TITRE DES SOLUTIONS
solubilité de ces sels nous arrête. L’ergotine de Bonjean est soluble au cinquième et même au quart. Une seringue contient 20 ou 25 centigrammes.
Il y a des solutions un peu moins denses, au dixième, celles de curare, par exemple; il est clair qu’il vaudrait mieux avoir la curarine, mais nous ne la possédons pas. Dans ces solutions au dixième, on a 10 centigrammes dans un centimètre cube d’eau, comme pour la conine et la conicine préparée par Mourrut, que j’ai injectée sous la peau sans obtenir énormément d’action physiologique.
Puis viennent les solutions le plus habituellement employées, les solutions au cinquantième, c’est-à-dire 2 centigrammes dans une seringuée d’un gramme ; telles sont les solutions de morphine, de vératrine, de strychnine, c’est-àdire des alcaloïdes qui s’emploient par demi-centigramme ou par centigramme. Il est évident que ce sont là des solutions très usitées et par conséquent ce titre d’une solution au 50e doit vous rester dans la mémoire.
On emploie également des solutions dix fois plus faibles, celles au 500e, pour les substances dont l’activité est redir table, telles que l’atropine, la duboisine, ladaturine, la nicotine, qui a été employée il y a déjà un assez grand nombre d’années, l’ésérine et enfin l’aconitine, qui est l’alcaloïde le plus actif que je connaisse, puisque ses effets toxiques peuvent se faire sentir à la dose de 1 milligramme 1/2. Ces substances peuvent s’employer en solution au 500e, parce que dans la seringue vous avez 2 milligrammes et que vous pouvez toujours partager, à vue d’œil, sa capacité en deux ou en quatre parties. Vous avez alors soit un milligramme, soit un demi-milligramme de substance active.