‹ Cours de thérapeutique, professé à la Faculté de MédecineChapitre 62 sur 148 · CONDITIONS PHYSIQUES · texte numérisé non relu

CONDITIONS PHYSIQUES

permettrait au moins de retarder l’issue funeste. On peut introduire à cet effet différentes substances, par exemple du bouillon, à condition qu’il soit dégraissé. Mais tout de suite je vous fais une déclaration, c’est que le bouillon est un aliment très illusoire ; c’est plutôt un condiment que l’on a nommé à tort peptogène. C’est un moyen d’exciter l’estomac.

On peut aussi injecter du sérum du sang, du lait.

On pourrait aussi injecter des peptones, c’est-à-dire des substances obtenues à l’aide de la pepsine exerçant son action tantôt sur la matière fibrineuse du sang, tantôt sur l’albumine ou bien sur la matière azotée des muscles. Mais il faudrait que ces peptones fussent débarrassés d’un excès de pepsine, ferment qui exercerait son action tout aussi bien sur le tissu cellulaire que sur les substances livrées à sa digestion. En somme, il n’y a pas grand fond à faire, malgré qu’on en ait dit, sur les injections hypodermiques de matières alimentaires.

Voyons maintenant à quel état ces différentes substances peuvent être employées. 11 est clair que les substances liquides peuvent être introduites sous la peau. C’est ce qui a été fait avec l’éther et le chloroforme. Ce ne sont pas là des expériences bien réussies, mais dans un certain nombre de cas, on pourrait cependant obtenir quelque sédation dans les névralgies et dans les douleurs en général.

Mais les substances solides demandent à être dissoutes, et leur solution doit autant que possible s’effectuer par l’eau, i La plupart des alcaloïdes sont solubles dans l’eau, mais malheureusement ils le sont quelquefois trop peu, et il faut ajouter à l’eau des substances qui sont des dissolvants plus énergiques. Je vous en citerai seulement quelques-unes. L’alcool a été souvent employé. Le chloroforme a été con-

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‘seillé, mais il présente l'inconvénient d’être irritant, cependant les dernières expériences doivent inspirer moins d’inquiétude. On a employé la glycérine; on s’en est servi pour diviser le calomel et permettre son introduction à l’aide de la seringue de Pravaz. M. Constantin Paul a même voulu faire de la glycérine un dissolvant d’usage usuel. C’est assurément un bon moyen de dissolution pour un grand nombre de substances, mais c’est un alcool polyatomique, et lorsqu’on l’emploie pure ou insuffisamment diluée, elle cause une véritable irritation qui l’emporte sur celle qui serait produite par la substance active. On a même été jusqu’à proposer une solution de créosote, jé ne sais vraiment pas pourquoi. Les acides, les sels alcalins ont été employés comme moyens adjuvants, avec les sels métalliques.

Beaucoup de ces dissolvants, tels que l’alcool et le chloroforme, sont très irritants ; il faut par conséquent en employer la moindre proportion possible lorsqu’on y a recours. Le meilleur serait de pouvoir faire des injections d’eau distillée; mais, comme je vous le disais, il y a un certain nombre de substances qui ne peuvent pas être prises par l’eau et qu’il faut rendre solubles à la faveur de substances souvent un peu irritantes. Pour Palcool on peut employer des proportions assez fortes. Ainsi, dans mes débuts, pour obtenir une solution au 6e de monobromhydrate de quinine, il fallut quelquefois ajouter une proportion de 2 à 3 grammes d’alcool pour 10 de véhicule. Avec cette proportion relativement considérable, je n’avais pas d’effets irritants très notables; il y avait simplement une petite production de chaleur.

J’en appelle à tous mes élèves, avec cette solution de monobromydrate de quinine, on n’obtient jamais d’irritation intense dans la région où s’est faite l’injection. Tout

leçon.]

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