SERINGUES A INJECTION
vrant par la pression. Il mit seulement une sorte de curseur sur une tige graduée, d’où il résulte qu’en mettant le curseur sur une division quelconque on peut ainsi arrêter l’in- Iroduction du remède au moment décidé d’avance. Je le répète, cette manière de faire est préférable.
Lorsque vous voulez introduire un liquide actif par le mécanisme du pas de vis tournant, il vous arrive de ne plus savoir si vous avez fait des demi-tours ou des tours entiers. J’ai vu ceux qui s’en servaient se demander à un certain moment : Sont-ce des demi-gouttes ou des gouttes entières que j’ai injectées? Aussi à chaque instant y avait-il des erreurs commises. Et de plus, quand vous êtes obligé de tenir votre seringue et de tourner le pas de vis, vous lâchez la peau, quelquefois l’aiguille sort ou bien le liquide s’échappe; il en résulte des difficultés de toutes sortes.
Au contraire, lorsqu’on tient sa seringue de la main droite entre le pouce et le médius, en même temps qu’on appuie sur le piston avec l’index, on a une main libre pour maintenir le pli de la peau et l’on n’a pas à s’occuper de savoir si on donnera trop ou trop peu de substance active. C’est évidemment le meilleur procédé, et aujourd’hui il n’est plus personne qui se serve de l’ancienne seringue. Toutes sont conçues dans le même esprit et répondent aux indications de commodité et de rapidité que je viens d’indiquer.
Quelles sont, maintenant, les substances employées et sous quelle forme le sont-elles? Elles se catégorisent de la manière suivante : la plupart sont des alcaloïdes, et on peut dire d’une manière générale que les substances qu’on doit employer sont les principes actifs les plus purs des médicaments que nous utilisons, les quintessences de Paracelse. Ce sont des principes immédiats actifs qui se partagent en deux
INJECTIONS HYPODERMIQUES
[Quatorzième
catégories principales: les alcaloïdes d’un côté, et les glucosides de l’autre. Mais ce sont presque toujours des alcaloïdes, y compris même le curare, car malgré les doutes qui ont plané sur sa composition, ce qui agit surtout dans cette substance que je crois dérivée de la strychnine, c’est le méthyle et l’éthyle-strychnine : car les effets du méthyle et de l’éthylestrychnine sont tellement semblables à ceux du curare qu’on peut les considérer comme identiques, quant aux effets, avec le curare et la curarine.
Quelquefois on injecte des sels minéraux; je ne vous parlerai pas de l’émétine, puisque je vous ai dit tout à l’heure que ce n’étail pas un véritable agent de la méthode hypodermique , et qu’elle ne pouvait être employée qu’à titre d’irritant et d’escarrificateur profond, c’est-à-dire enlrer dans la méthode préconisée par Luton *.
Mais nous avons tous les sels de mercure qui ont été très fréquemment employés et qui le sont encore par un certain nombre de praticiens. Nous avons aussi les liquides éthérés, tels que l’éther lui-même et le chloroforme, dont l’introduction dans la méthode n’est pas ancienne. Nous avons aussi l’huile de croton, que je ne fais que mentionner et qui ne doit pas être employée. Nous avons également les liquides alimentaires.
Ainsi on a proposé, dans un certain nombre de cas où l’estomac ne pouvait pas suffire au travail digestif ou bien dans le cas de rétrécissements de l’œsophage et aussi dans une foule d’autres circonstances, d’introduire sous la peau des substances nutritives. Assurément ce ne serait pas là un moyen d’entretenir les forces, la nutrition et la vie, mais cela