COMBINAISONS HISTOLOGIQUES
constitution des éléments histologiques et en particulier dans le système nerveux.
Mais ici il s’agit d’une substance normale, puisqu’il y a du soufre dans l’économie. Prenons une substance qui n’existe pas dans l’organisme : l’arsenic. Eh bien, il se comportera comme le soufre. Il ira prendre la place d’une certaine proportion de phosphore, par cette raison que l’arsenic et le phosphore sont des substances de la même famille.
Tout ceci n’est point simplement une vue de l’esprit, il y a des faits qui me paraissent démonstratifs en faveur de cette manière d’agir d'un certain nombre de substances.
11 y a quinze ans, j’ai eu dans mon service une femme qui s’était empoisonnée par l’arsenic. Elle avait, disait-elle, pris la valeur d’une cuillerée à café bien pleine d’acide arsénieux. Vous voyez quelle effroyable quantité de poison cela représente. Après les accidents cholériformes, elle a fini par avoir des phénomènes fébriles, et présenta enfin une paralysie tellement semblable à la paralysie saturnine, que Duchenne (de Boulogne) s’y est trompé. Mais ce n’est pas là pour le moment qu’est l’intérêt de ce fait. Cette femme fut obligée de rester très longtemps dans le service avec des accidents multiformes. Lorsqu’elle y entra, il y avait quelque chose comme trente jours qu’elle avait pris son poison, et elle avait des flots d’arsenic dans l’urine. Mais bientôt l’élimination de l’arsenic cessa. Je lui donnai alors de l’iodure de potassium, et sous l’influence de cette médication, l’élimination de l’arsenic recommença.
Mais voici le véritable intérêt du fait : Cette femme était entrée dans le milieu du mois d’octobre 1864; le 16 mai suivant je lui fis couper les cheveux, et ils renfermaient une proportion énorme d’arsenic, au bout de huit mois.
THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE
[ Première
Or, vous savez quelles sont les interprétations des phénomènes relatifs à T emmagasinera ent des poisons. On ne paraît pas s’être fait une idée bien nette de la manière dont ils pouvaient s’accumuler; on disait que généralement c’est dans les parenchymes et dans le parenchyme hépatique notamment qu’on rencontre les substances toxiques, surtout les métalloïdes. Mais on ne s’expliquait ni comment, ni pourquoi se fait en réalité cette accumulation. Elle se fait dans les éléments histologiques eux-mêmes.
L’arsenic prend d’abord place dans le plasma, puis il fait partie des éléments histologiques. Cela est si vrai qu’au bout de huit mois les cheveux en étaient pleins ; or, il ne pouvait évidemment y être entré qu’à la faveur de la nutrition. Celte interprétation seule est valable, puisqu’il n’y a rien dans les cheveux que les cellules dont la réunion constitue le cheveu.
Il y a dans le mode d’action des substances médicamenteuses, outre la manifestation des actions mécaniques dont nous vous avons donné quelques exemples, outre les actions chimiques que nous venons de rappeler, la mise en jeu de phénomènes qui se rattachent à la physique moléculaire.
Ce sont ces actions que je vous proposerai d’appeler dynamisantes et qui rappellent ce que produisent les lïuides impondérables.
Vous savez tous ce qu’on est convenu d’appeler des substances endothermes. Ce sont des composés dans lesquels de la chaleur, comme on disait autrefois — aujourd’hui il faudrait dire autrement — se trouve pour ainsi dire incarcérée à l’état latent.
Ces corps sont très nombreux, car on peut dire qu’il y a de la chaleur latente dans tous les corps; mais enfin il y en
Leçon.]