ABSORPTION PAR LES CAVITÉS SÉREUSES
soulagée et d’autant plus avancés dans la guérison, qu’ils présentaient des accidents en apparence plus graves. C’est-àdire que s’ils n’ont encore que des engorgements ganglionnaires, ils se trouveront bien assurément des eaux minérales toniques; mais si ce sont des sujets qui ont des trajets fistuleux, qui portent des ulcérations aux membres inférieurs et au cou, en les faisant plonger dans ces eaux stimulantes (auxquelles on ajoute encore ce qu’on nomme les eauxmères, qui sont plus fortement iodo-bromurées que l’eau elle-même), les sujets bénéficient énormément de ces bains.
Bientôt les surfaces ulcérées sont modifiées, elles rougissent, les tissus deviennent plus vifs, en même temps que les sécrétions deviennent plus rapides et prennent un caractère plus louable. En un mot les tissus sont plus fermes et les cicatrices plus régulières.
C’est là une théorie en apparence paradoxale, mais les faits sur lesquels elle s’appuie sont réels.
Ce bénéfice, ils le doivent à la présence à la périphérie du corps de surfaces qui sont capables d’absorber comme les muqueuses elles-mêmes.
Il y a aussi des circonstances dans lesquelles les cavités séreuses deviennent le siège d’absorption de médicaments. Par exemple il n’est pas rare que lorsqu’on pratique une injection dans la tunique vaginale, avec un composé d’eau et de teinture d’iode, on voie que l’absorption s’exerce quelquefois avec une telle activité par la séreuse qui a été le siège de l’injection, que les sujets sont pris d’un véritable iodisme aigu : larmoiement, coryza intense et enchifrènement tel que les malades ne peuvent plus respirer. Ce sont là des phénomènes tout à fait éventuels, ce ne sont pas des voies régulières d’introduction de médicaments.
ABSORPTION CUTANÉE
[Onzième
J’arrive à vous parler de l’introduction des médicaments par la périphérie cutanée. Il y a ici des distinctions à faire: tantôt la peau est intacte, tantôt dépourvue de son épithélium, d’autres fois l’introduction se fait dans l’épaisseur du derme ou enfin par le tissu cellulaire sous-cutané.
On peut désigner ces différentes modifications de l’introduction médicamenteuse sous les noms de : méthode diaépidermique, méthode endermique ou diadermique, méthode entodermique (celle de Lafargue de Saint-Emilion, qui dépose la substance dans l’épaisseur du derme), enfin méthode hypodermique ou sous-cutanée.
Parlons d’abord de l’introduction des médicaments par la peau intacte.
Ici se pose une question préjudicielle. La peau intacte estelle une voie d’absorption pour les médicaments? et si elle en est une, pour quelles substances et dans quelle mesure ? Cette question a été résolue en sens très divers.
C’est qu’en effet il y a des circonstances qui prouvent l’absorption par la peau intacte, et il y en a d’autres qui démontrent le contraire. 11 faut donc que nous discernions l’ivraie du bon grain.
Il faut toujours s’en référer un peu à la physiologie, et vous savez que c’est par là qu’en général je débute dans l'étude des médications. Que nous apprendrait la physiologie, s’il s’agissait d’induire la possibilité ou l’impossibilité de l’absorption des médicaments par la peau? Elle nous apprend que la peau, pourvue d’appareils très délicats, est une sentinelle vigilante qui non seulement nous avertit de ce qui peut nous nuire, mais qu’elle est le moyen à l’aide duquel nous avons la sensation du moi tellement forte, que quand son rôle est aboli on ne l’a plus. C’est dans ces conditions-là
Leçon.]