‹ Cours de thérapeutique, professé à la Faculté de MédecineChapitre 50 sur 148 · INDICATIONS PRATIQUES · texte numérisé non relu

INDICATIONS PRATIQUES

beaucoup plus active sur les substances tenues en dissolution dans l’eau.

Dans quel ordre faudrait-il échelonner les différentes substances qui peuvent être mises en contact avec la périphérie cutanée?

Les indications pratiques sont les suivantes : les solutions des principes actifs empruntés aux règnes minéral ou organique, les solutions faites à l’aide de l’eau ne doivent pas être confiées à l’absorption cutanée, à moins qu’elles ne renferment des substances très actives, telles que l’acide acétique ou l’acide chlorhydrique ; mais ici il y a une substance éminemment active au point de vue chimique, et ce ne sont pas là les conditions dans lesquelles, en général, les malades se trouvent placés.

Par conséquent, je le répète, hormis ces conditions, il ne faut pas confier à la peau l’absorption de substances en dissolution dans l’eau.

On peut cependant confier à la peau l’absorption des substances qui sont volatiles : par exemple il n’est pas rare qu’on applique à la périphérie du corps une solution de morphine, de nicotine; dans ces conditions il peut se faire une absorption, puisqu’il y a volatilisation de la substance organique; qu’elle passe par les voies respiratoires ou par les glandes sudoripares, elle peut pénétrer dans l’économie.

Il n’v a rien à attendre non plus de ces mille moyens employés qui sont censés avoir donné de bons résultats : ainsi cataplasmes plus ou moins chargés de substances narcotiques, lotions, fomentations, bains locaux, tout cela ne peut donner que des résultats à peu près négatifs, et j’en | dirai presque autant des bains généraux. Et cela est impor- I tant, parce que, à chaque instant, vous prescrivez des

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bains avec arséniate ou carbonate de soude, ou bien des bains d’eaux minérales naturelles, toujours avec la pensée qu’une absorption plus ou moins active s’effectuera et que les principes actifs qui s’y trouvent vont produire leurs effets, comme si vous les aviez introduits par les voies digestives. Voilà l’erreur commune, erreur que tendraient à maintenir les expériences faites à Strasbourg et dans d’autres lieux. Je ne puis pas adhérer à cette manière de voir, et ici je me trouve d’accord avec des autorités nombreuses, et en particulier avec presque toute la Société d’hydrologie médicale, dans laquelle une commission a été nommée et qui est arrivée aux conclusions que je formule en ce moment : à savoir, que dans les bains il n’y a pas d’absorption, et qu’il est illusoire d’v compter. Aussi vous dirai-je avec Scoutetten qu’il ne faut point prescrire de bains arsenicaux avec la croyance que vous obtiendrez des résultats généraux, à moins, dois-je ajouter, que vous n’ayez affaire à des femmes ou à des sujets affectés de maladies cutanées plus ou moins intenses au point de vue anatomique, et ayant modifié une partie plus ou moins considérable de la périphérie, de manière à y rendre l’absorption possible.

Je m’explique. Vous avez par exemple un sujet affecté d’eczéma. Est-ce que sa peau est intacte? c’est comme s’il avait un vésicatoire. Dans ces conditions-là, il absorbera à merveille, et même défiez-vous, car si vous mettez des quantités trop considérables de principes actifs dans son bain, vous pourrez avoir des intoxications.

Vous pourrez aussi avoir des phénomènes d’absorption manifeste chez les femmes, et j’ajouterai tout de suite plutôt chez certaines femmes, celles qui ont des surfaces muqueuses considérables, des grandes et des petites lèvres très déve-

Leçon.]

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