‹ Cours de thérapeutique, professé à la Faculté de MédecineChapitre 6 sur 148 · ACTION DYNAMIQUE · texte numérisé non relu

ACTION DYNAMIQUE

a un certain nombre qui en renferment plus que d’autres. Je n’ai pas besoin d’insister; vous savez tous quelle quantité de chaleur latente existe dans l’eau ; vous connaissez le chiffre des calories qu’elle restitue quand elle se solidifie. Eh bien il y a un grand nombre de corps qui renferment également de la chaleur.

Je disais tout à l’heure que celle expression était bonne avant que l’on eût conçu la doctrine de la corrélation des forces. Aujourd’hui il faudrait dire que ce sont des substances dynamisées. En effet, ces substances ne restituent pas toujours de la chaleur. Voici, par exemple, une solution de sulfate de soude concentrée: elle est saturée, la cristallisation se fait rapidement. Eh bien, pendant sa cristallisation, comme tout à l’heure pendant celle de l’eau, il y a une élimination considérable de chaleur; ici c’est de la chaleur qui est dégagée.

Mais voici de l’acide arsénieux que l’on fait dissoudre : la solution est saturée. Dans l’obscurité vous voyez se dégager des lueurs phosphorescentes qui sont un phénomène du même ordre que celui de tout à l’heure; mais ici c’est sous forme de lumière qu’une partie de la force évolue.

C’est un phénomène analogue qui se produit quand l’acide arsénieux, de vitreux passe à l’état opaque, c’est-à-dire quand d’amorphe il devient cristallin.

Il y a beaucoup de cas dans lesquels il se produit ainsi de la chaleur, de la lumière et de l’électricité. Ce sont là des faits qui sont aujourd’hui bien connus, et pour n’insister que sur ceux qui nous intéressent particulièrement, je vous dirai que les eaux minérales, lorsqu’elles sourdent des entrailles de la terre, avec une constitution particulière qui leur a valu le nom de vivantes , apportent à la surface non seulement de la cha-

THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE

[Première

leur, mais aussi de F électricité, si bien qu’avec des instruments même peu délicats on en démontre la présence, ainsi que Scoutteten Fa fait depuis longtemps.

Ainsi il est évident pour vous que ces corps qui sont endothermes sont en réalité chargés de forces qu’ils restituent sous forme de chaleur, d’action chimique ou de lumière.

Vous savez ce que sont les fulminates, c’est-à-dire les azotures métalliques: des combinaisons éminemment instables.

Et c’est à cause de cette faible affinité de l’azote pour les métaux, que sous l’influence du moindre choc ces composés détonent et laissent échapper des forces d’une puissance incomparable.

Voilà donc bien des formes sous lesquelles se présente la force. Eh bien, cette force que je viens de vous montrer emprisonnée dans les corps endothermes, elle existe à des degrés variables dans ce que nous appelons les médicaments, et en particulier dans les alcaloïdes et dans un certain nombre de corps neutres.

Seulement, voici la différence entre les fulminates, comme la dynamite par exemple, et les molécules de ces substances médicamenteuses : c’est que, tandis que ces molécules cèdent leur force d’une manière lente, soutenue, sans secousse, au contraire le fulmicoton, les azotures la cèdent d’une manière violente.

En somme, tandis que les substances dont nous parlions tout à l’heure peuvent être considérées comme des bouteilles de Leyde d’un excessive puissance, on peut dire que les médicaments sont pour ainsi dire des barreaux aimantés. Mais il y a toujours cession de force. Et sous l’influence de cette cession de force que produit la substance médicamenteuse introduite dans l’économie, il se fait des modifications

Leçon.]

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