INDICATIONS PRATIQUES
loppées. Cette surface n’est pas à dédaigner, elle est assez considérable pour pouvoir servir à absorber des principes aclifs.
Il faut donc faire quelques petites réserves, relativement aux absorptions qui peuvent se faire, d’une façon normale chez les femmes et accidentelle chez les sujets affectés de maladies cutanées. Mais, pour en revenir aux bains arsenicaux, je tiens à vous dire que chez les sujets affectés de rhumatisme noueux, l’absorption ne s’effectue que par la peau plus ou moins dépourvue de son épiderme normal.
Quant aux substances dissoutes dans les corps gras, elles peuvent continuer à être employées, en ne comptant pas trop sur leur absorption et sur leur diffusion, et en ayant soin de favoriser cette absorption au moyen de frictions répétées, prolongées, rendant les couches profondes plus perméables aux substances actives. C’est là ce qui constitue une méthode que l’on a voulu substituer à toutes les autres.
A ces procédés mécaniques se joignent les sinapismes et tous les moyens de rubéfaction.
Quant aux gaz et aux principes volatils, je n’ai qu’à confirmer ce que je vous disais tout à l’heure, relativement à la facilité de leur absorption. C’est pour cela que de l’extrait de belladone appliqué sur le ventre a donné des effets très marqués sur les yeux, alors que rien ne pouvait faire supposer que la main du malade l’y eût transporté. Des compresses de chloroforme produisent aussi des effets, lorsqu’on les recouvre d’un tissu imperméable pour empêcher l’évaporation.
Elles ont non seulement un effet irritant, topique du premier instant, mais une action consécutive éminemment
ABSORPTION CUTANÉE
[Douzième
calmante et qui indique que le chloroforme a pénétré dans la région, probablement par absorption.
C’est pour cela que vous pouvez conseiller des bains d’acide carbonique. Ainsi à Saint-Alban, àKissingen ces bains exercent une influence marquée sur la périphérie cutanée. L’acide carbonique détermine d’abord un picotement très perceptible, puis une diminution de la sensibilité en rapport avec l’asphyxie locale.
C’est encore en raison de cette possibilité de l’absorption des substances volatiles et gazeuses, que nous utilisons si souvent les fumigations sèches, sulfureuses, arsenicales, mercurielles, Ces dernières ont repris dans ces derniers temps une importance qu’elles avaient perdue. Autrefois c’était un des moyens les plus employés contre les accidents syphilitiques secondaires, mais on y avait renoncé à cause de leurs difficultés. On y revient aujourd’hui. Elles ne deviendront certainement pas une méthode générale, mais il y a des circonstances dans lesquelles il est difficile d’employer la voie stomacale.
Vous trouvez des gens chez lesquels l’estomac est en révolte; d’autres qui ont de la diarrhée sitôt que vous leur donnez une pilule. Dans ces cas-là, même en associant le mercure aux aromatiques, on n’arrive pas à empêcher les accidents. Vous comprenez que les sujets étant déjà déglobulisés, il ne faut pas les laisser s’effondrer sous l’influence du remède. Dans ces conditions-là, les fumigations rendent de grands services. On faisait autrefois des fumigations de cinabre, on en fait aujourd’hui de calomel; je crois que ces deux moyens sont bons, même quand les lésions n’occupent pas la peau, à plus forte raison dans ce dernier cas. C’est pour cela que l’on est revenu aux frictions mercurielles qui
Leçon.]