PEAU INTACTE
que sainte Thérèse et d’autres personnes ont cru qu’elles n’avaient plus un corps distinct de celui de l’univers et qu’elles se confondaient avec celui de la Divinité.
La peau a pour but de protéger le reste du corps, et vous savez quelle est sa puissance de protection, puisque alors qu’un traumatisme a produit des désordres considérables au-dessous d’elle, elle peut avoir résisté, ou du moins présenter des lésions beaucoup moindres.
La peau est en même temps un organe de sécrétion, mais c’est un organe de sécrétion excrémentitielle; ce qu’elle verse au dehors n’est pas destiné à rentrer dans l’organisme. C’est une annexe de l’appareil respiratoire, non pas que les phénomènes qui se passent à la peau soient comparables à ceux de la respiration cutanée chez les batraciens, non ; mais la peau n’en est pas moins un organe au travers duquel il se fait des échanges. C’est pour cela qu’il faut recommander la propreté, les bains, les frictions. Entretenir la fonction cutanée, c’est rendre un service notable au point de vue de l’hématose elle-même.
D’après ce que nous venons de dire de la physiologie de la peau, peut-on concevoir qu’elle soit un organe d’absorption très énergique? Non. Et même on peut dire à priori qu’elle ne doit être un moyen d’absorption que pour les substances analogues à celles qui sont échangées d’une manière normale à travers ses glandes.
Vous verrez que ce que la physiologie nous indique comme vraisemblable est démontré par l’observation des faits, et par conséquent vous voyez combien il est toujours utile de la prendre pour guide et pour flambeau quand il s’agit des questions de pathologie et de thérapeutique.
Je disais donc qu’on ne pouvait songer qu’à l’absorption
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de substances volatiles ou gazeuses. Et cependant, de toute antiquité on a appliqué sur la peau toutes les substances que l’estomac se refusait à prendre, et les expériences montrent qu’on a obtenu un certain nombre de succès qui permettaient de se faire illusion sur l’activité de cette absorption.
Il y a quatre ordres de raisonnements qui ont été faits pour appuyer la réalité de cette absorption.
On a dit : A la suite de l’application de médicaments sur la périphérie cutanée, on a vu se produire les effets physiologiques et thérapeutiques, qui auraient été le résultat de l’introduction de ces mêmes médicaments dans l’économie.
On a dit encore qu’il y avait une certaine proportion des substances appliquées sur la peau qui avaient disparu comme absorbées par elle.
On a ajouté que quand les substances avec lesquelles le corps était en contact étaient en masse assez considérable, elles pouvaient être absorbées en proportion telle, qu’il en résultât une augmentation du poids du corps.
On a dit enfin que dans un certain nombre de cas, des substances appliquées à la périphérie cutanée avaient été retrouvées soit dans le sang, soit dans l’urine.
Voilà les quatre sortes d’arguments invoqués en faveur de l’absorption cutanée. Nous allons les reprendre une à une pour voir quelle en est la valeur.
Parlons des effets qui auraient été obtenus à l’aide de médicaments appliqués à la périphérie ; il y a là un certain nombre de catégories de faits qu’il faut passer en revue.
On a d’abord noté à une époque reculée que des bains ou des cataplasmes chargés de principes émollients ou narcotiques, ou bien que des applications topiques formées par des substances ou froides ou astringentes, avaient produit
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des effets. Et on a dit que si ces substances appliquées sur le ventre ou à la périphérie du corps avaient déterminé les unes des phénomènes d’acalmie et de sédation, les autres des phénomènes de stimulation et de sédation, il était probable que ces substances avaient pénétré et étaient allées déterminer dans les régions les effets dont elles étaient capables.
On n’oubliait qu’une chose, c’est qu’il y a une sympathie de continuité et de contiguïté , comme disait John Hunter ; c’est qu’il y a des échanges incessants de stimulation et de sédation entre les éléments de deux régions voisines, en vertu de ce que j’ai désigné sous le nom de polarisation. Et cela, je le répète, explique en grande partie les phénomènes ou de calme ou de tonification produits par l’application de certaines substances sur une région déterminée.
Par exemple, s’agit-il de calmer des coliques, on met un cataplasme chaud, et l’on croit que le cataplasme est capable, par la pénétration de ses principes, de déterminer une sédation profonde! Non; on l’a obtenue par le procédé que je viens d’indiquer et par des actes réflexes auxquels toutefois on a voulu donner une trop large part. Vous pouvez relire les expériences de Schiff, lire l’ouvrage de Vulpian, et vous verrez que les phénomènes réflexes sont des plus évidents entre les différentes régions de la périphérie et les régions profondes; qu’un côté du corps est en connexion avec l’autre côté.
Déjà Brown-Séquard avait indiqué que lorsqu’on refroidissait une main, on refroidissait aussi l’autre. Mais ici il y a à distinguer. Lorsque la violence des excitations est très grande, on a des phénomènes contraires du côté des organes profonds. Si on applique un froid intense, on a une véritable
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paralysie des vaisseaux profonds qui appartiennent aux organes parenchymateux.
Cela nous rend compte de ces répercussions qui se produisent à la suite du froid intense appliqué à la périphérie. Mais, lorsque au contraire il y a une impression périphérique modérée, qu’elle soit de nature à produire un certain relâchement des vaisseaux ou un retrait vasculaire, peu importe, c’est un phénomène analogue qui se produit dans la profondeur des organes. En d’autres termes, si vous appliquez sur l’abdomen, par exemple, un corps modérément froid, vous rétracterez les vaisseaux dans les parties profondes; si vous y appliquez quelque chose de chaud, qui donne lieu à une vascularité capillaire plus grande, c’e^t un phénomène analogue qui se passe dans la profondeur. Alors, vous comprenez comment, par l’intermédiaire de ces actions réflexes, des substances qui n’exercent d’action que par leurs qualités physiques déterminent des phénomènes de sédation dans la profondeur de la région sur laquelle elles sont appliquées.
On a parlé aussi de purgations produites par l’application externe de certaines substances, et les noms les plus illustres se rattachent à des faits de ce genre. C’est ainsi que nous rencontrons ici Haller, Sœmmering, Séguin dont le nom est plus modeste. On a donc dit qu’on avait, à l’aide de substances drastiques telles que le calomel, l'huile de ricin, l’huile de croton appliqués à la périphérie cutanée, déterminé des phénomènes de purgation énergique ; que d’autres substances appliquées sur la peau avaient provoqué la sortie d’helminthes. On a accusé même les sels neutres d’avoir pu agir par la périphérie cutanée.
Je ne crois pas à ces faits, dont il y a deux catégories à
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faire : les uns qui sont tout à fait impossibles, et les autres qui, sans être impossibles, sont tout à fait invraisemblables.
| Je reprends l’histoire des sels neutres. A supposer que ces sels déposés à la surface de la peau eussent le pouvoir de produire des effets à travers elle, voyons si, absorbés, ils pourraient déterminer les effets purgatifs qu’on leur attri bue. Non.
Nous savons, depuis les expériences de Moreau répétées par Rabuteau, et nous avons aussi appris par la clinique, que lorsque des sels neutres sont introduits dans le sang, et qu’ils viennent à augmenter la proportion de ceux qui y étaient déjà, non seulement ils ne déterminent pas la purgation, mais qu’ils produisent la constipation.
Je dis qtfegious savons cela depuis longtemps, et tous les médecins qui pratiquent près des eaux minérales savent que, lorsque des eaux fortement chargées de sels et capables de purger sont prises en proportion telle que la purgation ne soit pas immédiate, que toutes les fois en un mot que les sujets résistent, non seulement alors le sujet n’est pas purgé, mais il est même constipé. C’est ce qui se voit à Carlsbad, à Hombourg, à Kissingcn, lorsque l’on prend, par demiverrées, ces eaux et qu’elles ne purgent pas : des gens qui allaient à la selle une fois par jour n’y vont plus du tout. Ces eaux sont à la fois ou purgatives ou constipantes par le procédé que voici :
Les sels n’étant pas éliminés- sont absorbés, et ils viennent grossir la proportion des sels du sang et s’opposer par là aux exhalations séreuses.
C’est ce que nous voyons également dans les stations thermales françaises qui, en plus petit nombre, sont douées de la propriété de purger, il en est ainsi à Châtel-Guyon. Nous
gubler, Thérapeutique. 11
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savons aussi que les différentes eaux employées comme purgatives, Pullna, Sedlitz, et qui abondent aujourd’hui, données en quantité insuffisante pour produire l’effet purgatif, constipent.
On donne même l’eau de Frederickschall comme reconstituante, comme moyen d’augmenter la quantité des sels du sérum, dans l’albuminurie par exemple.
Voilà donc des cas dans lesquels les phénomènes qu’on a mis sur le compte de l’absorption cutanée ne pourraient pas se produire. .
Il y en a d’autres dont la production est invraisemblable. Voici une racine drastique, la rhubarbe, dont il faut une grande quantité pour purger ; comment admettre qu’appliquée sur la peau, elle ait dû produire des effets physiologiques?
Il n’en est pas tout à fait de même du calomel et de l’huile de croton, et il y a ici des particularités qu’il faut vous signaler.
Le calomel est du sublimé doux, c’est donc une substance volatile, et si c’est une substance volatile, à+ 37°, 5 elle peut se volatiliser suffisamment pour être absorbée par les voies respiratoires.
Mais à supposer que le calomel eût pu être absorbé en petite quantité, tout au plus aurait-il produit des effets altérants. De plus il y a une coïncidence contre laquelle il faut se mettre en garde, c’est celle d’une débâcle, que l’on met à l’actif de la substance employée.
On s’est beaucoup appuyé sur les effets du croton tiglium appliqué sur la peau. C’est une substance complexe, qui renferme à la fois une huile fixe et une essence. On comprend donc que si une large friction a été faite, si le sujet reste
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sous les couvertures, cela ait pu déterminer des phénomènes d’irritation du côté du tube digestif. Mais ici, jV crois qu’on a eu affaire à des coïncidences trompeuses.
Il y a d’autres médicaments qui ont été indiqués comme pouvant s’absorber par la peau, le mercure. Oui, le mercure qui existe dans les pommades mercurielles s’absorbe, et nous verrons plus loin comment. Le mercure, quoiqu’il soit peu volatil, émet des vapeurs à 15° au-dessous de 0, et à 37° à plus forte raison.
Par conséquent on comprend très bien que lorsque l’on fait une large friction comme dans la péritonite, ou bien chez les syphilitiques, dans les deux aisselles, le malade puisse absorber assez de vapeurs pour qu’il en résulte les effets diffusés dus au mercure. Mais nous verrons tout à l’heure qu’L est absorbé par la peau.
On s’est beaucoup appuyé sur certains empoisonnements qui auraient été produits soit par de l’extrait de belladone, soit par des cataplasmes de feuilles de tabac appliqués sur le ventre. Il y a ici deux causes d’erreur.
Vous ne pouvez pas empêcher que des gens à qui on applique de l’extrait de belladone sur le ventre n’y mettent leurs mains et de là à leurs yeux, ce qui pourrait vous expliquer la dilatation pupillaire. J’ajoute que les alcaloïdes de la belladone et du tabac sont des substances volatiles.
Aussi je crois qu’il ne faut accorder aucune importance aux faits de ce genre pour admettre l’absorption cutanée.
L’iodure de potassium est aussi une substance qui a donné lieu à des modifications de constitution de burine, qui indiquaient son passage. Nous verrons comment ce phénomène se produit; mais dans tous les cas ce n’est pas l’iodure de potassium en dissolution qui peut être absorbé.
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Arsenic, cantharides, tartre stibié, voilà des substances qui, dit-on, ont été absorbées. Mais je vous ferai remarquer que toutes ces substances ne sont absorbées qu’après frictions.
Pour les cantharides, il y a d’abord irritation inflammatoire plus ou moins vive, une sérosité sécrétée qui absorbe les cantharides, puis le derme absorbe la sérosité. Ici l’absorption s’effectue sur une sérosité chargée de cantharidine, et du reste la peau n’est plus intacte.
11 en est de même pour l’arsenic, qui produit des inflammations, des escarres. Il détermine la mortification et non pas la transformation chimique des tissus, on les reconnaît encore quand ils ont été tués par l’arsenic.
Mais enfin il escarrifle, et une fois qu’il a pénétré ainsi, il peut être absorbé par les vaisseaux en connexion avec l’escarre.
J’en dirai autant du tartre stibié, qui donne lieu aces pustules que vous connaissez tous, et qui lui aussi n’est absorbé qu’après frictions.
Par conséquent ce n’est pas de la peau intacte dont il s’agit ici, et cela ne signifie rien au point de vue qui nous occupe.
J’arrive à l’argument de la disparition d’une certaine quantité de la substance placée à la surface de la peau. C’est surtout Séguin qui a introduit cette donnée nouvelle dans la science. Par malheur je ne crois pas qu’il ait là rendu un grand service et apporté des faits certains.
Il plonge son bras dans un bain local et il note que quand le bain s’est prolongé suffisamment et qu’on a d’abord pesé l’eau, il y a une diminution de son poids.'
Certainement il doit v en avoir une. Voilà un bras à une
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température de 36% vous le plongez dans un bain local, donc il doit se volatiliser une certaine proportion d’eau. Cette expérience ne vaut absolument rien.
U en a fait aussi d’autres consistant à mettre sous des verres de montres, de manière à maintenir le contact, de la résine de scammonée, du calomel, de l’émétique. Il est arrivé
ce résultat qu’il aurait vu disparaître, après dix heures d’application, un quart de grain de scammonée, deux tiers du calomel et de gomme gutte, 5 grains d’émétique sur 72.v
Croyez-vous, Messieurs, que la disparition de 0^,01 de scammonée prouve quelque chose? 11 suffit qu’on ait mal essuyé la place : O%01, c’est quelque chose de si petit!
Dans l’autre cas, je ne puis pas admettre que 5 grains d’émétique aient pu disparaître sans qu’il en soit résulté des phénomènes considérables, tels que pustules avec escarres centrales. Il aurait dù se produire tous ces effets, si l’action sur la peau avait été vraiment énergique et suffisante pour expliquer la disparition de 0s%25 de tartre stibié.
Je crois qu’il y a eu là des erreurs de pesées; imbibition de l’épithélium par la dissolution et impossibilité d'enlever la substance, adhésion de certaines substances aveclacoucne épidermique, peut-être destruction des sels, mais assurément il n’y a pas eu absorption. Et toutes les expériences que nous foisons aujourd’hui démontrent d’une manière péremptoire que l’absorption, dans ces conditions, eût été impossible.
Mais voici par exemple un grand argument, le cheval de bataille, pour ainsi dire, pendant un certain nombre d’années, de ceux qui admettaient l’absorption cutanée. Le corps augmente de poids dans un bain.
Cette augmentation n’est pas énorme, elle est de 40 ou
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50 grammes. Vous me direz que c’est beaucoup; mais moi je maintiens que c’est peu, si vous réfléchissez au phénomène qui ne peut manquer de se produire et d’enlever au bain une certaine proportion de l’eau qu’il renfermait.
En effet, vous savez qu’au bout d’un bain d’une heure et même moins, votre peau est toute ridée parce que l’épithélium est tuméfié; vous n’avez qu’à regarder vos doigts : l’épithélium est devenu blanc, opaque, comme nacré; comme il ' est gonflé, il est trop large; il en résulte un plissement comparable à celui des circonvolutions cérébrales, plissement en rapport avec le degré d’imbibition de l’épithélium. Donc l’épithélium s’imbibe à la paume des mains et à la plante des pieds, et vous ne vous faites pas une idée de ce que cette imbibition peut représenter d’eau.
S’il vous arrive d’avoir affaire à des sujets affectés de scarlatine intense, chez lesquels vous pourrez enlever un gantelet constitué par de l’épithélium, enlevez-le, et après l’avoir fait sécher et pesé, mouillez-le et pesez de nouveau. Vous verrez alors, si vous multipliez le résultat par la surface des pieds et des mains, que le chiffre obtenu suffit presque à vous rendre compte de toute la quantité d’eau qui a été absorbée dans un bain prolongé.
J’ai fait cette expérience, et j’ai vu que la quantité d’eau absorbée était considérable. MM. Delore et Hébert la firent aussi et arrivèrent aux mêmes conclusions : à savoir que, suivant toute expérience, l’eau qui reste à la surface du corps, l’eau qui imprègne les couches épidermiques des mains et des pieds, ainsi que celles de la surface du corps, est suffisante pour rendre compte de l’augmentation du poids du corps. Et puis, lorsque vous sortez d’un bain, que vous vous croyez immaculé et qu’un masseur s’empare de votre personne, il
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vous démontre que vous avez encore des grammes de matière épidermique sur le corps, matière qui n’est plus vivante, mais qui, adhérente à la surface de la peau, est encore capable d’absorber une assez grande quantité d’eau. Voilà donc un argument de plus que nous sommes forcés de mettre de côté.
Mais voici le véritable argument scientifique. C’est, comme je vous le disais, la présence dans le sang ou dans les sécrétions de substances déposées à la surface de la peau.
Il y a eu un grand nombre d’expériences faites pour établir ce passage dans le sang, et avec différentes substances, Le cyanure jaune de potassium et de fer, qu’on utilise souvent à cause de ses réactions, a été employé, et on a dit l’avoir retrouvé dans le sang et dans les sécrétions.
Je me contente ici d’exprimer un doute; je crois à la possibilité de l’absorption dans certains cas, mais il ne suffit pas que la chose soit possible, qu’on ait démontré qu’il y avait un corps plus ou moins analogue au cyanure de potassium dans l’économie, pour avoir établi d’une manière rigoureuse qu’il a été absorbé.
Rappelez-vous qu’il y a des sulfocyanures dans la salive, qu’il peut naître du bleu de Prusse aux dépens du sang. Vous voyez que ces recherches, qui reposent sur des quantités minimes de matière, sont entourées d’incertitude. Sur ce point je me contente de douter.
Les matières colorantes de la garance et de la rhubarbe ont été aussi retrouvées, dit-on. Pour nous, qui savons combien les matières colorantes de l’urine sont nombreuses, qui savons qu’il y a une indigose urinaire et des substances analogues aux matières qui dérivent de l’aniline, nous ne pouvons pas attacher de l’importance à des réactions tout
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au moins douteuses et pratiquées dans ces conditions-là.
On a dit que l’eau pénètre, non seulement parce que nous avons vu l’augmentation du poids du corps, mais parce que nous avons vu la diurèse urinaire accrue. Il n’en est rien. La diurèse urinaire est accrue, non pas parce qu’il est entré une quantité d’eau plus considérable, mais en vertu d’actions réflexes qui agissent sur la sensibilité, les vaisseaux et la tension vasculaire rénale. Et cela est si vrai qu’en même temps que les bains prolongés sont censés donner lieu à plus d’urines, ils donnent lieu à des urines alcalines. Chose étrange, si ces urines alcalines s’étaient montrées à la suite de bains d’eau de Vichy, quel bel argument! Il était évident que non seulement il y avait de l’eau absorbée, mais encore elle entraînait ses sels. Il n’y a qu’un malheur, c’est qu’avec des bains alcalins on n’a pas d’urines alcalines, mais bien avec des bains chargés d’acide nitrique ! Ce n’est donc pas l’alcali absorbé qui a donné la réaction à l’urine. Seulement j’ajoute que le fait est encore assez difficile à interpréter. Le fait est vrai, on ne peut le nier, il a été vu par plusieurs observateurs distingués. Tous ceux enfin qui se sont soumis à des bains prolongés ont observé le même fait.
Il est probable qu’il se passe dans ces conditions-là un phénomène comparable à celui qui existe dans la convalescence. Dans celle-ci, il y a une période pendant laquelle les urines sont toujours alcalines, tellement que quand vous voyez un malade en convalescence franche, avec abaissement de température, et que vous lui demandez des urines, elles sont toujours alcalines.
Il me semble que les bains prolongés produisent chez les sujets sains des conditions assez analogues, peut-être tout à
Leçon.]