EXPLICATION DES FAITS
amidonné) sous l’influence de l’acide, l’iode qui était combiné à l’état d’iodure est mis en liberté, et alors il bleuit le papier. Il est donc très simple aujourd’hui de démontrer que même sans altération de l’épithélium l’iode est absorbé par la peau.
Ce qui a lieu pour l’iode a lieu également pour toutes les substances volatiles, et vous voyez que nous arrivons ici à la confirmation de cette vue qui nous a été fournie par la considération des phénomènes physiologiques qui se passent du côté de la peau, et par laquelle j’avais débuté dans la dernière leçon.
La peau, vous disais-je, est le vicaire de l’appareil respiratoire, elle absorbe des gaz, de même elle absorbe des substances volatiles. On en a la démonstration presque rigoureuse, non pas aussi rigoureuse que celle que je viens d’exposer devant vous, relativement à l’iode, par ce que l’on ne s’est jamais mis à l’abri des causes d’erreur provenant de la possibilité de la volatilisation du mercure et de son absorption par les voies respiratoires. Néanmoins j’ai quelquefois fait faire des fiictions mercurielles très efficaces, vous le savez, dans la paume des mains, en ayant soin de les envelopper d’un appareil imperméable, et j’ai obtenu des résultats positifs relativement à l’absorption. Mais il faudrait que l’on eût un plus grand nombre d’expériences, et vous comprenez qu’il y a bien peu de syphilitiques qui se prêteraient à ce traitement.
Néanmoins, je le répète, aujourd’hui il est parfaitement démontré, rigoureusement pour certains cas, d’une manière qui se rapproche de la rigueur scientifique pour d’autres, que les substances volatiles peuvent être absorbées par la peau. Par exemple, les acides formique et valérianique
ABSORPTION CUTANÉE
[Douzième
peuvent être absorbés par les glandes sudoripares. L’ammoniaque est dans le même cas ; il en est aussi de même pour les substances volatiles telles que le musc, le camphre, le casloréum et par conséquent toutes les substances qui renferment ces principes immédiats.
Il en est ainsi pour les alcaloïdes organiques doués de volatilité, tels que l’alcaloïde de la ciguë et généralement ceux de toutes les ombellifères vireuses, cicutine, conine, conicine. Il en est de même aussi pour la nicotine, l’atropine, la duboisine, alcaloïde nouveau découvert par Gerhart en Angleterre et en France par M. Petit.
La question est de savoir comment cette absorption peut se produire. Il y a longtemps déjà que j’en ai donné la théorie. Elle a été renouvelée depuis en Allemagne, j’allais dire de moi, mais non, j’aime mieux croire qu’elle a été réinventée.
Dès 1869, je publiais un article sur ce sujet et je montrais qu’il y avait à faire là une application de la loi de diffusion des gaz qui dit : Lorsqu’un gaz arrive dans un lieu confiné, il se diffuse dans toute l’étendue de l’atmosphère de ce lieu et en proportion égale partout. Gela explique comment des gaz venant du sang se diffusent dans l’atmosphère et comment des gaz atmosphériques se diffusent dans les conduits sudoripares et peuvent être absorbés par les glandes. C’est donc la théorie de la diffusion que j’ai appliquée à des gaz particuliers.
Newman, en 1871, a émis la même pensée et a expliqué par cette diffusion l’action des gaz. Vous voyez que j’étais dans le vrai, puisque cette vérité est vue sous le même aspect par deux hommes qui ne se sont pas entendus.
N’y a-t-il donc que les substances volatiles qui puissent
Leçon. J