DIXIÈME LEÇON
Pulvérisation des Liquides
Altérations chimiques des eaux minérales pulvérisées.
Action physiologique des douches pulvérisées : percussion, température, composition chimique, précautions à prendre, pulvérisation pulmonaire des solutions de sulfate de quinine.
Pulvérisations oculaires, utérines.
Aquapuncture.
Messieurs,
Voyons maintenant quelles sont les altérations chimiques que peuvent subir les eaux minérales pulvérisées. On a pensé que les eaux poudroyées devaient subir Faction de l’oxygène à un haut degré; Ossian Henry a en effet remarqué que dans les salles de pulvérisation la proportion d’oxygène n’allait qu’à 19,5 p. 100 au lieu de 21. Seulement cette observation n’a pas toute la valeur qu’on lui attribue, attendu que dans les salles où il y a beaucoup de personnes, toujours on remarque un manque d’oxygène. Il n’est pas indispensable qu’on soit en rase campagne pour avoir la proportion normale de l’oxygène de l’air, puisque nous savons que, dans les expériences de la Sorbonne, on a trouvé toujours 20,84 d'oxygène et 79,16 d’azote; mais quand on est dans un espace tout à fait clos, il y a toujours une diminution de l’oxygène.
Néanmoins il n’en faudrait pas conclure que les substances combustibles qui sont en dissolution dans les eaux minérales, ne subissent pas l’influence de l’oxygène quand on vient à les pulvériser. Cette influence existe. Elle est manifeste autour des eaux sulfureuses et surtout des eaux sulfureuses dégéné-
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rées qui renferment des hyposulfites et de grandes proportions de sulfates. Ces eaux-là doivent ce changement précisément à l’influence comburante de l’oxygène, qui fait que le soufre passe à l’état d’acide hvposulfureux ethvposulfurique.
Parlons maintenant des effets physiologiques de ces douches pulvérisées. Ces effets sont de plusieurs sortes; il faut d’abord distinguer les effets topiques, et ces faits sont euxmêmes en rapport avec les conditions physiques d’une part et d’autre part avec la nature chimique de la substance ou des substances qui sont tenues en dissolution dans l’eau.
Du côté des conditions physiques, nous trouvons la percussion et la température.
Quand on reçoit une douche pulvérisée par des appareils moins parfaits que ceux dans lesquels l’orifice de sortie n’est pas très fin et lorsque la pression est petite, ce sont des gouttes qui sortent et qui retombent sur le sol. Lorsque l’on approche ce jet de l’intérieur de la gorge et que ces gouttes visibles viennent à heurter la paroi du pharynx, ainsi que l’entrée des voies respiratoires, tous les malades accusent une sensation particulière de picotement, qui ne peut s’expliquer que par le choc des petites gouttes qui possèdent une quantité de mouvement encore assez considérable. En même temps il se produit une excitation plus ou moins notable, excitation qui peut même donner lieu aune sorte de dyspnée à laquelle on finit par s’habituer, mais qui se traduit souvent au début par une sorte de spasme. On est saisi à la gorge, il y a une contraction véritable de tous les organes, si bien que l’on est obligé quelquefois d’arrêter l’action de l’eau. J’ajoute que lorsqu’on a affaire à une véritable nébulisation, ce phénomène ne se produit pas.
Mais quel quesoit d’ailleurs le mode de pulvérisation, quelle
Leçon.]