite de la fièvre.

Ces faits sont aujourd’hui moins intéressants depuis que nous possédons le bromhydrate de quinine, mais enfin ils ont encore un intérêt physiologique véritable.

Je vous dirai encore deux mots des annexes de cette grande méthode de la pulvérisation.

On a employé les pulvérisations de solutions artificielles ou d’eaux minérales pour autre chose que des inhalations.

Ainsi on a fait établir des pulvérisations qui rendent des services dans un certain nombre de cas, entre autres dans les affections oculaires anciennes et qui ont résisté jusque-là.

Ces douches pulvérisées sur les paupières écartées ont donné de bons résultats.

M. Pigeaux a imaginé de traiter un certain nombre d’endométrites par des pulvérisations de nitrate d’argent. Elles lui ont donné certains succès.

11 devait en être ainsi : d’abord la douche pulvérisée n’a pAS celte violence des injections proprement dites; elle ne donne pas lieu à ces pénétrations dans l’intérieur des cavités tubaires, et par conséquent elle ne produit pas ces accidents plus ou moins graves et quelquefois mortels que produisent les substances actives; de plus, par le fait même de ce poudroiement, toute la surface de la cavité utérine se trouve touchée par le médicament.

Si on emploie une solution plus ou moins concentrée, on obtient une pulvérisation qui est favorable dans un certain nombre de cas de ces affections velvétiques, c’est-à-dire quand

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AQUAPUNCTURE.

la muqueuse présente le caractère du velours, quand elle est très vascularisée, très saignante.

Mais lorsqu’il y a des fongosités, il est évident qu’il vaut mieux suivre le procédé de M. Richet, qui n’est autre que celui de Lallemand, de Monpellier, et qui consiste dans l’introduction d’un porte-caustique façonné de façon à tout cautériser.

Je n’ajoute plus qu’un mot, relativement à ce que l’on appelait l’aquapuncture.

On avait imaginé d’employer la puissance d’un jet d’eau très fin, obtenu à l’aide de pressions qui n’étaient pas moindres de 4 à 5 atmosphères, pour percuter la surface de la peau et obtenir non seulement un picotement, non seulement une rougeur plus ou moins vive, sur le point qui était le siège de la percussion, mais aussi pour perforer la peau.

Il y a quelques années, j’ai rendu mon auditoire témoin de ces effets en traversant devant lui un cuir assez épais. Procédé, vous voyez, qui est un peu violent, dont il est difficile de mesurer l’action. Et pour obtenir quoi? A peu près les memes effets qu’à l’aide des irritants topiques les plus faciles de manier, à l’aide des piqûres d’aiguilles, et d’ailleurs souvent sans aucun résultat thérapeutique.

Je devrais vous parler de ce procédé absolument inutile et d’ailleurs oublié, on peut le dire, de la majorité du public.

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